Parce que nous n’avons pas pu traverser toute cette vie comme ça, sans jamais nous rencontrer

La visite d’un inconnu sera le début d’un récit, de mémoires. Des histoires, tout en écossant des haricots. Avec monsieur Robert, il nous conte comment un électricien deviendra gardien d’un village de vacances. Puis les temps se morcellent, se fragmentent, un peu comme cette Pologne détruite ou reconfigurée au fils des siècles.

Une constante cependant la musique et le saxophone. Des pages tantôt amères, tantôt familières, le charme aussi du feutre marron, ce chapeau désiré puis oublié dans un train. Une conjugaison musicale de mots. Une vie.

« Cela a-t-il commencé par le rêve ou par le rire ? Non, rien, c’est juste que je m’interroge parfois. Vous semblez étonné, je vois. Que vous soyez étonné ne m’étonne pas, à vrai dire, car moi-même je suis parfois étonné de me poser la question. D’autant que je ne sais pas très bien, au fond, ce qui aurait dû commencer. »

Wieslaw Mysliwski : L’Art d’écosser les haricots

Traduit du polonais par Margot Carlier

Actes sud, Arles 2010, 384 pages, 23,80 euros

Didier Epsztajn

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