Françoise Armengaud : Requiem pour les bêtes meurtries

Les textes ici rassemblés composent un florilège de poésie animalière. Toutefois, l’accent n’est pas mis sur la contemplation et la célébration de la beauté animale. Car, s’ils savent s’émerveiller devant les animaux, les poètes savent également prononcer des réquisitoires et dénoncer la barbarie humaine à leur égard. D’une seule voix, ils disent alors : « J’accuse ! ». Ce recueil illustre donc l’engagement des poètes pour les animaux et il examine les implications de cette attitude. Tous les poètes cités se rejoignent dans la proclamation (dont l’auteure élargit la portée) de Federico Garcia Lorca : « Le sang, je ne veux pas le voir ! ». Ils refusent que soit versé ce que Georges Franju a nommé « le sang des bêtes », ni dans les abattoirs ni au cours des chasses ni dans les laboratoires. Si c’est la protestation d’un poète qui inaugure la première page avec toute la beauté et l’insolite de ses images et la fièvre de ses rythmes, c’est que grand est le pouvoir de la poésie. Après avoir mené une réflexion philosophique et anthropologique sur les relations des humains aux animaux, c’est vers les poètes que Françoise Armengaud s’est tournée. Ce sont en effet les poètes qui composent ce « Requiem » pour les animaux meurtris, blessés ou tués. De fait, ce qui est proposé là, analysé et commenté, est une philosophie en poèmes. Son allure d’anthologie la recommande pour toute pédagogie associée à la question des droits des animaux ainsi qu’aux perspectives environnementales contemporaines.

Les thèmes abordés sont répartis selon six rubriques. 1 : « Le sang versé », que ce soit dans la corrida ou lors d’autres tortures. 2 : Les animaux condamnés à disparaître par suite de « la dévastation des territoires ». 3 : Les « tueries par la chasse ». 4 : La « cruauté horrifiante et le sadisme ». 5 : La « boucherie », élevage et abattage.  Enfin, dans le chapitre 6, le végétarisme apparaît à la fois comme remède partiel, comme exigence, et comme horizon salvateur.

Quant au choix des poèmes, il est éclectique dans le temps, allant de l’Antiquité grecque aux contemporains, et il fait place à la diversité des langues avec nombre de traductions. Sont mentionnés : Aristophane, Elizabeth Bishop, Marie-Christine Brière, Francis Cabrel, Dominique Cagnard, Aimé Césaire, Clem’, Emily Dickinson, Empédocle, Serge Essenine, Eugène Guillevic, Ted Hughes, Victor Hugo, Philippe Jaccottet, Francis Jammes, Alphonse de Lamartine, Leconte de Lisle, Federico Garcia Lorca, Lucrèce, Aron Lutski, Eeva-Liisa Manner, Guy de Maupassant, Ovide, Pier Paolo Pasolini, Jacques Prévert, Renaud, Jacques Rimant, Pierre de Ronsard, William Shakespeare, P. B. Shelley, Isaac Bashevis Singer, Gary Snyder, Jacob Steinberg, Jules Supervielle, The Smiths, André Verdet, Benjamin Zephania.

Note de lecture : ce-qui-ne-devrait-pas-etre-pas-exister-neanmoins-est-existe/

Couverture-Requiem

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