Des milliers d’infirmières souffrent de COVID Long, et cela n’est toujours pas reconnu comme une maladie professionnelle

Selon une étude réalisée au niveau européen, le nombre moyen de professionnels de santé souffrant aujourd’hui des séquelles de l’infection est d’environ un sixième du nombre total de personnes infectées. En Italie, le chiffre est d’au moins 20 000 infirmières. Il est clair que les infirmières dans cet état ne peuvent plus exercer leur profession de manière appropriée, et il est clair que tout cela a un impact sur la santé des patient·es et sur la charge de travail des soignant·es en général. Pourquoi ce syndrome n’est-il pas reconnu comme une maladie professionnelle ?

Le COVID Long est par définition une série de troubles qui apparaissent et persistent suite à une infection par le virus du COVID-19, des symptômes qui peuvent être assimilés à ceux d’un stress professionnel. Parmi ces symptômes, décrit l’ISS [Istituto Superiore di Sanità, principal organisme national de santé italien], on trouve notamment : asthénie importante et persistante, faiblesse musculaire, fièvre récurrente, douleurs diffuses, myalgies et arthralgies, et une dégradation générale de la qualité de vie. Continuer à lire … « Des milliers d’infirmières souffrent de COVID Long, et cela n’est toujours pas reconnu comme une maladie professionnelle »

« Fascisme fondamentaliste et fascisme xénophobe : briser l’étau »

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Face à la recrudescence des attaques et menaces contre les enseignants et chercheurs, dont Sophie Djigo et Éric Fassin sont actuellement les cibles, le collectif CAALAP appelle à briser l’étau pour défendre les exigences authentiques de l’enseignement et de la recherche. Nous vous invitons à signer cette pétition pour refuser l’impunité contre la diffamation et les menaces.

Le 20 octobre 2023
Cette tribune est ouverte a toutes les signatures individuelles ou collectives, pour affirmer clairement notre determination à faire barrage à toutes formes de violences réactionnaires. Vous pouvez signer ici  Continuer à lire … « « Fascisme fondamentaliste et fascisme xénophobe : briser l’étau » »

Pourquoi les Ukrainien·es doivent-iels soutenir les Palestinien·es ?

Comment peut-on regarder des images de Gaza sans voir Mariupol ou Bakhmut ?

Alors que l’assaut d’Israël contre la Palestine se poursuit, les similitudes apparentes avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie se multiplient. Le « siège complet » de la bande de Gaza par Israël – qui prive d’eau, d’électricité et de nourriture plus de deux millions d’habitant·es – fait écho à la destruction intentionnelle de notre infrastructure énergétique par la Russie l’hiver dernier. Cela a notamment valu à la Russie d’être qualifiée d’ « État terroriste » par les Ukrainien·es.

Dès l’annonce de l’ordre d’évacuation des 1,1 million d’habitant·es du nord de Gaza, les Ukrainien·es devaient savoir que cela exposerait les plus vulnérables – les personnes âgées et les malades – à une mort certaine. Nous savons que lorsque les personnes n’ont pas d’autres solutions viables, ils préfèrent souvent rester. Continuer à lire … « Pourquoi les Ukrainien·es doivent-iels soutenir les Palestinien·es ? »

L’OTAN a-t-elle poussé Poutine a envahir l’Ukraine ?

Des secteurs de la gauche occidentale développent un récit selon lequel la Russie a été progressivement encerclée par l’OTAN, ce qui aurait « provoqué » Poutine. Il est de plus en plus difficile de soutenir l’idée que la Russie est simplement en train de « se défendre » après le 24 février 2022, mais le fait est que l’invasion ne s’est pas produite à l’improviste. Il faut un récit différent pour comprendre ce qu’est réellement la Russie : une puissance impérialiste agressive aux côtés d’autres impérialismes. Continuer à lire … « L’OTAN a-t-elle poussé Poutine a envahir l’Ukraine ? »

Le mouvement de solidarité internationale. Quelques repères

1. Les grandes contradictions et le mouvement de solidarité internationale
Nous nous intéressons au mouvement de solidarité internationale La solidarité est une valeur qui s’impose progressivement, aux côtés de la liberté et de l’égalité. Ce sont des valeurs individuelles et collectives. Elles s’imposent dans les révolutions du 18ème siècle. Elles marquent la fin des systèmes qui, après les premiers systèmes communautaires, les systèmes esclavagistes et les systèmes tributaires centraux, les grands empires, ou féodaux, ont précédé les systèmes capitalistes.

