Archives de Catégorie: Europe

Construire un autre imaginaire collectif, un autre sens de la réalité

5Dans sa préface l’éditeur rappelle que « l’achat d’une résidence principale a été massivement encouragé, et les organismes financiers n’ont pas eu de mal à faire pression sur les gouvernements pour déréguler le marché hypothécaire, au motif qu’en assouplissant le crédit on faciliterait le logement ». Il souligne le rôle de la Plateforme des personnes touchées par l’hypothèque (PAH).

Trois éléments réclamés par cette Plateforme :

  • La « dation en paiement rétroactive » en cas d’impayé : lorsqu’une banque saisit un bien, la dette créée à l’achat de ce bien doit être liquidée

  • Le moratoire des expulsions et la reconnaissance du fait qu’expulser une famille sans revenus revient à violer le droit fondamental au logement, inscrit dans la Constitution

  • L’affectation des biens saisis par les banques à un parc de logements sociaux.

Sommaire :

Préface de Patrick Doutreligne : « Un écho espagnol à l’appel de l’abbé Pierre de 1954 ? »

Avant-propos de l’éditeur : « Oui, on peut… en Espagne et ailleurs !

  1. Un procédé criminel

  2. ImPAHrables

  3. S’organiser pour gagner

Annexes

Les auteur-e-s analysent, entre autres, la poursuite de la dette après la saisie du bien immobilier par la banque, le rôle des experts « pour détourner le débat de l’arène politique et échapper ainsi au contrôle des citoyens », la formation de la bulle immobilière, la spéculation, la politique des taux d’intérêts et de la fiscalité, le rôle de l’État et des principaux partis politiques.

Elle et il insiste sur le rôle de la propriété immobilière dans l’idéologie néo-libérale : « Le paradigme de « ta valeur est celle de ce que tu possèdes », leitmotiv d’une société qui parie sur l’individualisme et le succès personnel à tout prix, est devenu le principal repère pour beaucoup d’entre nous : posséder un logement était la porte d’accès au club privé des citoyens de première classe, la location étant le choix résiduel réservé aux exclus de ce club ».

Ada Colau et Adria Alemany détaillent les mobilisations, la proposition de loi d’initiative populaire (IPL), le rôle de la Plateforme des personnes touchées par l’hypothèque (PAH), l’auto-coordination citoyenne, la construction d’une autre légitimité, « Mais, pour que les gens se prennent en main, il ne suffit pas de créer des espaces communautaires. Il faut réinterpréter la réalité et reconstruire un scénario de la crise différent de l’officiel, un scénario que nos puissions identifier ». Les auteur-e-s parlent de désobéissance civile. Elle et il revendiquent : « la restitution du logement doit impliquer l’extinction de la dette envers la banque » et insistent sur les réponses « dimension collective et structurale au problème » pour briser « le mur d’isolement et de culpabilité ».

Un petit livre utile sur les résistances à la spoliation par les banques, sur le droit au logement et sur l’auto-organisation des citoyen-ne-s.

Sur le logement en France, lire par exemple : Jean-Baptiste Eyraud, Claire Le Strat, Willy Pelletier (Coord.) : Fondation Copernic : En finir d’urgence avec le logement cher, Syllepse 2013, Quand attendre devient obscène

Ada Colau et Adria Alemany : Si se puede !

Quand le peuple fait reculer les banques

traduit de l’espagnol par Elsy Gomez

Les Petits matins, Paris 2014, 141 pages, 8,50 euros

Didier Epsztajn

(Re)politiser l’espace institutionnel européen en y faisant entrer la conflictualité sociale

1« Doit-on se satisfaire du fait que le Parlement européen est « la-seule-institution-européenne-élue-au-suffrage-universel-direct » sans s’interroger sur les conditions dans lesquelles il est élu, et surtout sur le système dont il est seulement l’un des rouages ? »

Dans leur présentation, Bernard Cassen, Hélène Michel, Louis Weber soulignent, entre autres, l’abstention électorale, la notion de gouvernance à « l’exacte opposée de la démocratie citoyenne », l’illégitimité de la prise en main par la Commission européenne du Traité sur la stabilisation, la coordination et la gouvernance ((TSCG), l’auto-acceptation de la minimisation de son rôle par le parlement…

Elle et ils font des propositions de refondation radicale, en partant d’un constat : « Le régime de marché, avec l’adjuvant de la concurrence libre et non faussée, a été inscrit dans les traités, les accords inter-gouvernementaux, les règlements, « les protocoles d’accord » imposés par la Troïka aux pays les plus endettés. Ces dispositions ont été rendues aussi contraignantes que possible précisément pour réduire la portée de la prise de décision démocratique ». Sur cette forme de constitutionnalisation du capitalisme, voir le récent ouvrage de Claude Vaillancourt : L’empire du libre échange, M éditeur 2014, Les accords de libre-échange constitutionnalisent, en quelque sorte, le capitalisme.

Les auteur-e-s indiquent deux autres dimensions sur lesquelles, elle et ils reviendront : l’importance du lobbying et la production du droit que s’est arrogée la Cour de justice de l’Union européenne.

Sommaire :

Présentation

Un peu d’histoire

Nouveaux traités, nouvelles compétences

Procédures et mécanismes électoraux

Les derniers scrutins en France

Eurodéputés et groupes parlementaires

Un dispositif complexe

Du bon usage et du mauvais usage des pouvoirs

La voix des citoyens européens ?

(Re)politiser la décision européenne

Bernard Cassen, Hélène Michel, Louis Weber, dans ce petit livre, détaillent, entre autres, l’histoire, les rôles et les limites du parlement européen, la matrice qui fait « du libre échange et de la concurrence la norme d’une régulation efficace et juste », les procédures institutionnelles, les traités et les nouvelles compétences, les mécanismes électoraux et les particularités nationales.

Les auteur-e-s examinent plus particulièrement les derniers scrutins en France, dont l’abstention. Elle et ils soulignent la faible influence des député-e-s sur les deux autres composantes du « triangle institutionnel », la Commission européenne et le Conseil des ministres. « Cette disjonction entre élection parlementaire et désignation d’un exécutif n’a pas d’équivalent dans les États membres. Elle est même contraire à leurs traditions démocratiques ».

Elle et ils détaillent aussi les fonctionnements des eurodéputé-e-s, des groupes parlementaires, en spécifiant les différences avec les organisations nationales, des partis européens reconnus, ceux qui ne le sont pas, des fondations politiques européennes. Les groupes parlementaires sont « des conglomérats assez disparates », bénéficiant d’avantages matériels et procéduraux, dont la désignation des membres des commissions. Le dispositif est complexe, favorise le « duopole » PSE – PPE.

Bernard Cassen, Hélène Michel, Louis Weber insistent sur les procédures, leur extrême lenteur, les évolutions sur la « codécision », et à travers des exemples les possibles déplacements ou infléchissements. « Il existe cependant une limite de nature structurelle : les traités ».

J’ai notamment été intéressé par le chapitre « La voix des citoyens européens ? », les analyses sur le lobbying, sur les mobilisations sociales, la place de l’Initiative citoyenne européenne (ICE).

Si le fil conducteur de cette construction institutionnelle est bien de « tenir les peuples à l’écart », c’est donc bien aux mouvements sociaux d’y « faire entrer » la conflictualité sociale, de (re)politiser ces espaces.

Au-delà des appréciations sur les possibles avenirs de l’Europe, mais pas de cette Europe là, un petit livre utile.

Bernard Cassen, Hélène Michel, Louis Weber : Le parlement européen pour faire quoi ?

Editions du croquant, Bellecombe-en-Bauges 2014, 126 pages, 8 euros

Didier Epsztajn

Appel de toutes les forces démocratiques et progressistes tunisiennes pour s’opposer au prochain prêt toxique de l’Union européenne à la Tunisie

Les associations et les organisations signataires de cet appel exhortent toutes les forces démocratiques et progressistes tunisiennes à s’associer activement et de manière déterminante dans les efforts que ne cessent de déployer de nombreuses organisations, réseaux et parlementaires, tant en Tunisie qu’en Europe, afin de s’opposer au nouveau prêt toxique que l’Union Européenne projette d’octroyer à la Tunisie.

Ce nouveau prêt, d’une valeur de 300 millions d’euros, c’est-à-dire plus de 650 millions de dinars, sera soumis à l’approbation du Parlement européen le 16 avril 2014 prochain. C’est un prêt qui est hautement toxique parce qu’il exige l’application stricto sensu des conditionnalités imposées par le Fonds monétaire international (FMI). Ces conditions vont à l’encontre des revendications du peuple tunisien exprimées à travers sa révolution. Elles portent atteinte de manière flagrante aux droits économiques et sociaux de la majorité des tunisiennes et des tunisiens. Leurs applications ne feront qu’aggraver l’impasse économique et sociale actuelle. De plus, elles augmenteront considérablement le prix que nécessitera la sortie de cette crise.

Nous rappelons que le programme du FMI compte parmi ses nombreuses conditions injustes :

  • la recapitalisation et la restructuration des banques publiques en vue de les privatiser,
  • la révision du Code du travail pour le rendre plus flexible et réduire davantage les droits des travailleurs, la baisse des salaires réels et le gel de l’emploi dans la fonction publique,
  • la révision néolibérale à la baisse des régimes de retraite et d’assurance maladie afin de diminuer les droits des salariés et des classes populaires,
  • l’arrêt progressif de toute subvention aux produits alimentaires et aux sources d’énergie de consommation populaire.

Dans le même temps, le programme du FMI prévoit d’élargir davantage les libertés et les privilèges du capital et des grandes fortunes par le biais de la baisse de l’impôt sur les profits des sociétés, les privatisations et le renforcement du système d’exonérations fiscales dont bénéficie les investissements directs étrangers. Il s’agit aussi de renforcer la primauté des droits du capital dans tous les domaines sur les droits nationaux, en renforçant les droits de propriété du capital étranger dans les secteurs des services et de l’agriculture.

C’est la même logique dominante que vise à imposer, élargir et approfondir le programme du FMI. C’est contre cette même logique, qu’un mouvement populaire de contestation s’est dressé spontanément, les 7-8-9 janvier dernier, pour rejeter les nouvelles redevances que voulaient appliquer ce programme sur tout le secteur des transports. Ce mouvement a fini par avoir raison contre ces redevances et contre le gouvernement qui voulait les imposer.

Pour ces raisons, les organisations et les associations signataires, vous appellent à réagir rapidement et collectivement contre ce projet de crédit. Plus particulièrement, pour appeler les eurodéputé-e-s à voter la suppression des conditions qui ne feraient que rendre ce prêt, économiquement et socialement hautement toxique pour la Tunisie. Le gouvernement doit décider souverainement de l’utilisation des 300 millions d’euros. Cet argent devra être affecté en fonction des priorités et des besoins fondamentaux du peuple tunisien. Il est urgent que cet argent soit affecté pour :

  • la création d’emplois pour les centaines de milliers de chômeurs,
  • mettre fin à la dégradation dangereuse du pouvoir d’achat de l’ensemble du peuple tunisien,
  • l’amélioration de l’état de la santé publique, combattre toutes les formes de pollution de l’environnement,
  • financer la réforme du secteur de l’enseignement publique qui tombe en ruine,
  • porter secours aux populations des quartiers populaires et des régions de l’intérieur, surtout en mettant en œuvre un plan national de lutte contre l’extrême pauvreté.

Nous tenons à rappeler, à ce propos, que près de 85% des nouveaux crédits contractés depuis la chute du dictateur ont été affecté au remboursement de sa dette odieuse.

Les créanciers européens (France, Allemagne, Italie, Belgique, BEI, etc) doivent prendre leurs responsabilités en annulant cette dette odieuse sans condition. Les parlementaires européens doivent les y pousser au moment du vote d’avril conformément à leurs propres engagements. En attendant cette annulation, il est urgent de suspendre le remboursement de la dette extérieure de la Tunisie et de réaliser un audit intégral de cette dette.

Tunis, le 25 mars 2014

  • Raid Attac Cadtm Tunisie,
  • Union Générale des Etudiants de Tunisie,
  • Union des diplômés chômeurs,
  • Organisation Tunisienne pour la Citoyenneté
  • Rencontre Citoyenne de lutte contre la dictature de la dette

Publié sur le site du CADTM

L’Union européenne et le Mercosur négocient en secret un traité de libre-échange

Avant la nouvelle réunion des équipes de négociateurs

Les mouvements populaires s’opposent au traité de libéralisation commerciale

Face au projet de marché, nous réaffirmons l’ « intégration » à partir des peuples

En novembre 2005, la résistance et la mobilisation des mouvements populaires de « Notre Amérique » (Nuestra América) réussirent à enterrer l’ALCA. Les dirigeants et les peuples latino-américains repoussèrent le diktatde l’Empire consistant à nous soumettre à un espace de « libre-échange » dans les Amériques. Les conséquences ruineuses pour les secteurs populaires de ce « libre-échange » restent aujourd’hui évidentes avec la dégradation des conditions de vie des peuples dans les pays qui signèrent ces traités avec les Etats-Unis.

Huit ans après, nous voyons avec préoccupation les tentatives de recréer un nouvel ALCA avec les négociations d’un Traité de libre échange entre les pays du Mercosur et l’Union européenne qui auront lieu aujourd’hui (21 mars) lors d’une nouvelle réunion à Bruxelles. Face à cette situation, les mouvements populaires signataires ci-dessous :

Dénoncent que ces négociations se réalisent de manière secrète et confidentielle, sans information officielle sur les questions et propositions en débat, et exigent qu’elles soient publiques. L’ensemble de la population a le droit de connaître et de discuter les conséquences de cet accord commercial.

Exhortent également les gouvernements des pays du Mercosur et les autorités de ce bloc régional à garantir des processus de consultation avec les organisations populaires et l’ensemble de la population.

Alertent sur le fait que ce traité risque d’accroître la dépendance de l’Argentine et de la région vis-à-vis d’une intégration basée sur l’exportation de matières premières et l’importation de produits industriels européens.

En plus, le traité aura comme conséquence le démantèlement des systèmes de protection sociale et réduira les capacités d’intervention de l’Etat et publique en faveur des peuples et d’un projet de pays et de région alternatif.

Nous ne permettrons pas la promotion d’investissements européens qui cherchent à transférer dans nos pays les activités extractivistes et polluantes, dévastatrices pour les peuples et la « Terre Mère » (Madre Tierra), dans le but de contourner les régulations environnementales existantes dans leur continent.

Un tel accord renforcera surement la subordination de l’Argentine et de la région aux diktats du CIADI* et aux organismes financiers internationaux. Nous proposons que les gouvernements du Mercosur suivent l’exemple de la République bolivarienne du Venezuela qui s’est retiré de cet organisme international en 2012 en mettant en cause sa légitimité en tant qu’arbitre « impartial » global dans le domaine commercial.

