Il est bizarre d’avoir des souvenirs de choses qui ne se sont pas encore produites

5« Jusqu’à ce que je frappe à la porte d’une pensée vide qui m’entraînera vers les profondeurs où je rêve d’habitude en noir et blanc »

Un homme, avant de sortir d’ici, dans son lit d’hôpital, parle avec lui-même, son infirmière, sa fille, sa mère. Les temps s’amalgament, entre histoire, mémoire, fantasme et invention. Le récit dense convoque de multiples personnages, faits sociaux de l’histoire du Brésil, des fantômes, des figures idéalisées ou négligées.

« Quant à moi, je rêverais bien de toi dans toutes les couleurs, mais mes rêves sont comme le cinéma muet dont les acteurs sont déjà morts depuis belle lurette ».

Cet homme a aimé, mélange d’amour, de désirs et de mépris pour les femmes. Et à l’ombre de ce récit, les doutes, la violence, les obsessions, la jalousie….

Un homme parle, il va mourir. Et derrière la fin d’un ancêtre, c’est sa sortie qu’il met en scène. « Alors une jeune infirmière s’est frayé un passage, elle s’est penchée sur mon arrière-arrière-grand-père, elle lui a pris les mains, a soufflé quelque chose dans son oreille et l’a apaisé ainsi. Puis elle a passé légèrement les doigts sur ses paupières et a recouvert avec le drap son visage autrefois beau ».

Chico Buarque : Quand je sortirai d’ici

Traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich

Editions Gallimard, Paris 2011, 175 pages, 17,50 euros

Didier Epsztajn

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :