La violence envers les femmes ne constitue pas un problème individuel

3Comme le souligne Maryse Jaspard dans sa préface, « Quel que soit le type de violence subi et en dépit des bonnes intentions des intervenants, les femmes victimes sont moins traitées en tant que « citoyennes de pleins droits » qu’en tant que « personnes vulnérables », peu responsables de leur vie ».

Il importe donc de (re)donner aux femmes victimes « leur entière responsabilité face à leur avenir » et de construire le cadre social rendant cela possible.

« Ces interrogations autour des responsabilités collectives institutionnelles, individuelles des intervenants ainsi que des agresseurs sont développés dans cet ouvrage dans un regard croisé des praticiens et des chercheurs, qui lui donne tout son intérêt. On peut voir par ailleurs se profiler un questionnement sur la responsabilité/autonomie/liberté des personnes victimes, au fils des réflexions des divers auteurs ».

Je ne saurais rendre compte de l’ensemble des articles et des analyses. Je choisis, subjectivement, de mettre l’accent sur certains points.

Dans leur introduction, Katja Smedslund et David Risse parlent entre autres, de la violence comme « relevant de la domination et de la subordination des femmes », de la Déclaration sur l’élimination des violences à l’égard des femmes, de violence genrée, « perpétrée à l’encontre d’une femme, parce que c’est une femme », de la polymorphie des violences et des responsabilités étatiques…

Les auteur-e-s soulignent la place des violences dites conjugales, des violences dans l’espace public et nous rappellent que « aucune religion, ni aucune loi n’impose l’excision, les mariages forcés ou les crimes d’honneur ». Elle et il parle aussi des États à l’origine de certaines violences, comme lors des conflits armés…

Responsabilités étatiques, responsabilités de protection et de prévention, responsabilités économiques, « vers une responsabilisation collective par la valorisation des responsabilités individuelles juridique et morale ».

Sur ce dernier point, les auteur-e-s indiquent qu’il importe « de créer un nouvel élan de resolidarisation et de remobilisation envers les femmes victimes de violence, notamment par l’élaboration collective théorique et pratique d’une nouvelle vision des responsabilités individuelles et collectives en la matière ».

J’ajoute sur ce sujet que c’est aussi une condition pour favoriser les mobilisations et les organisations autonomes des femmes, condition indispensable pour, à la fois, penser l’émancipation et créer ensemble un nouveau bloc hégémonique capable de modifier les rapports sociaux.

Elle et il indiquent : « Cet ouvrage vise à poser – et à proposer – de nouveaux regards sur les interventions sociales et politiques publiques à partir des pratiques effectives, comme à renouveler la compréhension et l’éclairage théoriques apportés sur la diversité des situations vécues par les femmes victimes de violence ».

Je reste plus que dubitatif sur des analyses basées sur les notions de « formation discursive », « identité », « performance », violence normative », « citoyenneté libérale », « intersection entre appartenance de sexe et de classe », sur les oppositions et non les contradictions « entre volonté individuelle et déterminisme socio-culturel » que je nommerai plus volontiers « conditions matérielles et idéelles » et « rapports sociaux ».

Quoiqu’il en soit, il importe toujours face à un « fait social » de le contextualiser historiquement et socialement. Ce qui n’induit ni relativisme « culturel » ni réponses directes, institutionnelles ou non, ni indications sur les agendas réels de mobilisations possibles.

Outre les articles illustratifs de politiques institutionnelles menées, les débats autour de la judiciarisation des actes de violence, je souligne ceux sur les phénomènes de victimisation, la « symétrisation » gommant les rapports sociaux de sexe, la confusion entre « conflits »et « violences »…

Concernant les interventions institutionnelles, il est regrettable que les rôles de l’État, de sa soi-disant neutralité, ne soit pas questionnés. Sans remettre en cause les possibilités réelles d’interventions, impulsant, modifiant ou concrétisant les rapports de force, il y a là un biais qui sur-valorise l’étatique au détriment de l’auto-organisation des sujets dominé-e-s.

Karol O’Brien parle de la violence conjugale chez les lesbiennes et fait ressortir que « Ce système organise les rapports hétérosexuels et homosexuels, et il est constitutif de la violence dans les relations lesbiennes, tout comme il l’est dans les relations hétérosexuelles ». Le cadre conjugal comme rapport social ne saurait être dissous, comme par miracle, par les « orientations sexuelles ».

Il n’y a ni ordre ni violence « naturelle » dans les organisations sociales. Valérie Meunier souligne, entre autres, que « La violence est construite, apprise socialement et choisie individuellement » et parle de « la réappropriation de la responsabilité personnelle » et de « la remise en question des principaux déterminants sociaux qui influencent son maintien ».