Parce que l’intégration dont ont besoin nos peuples doit être basée sur la solidarité, la justice et la réciprocité et non dans le « libre-échange », nous invitons à renforcer ce débat et la mobilisation face à l’avancée de ce traité et des autres initiatives de libéralisation commerciale en cours.

  • Information immédiate et large sur les termes des négociations en cours. Convocation à un débat public et démocratique sur les conséquences économiques, sociales, environnementales et culturelles de ces négociations.
  • Solidarité avec les mouvements sociaux européens qui résistent à l’accord.
  • Non au traité de libre échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Non à la militarisation de notre continent promue par les puissances impériales.
  • Oui à l’intégration des peuples basée sur les principes d’égalité, de solidarité, de réciprocité, de complémentarité et défense de la « Terre-Mère ». Pour la défense de nos biens communs sociaux, naturels et de nos territoires. Pour la défense des souverainetés populaires et de la souveraineté alimentaire des peuples de Notre Amérique.

Coordination continentale des mouvements sociaux de l’ALBA –

Section Argentine – Le 21 mars 2014

* NdT : Les expressions de « Nuestra América », « integración », « Madre Tierra » correspondent à des notions bien spécifiques en Amérique latine.

MERCOSUR : Marché du Cône Sud, il regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay (actuellement suspendu), l’Uruguay et le Venezuela. La Bolivie a signé son adhésion en 2012 mais elle n’est pas encore ratifiée par certains pays.

ALCA (FTAA en anglais – ZLEA en français) : Zone de libre-échange des Amériques impulsée par les Etats-Unis et faisant suite à l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) a été mis en échec en 2005 suite à la mobilisation des mouvements sociaux et le refus de certains dirigeants : Hugo Chávez, Nestor Kirchner et Lula.

ALBA (Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) : Créé en avril 2005, elle regroupe le Venezuela (pays initiateur), Cuba, la Bolivie, la Dominique, le Nicaragua, l’Equateur, Saint-Vincent et les Grenadines, Antigua et Barbuda. Le Honduras s’en est retiré en 2010 suite au putsch qui a renversé le président Manuel Zelaya.

CIADI : Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements.Le centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements a été créé par la convention de Washington du 18 mars 1965.

(Traduction Richard Neuville) 

http://alterautogestion.blogspot.fr/2014/03/negociations-dun-accord-de-libre.html

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La Unión Europea y el Mercosur negocian en secreto un tratado de libre comercio

Ante la nueva reunión de los equipos negociadores

Los movimientos populares decimos NO al tratado de liberalización comercial

 Frente al proyecto de mercado reafirmamos la integración desde los pueblos

En noviembre de 2005 la resistencia y movilización de los movimientos populares de Nuestra América logró enterrar el ALCA. Los mandatarios y pueblos latinoamericanos rechazamos las órdenes del imperio de someternos a un área de “libre comercio” en las Américas. Las ruinosas consecuencias para los sectores populares de ese “libre comercio” hoy quedan en evidencia con la degradación de las condiciones de vida de los pueblos en aquellos países que firmaron estos tratados con Estados Unidos.

8 años después, vemos con preocupación los intentos de recrear un nuevo ALCA con las negociaciones de un Tratado comercial entre los países del MERCOSUR y la UNION EUROPEA que tendrán hoy 21/3 una nueva reunión en Bruselas. Ante ello, los movimientos populares abajo firmantes:

Denunciamos que estas negociaciones se realizan de forma secreta y confidencial, sin información oficial sobre las cuestiones y propuestas en debate, y exigimos que se hagan públicas. Toda la población tiene derecho a conocer y discutir las consecuencias de este acuerdo comercial.

Instamos también a los gobiernos de los países del Mercosur y a las autoridades de este bloque regional a garantizar los procesos de consulta con las organizaciones populares y el conjunto de la población.

Alertamos que este tratado amenaza con profundizar la dependencia de Argentina y la región con una integración basada en la exportación de bienes primarios y la importación de productos industriales europeos.

Además tendrá como consecuencia el desmantelamiento de los sistemas de protección social y laboral y reducirá las capacidades de intervención estatal y pública en favor de los pueblos y de un proyecto de país y de región alternativo.

No permitiremos que se promocionen inversiones europeas que buscan transferir a nuestros países emprendimientos extractivistas y contaminantes, devastadores de los pueblos y la Madre Tierra, con el efecto de eludir las regulaciones ambientales existentes en su continente.

Un acuerdo así seguramente profundizará la subordinación de Argentina y de la región a los dictados del CIADI y los organismos financieros internacionales. Proponemos que los gobiernos del Mercosur sigan el ejemplo de la República Bolivariana de Venezuela que en 2012 se retiró de dicho organismo internacional y cuestionó su legitimidad como árbitro “imparcial” global en temas comerciales.

Porque la integración que necesitan nuestros pueblos debe basarse en la solidaridad, la justicia y la reciprocidad y no en el “libre comercio”; convocamos a ampliar este debate y organización frente al avance de este tratado y del resto de las iniciativas de liberalización comercial en marcha.

  • Inmediata y amplia publicidad de los términos de las negociaciones en curso. Convocatoria a un debate público y democrático sobre las consecuencias económicas, sociales, ambientales y culturales de dichas negociaciones.
  • Solidaridad con los movimientos sociales europeos que resisten al ajuste.
  • No al tratado de libre comercio entre la Unión Europea y el Mercosur. No a la militarización de nuestro continente promovida por las potencias imperiales.
  • Sí a la integración de los pueblos basada en los principios de igualdad, solidaridad, reciprocidad, complementariedad y defensa de la Madre Tierra. Por la defensa de nuestros bienes comunes sociales, naturales y de nuestros territorios. En defensa de las soberanías populares y de la soberanía alimentaria de los pueblos nuestroamericanos.

ARTICULACIÓN CONTINENTAL DE MOVIMIENTOS SOCIALES DEL ALBA Capítulo Argentina

http://www.albamovimientos.org/2014/03/la-union-europea-y-el-mercosur-negocian-en-secreto-un-tratado-de-libre-comercio/

Chypre : un cercle vicieux qui rappelle celui de la Grèce

CADTM : A un an du « plan de sauvetage » conclu entre le gouvernement chypriote et la Troika (fin mars 2013) en contrepartie d’un prêt de 10 milliards, quel est le bilan des mesures d’austérité mises en œuvre ? Quel est leur impact sur la population ?

L’actuel gouvernement de droite à Chypre est monté au pouvoir, il y a un an, suite à une campagne de longue durée, soutenue aussi par le parti socialiste, contre le parti de gauche, AKEL, qui gouvernait le pays. Cette campagne reproduisait dans une très large mesure le discours de la coalition gouvernementale en Grèce. Selon ce discours, la crise économique résulte d’une fonction publique hypertrophiée et inefficace qui génère des déficits publics insoutenables et donc une dette publique trop élevée. Ce discours purement idéologique est fondamentalement erroné aussi bien pour le cas de la Grèce que pour celui de Chypre.

Malgré la corruption et avec une dette publique élevée mais stable autour de 115% du PIB, dans les années 2000, la Grèce a connu une croissance du PIB et de la productivité remarquable, alors que les dépenses publiques y étaient sensiblement inférieures à la moyenne de la zone euro. Selon le discours dominant, les fonctionnaires publics dépassaient 1,5 million. Il s’est avéré finalement, après une recherche officielle récente, que le nombre de fonctionnaires était inférieur de moitié à celui diffusé par la coalition gouvernementale.

Invoquer ce même discours à Chypre est complètement ridicule : à Chypre, il n’y avait ni de scandales significatifs (sauf celui des banques privées bien sûr et celui d’une imposition des entreprises qui était la plus faible de l’UE), ni une dette publique élevée. À la fin des années 2000, la dette publique chypriote était non seulement sensiblement inférieure à la moyenne de celle de la zone euro et à celle de l’Allemagne, mais elle respectait encore le critère de Maastricht, selon lequel la dette publique ne doit pas dépasser 60% du PIB. Cependant, les partis de droite et le parti socialiste « maximalisaient » la responsabilité des déficits publics pour « minimiser » celle des banques. Dans les années 2010, la croissance des déficits publics était directement liée aux répercussions de la crise mondiale et européenne sur l’économie chypriote et surtout à la recapitalisation des banques privées en difficulté. Aucune politique d’austérité budgétaire ne pouvait faire face à la crise d’un secteur bancaire privé dont les pertes ont été estimées à 10 milliards d’euros, dans un pays où le PIB était inférieur à 18 milliards. Mais le mensonge répété maintes fois quotidiennement est efficace. Une large partie de la population chypriote considère le fonctionnaire public, dont le salaire est plus élevé que celui de l’ouvrier dans le secteur privé, comme autant responsable de la crise que le banquier. En réalité, la différence des niveaux de salaires entre le secteur public et le secteur privé à Chypre résulte du fait que le coût unitaire du travail dans le secteur privé est parmi les plus faibles de la zone euro (avec celui du Portugal et de la Grèce).

Le « plan de sauvetage » cependant ne se limite pas au secteur bancaire. Il impose une austérité budgétaire avec des conséquences très graves sur les conditions de travail, notamment sur les salaires des fonctionnaires, sur les bénéficiaires d’aide publique ainsi que sur les services publics (y compris les services de santé et d’éducation). Les diminutions consécutives des salaires dans le secteur public, loin d’avoir comme conséquence la fermeture du ciseau entre le salaire public et le salaire privé, ont provoqué la diminution des salaires du secteur privé, des salaires déjà très faibles, qui suivent chaque fois la chute des premiers. Les organisations du patronat qui exigent la « fermeture du ciseau », chaque fois que celui-ci commence à se resserrer suite à une diminution du salaire dans le secteur public, l’ouvre de nouveau elles-mêmes en imposant des diminutions de salaires dans le secteur privé. C’est ainsi que dans un pays où les petites et moyennes entreprises font faillite l’une après l’autre, dans un pays où plus de la moitié des immeubles commerciaux dans les grandes avenues sont vides, à vendre ou à louer, les profits des grandes entreprises fleurissent. En 2013, le profit brut d’exploitation des entreprises à Chypre a augmenté de presque 700 millions d’euros ! Et ceci dans un contexte où le pouvoir d’achat de la population diminue non seulement à cause de la diminution des salaires, mais aussi à cause de l’imposition indirecte qui augmente sensiblement ; dans un contexte où les quelques dizaines de grands entrepreneurs chypriotes qui profitent de la crise refusent de payer l’intégralité du service de leurs dettes auprès des banques chypriotes, dont les actifs « toxiques » ne cessent d’augmenter. On estime qu’une vingtaine de grands entrepreneurs ont une dette auprès des banques qui s’élève à 6 milliards d’euros, soit à 60% des capitaux que la Troïka compte dépenser dans le « sauvetage » de l’économie chypriote.

Les politiques d’austérité rendent la gestion de la crise bancaire extrêmement difficile et cela malgré la condition que la Troïka a imposé uniquement à Chypre afin de lui accorder le prêt de 10 milliards : la confiscation de tous les dépôts bancaires au-dessus de 100 000 euros de la Banque Populaire et de presque 50% de la même catégorie de dépôts de la Banque de Chypres[1]. La récession de l’économie (-2,4 en 2012, -5,4 en 2013) qui continue en 2014 et l’augmentation exponentielle du chômage (qui avoisine 20%) font augmenter les actifs toxiques des banques (estimés à 27 milliards d’euros) qui ne peuvent toujours fonctionner que dans le cadre extrêmement protectionniste adopté : contrôle strict des mouvements de capitaux, plafond journalier de 300 euros de retrait de liquide avec les cartes bancaires, etc. Les banques qui demeurent privées, toujours gérées par le même establishment économique et politique qui les a conduits à la faillite, appliquent toujours la même politique de taux d’intérêts élevés qui ne permet pas la diminution de la récession et le redémarrage de l’économie.

Il s’agit d’un cercle vicieux qui rappelle celui de la Grèce. Dans ce pays, les politiques de la Troïka rendent la dette publique insoutenable de manière directe, alors qu’à Chypre la dette publique augmente dangereusement via la dette privée et la crise bancaire.

CADTM : Fin février, le Parlement a voté contre le plan de privatisation des entreprises publiques, mesure issue du mémorandum conclu avec la Troïka en mars 2013, et une des conditions à la poursuite du prêt. Le texte a finalement été revoté et adopté le 4 mars. Peux-tu revenir sur ce plan ? Les entreprises qu’il concerne ?

Le projet de privatiser les entreprises publiques à Chypre, notamment les télécommunications (CYTA), l’électricité et la gestion des ports, est un véritable scandale.

En ce qui concerne les télécommunications, il faut tout d’abord noter qu’il s’agit d’une entreprise publique profitable, ouverte à la concurrence, offrant ses services à des prix très faibles comparativement à ceux des entreprises de télécommunications d’autres pays européens. Malgré le fait que les prix de télécommunications sont parmi les plus bas de l’Europe, CYTA a essayé à plusieurs reprises de diminuer davantage les prix de ses services, ce que les autorités lui ont interdit au nom de la concurrence ! La « concurrence non faussée » est valable seulement quand les entreprises privées menacent la survie des entreprises publiques. Lorsque les entreprises publiques menacent la survie des entreprises privées, on impose des mesures pour protéger les intérêts privés toujours au nom de la même concurrence. CYTA n’est pas seulement une entreprise profitable, mais une entreprise qui finance l’État. Celui-ci profite chaque année de montants non négligeables de la redistribution des profits de cette entreprise.

En ce qui concerne l’électricité, on pourrait dire la même chose que pour les télécommunications : entreprise efficace, profitable, entreprise qui finance l’État à travers la redistribution de ses profits. Contrairement aux télécommunications, il est vrai que l’électricité à Chypre est très chère. Cependant, 80% de son coût de production est dû au prix du gasoil importé, utilisé pour la production de l’électricité, suite à un choix énergétique de l’État chypriote contraire aux propositions de l’entreprise. La campagne du gouvernement actuel visant à relier le prix de l’électricité aux « salaires élevés » des ouvriers, efficace aux yeux de l’opinion publique, n’est pas fondée : le salaire ne représente que 7% du coût de production. Il faut ajouter que la distribution de l’électricité dans un petit pays comme Chypre est une activité de caractère nécessairement monopolistique. Pourquoi donc la privatiser ? Pour transformer un monopole étatique en un monopole privé et pour augmenter ainsi le prix de l’électricité en faveur de profits privés ?

Comment expliques-tu que dans un premier temps le gouvernement n’ait pas trouvé une majorité au sein du Parlement pour adopter le plan de privatisation ? Comment expliquer la démission de quatre ministres ? Va-t-on former un nouveau gouvernement de continuité ? Ou est-on face à une vraie possibilité de changement ?

