Le petit bric-à-brac de Pascal

Bienvenue à vous tous dans le bric-à-brac de la pensée ! Tout à un euro ! Ce serait idiot de se priver.

Si vous avez eu le courage de lire « L’affaire DSK aura révélé une bien triste image de l’Amérique », par Pascal Bruckner (article livré avec son petit sac à vomi), vous avez certainement eu le même sentiment que moi : celui d’arriver dans un magasin « Tout à un euro ». Vous connaissez peut-être ce genre de magasins. On y vend des nains de jardin, des cendriers à l’effigie de Bob Marley, des jolis posters de dauphins au clair de lune, des balais à chiotte colorés, des nappes en plastique, des mugs avec écrit « Vive mon papa bricoleur » et autres cochonneries.

Et bien, cet article, c’est un peu le « Tout à un euro » de de la pensée : finition dégueulasse, bric-à-brac poussiéreux, tons criards, mauvais goût, éclairage blafard, tout y est !

Faisons donc le tour du propriétaire.

Au rayon « nains de jardin en plastique » : Bruckner redécore l’histoire.

« L’Amérique du Nord, à l’évidence, a un problème avec le sexe qui vient de son héritage protestant mais elle veut en plus donner des leçons au monde entier. »

Signé Pascal.

Notez que si vous pensez par exemple que Max Weber est non pas l’auteur de « L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme » mais celui de l’ouvrage « Les fourmis »  ou si vous croyez que « L’Éthique » est une sorte de bestiole qu’on rencontre en forêt…  Pascal Bruckner peut vous séduire. Si c’est le cas, n’hésitez pas à acquérir cette autre perle, dans le même genre.

« les femmes, en position de pouvoir ne sont pas meilleures que les hommes, on le sait depuis le nazisme »

Signé Pascal.

Effet garanti.

Au rayon « balais à chiotte coloré » : Bruckner récure les États-Unis.

Dans un « Tout à un euro », c’est bien connu, tout se vaut puisque… tout est à un euro. Logique. On peut donc comparer des bougies et des balais à chiotte, des cendriers et des rideaux, etc. Et bien soit ! Faisons le donc ! Car figurez-vous que c’est bien pratique.

Grâce à ce procédé ingénieux, il est tout à fait possible de :

1/ Comparer « les affaires Clinton ou DSK ». Que dans l’une il y ait eu une plainte pour viol et dans l’autre non, peu importe, finalement. Non ?

2/ Soulever ce qui apparaît aux yeux de Bruckner comme une contradiction : les USA torturent, guerroient et mentent en toute impunité (les armes de destruction massive en Irak, les tortures d’Abou Grahib, etc.) MAIS ils poursuivent un homme soupçonné de viol.

Que doit-on en conclure ? Que lorsqu’on se livre à la torture, on doit AU MOINS avoir la décence de ne pas poursuivre les violeurs ?

Non, pardon. On en conclut que :

  • ils n’auraient pas dû embêter un français (vachement important) ;
  • comme les américains ont un « problème avec le sexe », il n’est pas étonnant qu’ils pratiquent la torture :

« La torture existe partout, même dans les nations démocratiques, mais seul un pays malade de sa sexualité peut imaginer de tels sévices. » (à propos d’Abou Grahib)

(on attend le prochain article de Burckner sur le lien entre la sexualité des allemands et la montée du nazisme)

Au passage, un petit coucou aux algériens qui goutèrent notre bien franchouillarde gégène, branchée sur l’oreille et le sexe, pour plus de fun. Mais peut-être que les français, selon les analyses pointues de Monsieur Bruckner, avaient mis au point cette pratique non pas en raison d’un « problème avec le sexe », mais en s’appuyant sur une « culture amoureuse » qui « civilis[e] le désir » :

« Le pari de la France, c’est de composer avec les ambivalences du cœur, de civiliser le désir à partir de ses impuretés tout en respectant l’intimité des personnes. »

(si vous n’avez pas encore utilisé votre petit sac à vomi, mes félicitations, vous avez l’estomac solide)

3/ En conclure que les États-Unis (en entier, tout le monde hein), ont accusé DSK pour punir la France, cette Grande Nation Insoumise. Insoumise pourquoi ?  Pour tout un tas de raisons à un euro, parole de tête de gondole :

« Punir la France pour l’Irak, pour Roman Polanski, pour les lois sur le voile et le niqab, mettre au pas cette nation récalcitrante qui s’entête dans ses mœurs dissolues, tel est le sens ultime de l’affaire DSK ».

Le sens ultime de l’affaire, il l’a trouvé. Nous sommes esbaudis. Mais continuons notre visite, du « Tout à un euro » de la pensée, malgré ces petites étoiles dans les yeux.

Au rayon « bougies parfumées » : Bruckner fait flotter un parfum de romantisme sur les relations hommes/femmes.

Chez nous, point de violences ET point de puritanisme (qui est un fléau américain). Selon notre anthropologue :

« l’Europe latine semble mieux protégée de ce fléau par une culture ancienne de la conversation et une tolérance aux faiblesses humaines. »

Les faiblesses humaines ? Traduisez : « un petit coup de bite au fond de la glotte entre deux chambres à nettoyer » est une faiblesse humaine.

Mais on peut également parler des « faiblesses humaines » autrement.

  • On peut dire : « composer avec les ambivalences du cœur »
  • On peut parler de « la moindre peccadille amoureuse. »
  • Ou enfin évoquer « les outrages conjugaux. »

Si c’est pas plus mignon ?

Vous pensez avoir fait le tour du « Tout à un Euro » de la pensée ? Que nenni ! Il reste encore beaucoup de cochonneries dans les rayons. Mais je vous laisse flâner à votre rythme et selon vos goûts. C’est ce qui fait le charme du bric-à-brac, chacun peut y dénicher SA cochonnerie préférée, celle qui l’émeut plus que les autres. Et surtout, ne vous en faites pas, le stock est renouvelé régulièrement.

Mais avant de sortir, j’ai un dernier article à vous présenter : il est situé près des caisses, avant la sortie. Au milieu des chewing-gums, des programmes télé et des briquets par lots. Il s’agit de la conclusion de l’auteur.

Cet article, comme le reste, vaut un euro. Mais il a quelque chose en plus. Il est à la fois conçu d’une manière très simple, mais il fait pourtant très prétentieux. En le saisissant, vous sentez immédiatement qu’il est en plastique et creux. Mais en le secouant, vous vous vous apercevez qu’il est programmé pour émettre un drôle de bruit, à la manière d’une trompette en plastique pour enfant : Pfouiiin ! Pfouiiiiin !

Mais écoutez plutôt par vous-même :

« Nous avons beaucoup de choses à apprendre de nos amis américains mais certainement pas l’art d’aimer. »

Pfouiiiiin ! Pfouiiiiin !

Article publié sur le Blog :  Les entrailles de Mademoiselle

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