La solidarité internationale est une valeur ; c’est la dimension internationale de la solidarité. Ce sont des pratiques, des rapports entre les peuples, les états, les nations. C’est aussi un mouvement, le mouvement de solidarité internationale, qui s’est formé en soutien à la décolonisation et qui, aujourd’hui, se concrétise dans l’altermondialisme et l’internationalisme. L’altermondialisme propose une alternative à la mondialisation dominante et l’internationalisme propose de construire des relations d’égalité entre les peuples, les nations et les états. Continuer à lire … « Le mouvement de solidarité internationale. Quelques repères »

Du coté du polar (octobre 2023)

Polar politique
« Les morts de Beauraing » est en prise avec les réalités déformées qui nous servent d’environnement. Un attentat a eu lieu dans cette agglomération bruxelloise. Il a visé la communauté catholique et le banc des accusé.e.s est rempli de jeunes belges attirés par le djihad. Un choc. Yves Demeulemeester et Leopold Verbist, associés dans une petite agence de presse, décident d’enquêter. Et la vision simpliste d’un ministre de l’intérieur perd de sa netteté. Se mêlent à eux, une militaire d’active, Ingrid Mertens, qui veut venger la mort de son fils adoptif pour faire imploser toutes les données et faire jaillir d’autres pistes, d’autres intérêts de groupes qui n’ont aucun respect pour la vie humaine et veulent servir Dieu, le grand diviseur de notre temps. Les responsables ne sont pas là où tout le monde regarde.
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Les élections en Ukraine occupée

Le Kremlin a récemment organisé des « élections » dans les quatre régions partiellement occupées de l’Ukraine – les autoproclamées « République popu- laire de Donetsk » (RPD) et « République populaire de Louhansk » (RPL), Kherson et Zaporijjia – en même temps que les élections régionales en Russie.

Les résultats des scrutins, qui se sont déroulés principalement le 10 septembre, ont été sans surprise. Le parti au pouvoir, Russie unie, a obtenu 75 à 80% des voix aux assemblées législatives des quatre régions, les partis d’opposition, tels que le parti libéral pro-occidental Iabloko, n’obtenant qu’un résultat minime. Les résultats des élections municipales dans 79 villes et districts sont encore en cours de dépouillement, mais ils ne devraient pas réserver de surprises.

Le Kremlin affirme que les habitants des « nouvelles régions » – nom donné aux territoires occupés en Russie – ont confirmé « leur choix » de faire partie de l’État russe ; de leurs côtés, les gouvernements occidentaux et les organisations internationales ont déclaré qu’ils ne reconnaîtraient jamais les résultats d’un vote illégal qui viole les règles internationales. Continuer à lire … « Les élections en Ukraine occupée »

Première victoire : Une journée d’occupation d’un chantier des JO, des dizaines de sans papiers régularisés !

Une mobilisation portée par la Marche des Solidarités, en coopération avec des collectifs de sans papiers (CSP75, CSPM, CSP20, Droits Devant, Gilets Noirs) et le syndicats CNT-SO, a été rejoint en soutien par une composition d’organisations en lutte dont plusieurs comités locaux franciliens des Soulèvements de la Terre, Saccage 2024, le réseau écosyndicaliste PEPS et SOS Racisme.