Le gouvernement a eu des difficultés à faire passer au Parlement la loi sur les privatisations. La coalition au pouvoir était composée de deux partis de la droite chypriote. L’un de ces partis, le Parti démocratique, dont le pourcentage aux élections parlementaires oscille autour de 15%, vient de sortir du gouvernement, mais pour des raisons liées à un énoncé commun du président de la République de Chypre et du leader de la communauté chypriote-turque qui détermine le cadre d’un nouveau processus de négociations sur le problème chypriote[2]. Le président du Parti démocratique récemment élu, qui se présente comme un nationaliste dur, rejetant ce cadre de négociation (celui de l’ONU en fait), a provoqué une crise majeure dans son parti qui est maintenant divisé en deux, avec une aile en faveur des négociations et une aile qui est contre. Cela peut paraître paradoxal, mais ce sont plutôt les parlementaires de l’aile qui a soutenu l’énoncé commun, et qui était contre la sortie de leur parti du gouvernement, qui ont voté contre la première version de la loi sur les négociations. Ces parlementaires ont voté contre cette première version de la loi sous la pression des mobilisations sociales et des grèves des entreprises publiques. Beaucoup de cadres syndicaux de ces dernières sont membres du Parti démocratique et ont une certaine influence sur les parlementaires de ce parti. Finalement, la loi sur les privatisations après quelques amendements mineurs est passée avec le soutien de tous les députés du Parti démocratique. La menace de la Troïka d’arrêter le financement du « plan de sauvetage » a certainement joué un rôle décisif dans cette évolution.

On ne peut pas parler d’une véritable instabilité politique à Chypre. Le parti du président de la République contrôle encore le jeu politique. Il contrôle maintenant complètement le gouvernement qui a le soutien implicite du Parti démocratique sur la gestion de la crise et le soutien implicite de la Gauche sur la gestion du problème chypriote. Il s’agit bien sûr d’une stabilité qui semble relativement précaire, mais il ne faut pas oublier que le système politique à Chypre est celui de la République présidentielle : il accorde au président des pouvoirs presque « loyaux » pour une période quinquennale.

Le mouvement populaire contre les mesures d’austérité n’est pas encore très combatif et massif. Il y a bien sûr quelques grèves, notamment dans les entreprises publiques, et quelques mobilisations remarquables, mais la population semble se trouver encore dans un état de choc qui la paralyse. La crise chypriote n’a pas (encore ?) conduit à la radicalisation sociale et politique constatée en Grèce. Cette situation est due en partie aux traditions du mouvement ouvrier chypriote : pendant les 54 années de l’indépendance chypriote, le parti de gauche a participé à 44 années de coalitions gouvernementales, en collaboration avec une partie de la droite. Cela lui a permis de travailler dans le sens d’une distribution moins injuste des gains de la croissance économique, mais il a empêché le développement des traditions d’auto-organisation et de combativité du mouvement ouvrier.

Stavros Tombazos, 31 mars 2014, publié sur le site du CADTM

 

[1] Sur le prélèvement sur les dépôts bancaires, lire http://cadtm.org/Chypre-La-troika-persiste-et-signehttp://cadtm.org/Le-choc-chypriote

[2] En 1974, en réponse à un coup d’Etat militaire sur l’île soutenu par la dictature des colonels d’Athènes, une partie de Chypre est occupée par l’armée turque. Depuis lors, l’île est divisée. En 1983, le nord de l’île s’autoproclame “République turque de Chypre du Nord”. Un processus de paix entre les deux parties de l’île a été relancé sous l’égide de l’ONU. L’énoncé commun prévoit l’égalité politique de la communauté chypriote-grecque et de la communauté chypriote turque dans l’État central, ainsi que deux zones géographiques, ou deux « États constitutifs », chypriote-grec et chypriote-turque de la République. Il prévoit également « une et unique » personnalité internationale, nationalité, et souveraineté de la République

International Appeal : no to the vote on the racist ammendment / Appel international : non au vote de l’amendement raciste !

Grèce : L’impunité des violences racistes et la pénalisation des victimes par la loi renvoient l’Europe à ses heures sombres

Nous sommes inquiets et nous voulons le faire savoir. Alors que l’impunité des violences racistes est un problème qui s’étend de plus en plus en Grèce, le gouvernement Grec, plutôt que d’y répondre, s’apprête à la légaliser tout en punissant les victimes ! La semaine dernière, il a introduit un amendement au Code de la Migration qui prévoit l’expulsion des immigrés qui auraient déposé plainte contre les violences d’État au cas où leur plainte serait rejetée. C’est effrayant : cet amendement relève d’une stratégie de la peur, il punit les victimes et non les auteurs.

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Selon toute une série d’organisations nationales, européennes et internationales, en Grèce, la tolérance et la non-dénonciation des violences contre les immigrés – en particulier lorsque les auteurs portent un uniforme – a créé une tradition terrible. Nous croyons que la tolérance par l’État de la violence raciste – et plus encore son institutionnalisation –, au nom de la « protection » de l’appareil d’État contre les immigrés et les réfugiés (!), ne relève pas du « droit » d’un État national et n’est pas un moyen pour lui d’exercer sa souveraineté nationale. La situation de crise humanitaire provoquée en Grèce par les mesures d’austérité inacceptables et les responsabilités écrasantes que la Grèce a été forcée d’assumer en matière de flux migratoires ne peuvent aucunement servir d’alibi à un pays européen pour revenir à une époque de pur non-droit qui fait écho aux périodes sombres du continent européen. Lorsque cela arrive, nous savons déjà que le seul bénéficiaire en est la droite raciste.

 Nous croyons que les partis politiques et la communauté des citoyens à travers toute l’Europe doivent prendre immédiatement des initiatives afin que la légitimation étatique de la violence raciste par un pays européen soit stoppée et qu’une nouvelle réduction des droits des immigrés soit évitée.

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L’amendement inacceptable a été provisoirement retiré mais, comme le Ministre de l’Intérieur l’a annoncé, il sera réintroduit la semaine prochaine. En outre, l’ensemble de l’article 19, qui permet d’attribuer des permis de séjour pour raisons humanitaires – notamment aux victimes de violences racistes – a également été retiré du Code de la Migration.

Nous appelons les citoyens, les organisations, les mouvements, les partis politiques de toute l’Europe à réagir immédiatement, en mettant la pression sur le gouvernement Grec pour que l’article 19 soit réinstauré, sans l’amendement raciste quelle qu’en soit la forme. Il s’agit d’une question fondamentale de démocratie, d’humanisme et de justice.

merci à Olivier pour cette traduction

SIGN AND SHARE :

https://www.facebook.com/impunity

https://secure.avaaz.org/en/petition/Greek

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Greece: The impunity of racist violence and the penalizing of victims by law returns Europe to dark times

We are concerned and we want to declare it. While the impunity of racist violence is a continuously extending problem in Greece, the Greek government, rather than addressing it, is about to legalize it, while punishing the victims! Last week, it introduced an ammendment to the Code on Migration that, in instances where their complaint is archived, foresees the expulsion of immigrants who lodge complaints of state violence against them. It is chilling: this ammendment is a scare tactic and it punishes the victims not the perpetrators.

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According to a series of national, european, and international organizations, in Greece, the tolerance and non reporting of violence against immigrants, especially in instances when the perpetrators are uniformed, has created a painful tradition. We believe that state tolerance of racist violence, more so, its institutionalization, for the «protection» of state aparratuses from immigrants and refugees (!) is not a «right» of any national state, nor is it a means of exercizing national sovereignty. The conditions of humanitarian crisis produced in Greece by the unacceptable austerity measures, but also the overwhelming responsibilities regarding migration flows that it has been forced to take on, cannot function as an alibi for a European country to return to times of state sanctioned lawlessness that echo dark periods of the European contintent. If this happens, we already know that the only beneficiary is the racist right.

We believe that political parties and the community of citizens across Europe ought to take immediate action so that the state legitimation of racist violence by a European country is stopped and further reduction of immigrants rights is avoided.

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The unacceptable ammendment has been temporariy withdrawn, but as the minister of the Interior has announced, it will will be reintroduced next week. In addition, all of Article 19, which allows for residence permits for humanitatian purposes, among them to victims of racist violence, has also been withdrawn from the Code on Migration.

We call on citizens, organizations, movements, political parties across Europe to react immediately, puting pressure on the Greek government to restrore Article 19, without the racist ammendment in any form. It is a fundamental issue of democracy, humanism, and justice.

First signatures:

Εtienne Balibar (Université de Paris-Ouest Nanterre, France)

Matyas Benyik (Chairman ATTAC Hungary)

Judith Butler (University ofBerkeley, USA)

Jodi Dean (Professor, Hobart and William Smith Colleges, USA)

Crhistine Delphy(University of Berkeley, USA)

Costas Douzinas (Birkbeck College, University of London, UK)

Rose-Marie Lagrave (Director of studies, EHESS, France)

Rose-Marie Lagrave (École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, France)

Michael Löwy (CNRS, France)

Antonio Negri (philosopher, Italy)

Leo Panitch (Υork University, Canada)

Luzia Margareth Rago (Ιnstituto de Filosofia e Ciências Humanas, Brazil)

Enzo Traverso (Cornell University, USA)

Hilary Wainwright (Chief Editor of Red Pepper, UK)

Stavros Tombazos (University of Cyprus)

Eleni Varikas (Université Paris-8, France)

Athena Athanasiou (Professor of Social Theory at Panteion University, Vice President of Nicos Poulantzas Institute)

Eftichis Bitsakis (Emeritus Professor, University of Ioannina)

Aris Chatzistefanou (journalist)

Dimitris Christopoulos (Assistant Professor at the Department of Political Science and History of the Panteion University, Vice-President of the International Federation for Human Rights-FIDH)

Gerasimos Couzelis (Professor of Social Theory, University of Athens)

Foivos Delivorias (composer)

Nicos Filis (Avgi newspaper)

Antonis Cafentzopoulos (actor)

Stelios Kouloglou (journalist, tvxs.gr)

Kostas Koutsomitis (director)

Antonis Liakos (Professor, University of Athens)

Savvas Michael (author)

Ilias Nicolakopoulos (Professor, University of Athens)

Costis Papaioannou (coordinator of the Racist Violence Recording Network)

Vassilis Papastergiou (Member of the Board of the Athens Lawyers Association)

Nicos Paraskevopoulos (Professor, Aristotelian University of Thessaloniki)

Dimitris Psarras (journalist, author)

Michalis Spourdalakis (President of the Hellenic Political Science Association)

Dimitris Trimis (ex-Presiden of the Journalists’ Union of the Athens Daily Newspapers)

Constantinos Tsoukalas (sociologist)

Yannis Voglis (actor)

A quand une Europe garantie sans conservateurs ?

« Les droits des femmes doivent être mis à l’agenda politique européen », réclament Marie-Noëlle Bas (Chiennes de garde), Magali De Haas (Osez le féminisme), Sabine Salmon (Femmes Solidaires), Annie Sugier (Ligue du droit international des femmes)… après le récent rejet par le Parlement de l’Union d’un rapport sur l’égalité salariale. A quelques semaines des élections des députés de l’UE, elles proposent d’en faire « un enjeu significatif du vote ».

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Pour la deuxième fois en quelques mois, le Parlement européen a rejeté un texte qui visait à faire avancer l’égalité femmes – hommes en Europe. Les conservateurs, une fois de plus, se sont mobilisés contre l’égalité salariale, la lutte contre les stéréotypes sexistes ou l’accès des femmes aux responsabilités. Comme à leur habitude et prenant modèle sur leurs collègues américains, ils mènent en Europe un combat systématique contre les femmes au détriment de leur liberté et de leur émancipation. Plus étonnant, ils ont pu compter sur des députés s’affirmant progressistes pour s’abstenir et ainsi permettre le rejet du texte.

Ce rejet n’est pas un épisode isolé, il s’inscrit dans une série de reculs et de remises en cause des droits des femmes en Europe. Que l’on aborde la question de la contraception et de l’avortement, que l’on parle de permettre aux femmes d’accéder aux responsabilités ou encore de l’égalité des salaires, on se heurte à un mur de conservatisme qui freine n’importe quelle avancée, même minime. Pendant que l’Europe stagne, l’Espagne, la Lituanie ou la Macédoine font reculer le droit à l’avortement, pourtant clé de voute de la liberté des femmes et de l’égalité entre les sexes.

Que se passe-t-il dans les têtes de ces parlementaires ? Sont-ils, hommes et femmes, satisfaits des 18% d’écarts de salaire ? Sont-ils contents de constater que les femmes européennes ne sont que 25% dans les parlements nationaux ? Que parmi les 27 gouverneurs des Banques centrales, on ne compte aucune femme et qu’elles représentent par ailleurs 70% des travailleurs pauvres ? Qu’elles assument 2/3 des heures de travail pour ne toucher que 10% des revenus ? Qu’elles soient 62 millions victimes de violences physiques et sexuelles ? Est-ce cette Europe à laquelle nous aspirons et que nous souhaitons laisser aux générations futures ?

La responsabilité de la droite dans ces reculs est majeure. Celle des partis progressistes, qui n’ont pas réussi à mobiliser suffisamment ou qui se sont divisés, doit également nous interroger. Les quelques féministes qui se battent depuis longtemps dans ces organisations politiques le savent : l’égalité femmes – hommes, tout le monde est pour… mais ce n’est jamais la priorité ni le bon moment.

Quand les dirigeants de l’UE comprendront-ils qu’il ne sera pas possible de construire l’Europe sans les femmes et sans faire de leurs droits un automatisme des politiques publiques ? Tant que la moitié de la population sera victime de discriminations, d’inégalités et de violences, il ne sera pas possible de construire une Europe de justice et une Europe de paix.

Il ne s’agit pas uniquement des femmes elles-mêmes ou de leurs droits : c’est une vision de l’Europe que nous voulons porter. Continuera-t-elle à se construire indépendamment des intérêts de celles et ceux qui la constituent ? Continuera-t-elle à être l’objet de quelques individus blancs, aisés, vieillissants et déconnectés de la réalité des peuples qui depuis Bruxelles décident de l’avenir de millions de personnes, créent des normes dans de multiples domaines, mais relèguent aux Etats le droit de régir les libertés des femmes ?

Les droits des femmes doivent être mis à l’agenda politique européen. Les élections européennes seront une occasion à saisir pour porter ce débat sur la scène européenne, d’en faire un enjeu significatif du vote et d’envoyer un signal clair aux institutions européennes : l’Europe ne se fera pas sans les femmes et ne se fera pas sans l’égalité.

Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde
Marie Cervetti, directrice du FIT, une femme, un toit
Caroline De Haas, militante féministe
Magali De Haas, Osez le féminisme
Monique Dental, réseau féministe Ruptures
Anne-Cécile Mailfert, Osez le féminisme
Françoise Morvan, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes
Marie-Christine Lecomte, vice-présidente de Libres MarianneS
Françoise Picq, Association nationale des Etudes Féministes
Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires
Martine Storti, présidente de féminisme et géopolitique
Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes

Signez maintenant la lettre sur le harcèlement sexuel !

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Samedi nous serons le 8 mars, journée internationale de lutte des femmes pour l’égalité et l’émancipation. Dans un tel combat, il y a l’indispensable mobilisation contre la violence faite aux femmes. Le harcèlement sexuel est une des formes de cette violence, une atteinte intolérable à la dignité et à l’intégrité des personnes.

La lutte contre le harcèlement sexuel est un objectif important pour construire l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. La politique de l’Etat de Vaud sur ce sujet essentiel est totalement insuffisante dans ses moyens et dans ses effets. Une collègue enseignante vaudoise en a fait les frais. Elle a mené durant des années, avec un courage exemplaire, la lutte pour faire reconnaître le harcèlement sexuel qu’elle avait subi entre 2003 et 2005. Elle n’a obtenu définitivement justice qu’en 2014, après un long et harassant parcours judiciaire.

Il faut tirer les leçons de ce cas exemplaire et renforcer le dispositif de lutte contre le harcèlement sexuel dans l’administration cantonale vaudoise. Il est urgent que l’Etat de Vaud mette en œuvre les recommandations du Bureau fédéral de l’égalité (BFEG) de manière à ce que les pratiques de harcèlement sexuel soient rapidement et efficacement identifiées, combattues et sanctionnées.

À titre personnel ou pour une association, nous vous invitons à signer la lettre afin d’amener le Conseil d’Etat vaudois à renforcer les dispositions de lutte contre le harcèlement sexuel et à agir enfin efficacement sur ce terrain.

Retrouvez notre dossier complet sur notre site internet : www.sud-vd.ch

Et si on supprimait les sens uniques et les voies de garage

Le Service Diversité de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) a publié une brochure très intéressante contre les discriminations à l’embauche, en septembre 2013 : http://www.csc-en-ligne.be/Images/Argumentaire%20anti-discrimination%20%C3%A0%20l%27embauche_tcm22-301443.pdf

Questions illégales sur : la nationalité, la prétendue race, la couleur de peau, l’origine nationale ou ethnique, l’ascendance, le sexe, l’orientation sexuelle, la naissance, l’état civil, l’âge, la langue, l’origine sociale, la fortune, la conviction religieuse ou philosophique, la conviction politique, la conviction syndicale, l’état de santé actuel ou futur, un handicap, une caractéristique physique ou génétique.

La brochure détaille les questions indiscrètes, les questions illégales, les vraies questions masquées et propose des stratégies, des réponses à apporter.

Ces questions et réponses sont complétées par des « annexes théoriques » : définition de la discrimination, comportement interdits (discrimination directe, discrimination indirecte, injonction à discriminer, harcèlement, refus d’aménagement raisonnable), champs d’applications de la législation anti-discrimination, références légales, etc.

Très utile, tant pour l’information que pour la construction de réponses. Et des pistes de réflexions pour des modifications de réglementation en France

CSC : Argumentaire pour lutter contre les discriminations à l’embauche

http://www.csc-en-ligne.be/Images/Argumentaire%20anti-discrimination%20%C3%A0%20l%27embauche_tcm22-301443.pdf

Didier Epsztajn

Take the Boat

Le Pitch

Tous les ans, 5000 irlandaises doivent se rendre en Angleterre pour avorter. Leurs compatriotes disent qu’"elles prennent le bateau." En plus de se sentir isolées et criminelles, elles doivent débourser des centaines d’euros. Mais des deux côtés de la mer, des militants, comme Gillian qui a vécu la même chose, sont prêts à les aider.

http://www.dailymotion.com/video/x1cg4af_teaser-take-the-boat_shortfilms

Les bonnes raisons de nous rejoindre

Notre projet

Alors que la France est sur le point de célèbrer les 40 ans de la loi Simone Veil, l’accès à l’avortement est toujours refusé en Irlande, en Pologne, à Malte et à Chypre. En Irlande, où nous avons vécu pendant un an, il n’est autorisé qu’en cas de danger pour la vie de la mère.

A travers l’histoire des Irlandaises, ce film rappelle que le droit des femmes à disposer de leur corps n’est toujours pas acquis. Il questionne le poids de la politique dans l’intimité des femmes, toutes susceptibles d’être un jour confrontées à un tel choix.

Un sujet actuel
C’est l’Espagne qui a fait les gros titres ces dernières semaines, depuis que le gouvernement a prévu de limiter le droit à l’avortement. De notre côté de la frontière, on découvrait avec stupeur qu’il était encore possible de retourner en arrière. Et on en parle moins, mais la Lituanie prend le même chemin. Alors il faut de nouveau se pencher sur la question : qui d’autre que les femmes elles-mêmes peuvent décider ? Le combat des Irlandaises est un sujet terriblement actuel.

Un sujet universel, l’exemple irlandais
En France, on connait bien l’Irlande. Enfin, la Saint-Patrick, la beauté de ses paysages, ses pubs, et la sympathie légendaire de ses habitants. Mais ce pays a une histoire très riche, souvent douloureuse. Sur une île longtemps colonisée par son puissant voisin protestant, le catholicisme n’est pas seulement une religion mais une question politique à l’origine du mouvement pour son indépendance. Il est aujourd’hui le principal rempart à la libéralisation de l’avortement.

Un sujet tabou
En Irlande, l’avortement est vécu comme une chose honteuse qui doit rester secrète. Les femmes qui s’expriment publiquement sont rares et elles sont considérées comme des héroïnes par les partisans de la libéralisation. Parfois un drame, comme la mort de Savita Halappanavar en 2012, relance le débat sans que leurs voix soient réellement entendues. “Take the boat” leur donne la parole.

Et après ?
Compte tenu de l’actualité, nous aimerions développer le projet sur le web. Une carte interactive de l’Europe permettrait à l’internaute de naviguer d’un pays à l’autre pour avoir une vision globale des disparités en matière de droit à l’avortement à l’aide de vidéos, de témoignages et de données chiffrées.

"Take the Boat" dispose du soutien de la Bourse Brouillon d’un rêve 2013 de la SCAM.

Qui sommes nous?

Nous nous sommes rencontrées sur les bancs de l’université et nous avons vécu ensemble à Dublin en 2008-2009. C’est là que l’idée du film a pris forme.Camille Hamet est devenue journaliste après être passée par le Celsa et à la City University of New York. Séréna Robin a voyagé en Colombie, en Mauritanie, en Inde et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, elle écrit des scénarios. “Take the boat” est notre premier documentaire.
A quoi va servir l’argent ?
Dans un premier temps, les 10 000 euros demandés serviront à financer le voyage de Camille et Séréna en Irlande, afin de terminer le film et récolter les dernières interviews. Dans un deuxième temps, ces 10 000 euros nous serviront à assurer la promotion du film et à trouver un diffuseur.Dans l’idéal, nous aimerions également atteindre un second palier de 40 000 euros, qui serviront à finaliser la production et post-production du film.
Et si vous ne pouvez pas donner ?
Parler de “Take the boat” autour de vous, à votre famille, à vos amis, à votre entourage professionnel, c’est déjà une aide précieuse ! Mais nous sommes aussi à la recherche de témoignages, textes, photos, vidéos. Alors si vous avez des histoires liées à l’accès à l’avortement en Europe, n’hésitez surtout pas à les envoyer à contact.taketheboat@gmail.com. Et n’oubliez pas de nous préciser si vous voulez que votre témoignage soit publié.
Merci à toutes et à tous, nous avons vraiment hâte de partager cette aventure avec vous !

http://www.touscoprod.com/fr/taketheboat

Lettre ouverte en soutien aux citoyen/ne/s de Bosnie-Herzégovine

Nous soussignés, exprimons notre complet soutien aux citoyen/ne/s de Bosnie-Herzégovine dans leur colère justifiée et leurs demandes légitimes. Leur revendication d’une vie décente, d’une véritable démocratie, d’une solidarité par delà les frontières – qu’elles soient ethniques, nationales ou religieuses -, l’égalité sociale et la justice résonne à travers le monde.

Tout comme les mobilisations de la place Tahrir, du Park Zuccotti, des places Taskim et Syntagma, les manifestant/e/s bosniaques ont eu le courage d’aller par delà tous les obstacles institutionnels et toutes les limitations que le gouvernement impose à ses citoyens et ont repris les rues et les places. Les peuples de Bosnie-Herzégovine se soulèvent contre le système d’exploitation, l’injustice et l’inégalité au service d’une petite élite politique, économique et financière.

Un siècle après l’assassinat de Franz Ferdinand lorsque les leaders de l’Europe impérialiste ont poussé leurs nations dans la destruction mutuelle, la Bosnie envoie un signal fort à chacun/e. Le monde dans lequel nous vivons est un monde de divisons, dans lequel on assiste à l’expansion du fascisme, à un apartheid politique et social croissant et à la destruction capitaliste continue de la nature comme des biens communs. Les citoyens/ne/s de Bosnie-Herzégovine ont fait l’expérience de cela au quotidien au cours des 20 dernières années. Après la guerre nationaliste entre 1992 et 1995 au cours de laquelle 100.000 personnes ont perdu la vie, l’installation de la paix institutionnelle a restauré le système capitaliste, détruit la classe ouvrière et la classe moyenne et ont mis en place des divisions non seulement sociales mais aussi ethniques qui ont été exploitées avec succès par les élites politiques. Ils ont dit "assez" et nous disons "assez" avec eux.

Nous apportons notre soutien à leurs efforts légitimes pour créer une société de justice et d’égalité en Bosnie Bosnie-Herzégovine. Nous appelons tous les forces sociales et politiques progressistes à soutenir le peuple de Bosnie-Herzégovine dans sa lutte décisive pour un meilleur futur pour tou/te/s.

Signataires

Tariq Ali, écrivain et militant, UK

Gil Anidjar, universitaire, Université de Columbia, USA

Vladimir Arsenijević, écrivain, Serbie

Etienne Balibar, professeur émérite, Université Paris Ouest, France

Franco Berardi Bifo, philosophe, Italie

Alida Bremer, écrivaine, Allemagne

Wendy Brown, analyste politique, UC BUSA

Boris Buden, Université de Weimar, Allemagne

Noam Chomsky, linguiste et militant, MIT, USA

Goran Fejic, écrivain, France

Karl-Markus Gauss, écrivain, Autriche

Costas Douzinas, philosophe, Birkbeck, Université de Londres, UK

Daša Drndić, écrivain, Croatie

Michael Hardt, philosophe, Duke University, USA

David Harvey, géographe, CUNY, USA

Aleksandar Hemon, écrivain, USA

Srećko Horvat, philosophe, Croatie

Saša Ilić, écrivain, Serbie

Rada Ivekovic, philosophe, Université de St. Etienne, France

Mate Kapović, linguiste, Université de Zagreb, Croatie

Naomi Klein, auteure et militante, USA

Maurizio Lazzarato, philosophe, France

Christian Marazzi, économiste, Suisse

Antonio Negri, philosophe, Italie/France

Andrej Nikolaidis, écrivain, Bosnie Bosnie-Herzégovine/Monténégro

Nigel Osborne, professeur émérite, Université d’Édimbourg, Écosse

Costas Lapavitsas, économiste, SOAS, UK

Catherine Samary, économiste, France

Renata Salecl, philosophe, Slovénie

Elke Schmitter, écrivaine, Allemagne

Ingo Schulze, écrivain, Allemagne

Igor Štiks, Université de Bosnie Herzégovine, Écosse

Eric Toussaint, économiste, CADTM, Belgique

Yanis Varoufakis, économiste, Université du Texas, USA

Jasmila Žbanić, réalisatrice, Bosnie Bosnie-Herzégovine

Slavoj Žižek, philosophe, Slovénie

publié le 13 février 2014 sur le site du CADTM

Lettre ouverte européenne à François Hollande : ne cédez pas au lobby des banques !

mercredi 12 février 2014

Le 19 février la France et l’Allemagne rendront publique leur position commune sur la taxe sur les transactions (TTF) ; Bercy et les banquiers sont à l’oeuvre pour en réduire la portée. 283 associations, ONGs et syndicats de 17 pays européens interpellent François Hollande et l’enjoignent à « ne pas céder à la pression du secteur financier » et à mettre en place dès 2015 « une TTF sur toutes les classes d’actifs, pour enrayer la spéculation et financer les enjeux de solidarité nationale, européenne et internationale ».(Vous pouvez envoyer cette lettre ouverte à François Hollande en cliquant ici)

Monsieur le Président,

Nous vous écrivons pour vous faire part de notre inquiétude concernant l’attitude de la France à propos du projet de taxe européenne sur les transactions financières (TTF).

Lors du Conseil européen de juin 2012, la France, par votre voix, a joué un rôle moteur pour le lancement d’une coopération renforcée avec dix autres membres de l’Union pour la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières.

Une taxe à l’assiette large, en incluant les actions, les obligations et les produits dérivés, et en touchant les opérations les plus spéculatives (trading à haute fréquence), réduirait le volume de la spéculation financière, tout en dégageant des revenus importants, 34 milliards d’euros selon la Commission. Ces sommes doivent selon nous contribuer à protéger l’emploi et les services publics, ainsi qu’à tenir les engagements français et européens concernant la lutte mondiale contre la pauvreté, le sida et le réchauffement climatique.

Mais, depuis quelques mois, le lobby financier a lancé une offensive contre ce projet de TTF. Pour l’essentiel, le secteur financier oppose des arguments infondés, pour ne pas avoir à réparer les dégâts de la crise qu’il a provoquée, ni à verser une contribution au bien commun. Cette offensive n’a pour l’instant pas ébranlé la Commission européenne ni le gouvernement allemand, mais votre ministre de l’économie Pierre Moscovici s’y est montré sensible, déclarant « excessif » le projet de la Commission. S’appuyant lui aussi sur les arguments du lobby bancaire, le gouverneur de la Banque de France, M. Noyer, a quant à lui indiqué que ce projet devait être « entièrement revu ».

Pourtant, les obligations, et surtout l’ensemble des produits dérivés peuvent être utilisés à des fins de spéculation, et doivent être taxés.

