Du coté des revues n°13

François Polet dans son éditorial présente les deux caractéristiques de l’expérience bolivienne « qui lui donnent une charge symbolique et une portée  »refondatrice » qu’on ne trouve pas ailleurs : d’une part, premier président indigène de Bolivie, Evo Morales ne s’en prend pas seulement aux injustice socio-économiques ou au néocolonialisme des multinationales étrangères. Il prétend en finir avec le  »colonialisme interne » de l’État bolivien et l’exclusion structurelle, depuis l’indépendance, de la majorité indienne du pays ; d’autre part, cette refondation n’est pas envisagée comme la mission d’un homme ou d’un groupe d’élus, mais comme la responsabilité d’un  »gouvernement des mouvements sociaux » qui confèrent une dimension participative inédite, bien que non dénuée d’ambiguïtés, à sa gestion des affaires publiques. »

La diversité des sujets et des points de vue (il est regrettable que certains auteurs n’explicitent pas leur positionnement tranché) permet de débattre sur les réalités contradictoire des processus en Bolivie (processus constituant, clientèlisme, centralisme, indianisation et nationalisme, etc.)

Je souligne les articles de Pablo Stefanoni « Indianisation du nationalisme ou refondation permanente de la Bolivie », .de Maristella Svampa « Evo ou l’articulation du communautaire-indigène au national-populaire » et d’Hervé Do Alto et Franck Poupeau « Ressorts de l’opposition régionale bolivienne ».

Ces textes sont complétés d’un long entretien avec Alvaro Garcia Linera vice-président de la Bolivie, qui conclut ce numéro par un texte « État en transition : bloc de pouvoir et point de bifurcation » qui ne manquera pas d’intéresser toutes celles et ceux qui s’interrogent sur les ruptures avec les notions de « ballotage catastrophique » ou de « point de bifurcation »

Un regret cependant, l’absence d’article sur femmes.

Alternatives Sud : La Bolivie d’Evo. Démocratie, indianiste et socialiste ?

Editions Syllepse, Louvain-la-Neuve 2009, 185 pages, 13 Euros

RILI

Le dernier numéro de l’année 2009 est particulièrement riche. Outre un petit dossier très documenté sur le réchauffement climatique et « Le retour à la folie nucléaire », je souligne les deux articles publiés en partenariat avec Fabula « Le tiers-espace, une pensée de l’émancipation » et « Traduire pour ne pas comparer » à propos de l’œuvre de Homi K. Bhabha.

Une nouvelle fois, après la critique de Hobsbawm (n°14), Enzo Traverso « La transformation du monde, deux histoires du XIXème siècle » aborde de manière critique deux ouvrages historiques (ici Christopher A. Bayly et Jurgen Osterhammel).

J’ai, de plus, particulièrement été intéressé par le texte de Michael Löwy « Theodor W. Adorno ou le pessimisme de la raison » et celui de Daniel Bensaid « Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude » à propos d’Ivan Segré.

La revue internationale des livres et des idées

N°14 novembre-décembre 2009, Paris, 58 pages, 5,50 euros, vente en kiosque

Les contributrices et contributeurs du dossier « De quoi communisme est-il le nom ?» offrent un large panel d’analyses. Leurs questionnements permettent de (re)prendre les débats, au delà des mots blessés, sur les actualités encore actives de l’émancipation. Et pour citer Isabelle Garo « C’est cet énorme massif d’interrogations qu’il faut désormais affronter ensemble, parce qu’elles hantent de fait des revendications et des luttes se voulant victorieuses, enfin ». Je dois convenir qu’il faut prendre au sérieux la question, d’autant plus volontiers, que je ne suis pas convaincu que le terme communisme puisse encore être utilisé.

Parmi les autres textes, je souligne l’article d’Alvaro Garcia Linera « Indianisme et marxisme. La non rencontre de deux raisons révolutionnaires » et l’entretien avec Loic Wacquant « Ghettos et anti-ghettos. Une anatomie de la nouvelle marginalité urbaine »

La lecture de Jean-Marie Harribey du livre passionnant, étrange et largement contestable de Moishe Postone « Temps, travail et domination sociale » (Mille et une nuits, paris 2009) mériterait des échanges et des confrontations théoriques. Sur le même ouvrage, on pourra consulter la lecture d’Antoine Artous sur le site de la revue.

Contretemps N°4

Editions syllepse, Paris, 159 pages, 12 euros

Didier Epsztajn

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :