Nosbé, rue Noguères, avril 2015, Paris XIXème arrondissement

La fresque de Nosbé se présente comme un rectangle de forme allongée. Longue d’environ cinq mètres et haute de presque deux mètres, des formes qu’il est malaisé d’identifier au premier regard, se détachent du fond grâce à un orangé très vif. Il s’oppose aux teintes et aux couleurs de la fresque proprement dite qui sont des noirs denses et des gris. L’orangé détoure le sujet principal qui recouvre d’autres fresques et des graffs.

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Le sujet ne se laisse pas résumer à un mot. On voit des yeux, grand-ouverts et mi-clos, une tête singulière, chauve, aux traits peu marqués, des « tuyaux » peut-être, un « cerveau » certainement, une soucoupe volante version années 50, des « boyaux », des « veines » etc. Les formes semblent reliées entre elles pour constituer un réseau. Les diverses « objets » représentés évoquent des organes combinés à des éléments mécaniques. Un ensemble, en fait, organisé, mêlant le vivant et le métallique. Les sujets ont tous le même statut du point de vue graphique : leur dessin sont semblables (mais différents), les couleurs sont les mêmes.

La signature de l’artiste est traitée de la même manière : même code graphique, mêmes couleurs. Elle est intégrée à la fresque.

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Si d’autres fresques de Nosbé renvoient explicitement aux tatouages polynésiens, l’influence de cet art, dans cette fresque, est moins sensible. Le plus souvent, les fresques, les tableaux, les dessins de cet artiste singulier donnent  à voir un univers très personnel, original, à la forte identité plastique. Une œuvre de Nosbé pour un amateur de street art se reconnait au premier coup d’œil, seuls changent les palettes et les formes. Elles sont homogènes et cohérentes, toujours « fermées », formant système. Le plus souvent, elles intègrent trois ordres, l’organique, le végétal, le technologique.

Nommer la fresque, c’est déjà proposer une interprétation, une lecture imposée. Ici, le spectateur y projettera ses peurs, ses angoisses ; d’aucuns y verront l’essai de représentation de l’horreur. D’autres y associeront des images prophétiques de corps intégrant des pièces détachées mécaniques, électroniques, des systèmes informatiques.

 Nosbé se démarque radicalement du courant « main stream » du street art fondé sur la représentation. Il nous fournit un formidable tremplin à l’imaginaire.

Richard Tassart

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