Le 19 février, lors d’un Conseil des ministres franco-allemand à l’Élysée, vous annoncerez la proposition commune de la France et de l’Allemagne. Nous vous demandons de ne pas céder à la pression du secteur financier et d’annoncer la mise en place dès 2015 d’une TTF sur toutes les classes d’actifs, pour enrayer la spéculation et financer les enjeux de solidarité nationale, européenne et internationale.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération,

France

  • AIDES - Bruno Spire, Président
  • AITEC-Ipam – Amélie Canonne, Co-présidente
  • Attac France – Dominique Plihon, Porte-parole
  • CARE France – Philippe Lévêque, Directeur
  • CCFD-Terre Solidaire – Bernard Pinaud, Délégué Général
  • CNIID - Flore Berlingen, Directrice
  • Coalition PLUS - Hakima Himmich Présidente
  • Confédération Générale du Travail (CGT), Thierry Lepaon, Secrétaire général
  • Coordination SUD - Daniel Verger, directeur
  • Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID) – Bernard Salamand, Président
  • Fondation Danielle Mitterrand France Libertés – Emmanuel Poilane, Directeur
  • Emmaüs international – Jean Rousseau, Président
  • Equilibres & Populations – Serge Rabier, Directeur
  • Fédération Artisans du Monde – Marie Paule Jammet, Co-présidente
  • Fédération syndicale unitaire (FSU) – Bernadette Groison, Secrétaire générale
  • Fondation Copernic – Pierre Khalfa, Co-président
  • France Amérique Latine (FAL) – Fabien Cohen, Secrétaire général
  • Global Health Advocates France – Patrick Bertrand, Directeur
  • Ingénieurs sans frontières – Thibaud Saint-Aubin, Président
  • Les Amis de la Terre – Florent Compain, Président
  • Ligue des droits de l’homme – Pierre Tartakowsky, Président
  • Réseau Action Climat (RAC) – Pierre Perbos, Président
  • Ritimo – Danielle Moreau, Présidente
  • Secours Islamique France – Rachid Lahlou, Président-Fondateur
  • Oxfam France – Luc Lamprière, Directeur général
  • Union Syndicale Solidaires – Annick Coupé, Porte-parole

International / Europe

  • ActionAid International – Chris Kinyanjui, Acting Chief Executive
  • Action for Global Health – Tim Roosen, Coordinator
  • CIDSE - Bernd Nilles, Secretary General
  • Climate Action Network Europe (CAN) – Wendel Trio, Director
  • EFFAT (European Federation of Food, Agriculture and Tourism Trade Unions) – Harald Wiedenhofer, General Secretary
  • European Federation of Public Service Unions (EPSU) – Carola Fischbach-Pyttel, General Secretary
  • European Anti Poverty Network (EAPN) – Barbara Helfferich, Director
  • European Trade Union Confederation (ETUC) – Bernadette Segol, General Secretary
  • Food & Water Watch (Europe) – Wenonah Hauter, Executive Director
  • Global Call to Action Against Poverty (GCAP) – Ingo Ritz, Director of Programmes
  • International Federation of Social Workers, Europe – Cristina Martins, President
  • International Trade Union Confederation (ITUC) – Sharan Burrow, General Secretary
  • industriAll (European Trade Union) – Ulrich Eckelmann, General Secretary
  • International Union of Foodworkers (IUF) – Ron Oswald, General secretary
  • Oxfam International – Winnie Byanyima, Chief Executive
  • Public Services International (PSI - global trade union federation) – Rosa Pavanelli, General Secretary
  • The Stop Aids Alliance, Brussels – Arben Fetai, Senior Policy Advisor
  • Transnational Institute (TI) – Fiona Dove, Executive Director
  • TUAC (Trade Union Advisory Committee to the OECD) – John Evans, General Secretary
  • World Future Council (WFC) – Tony Colman, Chair of Finance Commission

Allemagne

  • Aktionsbündnis gegen AIDS - Astrid Berner-Rodoreda, Board of Directors
  • Attac Germany – Detlev v. Larcher, Steering Committee
  • AWO (Arbeiterwohlfahrt Bundesverband e.V.) – Wolfgang Stadler, Vorsitzender des Vorstandes
  • Bischöfliche Aktion Adveniat – Prälat Bernd Klaschka, Hauptgeschäftsführer (Director General)
  • Brot für die Welt (Protestant Development Service) – Eva Hanfstaengl, Policy Advisor Development Finance
  • CARE Deutschland-Luxemburg – Karl-Otto Zentel, Secretary General
  • Christlich-Demokratische Arbeitnehmerschaft Deutschlands (CDA) – Martin Kamp, Hauptgeschäftsführer
  • Deutsche Naturschutzring (DNR) – Prof. Dr. Hartmut Vogt man, President
  • Deutsche Stiftung Weltbevoelkerung (DSW) – Renate Baehr, Executive Director
  • Germanwatch e.V – Klaus Milke, Chairman of the board
  • Global Policy Forum – Jens Martens, Executive Director
  • INKOTA-Netzwerk – Arndt von Massenbach, Executive Director
  • Jesuitenmission Deutschland – Fr. Dr. Jörg Alt SJ, Deputy director
  • Justitia et Pax (German Commission for Justice and Peace) – Gertrud Casel, General Secretary
  • Kampagne Steuer gegen Armut – Detlev v. Larcher, Spokesperson
  • Katholischer Deutscher Frauenbund e.V. (KDFB) – Beate Born, Vizepräsidentin
  • Kindernothilfe e.V. – Dr. Jürgen Thiesbonenkamp, Chairman of the Board of Directors
  • Kirchlicher Dienst in der Arbeitswelt der Evangelischen Kirche in Deutschland – Thomas Krämer, FTT commissioner
  • Lebenshaus Schwäbische Alb – Michael Schmid, Geschäftsführer
  • Marie-Schlei-Verein e. V – Prof. Dr. h.c. Christa Randzio-Plath, Vorsitzende
  • MISEREOR - Pirmin Spiegel, Director General
  • Missio, Internationales Katholisches Missionswerk, Ludwig Missionsverein KdöR – Fr. Eric Englert osa, President of Missio
  • Mission EineWelt, Centre for Partnership, Development and Mission of the Evangelical Lutheran Church in Bavaria – Dr. Jürgen Bergmann, Head of Department for Development and Politics
  • Netzwerk Afrika Deutschland – Wolfgang Schonecke, Leiter NAD Büro Berlin
  • Netzwerk Grundeinkommen – Matthias Blöcher, Netzwerkrat
  • Oxfam Deutschland – Marion Lieser, Executive Director
  • SODI (Solidaritätsdienst-international e.V) – Roland Lauckner, Managing Director
  • WEED (Weltwirtschaft, Ökologie & Entwicklung e.V) – Peter Wahl, Chairman
  • Weltfriedensdienst – Martin Zint, Öffentlichkeitsarbeit
  • World Vision Deutschland e.V. – Christoph Waffenschmidt, Chairman of the Executive Board
  • Zukunftskonvent Germany – Judith Dellhei, Coordinator

Autriche

  • KOO-Koordinierungsstelle der Bischofskonferenz für Internationale Entwicklung und Mission – Heinz Hödl, Director
  • Globale Verantwortung – Arbeitsgemeinschaft für Entwicklung und Humanitäre Hilfe, Annelies Vilim, Director
  • Attac Austria – Alexandra Strickner, Chairperson
  • Netzwerk Soziale Verantwortung – Franz Fiala, Chairman of the board
  • Gewerkschaft vida – Willibald Steinkellner, Vice-President
  • Gewerkschaft der Gemeindebediensteten – Kunst, Medien, Sport, freie Berufe (GdG-KMSfB) – Christian Meidlinger, President
  • GPA-djp – Wolfgang Katzian, President
  • ÖLI-UG (Österreichische Lehrer/innen Initiative – Unabhängige Gewerkschafter/innen für mehr Demokratie) – Josef Gary Fuchsbauer, National Coordinator
  • Caritas Austria – Christoph Schweifer, Secretary General International Programs
  • Volkshilfe Österreich- Erich Fenninger, Federal Director
  • KFB (Katholische Frauenbewegung Österreichs) – Barbara Haas, Chairperson
  • Catholic Social Academy – Magdalena Holztrattner, Director
  • SOS-Kinderdorf Austria – Christian Moser, Director
  • Katholische Arbeitnehmer/innen Bewegung Austria – Johannes Labner, Federal chairman
  • Katholische Arbeitnehmer/innen Bewegung Vienna – Philipp Kuhlmann, Chairman
  • ÖBV-Via Campesina Austria – Irmi Salzer, Media and PR officer
  • SÜDWIND - Elfriede Schachner, Director
  • Missionskloster Wernberg in Kärnten – Sr. Johanna Wagner, Provincal superior
  • Bruder und Schwester in Not, Diözese Innsbruck – Ursula Scheiber, Head
  • Missionsprokur St. Gabriel International – P. Franz Pilz SVD, Mission Secretary
  • Welthaus Klagenfurt – Barbara Jordan, Head and Coordinator
  • Afro-Asiatisches Institut in Wien – Nikolaus Heger, Director
  • voluntaris e.V – Marianne Tiki, Director & Ines Refenner, Deputy Director
  • Welthaus Diözese Graz- Seckau – Dietmar Schreiner, Director
  • LICHT FÜR DIE WELT - Rupert Roniger, Director
  • Institute for Environment – Peace – Development (IUFE) – Johannes Steiner, Director
  • DKA Austria- Hilfswerk der Katholischen Jungschar – Elke Giacomozzi, Chairperson
  • Aussätzigen-Hilfswerk Österreich – Matthias Wittrock, Director & Pfr. Edwin Matt, Chairman of the Board of trustees
  • Fastenaktion der Diözese Eisenstadt – Karl Woditsch, Secretary General and responsible for organisation
  • KIRCHE IN NOT - Herbert Rechberger, National director
  • Missionsstelle Linz – Andreas Reumayr, Head
  • Welthaus der Diözese Innsbruck – Andrae Stigger, Head
  • VIDC Vienna Institute for International Dialogue and Cooperation – Martina Neuwirth, International Economics and Finance
  • GLOBAL 2000 (Friends of the Earth Austria) – Reinhard Uhrig, Director
  • Greenpeace Austria – Hanna Simons, Environmental policy director
  • SOL-People for Solidarity, Ecology and Lifestyle – Vera Besse, Chairperson
  • Verein ARCHE NOAH - Beate Koller, Director

Belgique

  • 11.11.11 – Bogdan Vandenberghe, Director
  • ALPHA5000 - Brigitte L. Jennes, Directrice
  • Attac Charleroi – Christian Mailer / Stany Dembour, Membres
  • Attac Vlaanderen – Eric Goeman, Spokesperson
  • Belgian Anti-Poverty Network (BAPN) – Stephan Backes, Coordinator
  • Broederlijk Delen – Lieve Herijgers, Director
  • CGé (Changement pour l’Egalité – Mouvement socio-pédagogique) – Noëlle De Smet, Membre active
  • CNCD.11.11.11 – Arnaud Zacharie, General secretary
  • Color’Ados AMO asbl – Hanjoul Madeleine & Paola Baccaro, Assistantes Sociale
  • Damien Foundation – Tine Demeulenaere, Medical Advisor
  • Dominos LA FONTAINE asbl – Christine Longrée, Secrétaire générale
  • Dynamo International (Street Workers Network) – Edwin de Boevé, Directeur
  • FairFin vzw – Kristien Vermeersch, Coordinator
  • FAN (Financial Action Network) – Eric Goeman, Coördination/spokesperson
  • FOS-socialistische Solidariteit (België) – Annuschka Vandewalle, Secretaire Générale
  • Kairos Europe – Francois Gobbe, Coordinator
  • LI MOHON AAJ - Jean-Pierre Cocco, Directeur
  • Mic-Teens – Valérie-Anne ADAM, Codirector
  • Oxfam-Solidarité – Stefaan Declercq, Secretary-General
  • Peuple et Culture – Jean-Luc Lebrun, Auxiliaire Logistique de Projet
  • Pose Ton Sac Pour un Nouveau Départ – Jean-Pierre Laffineur, Educateur
  • Réseau pour la Justice Fiscale – Daniel Puissant, Secrétaire
  • Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté – Christine Mahy, Secrétaire Générale
  • RWLP - Michel Collard, Communication
  • Pour Traces de rue – Véronique Martin, Permanente Coordinatrice
  • Vredeseilanden – Marianne Vergeyle, Director
  • Wereldsolidariteit/Solidarité Mondiale – Andre Kiekens, General Secretary

Danemark

  • IBIS - Lars Koch, Director of Policy & Campaigns

Espagne

  • ActionAid Spain – Patricia Moreira Sánchez, Director General
  • Alejandro del Moral Fernández del Rincón, President, Ecodesarrollo Asociación para la Promoción de un Desarrollo Sostenible
  • Alianza Española contra la Pobreza – Jorge Serrano Paradinas, Memeber representative
  • Anesvad Foundation – Bernardo Garcia, General Manager
  • Asociación de Solidaridad Yuca – Miguel Ángel Royo Bordonada, Secretario
  • Attac Spain – Ricardo G. Zaldívar, Coordinator of Public Services Group
  • AVBACOS-H – Carlos M. Gómez García, President
  • CALCISCOVA - Carlos M. Gómez García, President
  • Centro de Estudios Rurales Y de Agricultura International (CERAI) – Pedro Jose Escriche Bueno, Presidente
  • Coordinadora de ONGD - Mercedes Ruiz-Giménez Aguilar, President
  • Federacion de Planificacion Familiar Estatal (FPFE) – Filomena Ruggiero, Incidencia
  • Foro UBUNTU - Manuel Manonelles, Director
  • Fundación Ecología y Desarrollo (ECODES) – Victor Viñuales Edo, Director Ejecutivo
  • Fundación Hijos del Maíz – Ricardo Gayol Rodríguez, Presidente
  • Fundacion Triangulo – Jose Maria Nuñez Blanco, President
  • Hazloposible – Catalina Parra Baño – President
  • Instituto de Salud Global de Barcelona-ISGlobal – Rafael Vilasanjuan, Director Laboratorio de Ideas
  • Intersindical Valenciana – Vicent Maurí, Portavoz
  • ITF YA Platform – Ricardo G. Zaldívar, Member representing Attac Spain
  • María Rubio García, Aspciaciaón Hermanamiento León (Nicuragua) – Zaragoza (Espana)
  • Médicos del Mundo España – Álvaro González, President
  • Movimiento Por La Paz (MPDL) – Francisca Sauquillo, President
  • Mundo Sano, España – Juan J. de los Santos, Coordinador
  • ONGD de Navarra – Enrique Carlos Abad Martínez, representante
  • Oxfam Intermon – José María Vera, Director
  • Paz y Cooperación – Joaquín Antuna, Presidente y fundador
  • Salud Por Derecho – Vanessa Lopez, Director

Finlande

  • Attac Finland – Omar El-Begawy, President
  • Kepa (the Finnish NGO Platform) – Timo Lappalainen, Director