Celia Rojas-Viger parle des violences conjugales en contexte migratoire, du nécessaire questionnement sur l’impact des nouvelles conditions socio-économiques, dont l’autonomie des femmes en terre d’immigration, des entraves aux processus d’adaptation et d’insertion, des brisures psychologiques, des chaînes de violences, du rôle de la parenté dans la contrainte des femmes, etc.

J’ai notamment apprécié l’article de Christelle Hamel sur les représentations racistes dans la dénonciation des viols collectifs, la médiatisation de certains viols et le silence, la banalisation ou la valorisation de pratiques dans les couches privilégiées (voir l’affaire DSK : Christine Delphy (coordination) : Un troussage de domestique, Éditions Syllepse 2011, Dans cette histoire, il y a une autre personne et c’est une femme). Minimisant ou occultant « l’existence d’un rapport inégal entre les sexes traversant la société française dans son ensemble », niant les réalités des viols, y compris des viols conjugaux, son « caractère transversal aux classes sociales et aux âges », certain-e-s développent une racialisation du sexisme.

L’auteure souligne à la fois « la croyance en l’égalité déjà là » et « la résistance générale au dévoilement de l’ampleur des violences masculines envers les femmes au sein de la société française dans son ensemble ». Les représentations sociales du viol ne correspondent pas aux réalités.

A partir d’une étude sur le discours de jeunes agresseurs et à propos des « filles sérieuses » et des « lopsa », l’auteure parle de la « dichotomie liée à la sociabilité masculine », du partage des femmes « via le visionnage de cassettes pornographiques », du partage des femmes comme un partage de joint, de stratégie préventive de défense face à la justice, de biologisation de la libido masculine… (Sur la sociabilité des hommes « privilégiés », voir La Barbe : Cinq ans d’activisme féministe, Editions iXe 2014, A l’ombre des vieux hommes vainqueurs).

« il s’avère surtout que c’est une conception hiérarchisée des rapports entre les sexes, associée à une forte sociabilité masculine et à la construction de la masculinité dans une relation de hiérarchisation des sexes, qui préside à ces viols ». Car faut-il le rappeler, la très grande majorité des viols sont commis par des hommes.

Le sexisme, le mépris des femmes, les viols sont bien les conséquences du « système social de hiérarchisation des sexes ». C’est bien là qu’il faut rechercher les explications, plus que dans la misère sociale ou économique ou la soit-disant culture d’origine des individus…

Il est important donc de faire des études sur ce continent immergé qu’est la socialisation masculine dans les différents groupes sociaux.

S’il ne faut « pas admettre que les droits des femmes servent les discours racistes et nationalistes », s’il faut « sortir de l’aveuglement devant le sexisme français », ce constat, ne donne cependant ni pistes pour assurer l’auto-défense des femmes, ni pour briser les sociabilités masculines sexistes, ni pour combattre les viols, ici et maintenant.

Les articles sur les violences à l’encontre des femmes au Maroc, la prostitution au Canada, les violences sexuelles en République Démocratique du Congo, sont autant d’illustrations de l’universalité des violences envers les femmes.

Particulièrement intéressants sont les articles de Naïma Bendriss sur « Les mariages forcés au Canada » et de Yolande Geadah sur « Les crimes d’honneur au Canada ». Si la première des auteures indique, entre autres, « Si la lutte contre les stéréotypes ethnicisants ne doit pas mener à l’occultation des violences sexistes qui existent au sein des groupes minoritaires, la dénonciation de ces violences ne doit pas non plus se faire au prix d’une agression identitaire », la seconde souligne que « c’est le relativisme cultuel et la négation de l’oppression des femmes liée à certaines pratiques culturelles qui contribuent à la stigmatisation des communautés, et non la dénonciation de telles pratiques pour autant qu’elles soient contextualisés », que la pratique des crimes dit d’honneur « ne repose pas sur des croyances religieuses, mais sur des traditions patriarcales ». Il convient donc d’éviter et le piège du racisme et celui du relativisme culturel.

Respect des Droits des femmes. Le chemin est encore long à parcourir…

Sommaire :

Hommage à Marie-Andrée Bertrand : « Il faut lever le voile…»

Maryse Jaspard : Préface

Katja Smedslund et David Risse : Introduction

1. Réorienter responsablement les réponses collectives aux violences faites aux femmes (VFF)

2. Violences envers les femmes : des violences sexistes et genrées (Luttes féministes contemporaines et définitions internationales des VFF ; Des violences polymorphes impliquant des responsabilités étatiques)

3. Responsabilité étatique de protection et de prévention des VFF

4. Sensibiliser politiquement à la responsabilisation économique?

5. Vers une responsabilisation collective par la valorisation des responsabilités individuelles juridique et morale

6. Approches théoriques et pratiques des chapitres (Théories et pratiques contre les violences faites aux femmes ; Interventions individuelles et collectives ; Violences sexuelles et violences contextuelles)

