Même la serrure de la valise s’était transformée en mensonge

On a retrouvé Lola pendue dans son placard. « Les phrases de Lola, la bouche pouvait les dire, mais on n’arrivait pas à les écrire. Je n’y arrivais pas. Comme ces rêves qui sont à leur place dans la bouche, mais pas sur le papier. Une fois écrites, les phrases de Lola s’éteignaient dans ma main. »

Une narratrice, trois garçons, trois amis Edgar, Kurt et Georg, et Tereza.

Mensonges, interrogatoires, rêves de fuite, passé nazi, dictature de Ceausescu. « On sentait le dictateur et ses gardes qui planaient au-dessus de tous les secrets des projets de fuite, on les sentait à l’affût, en train d’inspirer la peur. »

Non pas une énième dénonciation de l’absence de liberté, mais le poids des mots, de la poésie pour instiller peu à peu l’absurde et la résistance, le broyage et l’espoir

Un grand roman de la modernité inaccomplie.

« Se taire, c’est déplaire, dit Edgar ; et parler, c’est se ridiculiser. »

Herta Müller : Animal du cœur

Traduit de l’allemand par Claire de Oliveira

Editions Gallimard, Paris 2012, 232 pages, 18,90 euros

Didier Epsztajn

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

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