Grande-Bretagne

  • Action For Southern Africa (ACTSA) – Tony Dykes, Director
  • ActionAid UK - Richard Miller, Executive Director
  • African Initiatives – José Sluijs-Doyle, Chief ExecutIve
  • ASLEF - Mick Whelan, General Secretary
  • ATL (Association of Teachers and Lecturers) – Mary Bousted, General Secretary
  • Central America Women Network – Virginia López Calvo, Projects Coordinator
  • Chartered Society of Physiotherapy (CSP) – Lesley Mercer, Employment Relations Director
  • Christians on the Left – Andy Flannagan, Director
  • Church Action on Poverty – Niall Cooper, Director
  • Community – Roy Rickhuss, General Secretary
  • Compass – Neal Lawson, Chair
  • Concern Universal – James Treasure-Evans, Advocacy and Learning Manager
  • CWU (Communication Workers’ Union) – Billy Hayes, General Secretary
  • Ekklesia – Jonathan Bartley, Co-Director
  • Fair Tax Campaign – Meesha Nehru, Researcher
  • Faith2Share – Revd. Canon Mark Oxbrow, International Director
  • Free Churches Group – Frank Kantor, General Secretary
  • Friends of the Earth (England, Wales & Northern Ireland) – Andy Atkins, Executive Director
  • GMB - Paul Kenny, General Secretary
  • Health Poverty Action – Martin Drewry, Director
  • Hope for Children – Simon Jackman, Chief Executive
  • International HIV/AIDS Alliance – Alvaro Bermejo, Executive Director
  • Jubilee Scotland – Alys Mumford, Campaign Director (CEO)
  • Malaria Consortium – Charles Nelson, Chief Executive
  • NASUWT - Chris Keates, General Secretary
  • National Justice & Peace Network – Anne Peacey, Chair
  • Nationwide Group Staff Union – Tim Poil, General Secretary
  • NUJ (National Union of Journalists) – Michelle Stanistreet, General Secretary
  • NUT (National Union of Teachers) – Christine Blower, General Secretary
  • Oxfam GB - Mark Goldring, Chief Executive
  • PCS (Public and Commercial Services Union) – Mark Serwotka, General Secretary
  • People and Planet – Jim Cranshaw, Campaigns Manager
  • RESULTS UK - Aaron Oxley, Executive Director
  • Robin Hood Tax Campaign UK – Owen Tudor, Chair
  • Roj Women Association – Virginia López Calvo, Projects Coordinator
  • Scottish Catholic International Aid Fund (SCIAF) – Philippa Bonella, Head of Communications and Education
  • Share the World’s Resources (STWR) – Rajesh Makwana, Director
  • Stamp Out Poverty – David Hillman, Director
  • STOPAIDS - Ben Simms, Director
  • Student Stop AIDS Campaign – Saoirse Fitzpatrick, Coordinator
  • Tax Research UK - Richard Murphy, Director
  • TB Alert – Mike Mandelbaum, Director
  • Tearfund – Paul Cook, Advocacy Director
  • TUC (Trades Union Congress) – Frances O’Grady, General Secretary
  • UCU (University and College Union) – Sally Hunt, General Secretary
  • UNISON - Dave Prentis, General Secretary
  • Unite the union – Len McCluskey, General Secretary
  • USDAW - John Hannett, General Secretary
  • War on Want – John Hilary, Executive Director
  • World Development Movement – Nick Dearden, Director
  • Zaccheus 2000 Trust – Joanna Kennedy, Chief Executive

Grèce

  • Athens Network of Collaborating Experts (ANCE) – Kelly Bibiri, General Manager
  • Attac-Hellas – Georgios Daremas, Member of the Executive Committee
  • Fair Trade Hellas – Marina Sarli, President Of Board
  • Hellenic Platform for Development – Panagiotes Balaskas, Chairman of the BoD
  • Plateau NGO - Fotis Vlachos, Chairman of the BoD

Irlande

  • Claiming Our Future – Niall Crowley, Convenor
  • Siptu Trade Union at University College Dublin – Dr Roland Erne, representative

Italie

  • ACLI - Gianni Bottalico, Presidente Nazionale
  • ActionAid Italia – Marco De Ponte, Segretario Generale
  • Adiconsum Nazionale – Pietro Gioedano, Presidente
  • Altromercato – Vittorio Rinaldi, Presidente
  • AMREF Italia – Tommy Simmons, Direttore
  • Arci Ambiente e stili di vita, ARCI - Raffaella Bolini, Responsabile Nazionale
  • ARCS - Silvia Stilli, Direttore
  • Associazione Comunità Papa Giovanni XXIII - Giovanni Ramonda, Presidente
  • Associazione in movimento Di Comunità – Carlo Pantaleo, Coordinatore Progettazione Sociale
  • Attac Italia – Vittorio Lovera, Gran Tesoriere Nazionale
  • Azione Cattolica Italiana – Francesco Miano, Presidente Nazionale
  • Banca popolare Etica – Ugo Biggeri, Presidente
  • Centro Studi Sociali contro le mafie PSF - Battista Villa, Presidente
  • CGIL nazionale – Danilo Barbi, Segretario confederale
  • CINI Coordinamento Italiano Network Internazionali – Maria Egizia Petroccione, Portavoce
  • CISL - Raffaele Bonanni, Segretario Generale
  • CISP - Luigi Grando, Direttore
  • Cittadinanzattiva – Antonio Gaudioso, Segretario Generale
  • COOPI Cooperazione Internazionale – Claudio Ceravolo, Presidente
  • CVX (Comunità di Vita Cristiana) and LMS (Lega Missionaria Studenti) – Antonio Salvio, Presidente Nazionale
  • DOKITA o.n.l.u.s. – Mario Grieco, Direttore, Associazione Volontari
  • Equociquà ! cooperativa sociale onlus – Valeria Monaco, Presidente
  • Fairwatch – Monica Di Sisto, Vicepresidente
  • Fiba-CISL - Giulio Romani, Segretario Generale
  • FLARE - Franco La Torre, Presidente
  • FOCSIV - Gianfranco Cattai, Presidente
  • Fondazione Culturale Responsabilità Etica – Andrea Baranes, Presidente
  • GCAP Italia – Mariagrazia Midulla e Riccardo Moro, Portavoce
  • Gruppo cooperativo GOEL - Vincenzo Linaello, Presidente
  • Le Rondini Soc. Coop. – Riccardo Mercanti, Presidente
  • Legambiente – Maurizio Gubbiotti, Coordinatore Segreteria Nazionale
  • Libertà e Giustizia – Massimo Marnetto, Coordinatore Circolo di Roma
  • LINK2007 Cooperazione in Rete – Paolo Dieci, Presidente
  • Lunaria – Grazia Naletto, Presidente
  • LVIA - Alessandro Bobba, Presidente
  • MAG Mutua Verona – Lino Satto, Legale Rappresentante
  • MAG4 Piemonte – Sara Boschi, Presidente
  • Mani Tese – Valerio Bini, Presidente
  • Medici con l’Africa Cuamm – Dante Carraro, Direttore Generale
  • Microdànisma – Luciano Giovanni Votano, Coordinatore e rappresentante legale
  • OISG (Osservatorio Italiano sulla Salute Globale) – Nicoletta Dentico, Presidente
  • Oxfam Italia – Roberto Barbieri, Direttore Generale
  • Re:Common – Antonio Tricarico, Coordinatore Programma Nuova finanza pubblica
  • Reorient onlus – Riccardo Troisi, Presidente
  • RTM Volontari nel Mondo – Maria Teresa Pecchini, Presidente
  • Sbilanciamoci ! – Andrea Baranes e Grazia Naletto, Portavoce
  • Social Watch Italia – Jason Nardi, Coordinatore
  • UIL - Domenico Proietti, Segretario Confederale
  • Un ponte per… – Martina Pignatti Morano, Presidente
  • WWF Italia – Dante Caserta, Presidente
  • ZeroZeroCinque (Italian FTT Campaign) – Leonardo Becchetti, Spokesperson

Norvège

  • Attac Norway – Benedikte Pryneid Hansen, Chairperson
  • Forum for Environment and Development (ForUM) – Andrew Preston, Director
  • Norwegian People’s Aid – Kathrine Raadim, Director of International Programme Department
  • Spire (The Development Fund’s youth organization) – Mari Gjengedal, Chairperson
  • The Development Fund – Andrew Kroglund, Director of Information and Policy

Pays-Bas

  • Tom van der Lee, Director Advocacy & Campaigns, Oxfam Novib
  • Oikos Foundation – Gerhard Schuil, Director

Portugal

  • CIDAC (Centro de Intervenção para o Desenvolvimento Amílcar Cabral) – Cristina Cruz, President of the Board of Directors
  • Fundação Gonçalo da Silveira – Teresa Paiva Couceiro, Director
  • Oikos – Cooperação e Desenvolvimento – João José Fernandes, Chair of the Board
  • Plataforma Portuguesa das ONGD / Portuguese Platform of NGDOs – Pedro Krupenski, President
  • TESE Associação para o Desenvolvimento (TESE Engineers Without Borders) – Miguel Filipe Silva, Director

République Tchèque

  • EDUCON - Zdenka Stará, Director

Slovaquie

  • Lenka Nemcová, Executive Sectretary, Slovak NGDO Platform

Slovénie

  • Mr. Branimir Strukelj, President, Public Services Trade Unions’ Confederation of Slovenia

Quand les villes grecques se transforment en chambres à gaz !

Quel pourrait être le rapport de la transition énergétique à la crise actuelle de la dette et aux politiques d’austérité draconienne qui en résultent un peu partout en Europe ? Ou en d’autres termes, comment se présente la transition énergétique non pas en théorie, mais en pratique dans cette Europe balayée par la crise ?

Ce n’est pas seulement parce que je suis Grec que je vais illustrer cette problématique en me basant sur l’expérience concrète de mon pays. Si on va parler de l’exemple grec c’est surtout parce que la Grèce a été choisie par ceux d’en haut pour devenir le laboratoire des politiques néolibérales et de leurs conséquences sociales et aussi environnementales. En somme, parce que ce qui se passe en Grèce est emblématique de ce qui pourrait se passer presque partout ailleurs…

Alors, les mesures d’austérité imposées aux Grecs par la Troika se traduisent au niveau de la transition énergétique par quelque chose d’inédite de totalement imprévu : par une…transition vers un passé très, très lointain ! Un passé qui voyait les gens se chauffer en brûlant pratiquement n’importe quoi non seulement dans leurs cheminées, mais aussi dans des braseros de fortune. Exactement comme le fait depuis 2-3 ans la majorité des Grecs qui n’a plus accès aux différents moyens de chauffage des temps modernes ! 

La raison de cette situation, qui transforme – la nuit tombée – les principales villes grecque en véritables chambres à gaz, qui rappellent Londres aux temps lointains du…smog, est à rechercher à l’augmentation vertigineuse du prix du fuel imposée par la Troika – et son fidèle serviteur, le gouvernement grec – aux usagers grecs dont le pouvoir d’achat avait déjà été divisé au moins par deux. Ne pouvant donc plus acheter du fuel, la majorité des grecs s’est rabattue depuis 3 ans sur le chauffage au bois. Mais, attention, pas n’importe quel bois, vu que le bois vendu au marché est inabordable par la plupart des Grecs.

C’est donc pourquoi on voit les habitants d’Athènes mais surtout de Salonique et des autres villes du nord de Grèce brûler dans les cheminées ou des braseros de fortune… tout ce qui peut être brûlé : bois, journaux, branches d’arbre, pneus, cageots, portes et fenêtres arrachées, vieux meubles, même le contenu des poubelles. Sauf que ces matériaux sont d’habitude hautement toxiques car imbibés de substances chimiques comme de la peinture, de la colle, etc…

Les conséquences de ce type de « transition énergétique » imposée à tout un peuple par les politiques néolibérales sont dramatiques : des dizaines et des dizaines des Grecs asphyxiés par les fumées dégagées par ces moyens de chauffage improvisés ou même brûlés vifs dans leurs maisons en feu. Mais surtout, selon les spécialistes scientifiques, des milliers et des milliers des morts dans les années à venir parce que les particules fines en suspension qui remplissent l’air des villes grecques dépassent de 3, 4, 5, ou même 6 fois les niveaux d’urgence et font très mal à la santé en se fixant dans les poumons, en passant dans le sang et en étant – selon l’Organisation Mondiale de la Santé – très cancérogènes. Sans évidemment oublier qu’on assiste désormais en Grèce à la multiplication des dégâts collatéraux comme la déforestation accélérée du pays par des spéculateurs ou tout simplement par des pauvres gens désespérés qui se rabattent sur tout ce qui peut procurer  du bois de chauffage gratuit ou bon marché.

Mais attention : la situation aurait pu être bien pire si les températures hivernales n’étaient pas cet année en Grèce tout à fait exceptionnelles, c’est-à-dire les plus douces depuis 60 ans. Ce qui d’ailleurs permet encore au gouvernement Samaras de faire l’économie d’une révolte populaire quand il se limite, en tout et pour tout, à lancer des appels aux citoyens tremblants de froid pour qu’ils n’allument pas des feux de cheminée !…

Conclusion : Cette « transition énergétique » à la grecque aux temps de la barbarie néolibérale devrait faire réfléchir surtout ceux qui persistent encore à croire à la prétendue… inéluctabilité du progrès. Car désormais, malheureusement tout, et surtout le pire, est possible. A nous donc de trouver, au plus vite, la parade, qui ne pourrait être qu’écosocialiste !

Yorgos Mitralias

Non au système d’écoutes téléphoniques VERINT

Après le projet d’achat de drones israéliens…

Depuis une année, BDS CH mène une campagne contre le projet d’achat de 6 drones israéliens pour l’armée suisse. Cet automne, le Parlement devrait approuver l’achat soit du Heron 1 d’Israel Aerospace Industries (IAI) soit du Hermes 900 d’ELBIT Systems. Or ces deux compagnies se vantent « d’avoir testé leurs produits sur le terrain », c’est à dire sur les Palestiniens, placés sous contrôle permanent et victimes d’assassinats ciblés par l’armée israélienne. Selon le Centre Palestinien de droits de l’homme (PCHR), depuis 2004, 636 Palestiniens, dont 392 civils – 184 enfants et 14 femmes – ont été tués et 438 autres, dont 401 civils, blessés lors des attaques menées par des drones israéliens.

signature d’un contrat avec de « grandes oreilles » israéliennes

Maintenant nous apprenons que le gouvernement suisse vient de passer un contrat pour un système d’écoutes téléphoniques pour les polices et les justices cantonales et fédérales avec la compagnie israélo-américaine VERINT. Or cette compagnie, étroitement liée aux services secrets israéliens, est soupçonnée d’avoir installé des accès secrets dans les logiciels vendus à d’autres Etats et elle a travaillé avec le NSA dont les pratiques de surveillance et d’écoute on défrayé la chronique. Ce nouveau contrat est un nouveau pas dans la complicité entre la Suisse face à un Etat dont les violations systématiques du droit international sont documentées depuis longtemps.

