Misère de la verdure institutionnelle et technologique

6Ma lecture du livre de Denis Baupin peut se diviser en deux parties : l’une sur l’analyse de la révolution énergétique nécessaire, la seconde sur la faiblesse, pour ne pas dire plus, des réponses contournant les rapports sociaux et le mode production capitaliste.

D’un coté des éléments nécessaires à la compréhension de l’impasse écologique, et à sa dimension énergétique et de l’autre une absence de caractérisation de la crise systémique, l’oubli du mode de production capitaliste, des rapports sociaux, de la place de l’auto-organisation démocratique et citoyenne, sans oublier la valorisation du nationalisme industriel – des champions industriels de la France (les firmes qui pillent et exploitent le monde, sans parler de « leurs » salarié-e-s) -, les satisfecit sur la participation au gouvernement et sur l’action de celui-ci…

« Notre empreinte écologique a depuis longtemps dépassé les limites soutenables et ne cesse de s’accroître »

Si l’auteur souligne, la recherche effréné d’énergie bon marché de « l’insatiable bête productiviste et consumériste », il ne propose aucune analyse des mécanismes de celle-ci. Et ses réponses tournent autour des « technologies matures » d’utilisation des énergies renouvelables et du marché.

D’un constat sur l’aggravation du dérèglement climatique, de l’impasse de l’utilisation des énergies fossiles, l’auteur passe aux propositions d’« Un New Deal planétaire », exit les questions de pouvoir, l’exploitation et les oppressions.

Partant d’un diagnostic restrictif, les pistes élaborées sont forcément insuffisantes.

Par exemple, l’auteur critique l’occupation des sols, l’urbanisation et le type de logements construits, mais ni la propriété foncière, si la spéculation immobilière, ni la privatisation d’EDF et de GDF. Denis Baupin défend les transports collectifs mais oublie leur nécessaire gratuité. Il propose le télétravail ou travail à distance, sans évoquer les collectifs de travail. Bref des réponses uniquement « techniques » et non sociales.

A lire pour la critique de l’utilisation de toutes les énergies fossiles, y compris le nucléaire, la nécessaire « sobriété et efficacité énergétique », quelques pistes d’alternatives. Pour le reste ce petit livre illustre les impasses de la verdure institutionnelle et technologique.

Pour des réflexions plus complètes voir, entre autres :

Daniel Tanuro : L’impossible capitalisme vert, Les empêcheurs de penser en rond / La Découverte 2010 Crise historique de la relation de l’humanité et son environnement

Michael Löwy : Ecosocialisme. L’alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste, Les petits libres, Mille et une nuits 2011 Refuser le dilemme entre une belle mort radioactive et une lente asphyxie due au réchauffement global 

Sous la direction de Jean-Marie Harribey et Michael Löwy : Capital contre nature, PUF 2003

Cahiers de l’émancipation coordonné par Vincent Gay : Pistes pour un anticapitalisme vert, Editions Syllepse 2010, Opérer une révolution culturelle dont l’anticapitalisme à besoin

Denis Baupin : La révolution énergétique, une chance pour sortir de la crise

Les petits matins, Paris 2013, 157 pages, 5 euros

Didier Epsztajn

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