Au petit matin du 17 octobre, une centaine de travailleurs et grévistes sans papiers ont pénétré dans le chantier de l’Arena La Chapelle en vue des jeux olympiques de Paris 2024, avec comme maître de saccage le groupe Bouygues. Des dizaines de soutiens se sont au même moment retrouvés face aux portes closes du chantier, tenues par un des employés, mais ont fini par réussir à s’engouffrer par une autre ouverte pour laisser passer un camion, au nez et à la barbe des trois policiers présents qui ne savaient que faire pour les en empêcher. Continuer à lire … « Première victoire : Une journée d’occupation d’un chantier des JO, des dizaines de sans papiers régularisés ! »

Victimes : la justice est un combat

Victimes et auteurs ne sont pas à égalité ni psychologiquement, ni moralement, ni, la plupart du temps financièrement et je pense important de le rappeler. L’Etat doit respecter les droits de la défense et la présomption d’innocence mais il doit aussi protéger les victimes. Ce n’est toujours pas le cas en France en 2023.

Une autre affaire médiatisée vient à point nommé nous rappeler à quel point la lutte contre cette justice-là est essentielle pour les victimes de viols, d’agression et de harcèlement sexuels.

Même si ces « affaires » avant d’être « des affaires », sont la vie de victimes d’actes déplacés, moralement condamnables ou pénalement répréhensibles, avec le lot de traumas, de difficultés, de douleurs que cela charrie, elles deviennent aussi des sujets politiques, et je voudrais dire que ce n’est pas faire injure aux plaignant.es que d’en parler ainsi mais une autre manière d’essayer de leur rendre justice. Continuer à lire … « Victimes : la justice est un combat »

Pour une paix juste et durable (et autres textes)

  • ANPNPA : La colonisation est une abjection, le colonialisme la source de la violence ! מספיק ! Ça suffit ! Kifeya! Basta
  • Halte au massacre à Gaza ! La France doit demander un cessez-le feu immédiat
  • Pour une paix juste et durable, nous refusons la criminalisation du soutien au peuple palestinien
  • Israël-Palestine : La paix tout de suite ! 
  • Israelis against Apartheid : Plus de 1200 d’Israélien·nes demandent l’arrêt du génocide à Gaza
  • Plus de 4000 artistes du monde entier expriment leur solidarité avec les Palestinien.nes
  • Abeer Abu Khdeir : Les forces israéliennes attaquent la Palestine sans arrêt
  • B’Tselem : Sous couvert de la guerre de Gaza, les colons s’efforcent de réaliser l’objectif de l’État de judaïser la zone C
  • B’Tselem : Un crime n’en justifie pas un autre. L’attaque contre les civils à Gaza doit cesser
  • Dave Zirin : Manifestation de Jewish Voice for Peace dans la rotonde du Capitol Hill : « Jews Say Cease Fire Now »
  • Collectif Malgré Tout : Desde abajo : regarder le monde « depuis le bas »
  • Noam Shuster : Ramasser les morceaux de notre deuil

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Tragédie moyen-orientale suite sans fin

Inavouables jeux mortifères avec les vies des civils innocents !

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Bien sûr, à l’origine de la création et de la perpétuation de la tragédie du Moyen-Orient, il y a la fondation de l’État d’Israël en tant qu’État exclusivement juif, et le déracinement violent des Palestiniens de leur terre. Mais tout en ayant en tête ce constat, la grande question – toujours sans réponse – était et reste aujourd’hui que faisons nous et que devons-nous faire pour arrêter cet incessant bras de fer horrible et barbare au Proche-Orient, dont nous vivons le paroxysme ces jours-ci, craignant même que peut être le pire ne soit devant nous…

Nous avouons que l’actuelle extrême exacerbation de la tragédie moyen-orientale, nous empêche d’avoir de réponse toute faite sur ce qu’il faut faire. Mais nous avons quelques idées sur ce qu’il ne faut pas faire. Et ce, non pas, bien sûr, en Israël ou en Palestine où notre parole n’a aucune chance d’arriver ou d’influencer, mais ici, dans notre pays et dans notre espace politique naturel, la gauche. Dans ce sens et sous cet angle, le premier constat est que beaucoup de choses auraient changé pour le mieux si le rejet catégorique de la responsabilité et de la culpabilité collective n’était pas resté sur le papier comme un vœu pieux, mais avait été appliqué non seulement par les protagonistes – directs et indirects – de la tragédie, mais aussi par chacun d’entre nous. Et nous nous expliquons tout de suite. Continuer à lire … « Tragédie moyen-orientale suite sans fin »

