« Résister à la guerre et à la répression dans la Russie de Poutine »

Entretien avec le socialiste russe Ivan Ovsyannikov conduit par Ashley Smith

Les militants russes ont appelé à des journées internationales de protestation du 19 au 24 janvier 2023 contre la guerre impérialiste de Poutine en Ukraine et la répression politique en Russie. Des milliers de progressistes, socialistes, anarchistes et féministes russes ont été arrêtés, des centaines ont été emprisonnés avec de longues peines, et un nombre incalculable d’entre eux sont sous surveillance pour leur opposition au régime. Ashley Smith, membre de Tempest, interroge le socialiste russe Ivan Ovsyannikov sur la guerre impérialiste, la résistance à celle-ci et la répression politique. (Réd. Tempest Mag.)

Ashley Smith (AS) : Les militant·e·s russes ont appelé à des journées d’action internationales du 19 au 24 janvier 2023 pour demander la libération des prisonniers politiques emprisonnés par le régime de Poutine. Qui sont certains de ces prisonniers et pourquoi ont-ils été incarcérés ?

Ivan Ovsyannikov (IO) : Il y a plus de répression politique aujourd’hui que dans le souvenir de mon passé. Selon le portail des droits de l’homme OVD-info, plus de 20 000 personnes ont été détenues lors de manifestations l’année dernière (huit fois plus qu’en 2020). Quatre cents militants anti-guerre font l’objet de poursuites pénales ; 120 d’entre eux sont en prison ou assignés à résidence. Par conséquent, lorsque nous mentionnons certains noms de prisonniers politiques, il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, mais seulement d’exemples choisis, en grande partie au hasard.

Ceux que le Mouvement socialiste russe (RSM) a mentionnés dans son appel à la solidarité représentent une partie de la « collectivité » de gauche, qui (comme la société civile russe dans son ensemble) est systématiquement détruite par les autorités. Arrêté en avril, Kirill Ukraintsev est un vidéoblogueur de gauche bien connu. Il est un dirigeant du syndicat Kurier, qui défend les intérêts de l’un des groupes de travailleurs les plus précaires : les livreurs, les coursiers. Continuer à lire … « « Résister à la guerre et à la répression dans la Russie de Poutine » »

Nous jouons tou·tes à la roulette COVID. Sans air sain, la prochaine infection pourrait vous handicaper de manière permanente 

Vous pouvez voir le Covid-19 comme un test d’empathie. Qui était prêt·e à subir des perturbations et des désagréments pour le bien des autres, et qui ne l’était pas ? La réponse était souvent surprenante. Je pense, par exemple, à cinq écologistes de premier plan qui ont dénoncé les confinements, les vaccins et même les masques comme des intrusions intolérables dans nos libertés, tout en ne proposant aucune mesure significative pour empêcher la transmission du virus. Quatre d’entre eux sont devenus des propagateurs actifs de la désinformation.

Si l’environnementalisme signifie quelque chose, c’est que nos gratifications nuisibles doivent passer après les intérêts des autres. Pourtant, ces personnes ont immédiatement échoué à ce test, plaçant leur propre confort au-dessus de la santé et de la vie des autres. Continuer à lire … « Nous jouons tou·tes à la roulette COVID. Sans air sain, la prochaine infection pourrait vous handicaper de manière permanente « 

Pérou. Face à la mobilisation du peuple andin qui perdure, la droite entonne sa guerre (+ autres textes)

  • Carlos Noriega : Pérou. Face à la mobilisation du peuple andin qui perdure, la droite entonne sa guerre 
  • Lettre des élu.es du Parlement Européen et des élu.es des états d’Europe
  • Carlos Noriega : Le CNDDHH documente la politique étatique, raciste, de répression
  • L’exécutif national du PSOL déclare : « Soutien total au peuple péruvien ! »
  • Carlos Noriega : « Une politique gouvernementale qui mène à la militarisation du pays »
  • Carlos Noriega : A Lima, la police tue un manifestant. La droite protège la présidente. La droite et une partie de la gauche bloquent une sortie institutionnelle momentanée