En une décennie, Israël est devenu le 6ème plus grand exportateur d’armes dans le monde et, avec les Etats-Unis, un des leaders mondiaux dans l’exportation de drones. Au même temps, le pays s’est profilé comme expert dans les produits de « sécurité intérieure » : contrôle de foules et des manifestations, construction de murs, grillages électroniques, caméras de surveillance, écoutes téléphoniques et localisation biométrique. Quel autre pays peut se vanter d’avoir l’expérience de presque 50 ans d’occupation, d’innombrables guerres avec ses voisins, du contrôle et de la surveillance de la population et de régions dans les Territoires Occupés Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ?

Au lieu de remplir ses obligations comme signataire de la 4ème convention de Genève censée protéger les populations civiles en situation de conflit armé et d’autres traités du droit international, la Suisse renforce ses liens avec le complexe militaire et sécuritaire d’un Etat qui poursuit dans l’impunité son régime d’occupation prolongée, de colonisation et d’apartheid. Cette complicité est d’autant plus choquante qu’elle concerne des technologies de surveillance et de répression sophistiquées qui se développent à une vitesse accélérée, dans la plus grande opacité, et minent de plus en plus les droits et principes fondamentaux – par exemple le droit à la sphère privé, l’obligation de proportionnalité dans les opérations militaires et de surveillance et l’interdiction d’exécutions extrajudiciaires sauf dans des cas absolument exceptionnels.

BDS Suisse s’oppose à tout contrat du gouvernement Suisse avec des entreprises de l’industrie militaire et sécuritaire israélienne. De tels contrats constituent une prime à la politique de colonisation, de répression et d’apartheid menée par l’Etat d’Israël.

contact@bds-info.ch

CCP 40-307393-0

BP 4070, 4002 Bâle

Dimitris Psarras, Le livre noir d’Aube Dorée

9Dimitris Psarras, Le livre noir d’Aube Dorée, Syllepse, 2014 (gr-fr) (à paraître)

(Δημήτρης Ψαρράς, Η μαύρη βίβλος της Χρυσής Αυγής. Ντοκουμέντα από την ιστορία και τη δράση μιας ναζιστικής ομάδας, Πόλις, 2012)

 6[pour plus d'informations, veuillez consulter le site web de Syllepse]

Ici, un  extrait du premier chapître :

1. Une «Phalange» transformée en parti politique

(Prolégomènes à un cauchemar)

Il nous a fallu deux élections à quelques semaines d’intervalle pour digérer ce qui peu de temps auparavant relevait de l’impensable. La Grèce est devenue le premier pays d’Europe à accueillir dans son Parlement un parti politique ouvertement nazi ayant obtenu le score non négligeable de 7% des suffrages exprimés.

Le brouillard qui avait couvert le pays pendant trois ans, depuis l’éclatement de la crise économique et l’application par les gouvernements d’une politique antisociale inédite au nom du « Mémorandum », s’accouplait avec la nuée noire d’une organisation politique qui fait d’Adolf Hitler son idole et de la violence de la rue sa méthode d’ascension nationale.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment la Grèce, qui se vantait de sa tolérance et de son hospitalité traditionnelle, a-t-elle fini au dernier rang des sociétés européennes les plus xénophobes ? Comment cette extrême droite grecque, décriée et marginale il y a quelques années encore, parvient-elle à présent à dicter l’agenda politique en imposant ses choix radicaux au système partisan ? Comment avons-nous pu oublier la dictature ? Comment est-il possible que des citoyens de Distomo et de Kalavryta1 votent pour un parti nazi ? Comment est-il possible que nous tolérions la dérision de l’Holocauste dans un pays dont l’écrasante majorité des citoyens juifs a été exterminée dans les camps de concentration ?

Les questions sont nombreuses et la réponse difficile. Dans ce livre, je tenterai d’apporter une première analyse du phénomène Aube Dorée en m’appuyant sur les éléments d’une enquête journalistique. Nous allons voir que cette organisation a revêtu des formes multiples depuis sa première apparition publique. Pourtant, pendant trois décennies, son noyau dur est resté invariable et son chef de file est aujourd’hui le dirigeant le plus pérenne de l’histoire des formations politiques grecques.

Nikolaos Michaloliakos avait 19 ans lorsqu’il a été accusé pour la première fois d’avoir commis un acte illégal. Mais quand son sous-chef, à la tête d’une phalange de dix membres de l’organisation, a mené une tentative d’assassinat contre trois syndicalistes étudiants, Michaloliakos avait 41 ans. Et quand la Cour de cassation a confirmé la condamnation du principal auteur de cet acte, le chef d’Aube Dorée avait déjà atteint l’âge de 53 ans. Au cours de ces années et malgré quelques modifications ou plutôt quelques travestissements organisationnels, l’orientation de l’organisation est restée inflexible et basée sur les mêmes principes idéologiques et politiques.

Cette orientation est facilement repérable dans les documents et le matériel de l’organisation. Cependant, personne ne semble être disposé à affronter cette organisation telle qu’elle est réellement. Sous le choc que son score électoral a provoqué au système politique et médiatique, tout se passe comme si l’Aube Dorée nous a tous hypnotisés, nous amenant une fois de plus à nous cacher la tête dans le sable. Aussi bien dans le cas du LAOS de Karatzaferis2 après 2004 que dans celui d’Aube Dorée, nous sommes tous prêts à reconnaître ou au moins à discuter de la possibilité que l’organisation nazie n’ait pas complètement tort. Certains affirment qu’en dernière analyse, elle exprime d’une manière originale la réaction du peuple face aux mesures inhumaines imposées par le gouvernement et la Troïka. D’autres se déclarent stupéfaits des performances médiatiques de l’organisation quand, par exemple, elle organise des distributions des vivres ou des banques du sang « que pour les Grecs ».

Notre point de départ est tout à fait différent. Nous considérons que la transformation en parti politique bienséant d’un groupe nazi qui a fait l’objet de plusieurs décisions de justice irrévocables à la suite d’agressions visant l’«ennemi intérieur», relève d’un grand scandale politique. Si nous dressons ici un inventaire détaillé de l’idéologie et de l’action d’Aube Dorée, c’est pour décrypter ce qui se cache derrière les tee-shirts noirs et les gros bras des bataillons d’assaut de cette organisation.

Les éléments contenus dans ce livre s’appuient en grande partie sur les enquêtes et les reportages effectués par l’équipe des journalistes «IOS» et publiés pendant vingt ans par le journal «Eleftherotypia» (1990-2010). Sans la contribution de Tasos Kostopoulos, Dimitris Trimis, Aggelika Psarra et Anta Psarra, il aurait été impossible d’avoir aujourd’hui une vision complète du parcours de l’extrême droite national-socialiste grecque. Nous avons tous et toutes partagé la même angoisse à propos du développement tant souterrain que public du discours raciste et nazi, suivi d’ailleurs, à partir d’un certain moment, d’actes de violence, voire d’une violence extrême. Tasos a eu le regard propre à l’historien des mouvements d’extrême droite depuis l’entre-deux-guerre à nos jours ; Dimitris a souvent été chargé des reportages les plus difficiles sur les zones d’ombre de cette affaire ; Aggelika a su appréhender le fascisme là où nous, les autres, n’arrivions pas forcément à nous en apercevoir. Quant à Anta, qui n’a jamais cessé de révéler l’action multiforme des nazis, il m’est très difficile de décrire tout ce que ce livre et son auteur lui doivent.

Plusieurs fois au cours de ces dernières années nous avons eu le sentiment d’être seuls à explorer la thématique en question. Certains nous ont accusés d’«obsession antifasciste» et ils ont eu peut-être raison. Malheureusement, cette «obsession» semble aujourd’hui justifiée.

Panos Angelopoulos

http://pangelopoulos.wordpress.com/2013/10/09/dimitris-psarras-le-livre-noir-daube-doree/

1 N.d.T., La petite ville de Kalavryta et le village de Distomo ont été des lieux de crimes de guerre nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Les troupes d’occupation y ont perpétré des massacres de la population civile en représailles à des attaques partisanes. À Kalavryta, le 13 décembre 1943, toute la population mâle, âgée de 12 ans et plus, estimée à plus de 700 hommes, a été tuée par des mitrailleuses à la sortie de la ville et la ville a été entièrement incendiée. À Distomo, le 10 juin 1944, 218 hommes, femmes et enfants ont été tués par les troupes Waffen-SS pendant une opération sommaire de porte-à-porte.

2 N.d.T., L.A.O.S. (Laïkos Orthodoxos Synagermos : Alerte populaire orthodoxe) est un parti politique grec d’extrême droite souverainiste, fondé en 2000 par Georgios Karatzaferis, membre exclu du parti de droite Néa Dimocratia (N.D. : Nouvelle Démocratie). Aux élections législatives de 2004, le LA.O.S. a réalisé 2,20 % des suffrages sans obtenir de députés au Parlement. Aux élections législatives de 2007, il a recueilli 3,8 % des suffrages en emportant 10 sièges au Parlement. Lors des élections législatives de 2009, il a obtenu 5,63 % et 15 députés. Le 11 novembre 2011, le LA.O.S. a participé avec le PASOK et la ND à la coalition gouvernementale du gouvernement Papadimos. Aux élections législatives de 2012, il a perdu tous ses sièges au Parlement, n’obtenant que 2,9 % des suffrages exprimés.

PETITION pour que l’Union Européenne interdise les gaz et huiles de schiste !

Cher-es ami-es,

La Commission Européenne s’apprête à rendre, le 22 janvier prochain, des recommandations très peu contraignantes pour les Etats membres qui souhaiteraient exploiter les gaz de schiste.

Ces Etats n’auront en effet qu’à rendre un « tableau de bord » prouvant qu’ils respectent les mesures environnementales (contrôle des débits d’eau, des émissions de méthane…).

Bien moins contraignantes qu’une directive, ces recommandations vont laisser la porte ouverte aux gaz de schiste et fermer celle de la transition énergétique car :

  • Ces mesures ne sont en aucun cas juridiquement contraignantes pour les industriels,
  • C’est un pas de plus vers la légalisation des gaz de schiste en Europe,
  • Ces mesures sont en contradictions avec les objectifs climatiques de l’Union Européenne,
  • Ces recommandations font la part belle aux lobbies industriels, au détriment de notre environnement et de notre santé.

► SIGNEZ la pétition pour que l’UE interdise les gaz et huiles de schiste ! : http://www.gazdeschiste-nonmerci.fr/

L’exploration comme l’exploitation des gaz et huiles de schiste est désastreuse :

  • Pour notre eau car une fracturation hydraulique nécessite l’équivalent de six piscines olympiques d’eau ajouté à quelques 700 produits chimiques dont 600 nocifs pour la santé.
  • Pour nos paysages puisqu’il faut ériger un puit tous les 200 mètres environ. Aux Etats-Unis où l’exploitation est en cours, cela signifie jusqu’à 30 000 nouveaux forages de puits par an.
  • Pour notre climat car elle entraîne jusqu’à 9% de fuites de méthane sur tout le cycle de production et qu’au delà de 2,5% de fuites de méthane, cette énergie deviendrait plus polluante que le charbon. Cela entraîne également des gaz à effets de serre, ce qui contribue fortement au réchauffement climatique.
  • Pour notre santé par la pollution de l’eau, de l’air et de nos sous-sols.

À l’heure de la transition écologique, il est urgent de sortir des énergies fossiles et de se tourner vers la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Nous exigeons que l’Union Européenne interdise l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste, quelque soit la technique utilisée !

SIGNEZ LA PÉTITION

★ Ne doutez jamais qu’un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est toujours comme cela que ça s’est passé.★ - Margaret Mead (1901 – 1978) – Anthropologue.

StéphenMartinSophie, Jacques, Mickaël et toute l’équipe d’Agir pour l’Environnement.
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A bas le gouvernement Samaras !

Après quatre ans d’austérité dévastatrice, d’attaques incessantes aux droits des travailleurs, après l’amputation des revenus de 50%, le bradage des richesses du pays et le démantèlement de biens publics tels que la santé et l’éducation, le gouvernement grec s’apprête à exercer la présidence du Conseil de l’UE, à partir du 1er janvier 2014. La présidence grecque symbolise l’autoritarisme et la barbarie sociale que les élites économiques veulent imposer aussi ailleurs. Cette expérimentation abjecte doit être stoppée maintenant avant de déferler sur l’Europe !

La Grèce est le pays de la zone euro où la stratégie du choc de l’UE est appliquée le plus crûment. La politique économique suivie sous les diktats de la Commission, de la  BCE et du FMI a non seulement fait grimper la dette mais a provoqué une catastrophe sans précédent pour la société grecque, pulvérisant le chômage (27% et plus de 55% pour les jeunes) alors que plus d’un million de travailleurs demeurent impayés depuis des mois. Le peuple grec cède au désespoir et des centaines de milliers de jeunes quittent leur pays.

Au-delà des retombées économiques, les mémorandums et l’austérité extrême ont sapé les principes démocratiques fondamentaux et les droits de l’Homme. La Constitution et le Parlement sont court-circuités comme dans le cas de la fermeture de l’audiovisuel public, les grèves et les mobilisations contre cette barbarie sont interdites ou réprimées violemment, les militants antifascistes et les immigrés sont torturés par la police : Aujourd’hui la démocratie en Grèce est un mot dénué de sens.

L’UE se tait face aux crimes du gouvernement grec et demande des mesures encore plus strictes : sous les ordres de la Troïka, le gouvernement va bientôt opérer des nouvelles coupes des dépenses publiques, des licenciements dans l’éducation et la santé, ainsi que la vente publique des résidences principales des familles ne pouvant plus rembourser leur prêts, qui se retrouveront donc dans la rue. Mais la lutte continue : après une grève de trois mois du personnel administratif des universités, le monde de l’éducation et de la santé est en ébullition alors que les travailleurs de plusieurs usines et compagnies privées sont en grève.

Pendant ce temps, le gouvernement va dépenser des millions d’euros pour la présidence de l’UE afin que ses ministres se baladent à Bruxelles. Ne les laissons pas faire ! Les mobilisations contre la présidence grecque à Bruxelles peuvent contribuer à la chute du gouvernement en Grèce et faire barrage au fléau qui menace l’Europe entière.

