Jo Di Bona et le pop graffiti

Parisien, amoureux fou de ma ville, j’aime en parcourir sans but les rues, fuyant les vernissages des expositions. La découverte des œuvres au hasard des promenades, la visite régulière des spots de street art, les rencontres avec les artistes, sont devenues en quelques années des repères dans mon temps personnel.  Lire la suite

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Introduction « Le silence et le bruit » de Patrizia Romito à son ouvrage « Un silence de mortes »

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

En ce tout début de nouveau millénaire, la violence exercée contre les femmes et les mineur-e-s n’est désormais plus un secret, cette chose honteuse que les victimes auraient à cacher, sans le moindre espoir ni aucun moyen de s’en délivrer. Nous sommes informés sur son étendue et plus que jamais conscients des conséquences parfois tragiques, toujours très lourdes, de la violence conjugale, du viol, du harcèlement au travail, de l’inceste et autres agressions sexuelles sur mineur-e-s. Autant de phénomènes qui, jusqu’à la fin des années 1970, ne portaient même pas de nom. À cet égard, nous savons que le mouvement des femmes a été fondamental pour une prise de conscience, pour la production d’un savoir et l’éveil d’une résistance. Il a remis en question les modèles naturalistes et psychologisants de la violence, a révélé au grand jour le réseau des complicités – souvent institutionnelles – qui permettent à l’homme violent de continuer à agir sans jamais être dérangé et en toute impunité ; ce sont les femmes en mouvement qui ont conçu, proposé et parfois imposé toute une série de mesures pour contrer cette violence. Lire la suite

Paul Robeson : Vi azoy lebt der kayser? (aka How does the czar live, how does the tsar drink tea?)

Mai 68 : un éphéméride imaginaire

Élève de terminale, j’étais parti pour rater mon bachot. Finalement, soulagé par le retour – apparent – à l’ordre, la République gaullienne a organisé la distribution (presque) gratuite du bac et j’ai eu droit à mon diplôme. « En chocolat » a miaulé Macron.

Rassurez-vous, je ne vais vous raconter ni ma vie ni « mon » Mai 68. Je vais juste vous balader un peu dans un Mai 68 éclairé par ce moment de bonheur et d’excitation mentale – une sorte de Mai 68 cérébral après le Mai 68 pour de vrai – que j’ai vécu à la lecture de « L’irruption de Nanterre au sommet », le petit pavé d’Henri Lefebvre qui m’est tombé dessus, sans doute lancé par une main avisée, quelques mois après les « événements ». Une déambulation en forme de stratégie autogestionnaire avec en voix off une petite musique entêtante : « Le concept de l’autogestion aujourd’hui, c’est l’ouverture vers le possible1. »

Patrick Silberstein, soixante-huitard extrêmement attardé. Lire la suite

Ce que l’affaire de la Manada dit de nos sociétés

En 2016, lors des fêtes de la San Fermin, un groupe de cinq hommes a violé une jeune femme de 18 ans, ils ont filmé l’agression et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux1. La vidéo de l’agression a aussi été diffusée sur des sites pornographiques2. Cette affaire de viol collectif ressemble à bien d’autres en Inde3, au Maroc4, en Egypte5, ou en Europe6 – ce type de violence touche le monde entier. Lire la suite

Restaurer Faidherbe (et le colonialisme) ? Lettre ouverte à Martine Aubry

200 ans après la naissance de Louis Faidherbe (1818-2018) 

40 ans après le jumelage entre Lille et Saint-Louis (1978-2018)

Lettre ouverte à Martine Aubry

Maire de Lille

 

Madame,

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Louis Faidherbe, né à Lille le 3 juin 1818, votre équipe municipale a pris la décision de restaurer la statue équestre érigée en son honneur place Richebé, en surplomb de la place de la République.

La restauration de cette statue, à grands frais mais sans consultation des habitants, nous scandalise. Ignorez-vous qu’elle glorifie, en la personne de Louis Faidherbe (1818-1889), l’une des grandes figures du colonialisme français ? Lire la suite

Des offensives réactionnaires amplifiant la contre-révolution néolibérale

Dans son éditorial, « Dérives réactionnaires et contre-mouvements dans le Sud », derives-reactionnaires-et-contre-mouvements-dans-le-sud/publié avec l’aimable autorisation des Editions SyllepseLaurent Delcourt parle de forces sociales et politiques régressives, « Symptômes du brouillage des identités, de l’explosion des inégalités et du renforcement des clivages, elles tirent parti du recul des forces progressistes », de crispations identitaires, d’hystérie sécuritaire, d’essor des conservatismes moraux et des fondamentalismes religieux, de résurgence des nationalismes ultras et ethniques, d’ascension de partis et de courants politiques ouvertement xénophobes, de multiplication des ploutocraties et des démagogies autoritaires, de banalisation d’une parole raciste, misogyne et homophobe, de « brutalisation » du débat public et rejet du multilatéralisme, de remises en cause de conquêtes démocratiques… Lire la suite