Partie 1 : Théories et pratiques contre les violences faites aux femmes (VFF)

Section 1.1 : Responsabilisation internationale et responsabilité collective à l’égard des violences faites aux femmes

Chapitre 1. Philippe Fournier : Une problématisation de la responsabilité dans les stratégies d’intervention internationales en matière de violences faites aux femmes (Responsabilité en philosophie ; Libéralisme, droits de l’homme et institutions internationales ; Féminisme, universalisme et violences faites aux « femmes du tiers-monde» ; Normes, genre et violence)

Chapitre 2. Joane Turgeon, Claudine Thibaudeau et Sylvie Daigneault : Revictimisation et victimisation secondaire. Conjuguer savoirs et expériences pour mieux comprendre les victimes et se responsabiliser collectivement (Revictimisation et victimisation secondaire ; Facteurs favorisant la victimisation secondaire)

Section 1.2 : Approches et traitements judiciaire, politique et policier des violences conjugales

Chapitre 3. Geneviève Pollender : La violence conjugale, c’est criminel. Origines et enjeux de la judiciarisation des actes de violence au sein du couple au Québec et ailleurs (Contexte historique ; Politiques gouvernementales au Québec et ailleurs ; Modèles d’intervention sociojudiciaire ; Littérature sur le sujet ; Enjeux ; Avantages ; Problèmes reliés ; .Difficultés rencontrées)

Chapitre 4. Isabelle Billette et Marc Cournoyer : La responsabilisation du Service de police de la Ville de Montréal à l’égard de la violence conjugale (Une réalité policière fréquemment rencontrée ; Une responsabilisation marquée par une longue histoire d’initiatives et de développements ; L’importance du maintien et du renforcement de la responsabilisation collective)

Chapitre 5. Christine Guillemaut : La responsabilisation de la collectivité territoriale parisienne comme réponse aux violences faites aux femmes (Contexte ; L’état des lieux à Paris ; Le contrat de sécurité ; .La stratégie, la méthode ; Les réalisations)

Partie 2 : Interventions individuelles et collectives

Section 2.1 : Outiller les femmes et les hommes responsables dans la prise en charge des violences conjugales et intrafamiliales

Chapitre 6. Karol O’Brien : La violence conjugale chez les lesbiennes Une réponse collective et québécoise (Que disent les statistiques ? ; Les cinq grands tabous en violence conjugale chez les lesbiennes nommés par le LARS ; Un défi de tous les jours ;.Réponse de la société ;.Une réponse collective et québécoise de la communauté lesbienne)

Chapitre 7. Valérie Meunier : Intervenir auprès des hommes ayant un problème de violence conjugale et familiale. Quelques enjeux de la responsabilisation (Contexte de mise sur pied des organismes qui interviennent auprès des hommes ayant des comportements violents au Québec ; Application de la notion de responsabilisation dans l’intervention ; Réflexion sur l’aspect social de la responsabilisation)

Section 2.2 : Réponses structurelles aux problématiques des femmes immigrantes, victimes de violences conjugales

Chapitre 8. Celia Rojas-Viger : Violences structurelle et conjugale en contexte migratoire. Polyphonie de discours « empêcheurs de tourner en rond » (Violence conjugale en contexte migratoire : une problématique complexe ; Émergence des discours du terrain comme méthodologie ; Polyphonie des discours « empêcheurs de tourner en rond » ; Réfléchir aux stratégies promotionnelles et préventives pour contrer la synergie entre les violences conjugale et structurelle)

Chapitre 9. Katja Smedslund : Responsabilités multiples face au traitement des violences conjugales envers les femmes immigrantes parrainées (Théories ; Méthodologie ; Résultats ; Discussion)

Section 2.3 : Interventions étatiques et collectives dans les violences faites aux femmes

Chapitre 10. Christelle Hamel : La diffusion de représentations racistes dans la dénonciation des viols collectifs en France ( Des viols médiatiques ; La dénonciation des violences sexistes : un enjeu de classe sociale, teinté de questions raciales au sein de la classe des hommes ; Aperçu statistique du viol en France ; Des représentations sociales du viol aux discours de jeunes agresseurs ; Les « filles sérieuses » et les « lopsa »: une dichotomie liée à la sociabilité masculine ; Retour sur les discours médiatiques et confrontation aux observations qualitatives ; Dix ans après les débats sur les viols collectifs : le racisme en France encore plus fort)

Chapitre 11. Ali Rame : Les violences à l’encontre des femmes au Maroc. Entre responsabilités et politiques publiques (Contexte général ; La réalité des violences contre les femmes au Maroc ; Responsabilités des violences à l’encontre des femmes ; Politiques de traitement des violences à l’égard des femmes)

