De la dénomination des viols… Encore et toujours…

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Le journal « Libération », suite à une sordide affaire de viol a écrit, je cite « […] la jeune femme tout au long de la relation sexuelle […] » pour qualifier les actes commis sur la victime.

Alors il va falloir cesser fissa de nier par une terminologie totalement inappropriée et qui dénie le caractère violent de tels actes, la gravité d’un tel crime.

Petit rappel :

Dans le droit français, le viol est une agression sexuelle impliquant, selon l’article 222-23 du Code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ».

La mention de « relation » n’existe pas.

Une relation est constituée d’un échange entre deux (ou plus) individus.

Un viol est un acte de pouvoir non consenti d’un (ou plusieurs) individus sur des victimes.

D’autant que les auteurs des faits ont été très rapidement placés en garde à vue pour viol AGGRAVÉ.

Je ne supporte plus que l’on minimise par l’emploi d’un vocabulaire inadéquat un crime très violent où les enjeux sont ceux du pouvoir, de la domination et de l’humiliation de la victime par l’accomplissement d’actes sexuels forcés.

Violer n’est pas lié à une pulsion sexuelle mais à celle du pouvoir qu’un individu exerce sur un.e autre.

Je renvoie au film « Irréversible » (enfin attention, film difficile à regarder) : la victime, afin que cela « se termine le plus vite possible », ne se débat pas. Or, le violeur, non satisfait dans son désir, la frappe pour la défigurer et lui faire mal, le plus possible. À base de coups portés au visage et sur le corps, notamment à l’aide de ses pieds.

Où est la pulsion sexuelle là-dedans ? Nulle part. La violence, la haine de l’autre et de soi-même, oui. Le sexe non.

Un viol n’est pas une relation sexuelle. JAMAIS.

C’est aussi à cause de ces abus de langage que de nombreuses victimes se dénient le droit de faire respecter la législation, notamment par un dépôt de plainte en bonne et due forme. Car un viol sous-estimé par le langage le sera dans l’esprit de tout un chacun et notamment par la personne concernée en premier lieu. Nous ne pouvons plus permettre que les violé.e.s se taisent.

La loi existe, toute personne abusée doit faire respecter ses droits.  

*

Texte : Marie Gloris Bardiaux-Vaïente

Dessin : James

http://mgbvfeminisme.tumblr.com

https://www.facebook.com/notesdintentionsfeministes

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Une réponse à “De la dénomination des viols… Encore et toujours…

  1. Cette phrase n’apparaît malheureusement pas que dans libé, elle est reprise dans toutes les média…

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