La raison ne peut qu’être subordonnée à la foi et la science à la religion !!!

La presse et les commentateurs nous parlent souvent du poids des religions institutionnalisées, et en particulier dans le monde arabe, ils sont plus silencieux sur les sectes protestantes aux USA et sur les faits et méfaits de l’église catholique. « En revanche, les  »travaux de laboratoire’‘ du pape en Italie, dans le pays demeuré sous son influence, l’emprise qu’il entend exercer sur une société pourtant sécularisée, les conséquences sur le quotidien des Italiens, sur la vie intellectuelle, sur la vie politique, sont largement ignorés hors de la péninsule. »

Martine Nouaille choisit de nous présenter sous forme de chroniques, un itinéraire au pays à l’ombre du Vatican « La chronique autorise une diversité d’approches. Elle n’interdit pas, au contraire, elle appelle la subjectivité et la légèreté. » Ce livre est d’abord un beau voyage en Italie et des étapes « Sana laicità ».

A l’heure où Nicolas Sarkozy chasse les Rroms, exacerbe une politique d’immigration raciste, parle d’identité nationale en l’associant au « mythe poussiéreux de la fille aînée de l’Église», prête allégeance à celui que les catholiques nomment « pape » et fait repentance, l’auteure interroge « la réintégration dans l’espace politique français de l’Église catholique, apostolique et romaine ainsi adoubée légitime représentante de l’humanité souffrante ne pouvait que le réjouir. Car si un État admet avoir des comptes à lui rendre sur sa politique d’immigration, comment pourra-t-il ignorer ses injonctions sur des sujets autrement plus stratégiques aux yeux de l’hôte du Vatican, sur les valeurs non négociables attachées à la sexualité humaine et à la vie, cette vie qui ne nous appartient pas mais appartient à Dieu, de la conception à la mort naturelle. »

Si l’accent est mis principalement sur le Vatican, l’auteure n’en oublie ni Silvio Berlusconi ni la Camorra, leur sainte alliance « religieuse ».

J’ai particulièrement apprécié les deux chapitres « Pour l’honneur de Galilée » dont l’analyse des propos de Joseph Ratzinger « C’est chaque fois la même chose : il parle d’un sujet comme s’il s’agissait d’une simple controverse intellectuelle, d’une table ronde entre universitaires », et « Le corps d’Eluana » sur l’acharnement thérapeutique.

Joseph Ratzinger déplore « qu’en trente ans la  »défense de la vie humaine soit devenue pratiquement plus difficile » en Italie », mais il ne parle ni « des meurtres commis par la Camorra, des enfants Roms morts dans l’incendie de leurs bidonvilles, ni des barques d’immigrants coulée dans le détroit de Sicile. Il pleurait sur les trente ans de la loi sur avortement. »

Connaître un peu plus le poids de l’église catholique, ses alliances, ses idéologies, ses actes, son fonctionnement pour ne jamais oublier que celui que les catholiques nomme pape n’est qu’un homme choisi parmi un conclave d’autres hommes, dont les femmes sont exclues, pour, entre autres, donner le la d’une pensée qui fait toujours des femmes, des secondes ou des autres inégales par définition. Une organisation non mixte de dominants (les hommes) ne saurait dégager une pensée de l’égalité, et cela, dois-je le préciser, n’a rien à voir avec les croyances religieuses.

Derrière ces chroniques, il apparaît que l’instrumentalisation de la religion à quelque chose à voir avec la faiblesse de l’organisation démocratique et l’effondrement de la  »gauche » politique.

Martine Nouaille : Benedetto roi d’Italie. Chroniques d’un pays à l’ombre du Vatican

Un ordre d’idées, Stock, Paris 2011, 232 pages, 19 euros

Didier Epsztajn

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

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