Partie 3 : Violences sexuelles et violences contextuelles

Section 3.1 : Politique et violences sexuelles

Chapitre 12. Catherine Morency et Julie Miville-Dechêne : La violence faite aux femmes dans la prostitution au Canada. Enjeux et démystification d’un phénomène controversé (Les enjeux actuels de la prostitution ; La violence faite aux femmes : une réalité indissociable de la prostitution ; Des préjudices inhérents à la pratique prostitutionnelle)

Chapitre 13. Gaëlle Breton-Le Goff : Violences sexuelles en République démocratique du Congo. Responsabilités croisées (La société congolaise et le genre : responsabilité sociale et étatique ; La persistance de l’impunité : une responsabilité strictement étatique ; La persistance de la guerre et de ses effets : entre responsabilité étatique et responsabilité internationale ; La cacophonie internationale : une responsabilité collective)

Section 3.2 : Mariages forcés et crimes d’honneur

Chapitre 14. Naïma Bendriss : Les mariages forcés au Canada. Une question en émergence (Les contraintes ; Les résistances ; Les conflits ; Les conséquences ; Que faire ?)

Chapitre 15. Yolande Geadah : Les crimes d’honneur au Canada. Responsabilités individuelles et collectives (Qu’est-ce qu’un crime d’honneur ? ; Universalité des droits et relativisme culturel ; Responsabilités individuelles et collectives ; Quelques pistes d’action et stratégies à développer)

Section 3.3 : Mobilisations concrètes contre les violences genrées

Chapitre 16. David Risse : Des réponses responsables aux violences contre les femmes. Les recherches communautaires (Les violences faites aux femmes (VFF) : ni exceptions ni règles ; À qui la « science » sociologique appartient-elle et dans quelle mesure peut-elle contrer les VFF ? ; Les recherches communautaires, des outils contre les VFF  : leurs actions et leurs limites ; Des réponses responsables, éclairantes et rassembleuses face aux VFF ; Entre principes onusiens et actions féministes, les recherches communautaires en VFF)

Chapitre 17. Patrizia Romito, Michele Grassi, Lucia Beltramini and Marina Zweyer : Educating Medical Students on Violence against Women. A Quasi-Experiment in the Real World (The Context of the Experimental Intervention ; Aims of This Study ; Methods ; Results ; Discussion)

Chapitre 18. Carol Hagemann-White : Protecting Women and Children from Violence. Whose Responsibility, Whose Rights, Whose Decisions ? (From Feminist Activism to Collective Responsibility ; Interpreting the Duty of the State to Protect ; Alternative Models: Protection with a Focus on the Source of Danger ; Unresolved Issues and Future Perspectives)

David Risse et Katja Smedslund : Conclusion (Des principes d’orientation et d’action responsables contre les violences faites aux femmes ; Vers une autre éducation et plus de responsabilisation face à un problème de genre mondial ; Pour plus d’actions concrètes et de recommandations responsables)

Armelle Le Bras-Chopard : Postface : Violences contre les femmes et droits humains (Une responsabilisation croissante au niveau des instances internationales ; Une approche sexo-spécifique des droits humains ; Responsabilités individuelles et collectives à l’égard des violences envers les femmes : encore du chemin à parcourir)

En complément possible :

Nouvelles Questions Féministes : Violences contre les femmes, Coordination : Alice Debauche, Christelle Hamel, Vol 32, N°1 / 2013, Éditions Antipodes, 2013, Les violences sexuelles sont un problème politique

Violences masculines envers les femmes : entretien avec Christine Delphy et Patrizia Romito : Violences masculines envers les femmes : entretien avec Christine DELPHY et Patrizia ROMITO

Marylène Lieber : Genre, violences et espaces publics. La vulnérabilité des femmes en question, SciencesPo. Les Presses 2008, Rappels à l’ordre sexué

Patrizia Romito : Un silence de mortes, Éditions Syllepse 2006, Un silence de mortes

Collectif national pour les droits des femmes :Contre les violences faites aux femmes –Une loi cadre !, Editions Syllepse 2006,

Julie Trinquart : La décorporalisation dans la pratique prostitutionnelle : un obstacle aux soins, Thèse de Doctorat d’État de Médecine Général, La violence de base d’un acte sexuel non désiré

Dr Muriel Salmona : Le livre noir des violences sexuelles, Éditions Dunot 2013, La liberté ne s’épanouit que dans des espaces où les droits de toutes et tous sont garantis et sont universels

Sous la direction de Katja Smedslund et David Risse : Responsabilités et violences envers les femmes

Presses de l’Université du Québec, Québec 2014, 354 pages

Didier Epsztajn

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Une réponse à “La violence envers les femmes ne constitue pas un problème individuel

  1. Lichtensztejn Combase

    Ouvrage fondamental sans aucun doute. Le pb est loin d’être réglé

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