Je frappe contre le souvenir, entre l’espoir et le rire désespéré de nos joies

laboiteauxlettresducimetiere-l-572095Une porte et une table, « La porte, en quittant son travail de porte, avait modifié le vacarme des espérances de ceux qui étaient assis et qui se reconnaissaient à coup de blasphèmes et de mélancolies »

De petits textes et toujours des colorations chantantes, des espoirs et des poings levés. Une poésie de la mémoire et de l’action. Des phrases envoutantes, des mots du sud… Errance dans l’univers de Serge Pey.

Un drap et la pisse, un cimetière et le courrier de l’espérance, « Cette espérance dont il nous parle et qui fait exploser le présent comme une fête, viendra plus tard », une hirondelle, « Nous écrivons au nom d’un mort, à des vivants qui sont morts et qui veulent devenir vivants », monsieur le président, « Nous portons des noms que vous ne connaissez pas ! » et « Nous vous écrivons debout sur une tombe », le manchot, défaire un noeud, des crachats et une coquille…

Des dents, la solitude, les chiottes, l’univers magique et nécessaire de cette bibliothèque en double, « Les livres regardaient ceux qui passaient. Leurs regards traversaient le dos et les épaules. A l’intérieur, il y avait des centaines de bouches qui attendaient d’autres bouches pour se mettre à parler », la bibliothèque hommage à l’idée même de bibliothèque, le reflet du miroir, un caramel blanc, la lune et le fou, le goéland en cerf volant comme banalité du mal, des épingles, des pommes, des lettres, la poésie en classe, « La poésie est l’irruption, dans le présent, de tout ce qui a été absent »…

Des cheveux et une poupée, Mars et Angèle, le cirque et l’artiste lanceur, « il fallait parfois peser la balance et se méfier des résultats, car ils peuvent dire n’importe quoi et qu’une balance, dans le fond, est toujours truquée, car elle ne sait pas peser l’espérance », des étoiles, le poisson et la cascade, « je vais faire cuire Karl Marx », les chants…

Retour de la porte, « Les portes nous abandonnent quand on ne sait plus entrer dans leur maison. Les portes nous aiment quand on ne les ferme pas »…

« Les photos sont des fantômes qui lavent leurs visages ».

Un univers poétique bigarré, libérateur, politiquement engagé et tendu, au de la mémoire, vers l’émancipation. Malice, mélancolie, ironie, mots et pensées. Une littérature du plaisir. « La poésie défait les nœuds de la pensées »

Du même auteur : Le Trésor de la guerre d’Espagne, Zulma 2012,

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/08/22/une-legende-cest-le-chemin-des-infinis-du-possible/

Serge Pey : La boîte à lettres du cimetière

Zulma, Paris 2014, 203 pages, 17 euros

Didier Epsztajn

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Une réponse à “Je frappe contre le souvenir, entre l’espoir et le rire désespéré de nos joies

  1. C’est un livre formidable. Il faut absolument le lire.

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