La puissance de ses millièmes

Couleurs : « Sur la colline, dans les lopins de terre arrachés au maquis qu’on cultive entre leurs murets de pierre sèche, le printemps resplendit du blanc des fleurs d’amandiers, l’été du rouge des tomates et l’hiver de l’éclat des citrons ».

Musique : une trompette de jazz.

Philosophie : Liebniz, Hegel et Walter Benjamin « D’après ma tante, qui cite Walter Benjamin, le grand essayiste et critique, quand j’écris, je fais quelque chose de très important ».

Paysages : le bruit de la mer, le soleil, la maison d’hôtes, Paris comme rêve, les lieux des autres.

Personnages : l’amant « Il a répondu que oui, assurément, dans une situation propice, à un moment, propice », l’ex-femme de l’amant, l’amant second de Madame, « L’armée des voisins », le blessé, Giovanni, Madame et la jeune narratrice « Quand j’étais dans le ventre de maman, papa a perdu au jeu son premier appartement, maman le liquide amniotique et moi, je suis restée à sec », en proie à des « Battement d’ailes » et pour finir à une question « Et ces ailes ? » .

Madame, un personnage plein de vie, de résistance, d’amour. Une femme aux robes cousues mains, au refus de céder cette maison au bord de la mer. Madame, ses hommes et le temps.

Sous le calme fantasque d’un récit en petits chapitres, sous la voix de la jeune narratrice, un monde moins apaisé qu’il n’y paraît et l’ombre de battements de cœur, de battements d’ailes.

« Et sans magie, la vie a un goût d’épouvante »

Milena Agus : Battement d’ailes

Traduit de l’italien par Dominique Vittoz

Liana Levi, Paris 2008, 155 pages, 15 euros

Didier Epsztajn

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