Les livres brulent mal

«  Un autre livre laissa filer un fragment incandescent qui dévala, tel un oursin éclairé au néon, les barreaux d’une grande échelle de pompiers. »

19 août 1936, autodafé par les militants de la Phalange à La Corogne. Mais les livres brûlent mal, tant d’un point de vue physique que d’un point de vue métaphorique. Des pages s’envolent, d’autres sont recueillies et offrent autant de chemins pour écrire l’histoire, des histoires.

Un livre d’une rare densité sur « La gifle des morts », « La locomotive de plomb et la barque volante », « La canne en rotin de grand-père Mayari », l’acide acétylsalicylique, « La bicyclette de Pinche », « Le plongeur phosphorescent » ou « Quelque chose de spécial », Casarès Quiroga et sa fille Maria, La Corogne, l’Espagne, des femmes et des hommes dans les mesquineries quotidiennes. Et Manuel Rivas n’oublie ni ces livres ni les différents rapports possibles à ces blocs de papiers imprimés ni forcement notre propre rapport aux livres et à l’histoire.

« Apparemment, le monde entier serait capable de devenir complètement fou pour posséder ce putain de livre. Il n’a qu’un petit défaut, à part qu’on n’y comprend rien. Il manque une page de garde. »

Manuel Rivas : L’éclat dans l’Abîme. Mémoires d’un autodafé

Traduit de l’espagnol

Editions Gallimard, Paris 2008, réédition en Folio, 886 pages, 10,20 euros

Didier Epsztajn

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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