Face à la mobilisation du peuple andin qui perdure,
la droite entonne sa guerre

L’opposition de gauche présentera ce jeudi 26 janvier une motion visant à destituer la présidente Dina Boluarte pour « inaptitude morale » due à la répression gouvernementale. Plus de cinquante personnes ont été tuées lors des manifestations antigouvernementales qui ont débuté en décembre, dont 46 par les forces de sécurité. Un vote des deux tiers des 130 membres du Congrès unicaméral est nécessaire pour que la mise en accusation soit adoptée. Le soutien de la droite protège Dina Boluarte.

Les manifestations exigeant la démission de la présidente ont aussi gagné l’ambassade des Etats-Unis. Les manifestant·e·s se sont rassemblés dans la « région de la diplomatie », soit dans un quartier résidentiel exclusif afin de protester contre le soutien donné par ce pays au gouvernement. Le chant « Yankees dehors » a été entonné.

Pour la septième journée consécutive, des manifestations ont eu lieu mercredi dans les rues du centre-ville de Lima, qui est devenu depuis une semaine l’épicentre des protestations qui secouent le pays, à commencer par la région andine du sud. Le rôle principal dans la capitale est joué par les personnes qui sont venues de l’intérieur du pays. Les récentes manifestations dans la capitale se sont soldées par une répression sévère et des dizaines de personnes ont été blessées. Continuer à lire … « Pérou. Face à la mobilisation du peuple andin qui perdure, la droite entonne sa guerre (+ autres textes) »

HCE – Rapport annuel 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France

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« Le sexisme, on ne sait pas toujours comment ça commence,
mais on sait comment ça se termine… »[1]

Le sexisme ne recule pas en France. Au contraire, certaines de ses manifestations les plus violentes s’aggravent [2], et les jeunes générations sont les plus touchées. Tel est le constat inquiétant du 5ème rapport annuel sur l’état du sexisme en France que, depuis la loi relative à l’égalité et la citoyenneté du 27 janvier 2017, le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a la mission d’élaborer et de remettre à la Première ministre et à la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité, et de l’Égalité des chances.

Ce rapport repose sur les résultats du « Baromètre Sexisme » mené avec l’institut Viavoice. En interrogeant un échantillon représentatif [3] de 2 500 personnes âgées de 15 ans et plus, ce sondage rend compte des perceptions de l’opinion face aux inégalités entre les femmes et les hommes, évalue le degré de sexisme de la population, mesure l’adhésion aux outils existants de lutte contre le sexisme et restitue les situations vécues par les femmes. À travers ce travail, le HCE a pour ambition de mieux mettre en lumière le sexisme, pour mieux le combattre. Continuer à lire … « HCE – Rapport annuel 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France »

Délibérément ou par distraction ? Les paradoxes des gauches, la guerre en Ukraine et la solidarité

Pourquoi les mouvements se réclamant de la gauche, libertaire, radicale ou réformiste, de la justice sociale, de l’écologie, du féminisme, de la non-violence et autres, ignorent-ils autant leurs homologues en Ukraine et en Russie.

Les gauches, les écolos et autres mouvements supposés progressistes ne soutiennent généralement pas (ou peu) leurs homologues ukrainiens, russes et biélorusses…

En ce début d’année 2023, alors que nous approchons du premier anniversaire du déclenchement de la guerre d’agression que Poutine, diverses questions restent en suspens, concernant l’attitude des progressistes en France, en Europe, dans le monde vis-à-vis de cette guerre et des forces progressistes dans les pays concernés. Continuer à lire … « Délibérément ou par distraction ? Les paradoxes des gauches, la guerre en Ukraine et la solidarité »

Au nom de la liberté sexuelle : un anti-féminisme libertaire ?

