Le traditionnel perpétuellement réinventé

La revue débute par des propos de Liliane Kandel sur la « Génération MLF ». Des éclats de rire : « gerbe à la femme inconnue du soldat… », « Bordel n’est pas mortel… alors que l’ordre, lui, l’est », « Travailleurs de tous les pays… qui lave vos chaussettes ? », « Une femme sans homme, c’est comme un poisson sans bicyclette » ou encore « Je suis une femme, pourquoi pas vous ? » retentissent en appui de ce retour sur l’histoire, de cette mise en perspective et « …on se dit qu’on vraiment pas à rougir de ce qui a été fait dans les années-mouvement, et depuis… »

Le dossier s’intitule « Maudite conciliation »

Le terme « conciliation » est lui-même discuté « La notion de conciliation intègre donc l’antagonisme des sphères du travail et de la vie privée. Si ce terme reste trompeur, c’est qu’il peut laisser entendre que la résolution du conflit est atteinte, réussie ». Par ailleurs, le mot masque les inégalités entre homme et femme.

Comme le disent les auteures, il faut s’interroger sur l’assignation des femmes à cette thématique « C’est une chose de constater que les femmes ont cette double vie, c’en est une autre d’affirmer qu’elles sont seules à pouvoir -et d’autant plus à devoir – le faire », comme si les hommes n’étaient pas aussi concernés. Mais peut-être est-ce tout simplement que « malgré certaines velléités paternelles, la norme de Monsieur Gagnepain contribue à renforcer l’assignation des hommes dans la sphère professionnelle. »

Je signale particulièrement les textes « Concilier, organiser, renoncer : quel genre d’arrangements ? », « Temps professionnels et familiaux en Europe : de nouvelles configurations » et « Politiques familiales contre politiques de l’égalité des sexes ? Le cas de l’Allemagne ».

Le dossier est complété de deux textes, dont un très incisif « Antiféminisme et féminisme élitiste en Allemagne : les termes du débat ». Enfin le numéro se termine par de multiples notes critiques de lecture.

Travail genre et sociétés : Maudite conciliation

N° 24/2010

Editions La Découverte, Paris 2010, 258 pages, 25 euros

Didier Epsztajn

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

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