Mémoires bouffonnes

Comment raconter cette guerre civile qui divise encore l’Espagne ? Mendoza a choisi le ton de la farce pour évoquer le Madrid de 1936, juste avant la guerre, dans « Bataille des chats », une bataille entre madrilènes. Un expert de Velázquez, un Anglais, Anthony Whitelands, arrive à Madrid pour expertiser un tableau chez un noble qui fomente des complots avec la Phalange – il a élevé le fils de Primo de Rivera – et les militaires. Un Anglais forcément sur de son fait et de sa position ne comprend rien à ce monde. La position britannique est toujours la même : lutter prioritairement contre les bolcheviques et essayer d’être au mieux avec les fascistes, les militaires et les républicains. Un jeu dangereux. Qui peut facilement tourner à la dérision. Une manière de revisiter cette histoire et de faire œuvre de mémoire.

Eduardo Mendoza : Bataille de chats, Seuil, 391 pages

Nicolas Béniès


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