Sommes-nous passés d’un féminisme émancipateur à un féminisme « punitif », susceptible de nuire à la liberté sexuelle ? Ce débat sur fond de critique du « néo-féminisme », concept utilisé à droite et à l’extrême-droite mais aussi par certains intellectuels de gauche, interroge sur l’hypothèse d’un courant, « politiquement incorrect » qui, à droite et à gauche, aboutirait à la même condamnation du mouvement contre les violences sexistes et sexuelles, mais par des critiques différentes. A gauche, on se réfère à la pensée Queer, déconstruction des sujets femmes et hommes, mouvements LGTBTQIA+ tandis que la droite et extrême-droite, au contraire, se réfèrent à une « naturalité » des rapports entre les hommes et les femmes (les premiers tendant « naturellement » à chasser les secondes), mais rejette toute théorisation du genre.

Les uns et les autres partagent la même inquiétude, mais pas tous les mêmes sujets d’inquiétude. A droite, on est bien d’accord avec les « néo-féministes » pour attaquer les pratiques sexuelles entre adultes et enfants, surtout quand les adultes sont de gauche ou supposés tels. On est plus discret quand il s’agit de l’Eglise pour une raison… qui m’échappe. A droite, avec une tartufferie exemplaire, on fait de cette question des rapports sexuels entre enfants et adultes un argument contre le mouvement 68 mais on s’inquiète par contre d’un « néo-féminisme » traquant chez les hommes – surtout des hommes de pouvoir – des comportements qu’on jugeait jusque là « naturels ». Tout cela se dit au nom de la liberté et contre le « maccarthysme féministe ». Continuer à lire … « Au nom de la liberté sexuelle : un anti-féminisme libertaire ? »

Contre la colonisation, l’Initiative Citoyenne Européenne #StopColonies !

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Pour nous, écrivaines, écrivains, universitaires, artistes, créateurs et créatrices de diverses disciplines, l’égalité entre tous les êtres humains et le respect de l’autre sont des valeurs fondamentales auxquelles nous sommes très fortement attachés. L’acquisition de territoires par la force, les déplacements de population et la colonisation sont à l’exact opposé de ces valeurs. L’idéologie suprémaciste et raciste qui les accompagne est un poison que nous devons combattre partout où il sévit.

La colonisation de la Palestine par l’État d’Israël, qui n’a jamais cessé depuis des décennies, va encore s’accentuer avec le nouveau gouvernement israélien, qui donne une large place et des pouvoirs importants à des partis et des personnalités ouvertement racistes, et met au premier rang de son projet l’accélération de la colonisation des terres palestiniennes. La population palestinienne, menacée dans ses moyens d’existence, subit la violence conjuguée de l’armée d’occupation et des colons. Continuer à lire … « Contre la colonisation, l’Initiative Citoyenne Européenne #StopColonies ! »

Otages civils, encore un crime de guerre

Avec l’aimable autorisation du site leshumanités

Des articles offerts par la rédaction des humanités, média alter-actif. Pour persévérer, explorer, aller voir plus loin, raconter, votre soutien est très précieux. Abonnements ou souscriptions ICI

Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreux civils ont été arrêtés par les forces russes et croupissent dans des prisons pendant des mois sans être inculpés, leurs proches cherchant à savoir ce qui leur est arrivé. Associated Press a recueilli de premiers témoignages.

Depuis plus de 8 mois, Alina Kapatsyna cherche sa mère, Vita Hannych, âgée de 45 ans. Celle-ci a été arrêtée sans raison, en avril, par des soldats russes qui occupaient le village de Volodymyrivka, à l’est de l’Ukraine. Au moment de son arrestation, Vita ne portait ne portait qu’un survêtement et des pantoufles. Selon sa fille, elle n’avait aucun lien avec l’armée ukrainienne. Elle décrit sa mère comme « une personne pacifique, qui n’a jamais tenu une arme, et malade » : elle souffre depuis longtemps de crises d’épilepsie dues à une encéphalopathie résiduelle. Continuer à lire … « Otages civils, encore un crime de guerre »

Tribune collective « Appel contre l’immigration jetable et pour une politique migratoire d’accueil »

Le nouveau projet de loi asile et immigration du gouvernement conduit à une négation radicale des droits fondamentaux des personnes migrantes. Il a pour objectif de graver dans le marbre et de radicaliser les pratiques préfectorales arbitraires et répressives : systématisation des obligations de quitter le territoire français (OQTF) et des interdictions de retour sur le territoire français (IRTF), dans la suite des instructions déjà prises pour augmenter les assignations à résidence et le nombre de centres et locaux de rétention administrative.

