The spaghettis de Legz One, mur Karcher, Paris 20ème arrondissement

Le square Karcher est situé dans le 20ème arrondissement ; il est adossé au relief tourmenté du Père Lachaise et une de ses entrées est située au 165 de la rue des Pyrénées. Le mur donnant sur la rue des Pyrénées est depuis juin 2011 un spot réputé du street art à Paris. La mairie du 20ème arrondissement a confié la programmation et la gestion du mur à une association qui promeut les arts urbains : Art Azoï. Sur son site Internet, la mairie écrit : « La mairie du 20e s’engage et soutient de nombreux projets autour de la valorisation des graff et de toutes les formes d’arts urbains ». Tous les deux mois environ, des artistes se voient confier la responsabilité de réaliser une fresque.

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Mois de juin 2015, Legz One, a peint une fresque sur l’ensemble de la surface du mur. Difficile à saisir à cause de sa longueur, la fresque est organisée autour d’un espace central. Il se distingue par une zone plus sombre composée de « spaghettis » noirs sur fond marron foncé. De part et d’autre, des spaghettis (puisque c’est de cette manière que l’artiste désigne les formes qu’il peint) s’entremêlent. Leurs couleurs rompent avec la zone centrale : ils sont bleu ciel, bleu outremer, noirs, orangés, jaunes. La succession des adjectifs rend compte de l’intention artistique : les spaghettis foncés, croisent des spaghettis aux couleurs vives et franches. Il serait vain de suivre un spaghetti : l’artiste imbrique, superpose, croise ses « spaghettis » qui forment curieusement un ensemble structuré. Structuré comme l’est un tricot dont les mailles renvoient l’image d’un point. Curieux ce sentiment que les « fils » composent une œuvre organisée ayant une forte cohérence plastique.

 

Le mur est habillé de ces « spaghettis ». A part le centre de la fresque, les autres régions ont le même statut. Je veux dire par là, que tous les espaces se valent quoique différents. Tous sont « traités » avec beaucoup de soin : les spaghettis sont peints à la bombe aérosol mais les contours sont nets. Les spaghettis sont certes inextricablement mélangés mais chaque « spaghetti » est peint très précisément. De l’ordre dans un apparent désordre et c’est cela qui est intéressant. De plus, l’observation des œuvres de cet artiste illustre son souci d’apporter un « ordre fait de désordres » dans des lieux qui ne sont pas caractérisés par leur organisation spatiale.

 

La fresque est décorative en ce sens que le « maillage » habille tout le mur de figures aux teintes contrastées. Elle retient mon intérêt pour deux raisons : la première raison est que l’artiste ne peint que des « spaghettis » qui deviennent par leur répétition sa marque et son « blaze » ; la seconde est la reconstruction par nos sens d’ordres complexes en partant du désordre savamment agencé.

Richard Tassart

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