Guerre civile aux États-Unis, Karl Marx soutient les Nordistes

La PREMIEREre Internationale salue l’élection de Abraham Lincoln
- Le président américain remercie les travailleurs d’Europe de leur soutien
- Washington met en place un Bureau des affranchis et des biens vacants
- Et si la révolution inachevée américaine avait changé la face du monde ?

La guerre de Sécession américaine, bien mal nommée en français – les Américains préfèrent la désigner par le terme de « Guerre civile » – reste un moment fondateur de l’Histoire des États-Unis. Dans les oppositions politiques d’aujourd’hui les références à ce conflit ne sont jamais absentes tant celui-ci a structuré l’imaginaire collectif américain et son champ politique.

Dans sa jeunesse, Marx avait sérieusement envisagé de s’installer
aux États-Unis, peut-être au Texas. Ses préparatifs de départ
étaient avancés au point qu’il écrivit au maire de Trèves, sa ville natale,
pour obtenir un Auswanderungshein, un certificat d’émigration.
Quand la guerre éclate, nombre des amis de Marx émigrés aux
États-Unis après l’échec des révolutions de 1848 s’engagent dans les
armées de l’Union pour mettre fin à l’esclavage. Nombre d’entre eux
seront colonels, généraux, conseillers, élus républicains, agitateurs
ouvriers.
De Londres, dans les colonnes du New York Daily Herald, Karl
Marx écrit, commente, juge, soutient le Nord, le critique pour ses
atermoiements, appuie la libération des esclaves par les armées de
l’Union et la confiscation des biens des planteurs, décortique les liens
entre l’esclavage et le développement capitaliste…
Alors que l’Association internationale des travailleurs compte
de nombreux partisans et sections aux États-Unis, Marx est un observateur attentif aux enjeux du conflit et à l’émergence dans ce pays d’un mouvement d’émancipation des opprimés à travers la radicalité du courant abolitionniste.

Le président des États-Unis comme l’agitateur communiste,
comprennent que derrière la question de l’esclavage et son
abolition, il y a plus largement la chance de fonder un nouvel ordre
social et que ce possible va déclencher des luttes titanesques dont
les États-Unis de la fin du 19e siècle seront le théâtre.
Dans sa préface, qui constitue à elle seule un ouvrage dans
l’ouvrage, Robin Blackburn nous offre une mise en perspective
des textes présentés et un rappel utile du contexte historique et
du déroulement du conflit. Elle nous emmène à la poursuite d’une
histoire sociale et politique des États-Unis souvent ignorée du
lecteur francophone et nous entraîne sur les traces des pionniers
d’une autre Amérique, jusqu’au 1er mai 1886, à Haymarket Square,
Chicago.

Parution : avril 2012, 304 pages, Prix : 20 €
Marx Lincoln

Note de lecture sur l’introduction :

« Au delà des divergences profondes entre les deux formations sociales, ces imaginaires nationaux incompatibles jouèrent manifestement un rôle dans la précipitation du conflit »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s