Le projet s’inscrit délibérément dans une vision utilitariste et répressive dont témoigne l’obsession des expulsions et l’inscription des sans-papiers au fichier des personnes recherchées. Les personnes migrantes sont déshumanisées et considérées uniquement comme de la main d’œuvre potentielle, qui n’a droit qu’à des propositions de régularisations précaires, limitées aux métiers dits « en tension ». Continuer à lire … « Tribune collective « Appel contre l’immigration jetable et pour une politique migratoire d’accueil » »

« Il est impossible que le système ne change pas » : entretien avec Alexei Yurchak

Anna Filipova : Un des principaux mécanismes de la psyché soviétique que vous décrivez dans votre livre est le fait d’« être vnye » [« extérieur » en russe, ou « en suspension »]. En théorie, le fait d’« être vnye » permet de résister au discours autoritaire, à la propagande. Jusqu’au 24 février 2022, de nombreux citoyens russes estimaient que la propagande n’était pas efficace dans la mesure où elle était trop grossière. Pourquoi les Russes n’ont-ils pas été protégés du fait de leur expérience soviétique passée, d’avoir été « vnye » ?

Alexei Yurchak : L’idée que vous venez de décrire est plus adaptée à des concepts tels que l’évasion ou l’émigration interne. « Etre vnye », ce n’est pas exactement cela. L’écrasante majorité des Soviétiques a continué d’étudier dans les écoles, de travailler dans les entreprises soviétiques et de vivre comme des Soviétiques tout à fait normaux. Mais, en même temps, la plupart pratiquaient à un certain degré le principe du « vnye » – c’est-à-dire que, tout en prenant part aux institutions, aux pratiques, aux rituels et aux déclarations politiques du système, ils les ont interprétés dans leur vie d’une manière imperceptiblement différente de celle prévue par l’état. Ainsi, à la fin de la période soviétique, la plupart des Soviétiques vivaient simultanément à l’intérieur et à l’extérieur du système politique. Cela ne signifie pas qu’ils ne se souciaient pas de l’idéologie soviétique ou qu’ils ne la vivaient que comme un bruit de fond. Pas du tout. De nombreuses valeurs socialistes, qui s’affichaient dans la rhétorique politique de l’état, étaient partagées, en principe, par beaucoup : par exemple, le mépris de l’argent et du gain matériel. Continuer à lire … « « Il est impossible que le système ne change pas » : entretien avec Alexei Yurchak »

Les travailleurs du pétrole se joignent aux protestations. De petites fissures s’ouvrent dans les hautes sphères de la théocratie (et autre texte)

Les manifestations en Iran ne font pas tellement la une de l’actualité ces jours-ci, mais – malgré la répression, l’exécution de quatre manifestants et la mort de centaines de personnes, ainsi que les terribles lésions infligées [voir article publié sur ce site le 10 décembre 2022] – la semaine dernière, des milliers de travailleurs du pétrole ont organisé des mobilisations réussies dans presque toutes les raffineries, les usines pétrochimiques et les services associés à la compagnie pétrolière nationale.

Les politiques de privatisation implacables de la République islamique ont inévitablement réduit la force politique des travailleurs du pétrole. A l’heure actuelle, nous ne pouvons pas envisager une répétition du type de grève qui a contribué à faire tomber le shah en 1979. Toutefois, le fait que les salariés permanents [et non pas seulement les salariés de la sous-traitance] de la compagnie pétrolière aient réussi à coordonner une grève nationale à un moment où le régime arrête les militants syndicaux et limite l’accès à Internet, signifie que la grève a été un succès substantiel. Elle est un signe que les souvenirs historiques restent une force puissante parmi la nouvelle génération de travailleurs du pétrole. Continuer à lire … « Les travailleurs du pétrole se joignent aux protestations. De petites fissures s’ouvrent dans les hautes sphères de la théocratie (et autre texte) »

Le mariage ou le suicide désormais seules échappatoires des Afghanes

Traduction d’un article paru dans la revue féministe afghane Nimrokh, qui évoque les mariages non désirés et les suicides de jeunes filles désespérées ayant perdu tous leurs rêves d’avenir.

