Sans le principe espérance, la responsabilité n’est qu’une illusion conformiste

Voici un petit livre qui offre des réflexions complémentaires aux ouvrages de Daniel Tanuro (L’impossible capitalisme vert, Les empêcheurs de penser en rond / La Découverte, Paris 2010, Crise historique de la relation de l’humanité et son environnement) ou de Michael Löwy (Ecosocialisme. L’alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste, Les petits libres, Mille et une nuits, Paris 2011, Refuser le dilemme entre une belle mort radioactive et une lente asphyxie due au réchauffement global) largement commentés par Arno Münster.

L’auteur discute des théorisations autour de l’écologie de multiples auteurs (dont André Gortz, Joël Kovel ou les auteurs déjà cités), pour en souligner soit les limites, soit les apports. Il analyse aussi les campagnes politiques (René Dumont) menées, les politiques réelles préconisées ou menées et les phénomènes d’institutionnalisation des partis verts. Au centre de son positionnement une éthique, largement inspirée par Ernst Bloch et le choix d’un socialisme réellement autogestionnaire « des transformations écologiques et sociales radicales indispensables ».

Plan de l’ouvrage :

  1. Éthique et écologie politiques

  2. De l’écologie profonde d’Arne Naess au mouvement écologiste radical en Allemagne,

  3. L’écosocialisme selon James O’Connor et Joël Kovel

  4. Les tendances « écologiques » dans la pensée de Marx

  5. La critique de l’écologie profonde par les mouvements écologistes radicaux (marxistes et libertaires) aux États-Unis et en Grande-Bretagne

  6. Écologie politique, écologie sociale et écosocialisme en France

  7. Michaël Lowy ou le renouveau du courant écosocialiste au Brésil et en france

  8. Conclusion : écosocialisme ou Barbarie ?

J’ai notamment été intéressé par la confrontation des idées autour du principe responsabilité de Hans Jonas et du principe espérance d’Ernst Bloch.

Les notions de non-classe prolétaire, société sans travail (ce qui est différent d’une réduction radicale du temps de travail), de capitalisme cognitif ou d’économie immatérielle, soulignées par l’auteur dans l’œuvre d’André Gorz, me semblent très discutables. Il en est de même de l’idée défendue par Jérome Gleize autour des « ateliers composés de machines-outils pilotées par ordinateur, pouvant fabriquer à la demande des biens de nature variée et singulière » comme alternative à l’usine. Quoi qu’il en soit un ouvrage, résolument tourné vers le principe d’espérance et une sortie écosocialiste aux crises du capitalisme et de notre relation à l’environnement.

« Il faudra pour cela reconnaître clairement la responsabilité du capitalisme dans la destruction progressive de l’environnement, la déforestation, la catastrophe climatique, la destruction de la biosphère et de la biodiversité, et formuler les revendications d’un écologisme radical exigeant l’orientation d’une future  »économie verte » (socialiste) vers les besoins réels des individus, dans le cadre de la socialisation des moyens de production et du passage à l’autogestion, en rapport harmonieux et organique avec une planification écologique efficace (non bureaucratique). »

Arno Münster : Pour un socialisme vert

Editions Lignes, Paris 2012, 140 pages, 12,50 euros

Didier Epsztajn

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