Vivants comme morts, les improbables bâtisseurs du projet sioniste restent invisibles

L’amour israélien pour les travailleurs de la construction a pris fin une fois que les travailleurs ont cessé d’être juifs

Les nouvelles sur leur mort ne font que des entrefilets. Tout au plus une phrase dans un bulletin d’information, quelques lignes dans le journal, et encore. Tous les deux ou trois jours, parfois plus d’une fois par jour, un travailleur de la construction meurt ou est blessé au travail quelque part en Israël. Ils n’ont ni nom, ni âge, ni lieu de résidence, ni même un visage ou une famille en deuil – tout ce qui est humain chez eux nous est étranger. Il n’y a personne pour faire leur éloge, personne pour tenir une oraison funèbre, personne pour raconter comment ils sont morts. Un travailleur de la construction est tombé – et c’est tout. Même des jeunes avec des couteaux aux points de contrôle reçoivent plus d’attention. Les travailleurs de la construction sont transparents dans leur vie sur les échafaudages et sont également invisibles dans la mort. Lire la suite

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Que reste-t-il de nos amours ?

Je n’aborde que certaines analyses de l’auteur, limitant mes propos à des éléments plutôt généraux. Je ne saurais indiquer des choix quant aux possibles souhaités et souhaitables par et pour les personnes se reconnaissant comme homosexuel-le-s, en particulier sur le coming out discuté par l’auteur.

Ne partageant qu’une partie de l’approche de la « normalisation » ou des « conclusions » d’Alain Naze , je vais essayer – quelques fois en faisant des pas de côté par rapport au sujet – de dialoguer sur des points soulevés dans ce livre. Lire la suite

L’extraordinaire sexisme ordinaire

Avec l’aimable autorisation de l’auteure

L’affaire des silhouettes de femmes installées à Dannemarie (Alsace), puis retirées et finalement à nouveau autorisées par la Conseil d’Etat souligne l’embarras des juges face à la notion indéfinie de sexisme qu’il faudrait définir comme une disqualification de l’être femme.

Souvent le sexisme relève de l’instant : un écart de langage, un geste déplacé ; une attitude, un agissement, un comportement disent les textes juridiques, expressions violentes, souvent brèves, pour dire l’infériorité du sexe féminin. Jusque-là, on comprend. Cela se complique si on cherche une définition. Car tout se mélange, la question de l’égalité, la référence à la discrimination, la dénonciation d’une relation de mépris. « Atteinte à la dignité de la personne », lit-on aussi. Lire la suite

Extrait du livre du livre de Claudine Legardinier et Saïd Bouamama : Les clients de la prostitution – l’enquête 

Avec l’aimable autorisation des auteur-e-s

Le temps de la désillusion

Certes, un temps, le sentiment de liberté peut exister à l’idée de rejeter les horaires, les obligations « bourgeoises ». Un sentiment bien fugitif, il est vrai, avant la désillusion. « Tout ce que je voulais, c’était faire la bringue, explique Suzanne1. Je me fichais de tout. Les factures, les lois, j’avais l’impression d’en être libérée. Je me droguais, je fumais. Pour me donner la force d’affronter tout ça, je buvais du whisky. En fait, j’étais la bonne poire qui rinçait tous ceux qui m’entouraient. » Aujourd’hui, Suzanne analyse ce sentiment comme une liberté qui lui a « bousillé » la vie. De même, certaines personnes que nous avons rencontrées décrivent, au moins dans la griserie du début du temps de prostitution, un sentiment de pouvoir. Leïla, toxicomane, explique : « C’était rassurant pour moi de savoir que les mecs étaient prêts à payer. » Mylène, prostituée de luxe en Allemagne, va jusqu’à raconter comment elle a eu le sentiment que c’était « trop cher payé » tant elle était indifférente à elle-même. Lire la suite

Qu’est-ce qu’Irma a rasé ?

Saint-Martin. Une île de 93 km², soit à peu près la superficie de Béziers, dont la particularité est d’être politiquement divisée en deux parties : française, Saint-Martin, et hollandaise, Sint Maarten. Ces deux territoires dépendent de deux États européens distincts depuis le Traité du Monts des Accords en 1648, statuant leur partition. Suite au référendum du 7 décembre 2003, Saint-Martin est une collectivité d’outre-mer, classée Régions Ultra Périphériques (RUP). Autonome, ce territoire reste sous administration française avec la présence d’un préfet. Les 1er et 8 juillet 2007, il a élu son propre conseil territorial, ce qui lui permet de voter des lois dans des domaines de compétence définis et restreints, puisque l’État français reste souverain dans les principaux domaines régaliens comme la défense ou les affaires étrangères. Saint-Martin diffère en cela de Sint-Maarten, qui dépend des Antilles néerlandaises, et à ce titre fait partie des Pays et Territoires d’outre-mer (PTOM), ce qui lui donne droit de vote à l’Union européenne. Lire la suite

Votre adolescent profère des insultes. Que faire ?

(Aéroport de Pointe-à-Pitre –  Guadeloupe – Antilles françaises – 13 Septembre 2017)

À peine descendu de l’avion présidentiel, et l’étendue des dégâts étalée sous ses yeux, cela pourrait expliquer cette entorse à la règle d’un langage châtié que vous avez toujours cherché à lui inculquer, il proféra : « Irma, la connasse, la putasse, la pouffiasse ! »

Il n’empêche, dégâts ou non, désolation ou non, nous étions bien là dans le désagréable registre de l’insulte. Et c’est là tout le problème. Lire la suite

Du chavisme au madurisme : crise d’un projet de réforme anti-néolibérale

Cet article1 n’a pas comme objectif de rendre compte en détail des causes de la pénible situation que vit actuellement le peuple vénézuélien2. Il vise plutôt à questionner les difficultés du gouvernement Maduro et plus généralement les échecs politiques des gauches arrivées au gouvernement en Amérique latine. Car il n’y a rien de plus affligeant que de voir, au niveau international, une partie de la gauche s’aligner sur des dirigeants politiques qui prétendent représenter le peuple, mais sont incapables de tirer les leçons de leurs difficultés et échecs successifs.

En fait, il apparaît tout à fait compréhensible que l’importante crise économique, sociale et politique qui secoue le Venezuela, amène les divers courants de la gauche à s’interroger et à prendre position sur les causes profondes qui peuvent en être à l’origine. Ce débat ne peut être que positif Lire la suite