Aujourd’hui, 24 janvier, c’est la journée internationale de l’éducation. Alors que le monde entier célèbre cette journée, l’éducation a été interdite aux femmes par le groupe terroriste des taliban. Les étudiantes souffrent de problèmes psychologiques et dans certains cas, sont forcées de se marier de peur d’être forcées d’épouser un combattant taliban.

Au cours de l’année et demie écoulée, les jeunes filles ont été privées d’éducation à partir de la sixième année, ce qui a eu de graves conséquences sur leur vie. Si pour résister aux décrets misogynes des taliban, certaines filles se sont tournées vers d’autres formations, comme l’anglais ou la peinture, la fermeture des écoles et les autres décrets misogynes édictés par les taliban leur ont causé des problèmes psychologiques. Continuer à lire … « Le mariage ou le suicide désormais seules échappatoires des Afghanes »

Tu me rendais muette

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De courts chapitres, une histoire dessinée aussi par des descriptions de photographies, les années cinquante en France, le racisme « ordinaire », la misogynie, une femme et un homme, la dégradation d’un couple, les asymétries recomposées, le poids des contraintes sociales intériorisées et les espérances…

Cholon. Un mariage comme affront et déshonneur pour les familles. Myriam Dao fixe rapidement le « volet exotique de la première partie de leur existence ». L’histoire d’un couple, le défi des préjugés, la difficulté de s’insérer en métropole. Continuer à lire … « Tu me rendais muette »

Les Cahiers de l’antidote : Soutien à l’Ukraine résistante (Volume 15)

Solidarité avec l'Ukraine résistante n°15

Après les Gilets jaunes, la pandémie du Covid, la Colombie et la Birmanie, les éditions Syllepse poursuivent la publication d’ouvrages accessibles à tous et toutes qui éclairent sur les enjeux des convulsions d’un monde qui n’en finit pas de semer la misère, la souffrance et la guerre. Les éditions Syllepse se sont associées pour cette série sur l’agression de la Russie poutinienne contre l’Ukraine aux éditions Page 2 (Lausanne), M. Éditeur (Montréal) et Massari Edotori (Italie) , aux revues New Politics (New York), Les Utopiques (Paris) et ContreTemps (Paris), aux sites À l’encontre (Lausanne) et Europe solidaire sans frontières, ainsi qu’au blog Entre les lignes entre les mots (Paris), au Centre Tricontinental (Louvain-la-Neuve) et au Réseau syndical international de solidarité et de luttes. Continuer à lire … « Les Cahiers de l’antidote : Soutien à l’Ukraine résistante (Volume 15) »

Se loger n’est pas un crime, c’est un droit !

Le 31 janvier, la proposition de loi « Kasbarian-Bergé » de la majorité visant à criminaliser les victimes de la crise du logement sera examinée en séance au Sénat. Durci le 2 décembre lors de son adoption à l’Assemblée nationale en première lecture, le texte prévoit une accélération considérable de l’expulsion des locataires en impayés de loyers, empêchant tout travail sérieux d’accompagnement et retirant à la justice son pouvoir d’appréciation. Surtout, il prévoit d’envoyer en prison celles et ceux qui n’auraient pas trouvé de solution de relogement, tout en renforçant les peines encourues par les personnes qui se mettraient à l’abri par nécessité dans des locaux parfaitement vacants.