Ukraine : Commons, une revue de critique sociale

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L’un des paradoxes de la guerre en Ukraine est que certains d’entre nous ont découvert l’existence d’une gauche active et d’une pensée critique et créative en Ukraine que nous avons ignorées pendant de trop nombreuses années (et dont l’auteur de ces lignes fait partie). Parmi nos révélations, le journal Commons, journal de critique sociale, est certainement l’un des endroits les plus importants et les plus productifs pour comprendre la situation en Ukraine [et dans le monde]. Il publie ses articles en ukrainien, en anglais et en russe. Aujourd’hui, Commons est un site web de référence pour la pensée critique de la gauche européenne. Bien que le site traite de questions spécifiques à l’Ukraine, il est ouvert au monde. L’une de ses initiatives récentes est le « Dialogue des périphéries » qu’il souhaite ouvrir, l’objectif étant que « la résistance au système capitaliste soit un moyen de trouver des solutions alternatives pour tous les pays de la périphérie mondiale. À cette fin, nous entamons un dialogue commun indépendant avec des militants de différentes régions, de l’Amérique latine l’Asie de l’Est ». Continuer à lire … « Ukraine : Commons, une revue de critique sociale »

Que signifie construire un sujet politique féministe ?

Dans sa participation à l’École Féministe (IFOS), Carmen Díaz introduit l’importance de la notion de sujet politique pour le mouvement féministe

Lorsque nous parlons du sujet politique, nous devons parler des relations de pouvoir. Lorsque nous disons que le sujet politique est en construction, nous parlons d’un processus dans lequel nous devenons des sujets politiques au sein du mouvement afin de transformer ce système basé sur des relations de pouvoir injustes.

Pour construire le sujet politique, il faut passer de l’individuel au collectif, construire des accords ensemble. Cela ne signifie pas seulement exprimer notre opposition au système capitaliste ; il ne suffit pas de dire « putain de patriarcat » ou « mort aux entreprises » et de ne pas agir. Nous devons faire quelque chose à ce propos, collectivement. Dans ce processus, nous devenons protagonistes de notre propre histoire.

En ce sens, récupérer notre histoire et notre mémoire en tant que mouvement féministe, de la lutte des femmes et de la dissidence, est un élément fondamental pour maintenir nos mouvements vivants, sans repartir à zéro à chaque fois. Continuer à lire … « Que signifie construire un sujet politique féministe ? »

Note sur la question du Haut Karabakh et la situation de l’Arménie

Rappel historique
Le Karabagh ou Karabakh (le « jardin noir » en Turc) est la région fertile au Sud-ouest de l’Azerbaïdjan. Le Haut (Nagorno ou Nagorny en Russe) Karabakh, la région montagneuse à l’Ouest du Karabakh. Elle est peuplée par des Arméniens depuis des millénaires, les églises médiévales arméniennes en témoignent. Dans cette région un royaume arménien d’Artsakh a existé autour de l’an 1000. La région a été dominée par l’empire Perse, puis zone de conflit entre les empires Ottoman, Perse puis Russe, ce dernier en prenant le contrôle au XIXe siècle. Le Haut Karabakh est resté alors peuplé d’Arméniens à l’exception de la seule ville du pays Susha (Sushi pour les Arméniens), peuplée majoritairement d’Azéris (l’ethnie dominante en Azerbaïdjan) mais aussi lieu de villégiature de l’aristocratie régionale, notamment géorgienne et russe, et même perse, et important foyer culturel azéri (la ville natale de la grande poétesse Khurshidbanu Natavan, 1832-1897).
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Les justifications du prisonnier Syktyvkar

En lisant les lettres qui me sont adressées en prison, je me rends compte que les lecteurs et lectrices de Rabkor attendent de moi un grand travail théorique, une « netlennyka » Je devrais prendre exemple sur d’autres intellectuels et révolutionnaires qui ont écrit des livres remarquables en prison. Iels me rappellent Antonio Gramsci ; iels m’ont déjà donné trois cahiers épais. Les exemples se multiplient : non seulement Gramsci, mais aussi Campanella, Morozov. Et Tchernychevski avec son roman « Qu’est-ce qu’il faut faire ? »

