Musique contemporaine ? Jazz ?

250x250_5453830680011-coverLes interrogations se multiplient sur la dénomination de la musique actuelle. La référence au jazz ne suffit plus. La pulsation est souvent toujours présente mais le « swing », autrefois l’élément essentiel très subjectif qui permettait de qualifier jazz les musiques entendues, n’est pas toujours présent. La mémoire fait toujours partie de la panoplie des musicien(ne)s qui se réclament du jazz. Les traces du passé sont étudiées. Les « standards » ont encore leur place même transformés comme les influences des génies de cette musique sans nom, de cette « Great Black Music » comme on dit de nouveau aujourd’hui.

Ces interrogations sont renouvelées à l’écoute de cet album qui réunit Jozef Dumoulin, Fender Rhodes, claviers et « The Red Hill Orchestra » qui réunit le saxophoniste ténor new-yorkais Ellery Eskelin, le batteur – le terme s’applique difficilement à son travail, travail de déconstruction – Dan Weiss. La musique est celle voulue, composée par Josez Dumoulin inventeur d’un instrument original fait de mélange Fender Rhodes et ordinateurs. Un son qui est bien dans notre temps, un temps d’incertitude où tout est en train de basculer. Peut-il s’agir d’une musique de transition ?

Dumoulin installe des climats un peu planants à l’image des musiques électroniques d’aujourd’hui sans tomber dans la répétition et en faisant preuve d’un goût original. L’influence est à rechercher dans les musicien(ne)s de l’Europe du Nord. Eskelin et Weiss, les pieds enracinés dans la glaise, dans la terre de ces Etats-Unis encore capables de débordements racistes, s’envolent lourdement lestés de cette mémoire du jazz qui leur donne des ailes énormes, celle de la musique du 20e siècle. Coltrane reste vivant comme Albert Ayler, le free jazz sans les déchaînements des deux maîtres. Une sorte de free jazz tranquille qui ne se refuse aucune influence. La musique est ouverte, informelle. Elle flirte souvent avec l’atonalité.

Qu’est-ce que le jazz ? Cet album apporte un élément de réponse à cette question. On peut juste regretter l’absence de débordements, la volonté de franchir des limites. Assez curieusement cette musique est celle de notre temps et si elle était diffusée comme elle le mérite trouverait un public jeune en quête de nouveaux territoires.

Jazz ou pas jazz est-ce vraiment la question ? Le titre même de l’album nous incite à chercher, « Trust », la confiance est ce qui manque pourtant le plus…

Jozef Dumoulin & The Red Hill Orchestra : Trust, Yolk Music distribué par L’Autre Distribution.

Nicolas Béniès

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