Cette proposition de loi condamne ainsi à 3 ans de prison et à 45 000 € d’amende :

  • Les personnes sans bail : hébergées, victimes de marchands de sommeil, conjoint.e.s, bail verbal… ;
  • Les personnes sans-abri, qui occupent un bâtiment vide, des logements vacants, des friches industrielles ou des bureaux vides pour se protéger de la violence de la rue, alors que jamais notre pays n’a compté autant de logements et de locaux vacants ;
  • Les accédant.e.s à la propriété surendettés, qui perdent leur titre de propriété, ainsi que les petits commerçant.e.s et artisan.e.s dont le bail est résilié ;
  • Et même les grévistes occupant leur lieu de travail, ou établissant un piquet de grève…

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Corps et territoire dans la lutte féministe

Lisez la réflexion de Miriam Nobre sur les expériences de résistance collective face à l’offensive du capital sur la nature

Pour parler de la relation entre le corps et le territoire, nous commençons par regarder comment cet ordre capitaliste, colonialiste, raciste, patriarcal s’impose à nous. En y réfléchissant, nous récupérons une idée qu’Angela Davis a formulée, des États-Unis, sur la façon dont la plantation, un mode de monoculture, structure et organise l’économie. Grada Kilomba utilise cette même idée pour réfléchir à la façon dont notre subjectivité s’est structurée. Ici au Brésil, nous pouvons utiliser cette même référence pour parler de la structure et de la manière dont l’économie et le travail sont organisés.

Nous faisons référence au processus d’encerclement des terres, de génocide de la population autochtone, d’appropriation de leurs terres et d’installation d’un mode de production avec un degré d’exploitation de la main-d’œuvre si violent qu’il était basé sur l’enlèvement de personnes. Continuer à lire … « Corps et territoire dans la lutte féministe »

Pratiques policières du contrôle de la frontière : Un an de refoulements (pushbacks) et de déni de droits à la frontière franco-italienne dans le Briançonnais

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« Dans le respect total des personnes qu’ils interpellent ? »

Le 23 septembre 2022, le tout nouveau préfet des Hautes-Alpes, déclarait à BFM d’ICI vouloir faire « de l’immigration illégale » une priorité, et soulignait « l’engagement des policiers et notamment les policiers de la PAF [1] qui agissent dans des conditions difficiles pour faire ce travail, et font un travail exemplaire dans le respect total des personnes qu’ils interpellent [2]. »

Pourtant les habitants.e.s, les solidaires et les militant.e.s de part et d’autre de la frontière sont témoins tous les jours des pratiques qui contredisent ces déclarations. De nombreuses enquêtes ont été réalisées à la frontière franco-italienne depuis 2017 par les associations et collectifs partenaires, mais aussi par les autorités administratives indépendantes et par des élus. La dernière en date a été réalisée par des parlementaires dans le cadre la commission d’enquête parlementaire dont le rapport a été publié en novembre 2021 [3]. Tous ces travaux ont confirmé nos constats. Continuer à lire … « Pratiques policières du contrôle de la frontière : Un an de refoulements (pushbacks) et de déni de droits à la frontière franco-italienne dans le Briançonnais »

Pérou : nous demandons l’intervention des mécanismes de protection des droits humains de l’ONU (+ autres textes)

  • Pérou : nous demandons l’intervention des mécanismes de protection des droits humains de l’ONU 
  • Une mobilisation à la croisée des chemins. La menace du camp militariste. La détermination populaire. Entretien avec Hernando Cevallos
  • Carlos Noriega Une intervention policière dans l’Université San Marcos: une action plus vue depuis la dictature d’Alberto Fujimori
  • Carlos Noriega : Dans la foulée de Lima, les « marches nationales » se propagent au sud
  • Carlos Noriega :« Boluarte dit que nous sommes des paysans ignorants, nous ne sommes pas ignorants, elle est ignorante, elle ne comprend pas ce pour quoi nous nous battons »
  • Communiqué de solidarité à l’égard des Péruviennes et Péruviens et de la communauté universitaire de San Marcos 
  • CGT – Note de l’espace international – Amériques : Mobilisations au Pérou : soutien au peuple Péruvien face à la répression sanglante !

Continuer à lire … « Pérou : nous demandons l’intervention des mécanismes de protection des droits humains de l’ONU (+ autres textes) »