Mais ils sont tous restés très longtemps derrière les barreaux. J’ai un autre type de temps devant moi. Si l’intrigue s’éternise, peut-être que cela stimulera la créativité. Mais jusqu’à présent, elle a été justifiée par le fait que tous les théoriciens célèbres n’ont pas composé leurs œuvres majeures en prison. Lénine et Lukács, bien qu’emprisonnés, ont écrit leurs textes les plus importants en liberté. Lénine, lorsqu’il a écrit L’État et la révolution, était en fuite et travaillait dans une hutte, sur des souches, dans un « bureau vert ». Mais je n’ai ici ni souche ni verdure. Continuer à lire … « Les justifications du prisonnier Syktyvkar »

Intervenir d’urgence pour protéger le peuple palestinien contre le génocide

  • Action urgente : les organisations palestiniennes de défense des droits humains appellent les États tiers à intervenir d’urgence pour protéger le peuple palestinien contre le génocide
  • Jewish Currents : « Nous ne traverserons pas tant que nous ne nous portons pas entre nous »
  • Israël Palestine : La LDH appelle à la mobilisation la plus large pour la protection des populations civiles et pour un cessez le feu immédiat
  • Omar Barghouti : « Pourquoi je crois que le mouvement BDS n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui »
  • CGT : Stopper immédiatement le bain de sang à Gaza !
  • Le Syndicat des travailleurs arabes demande à Israël de révéler le sort de 18 000 travailleurs de Gaza
  • Israël-Palestine. « Dans ce choc des barbaries, on ne peut pas être neutre ». Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Anne-Sylvie Sprenger (enlevé à la demande de Protestinfo)
  • L’UPJB appelle à s’associer à une large coalition de la société civile qui manifestera ce dimanche 22 octobre à partir de 14:00 devant le siège de la Commission européenne (Rond-Point Robert Schuman 1040 Bruxelles)
  • Israël-Palestine : choisissons le camp de la dignité humaine

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Viol : le droit, morale des dominants

Le relativisme juridique est aussi une morale, qui ne veut pas dire son nom. Cela s’appelle le libéralisme, qui fait tout reposer sur les individus, qui met un signe « égal » entre agressé.e et agresseur, qui s’acharne à dépolitiser tous les antagonismes qui structurent notre société, qui abhorre la dialectique et qui noie tous les combats nécessaires dans les eaux glacées du calcul égoïste.

Un argument fait florès chez qui se pique de féminisme tout en défendant aussi régulièrement des hommes accusés d’agression sexuelle : « on ne doit pas confondre le droit et la morale ».

C’est un argument qui arrive en général juste un peu avant ou un peu après celui qui consiste à dire que « tout le monde a le droit d’être défendu » ou que « c’est important de pouvoir aussi être de l’autre côté de la barre pour savoir comment ça se passe dans les deux cas » …

Se raccrocher à cette position « on fait du droit pas de la morale », c’est ignorer ce qu’est le droit en réalité, quelle que soit la manière dont on l’aborde. C’est au mieux faire preuve d’un positivisme [1] à faire blêmir Kelsen, au pire endosser un jusnaturalisme [2] suranné. C’est ignorer que le droit est surtout le produit d’un rapport de force politique, économique et moral. Continuer à lire … « Viol : le droit, morale des dominants »

Luttes anticoloniales : hier et aujourd’hui

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

9791039901574

Objet d’instrumentalisations, soumis à une mémoire désaccordée, l’anticolonialisme connut son point d’incandescence au mitan du siècle dernier. S’il croise les théories décoloniales et anti-impérialistes, c’est à partir d’un autre ancrage dans l’histoire et dans l’espace social, qui invite à se décentrer de l’État-nation et du narratif identitaire. Son actualité tient à l’inachèvement de la décolonisation et à la pertinence des espoirs qu’il nourrit. Continuer à lire … « Luttes anticoloniales : hier et aujourd’hui »