Nous appelons à manifester le 14 janvier, au Bozar, rue Ravenstein 23, à 19h, lors de l’inauguration de la présidence grecque afin d’unir nos voix et nos actions avec celles du peuple grec en lutte. Afin que, depuis Bruxelles aussi, l’on envoie au gouvernement et à l’UE le message, que la politique catastrophique de l’austérité ne passera pas !

Initiative de Solidarité avec la Grèce qui résiste

http://solidarity-greece.blogspot.be/ - https://www.facebook.com/initiative…

Comités Action Europe

http://www.comitesactioneurope.net/ - https:/ /www.facebook.com/ComitesActi…

Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde

http://cadtm.org - https://www.facebook.com/cadtmnetwork

Marinaleda sur Tarn : carcel y fotos !

En novembre dernier, sur les 54 de ses membres assignés à comparaître, quatre dirigeants du syndicat des travailleurs andalous SAT ont été condamnés à sept mois de réclusion. Parmi eux, le maire de MARINALEDA, Juan Manuel SANCHEZ GORDILLO, élu au Parlement andalou.

Le SAT est connu pour ses actions spectaculaires. L’an dernier, ce syndicat a mené dans les supermarchés une action de confiscations symboliques et a redistribué les aliments aux familles démunies. A plusieurs reprises, il a occupé des terres agricoles à l’abandon pour réclamer leur redistribution aux paysans sans terre. Depuis mai 2012, il occupe le domaine Somontes à Cordoue. Il y a créé une coopérative qui cultive des fruits et des légumes revendus sur les marchés locaux des alentours.

Le gouvernement espagnol et le parlement, dominés par le Partido Popular (PP) qui y a la majorité absolue, ont décidé de durcir le Code pénal contre ce type d’actions en particulier, mais aussi contre les simples manifestations. Ils ont proposé l’insertion d’au moins 16 nouveaux délits dans le Code pénal pour réprimer la protestation sociale. Par exemple, photographier des agents de police lors d’une manifestation sera désormais passible d’une amende d’un demi-million d’euros. A l’avenir, ce ne sont plus les brutalités des agents qui seront punies, mais les journalistes et les manifestants qui photographient celles-ci.

Le Collectif MARINALEDA 81 s’indigne de la condamnation inique de Juan Manuel Sanchez Gordillo, qui était présent parmi nous en 2011 à Lisle sur Tarn pour nous exposer la démocratie mise en œuvre à et le combat qu’il mène contre l’injustice sociale. Le Collectif MARINALEDA 81 souhaite une révision de ce procès. Il s’inquiète du durcissement des législations répressives en Espagne et plus généralement dans l’Union Européenne et appelle à la mobilisation des citoyen-ne-s avant qu’il soit trop tard…

Collectif Marinaleda 81

Traduction pour les non hispanisants : prison et photos

LANCEMENT AU PARLEMENT EUROPEEN DU MANIFESTE ANTIFASCISTE EUROPEEN ET DU RESEAU EUROPEEN DES PARLEMENTAIRES ANTIFASCISTES

La conférence de presse pour la présentation du Manifeste Antifasciste Européen et le lancement du Réseau Européen des Parlementaires Antifascistes s’est tenue Mercredi 4 Décembre dans le Parlement Européen de Bruxelles. A la conférence de presse ont pris part la Présidente de la GUE/NGL (Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique) Gabi Zimmer, le député européen Grec (SYRIZA) Nikos Hountis,  la députée Allemande (Die Linke) Annette Groth et le député Grec (SYRIZA) Dimitris Tsoukalas.

Apres avoir signalé que la GUE/NGL a mis le Manifeste Antifasciste Européen a son ordre du jour, Gabi Zimmer a souligné combien réelle et grave est actuellement la menace d’extrême droite et fasciste en Europe, et a terminé en appelant a la mobilisation antifasciste de la gauche européenne et au soutien du Réseau Européen des Parlementaires Antifascistes.

La présentation du Manifeste Antifasciste Européen a été faite par  Dimitris Tsoukalas, tandis que Nikos Hountis et Annette Groth ont mis l’accent sur le fait que la très dangereuse montée de l’extrême droite et du néofascisme presque partout en Europe met la gauche européenne devant ses responsabilités l’obligeant à donner la priorité à la mobilisation antifasciste avant qu’il ne soit trop tard.

Le Réseau Européen des Parlementaires Antifascistes est déjà appuyé par 25 députéEs venant du Royaume Uni, de Grèce, de l’Etat Espagnol, d’Irlande, du Pais Valencia, d’Allemagne, de Suède, d’Israël, du Luxembourg, de Catalogne, du Portugal et des Pays Pas, tandis que le Manifeste Antifasciste Européen est signé par plus de 110 parlementaires de divers pays européens (53 sont de SYRIZA).

Les deux documents qui suivent sont la  vidéo de la conférence de presse et le texte (en anglais) de  la présentation du Manifeste Antifasciste Européen faite par D. Tsoukalas.

http://guengl.eu/media-channel/video/lauching-of-the-european-network-of-anti-fascist-parliamentarians

"Dear friends and comrades,

First of all, the European Antifascist Manifesto wants to sound the alarm, the emergency against the deadly threat  represented by the impetuous rise of far-right racist and neo-fascist forces throughout Europe! Because we have now to admit it: This threat is actually direct and immediate. It does not concern anymore just one country, as for example my country, Greece, but all of us. Who could dare say today that we are not witnessing in Europe the come back and the resurrection of the worst nightmares of the thirties?

The aim of the European Antifascist Manifesto is clear: Unite antifascist forces, that is trade unions, social movements, political parties and, most of all, citizens in order to build, as soon as possible, a powerful unitary European antifascist movement. That is why we do not want to substitute already existing antifascist movements or networks of any kind. We do nor want to divide, we want to unite because it is more true than ever that… united we stand, divided we fall. Only united beyond national frontiers we could take initiatives such as the ones we are now beginning to prepare, the organization of a European Congress of antifascist intellectuals, writers and artists or the European networking of football antifascist supporters clubs.

This European Antifascist Movement has to be the heir of the great antifascist traditions in our continent, has to build bridges with this precious antifascist past that id now almost forgotten. It is no accident that our Manifesto ends with the phrase “This time, history must not be repeated”. Yes, we have to learn from history in order not to repeat the errors of the twenties and thirties that led to the worst tragedy of human history, to Auschwitz, to Birkenau and Treblinka, to a World War with its 60 millions of dead people.

If this European antifascist movement wants to fight successfully the neo-fascist threat, it has to invest and to organize its forces in the long run, to reject any sectarianism as well as to combat far-right in all fields of human activities, without any exception. And the only way to do that is to trust common people, to encourage their networking where they live and work, study and develop their capacities. Why? Because nobody else than common people can translate generic antifascism in concrete demands, programs and most of all, to antifascist actions. That is why the European Network of Antifascist Parliamentarians we are launching today, offers a first concrete example of this kind of antifascist networking we are proposing to all European citizens who want to resist effectively the terrible far-right and neo-fascist threat. Our antifascist resistance has to be democratically conducted by the popular masses themselves.

Dear friends and comrades, we have to admit that more difficult days are coming and that we are now engaged in a race against neo-fascism and racist barbarism. We have to organize and act now and not tomorrow, because tomorrow could be too late. However we are confident that what we are doing is the right thing. As said the German theologian and martyr of the anti-nazi resistance Dietrich Bonhoeffer, “The only fight which is lost is that which we give up”…

Thank you…"

Violences contre les femmes : une arme stratégique aux mains du pouvoir et des possédants aux temps de la guerre sociale !

Nous savions déjà que la violence contre les femmes était souvent utilisée comme une arme de guerre, visant à les punir, à les humilier et a les déshumaniser, mais surtout  a réprimer et anéantir par tous les moyens possibles le groupe auquel elles appartiennent. Dans les conflits armés, cette violence a été longtemps assimilée à un signe de domination plus qu’un outil de destruction. Nous savons aussi qu’en temps de paix, les violences contre les femmes passent surtout pour des actes individuels d’hommes violents, et non des armes de destruction «stratégiques».

Et bien, que diriez-vous si dans la situation de crise exacerbée qui secoue la Grèce, la violence contre les femmes était en train de devenir une arme aux mains des puissants?

En effet, ces derniers temps, des cas d’une telle violence  se  multiplient en Grèce. En voila quatre manifestations particulièrement emblématiques :

La première et dernière en date a eu lieu début Novembre 2013 devant les cameras, pratiquement en direct, quand  les forces spéciales de la police grecque (MAT), voulant empêcher deux députées d’entrer au bâtiment de la Radiotélévision Publique (ERT) qui venait d’être occupé par les forces de police, les  ont  coincé contre son portail d’entrée en fer forgé. Les deux députées de l’opposition parlementaire, Zoe Konstandopoulou de ΣΥΡΙΖΑ et Rachel Makris du parti des « Grecs Indépendants » ont été très malmenées. Plus spécialement Mme Zoe Konstandopoulou qui a été sciemment asphyxiée et a failli mourir, poursuit maintenant en justice ses agresseurs pour tentative de meurtre !  Et tout ca, parce que les deux députées voulaient tout simplement exercer leur droit constitutionnel d’entrer dans la Radiotélévision Publique pour empêcher toute mise en scène policière (destruction du matériel, etc) ayant comme objectif de calomnier la lutte des travailleurs.

La suite de cette affaire est très éloquente et tend à confirmer nos propos. Dès le lendemain, le grand quotidien pro-gouvernemental « TA NEA »,  se lançait dans une violente campagne ultra-sexiste contre les deux députées,  publiant un dessin en toute première page  qui présente les deux députées… en strip-teaseuses dansant sur scène le « pole dancing » devant un public de clients males habituels de ce genre d’établissement (voir le dessin.) Et sur la légende du « dessin » on lisait ce prétendu échange entre deux clients : «A droite c’est Rachel et à gauche Zoé. Et est-ce qu’elles font aussi autre chose ?  J’ai entendu qu’elles font aussi des actions en justice. Mais, mieux vaut poser la question au garçon »…

La deuxième a donne lieu a un véritable lynchage public répercuté par les chaines de télévision, des femmes séropositives, dont certaines étaient prostituées. En pleine campagne électorale, deux ministres sociaux-démocrates, tristement célèbres pour leur rôle dans la répression sauvage des manifestations contre la Troïka et le démantèlement du système de santé, avaient appelé la population à la délation pour faire arrêter celles qui, selon ces ministres, « constituent une bombe sanitaire à retardement », « polluent la société de maladies contagieuses » et donnent la mort par le sida « aux pères de famille grecs ».

La troisième manifestation de cette violence a eu comme victimes les dizaines et dizaines des femmes –même des grandes mères !- des environs de Skouries, au nord de Grèce, qui s’opposent à la société canadienne Eldorado et son projet d’extraction de l’or de la région. Depuis des mois, les forces spéciales de la police sur ordre direct de leur ministre, font de ces femmes des villages environnants la cible prioritaire d’une répression féroce et de masse qui a déjà abouti a l’emprisonnement de plusieurs d’elles et a la mise en accusation pour…crimes d’encore plus (voir les photos). Ce n’est pas un hasard, que cette campagne de répression sans précédent sur fond d’imposition de l’état d’exception à une région habitée par des paisibles paysans se veut –selon les dires de ses responsables- exemplaire en vue de prévenir la multiplication de tels actes de « désobéissance civile ». Et évidemment, ce n’est pas un hasard que cette « répression exemplaire » s’est exercée en toute priorité contre les femmes de cette population locale qu’il faut coute que coute briser et anéantir.

Et enfin, quatrième manifestation, l’épisode tristement célèbre du député du parti néo-nazi Kassidiaris qui  gifla « en direct »  deux députées de gauche durant une émission transmise pendant la campagne électorale au printemps dernier. Cet acte de violence, au lieu de susciter l’indignation et la réprobation a au contraire suscité une grande vague de sympathie populaire et a contribué au succès électoral de l’Aube Dorée.

Alors que se passe-t-il ?

Nous pensons qu’il s’agit d’un nouveau mal qui pointe déjà le nez ! Cette violence-ci nous fait penser  aux violences exercées contre les femmes dans les guerres ethniques. Le viol des femmes par les hommes de la partie adverse doit très souvent être analysé non comme l’effet d’un désir masculin « incontrôlable » mais comme faisant partie d’une stratégie de conflit, de combat, dans laquelle les femmes représentent biologiquement et symboliquement l’intégrité de l’ethnie ou de la nation combattue. Et qu’il faut détruire.  Dans notre cas, il est évident que nous ne sommes pas en présence  d’une violence nationaliste à l’ occasion d’un nettoyage ethnique. Nous sommes en présence d’un conflit d’une toute autre nature, d’une autre guerre, d’une guerre sociale, d’une guerre de classe !

En somme, humilier les deux députées en les identifiant à des strip-teaseuses ne signifie pas  seulement que faire de la politique est avant tout un droit des hommes et non des femmes. Ca signifie, plus vulgairement,  que le rôle de la femme reste avant tout d’être toujours disponible pour être baisée, possédée et gouvernée par les males.

De même, lapider les femmes séropositives, les criminaliser, diaboliser leur sexualité, la présenter comme une « menace» pour la loi et l’ordre qui doit régner dans nos sociétés, apparente cette menace a celle qu’ont toujours représenté  les « classes » que ces messieurs appellent depuis bientôt deux siècles « dangereuses ». Même langage, même diabolisation et même répression…

Alors, faire de la misogynie, de la haine contre les femmes, de la violence contre les femmes et leurs droits une arme de guerre ne devrait pas étonner dans la mesure où toutes les politiques de ceux d’en haut en ces temps  de la Troika triomphante visent aussi à nous faire retourner aux pires moments du capitalisme le plus sauvage et le plus barbare du 19eme siècle.   Exactement à une époque durant laquelle les femmes n’avaient pratiquement aucun droit…

Le fait donc qu’on assiste au déclenchement d’une véritable attaque frontale, d’une véritable guerre de dimensions historiques contre l’immense majorité de citoyennes et citoyens (les salariés, les pauvres, les chômeurs, les pensionnés, les jeunes, les « différents », les immigrés, les minorités, …) devrait expliquer cette transformation de la violence contre les femmes en une véritable arme que le pouvoir et les possédants utilisent en masse et de plus en plus fréquemment. Comme dans les cas des viols de masse qui servent aux nettoyeurs ethniques pour briser le moral du peuple nettoyé afin de le soumettre définitivement,  la violence contre les femmes exercée par le pouvoir et les possédants en temps de guerre sociale a actuellement exactement les mêmes objectifs : briser le moral, briser le tissu social, afin de soumettre non seulement les femmes – qui sont évidemment les premières visées- mais toutes les victimes, hommes inclus, de leurs politiques inhumaines et néolibérales.

Sonia Mitralia, membre des Femmes contre la Dette et les Mesures d’Austérité et  du CADTM international