Analyser les blessures de la société pour être capable de les guérir

Le collectif de solidarité avec Pinar Selek (http://www.pinarselek.fr/) présente, en début d’ouvrage l’auteure et son parcours. L’expression est très chaleureuse. Quelques extraits :

  • « Féministe, antimilitariste, sociologue, militante infatigable, Pinar Selek est une acrobate qui crée des ponts entre les luttes »

  • « Forcée de vivre où elle n’a pas choisi, elle rêve de diriger à nouveau son gouvernail vers chez elle et résiste aux vents qui la poussent au large »

  • « Puisque les contes créent un imaginaire riche d’utopies, Pinar Selek aime transmettre des histoires et en inventer d’autres, et en Turquie elle est également connue pour ses talents de conteuse »

Voici un texte sur la/les maison(s) « Je savais que ses portes s’ouvraient différemment vers l’intérieur ou vers l’extérieur… », sur l’ici et le là-bas, l’exil « Où se trouvait-il, le pays des sorcières ? Je l’ignorais. Je me suis retrouvée dans un espace dont je ne connaissais ni la langue ni les réflexes et dont les tempêtes me désorientaient », les tensions entre le souvenir/corps/émotion et le futur/présent ouvert de rencontres « Et bien que cette distance me laisse dans le vide, mon regard porte désormais plus loin et les horizons de mes frontières s’élargissent. Je n’aurais pas appris tout cela si j’étais restée chez moi ». Pinar Selek développe une remarquable analyse de cet entre deux qu’est l’exil, cette blessure en/de soi. Elle le fait avec une humanité rare et un vrai talent littéraire « j’ai étiré les frontières de mon espace qui m’apparaissait toujours plus étroit qu’il n’était ». C’est un récit en chaud et froid, chatoyant de mille couleurs. Conscience et conscience féministe « Parce que je suis une femme je ne voulais pas vivre dans une de ces maisons remplies de meubles identiques »

Un très beau petit ouvrage, à offrir à toutes et tous. « Exilée, je glisse entre des émotions multiples, des mondes innombrables »

Pinar Selek : Loin de chez moi… mais jusqu’où ?

Traduit du turc par Esther Grandjean

Editions iXe, Donnemarie-Dontilly 2012, 60 pages, 5 euros

Didier Epsztajn

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