GREAT BLACK MUSIC, une exposition multimédia à la Cité de la Musique

2Great Black Music ! Le titre de cette exposition sonne comme une provocation et, du coup, interroge. Qu’est-ce qu’une musique noire ? Quels liens entre les musiques africaines, le jazz, le reggae et d’autres branches aisément classées dans cette catégorie comme la samba ou la bossa-nova ? Une partie de la réponse se trouve dans le voyage dans le temps et dans l’espace que proposent Marc Benaïche et Emmanuel Parent. Un voyage que le visiteur se doit de construire pour éviter de se perdre dans ce dédale. La pléthore de sollicitations amène une sorte de frustration de ne pouvoir tout voir, tout entendre. Une seule journée n’y suffira pas.

Si le but des organisateurs était de démontrer la créativité de ces musiques, la force de création de ces musicien(ne)s, il est atteint. Mais l’interrogation demeure.

Ces musiques ont rythmé le 20e siècle. Elles sont pourtant nées de la barbarie, celle de l’esclavage, de la déportation massive des Africain(ne)s issu(e)s de nations et de cultures différentes. Le jazz, le reggae, les musiques afro-cubaines, latino proviennent de rencontres improbables entre ces cultures africaines, européennes et amérindiennes. Un premier point de départ est fourni par la naissance des Negro Spirituals dans les églises noires des États-Unis, résultat d’une confrontation, à l’intérieur de l’exploitation agricole, entre les Protestants et les Africains. Les paroles étaient souvent à double sens.

Le concept « noir », au-delà de sa nature d’adjectif, est à prendre au sens social et non pas ethnique. Un Noir n’a pas plus d’existence qu’un Blanc. La séparation est historique et s’inscrit dans le contexte des « traites négrières ». Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’esclave avait une couleur de peau.

Pour introduire à la munificence de cette exposition, Frémeaux & Associés propose un coffret de trois CD présenté par Bruno Blum, Great Black Music Roots (1927-1962) , qui permet de réaliser un mini-parcours de ces musiques.

Chez le même éditeur, des compléments indispensables pour continuer à découvrir notre patrimoine. Dans les publications récentes, un coffret retraçant les concerts donnés par Miles Davis à Paris les 21 mars (avec John Coltrane) et 11 octobre (avec Sonny Stitt) 1960 ; une collection de l’intégrale Charlie Parker ; une introduction au jazz des musicien(ne)s, European Cool Jazz 1951-1959 ; un hommage au génie au féminin, Mary Lou William, the First Lady In Jazz 1927-1957; et quelques autres plus anciens dont Africa in America ou des albums retraçant l’histoire de la soul music, du calypso et de beaucoup d’autres.

Nicolas Béniès

Great Black Music, Cité de la Musique, jusqu’au 24/08. Rens. : 01 44 84 44 84, www.citedelamusique.fr

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :