En Turquie, ouvrières de combat contre patron voyou

Entamée en juin 2015, la lutte continue dans l’usine de céramique de piscine SeraPool, située dans une zone industrielle en périphérie d’Istanbul. En novembre juillet 2015, une délégation de l’Union Syndicale Solidaires est allée rencontrer les ouvrier-e-s en lutte de cette usine turque. Ils ont recueilli les récits des conditions de travail, des cadences infernales, de la répression patronale policière, mais aussi des histoires de solidarité, de détermination et de dignité retrouvée dans la lutte. Il s’agit d’une grève peu médiatisée et assez isolée qui bénéficie tout de même de soutiens à la fois syndicaux, politiques (soutien du HDP et d’autres partis de gauche) et des groupes féministes. Elle est représentative des multiples grèves pour licenciement pour fait de syndicalisation en Turquie, qui s’étalent dans le temps et se transforment en lutte sur le terrain juridique. Beaucoup de ces grèves sont gagnées au long cours dans les tribunaux, mais l’application des décisions de justice n’est jamais assurée, le patron refusant la plupart du temps d’obtempérer. La grève à SeraPool a toutefois ceci de particulier qu’il s’agit d’une grève menée presque exclusivement par des femmes, et portée par une déléguée syndicale femme choisie par ses collègues de travail.

Les ouvrier-e-s de SeraPool sont en lutte depuis maintenant près de 200 jours. Le mouvement a démarré début juin, lorsque près de 200 ouvrier-e-s, dont 80 % de femmes, ont décidé de se syndiquer pour exiger des augmentations de salaires et une amélioration des conditions de travail. 135 ouvrier-e-s syndiqué-e-s et licencié-e-s sont toujours en lutte ; plus d’une centaine d’entre eux mènent une bataille juridique pour obtenir leur réintégration. Les autres ont retrouvé du travail ailleurs.

Des syndicats sous surveillance

En Turquie, pour qu’un syndicat soit considéré comme représentatif et puisse négocier et signer des conventions collectives dans une branche, il doit dépasser deux barrages : il doit d’abord dépasser les 1 % de syndiqué-e-s dans la branche au niveau national ; il doit ensuite représenter plus de 51 % des ouvrier-e-s sur le lieu de travail.

Les confédérations les plus combatives sont le KESK pour le public et le DISK pour le privé. C’est dans ces deux syndicats que se regroupent les syndicats et syndicalistes progressistes. Elles soutiennent très souvent les mouvements sociaux par l’appel à des journées de grève générale. Le KESK comme le DISK ont soutenu et participé activement au mouvement social de Gezi du printemps 2013. On peut noter l’existence de chambres professionnelles qui participent au mouvement social et tout particulièrement l’Union des Chambres de métiers des Ingénieurs et des Architectes turcs (TMMOB) et l’Union des Médecins Turcs (TTB). Ces deux chambres sont des soutiens au mouvement et effectuent un travail qu’on peut qualifier de syndical.

Les adhésions à un syndicat se font par internet : sur le site du Ministère du Travail, grâce au numéro national d’identité, chaque citoyen peut adhérer via son portail personnel. Le ministère est donc immédiatement au courant de qui est syndiqué où, et dans quel syndicat.

Or, le syndicat Keramik-Is, dans lequel les ouvrier-e-s de SeraPool ont voulu se syndiquer, ne dépasse pas la barre des 1 % au niveau national.

Un travail de plus en plus pénible, mais de moins en moins de travailleurs/euses

Avant la grève, les tâches qui auparavant étaient effectuées par cinq personnes ont progressivement dû être faites par deux personnes. Travaillant dans la poussière, du fait des matériaux utilisés (sables, etc.), les ouvrières doivent soulever seules des caisses remplies de céramiques qui pèsent près de 40 kg. Pour se décharger de toutes responsabilités en termes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, la direction leur a fait signer un document disant qu’elles doivent les soulever à deux, mais cela est impossible dans la pratique car il n’y a pas assez d’ouvrier-e-s pour accomplir les tâches prescrites. Ces conditions de travail dangereuses entraînent des maladies, maux de dos, sciatiques et accidents du travail.

Par ailleurs, à cause des conditions de travail éprouvantes, la plupart des femmes travaillant dans l’usine ont déjà fait des fausses couches ou ont accouché prématurément. La direction de l’usine fait tout pour empêcher la qualification de ces maladies ou accidents en maladies professionnelles et accidents du travail. Lorsqu’il y a un accident du travail (main, doigt coupés) le patron fait tout pour envoyer les ouvrier-e-s blessé-e-s dans un hôpital privé pour les empêcher de faire établir un rapport reconnaissant qu’il s’agit d’un accident du travail1. Les ouvrier-e-s nous racontent ainsi le cas d’un ouvrier qui a réussi à obtenir un rapport reconnaissant l’accident du travail (doigts coupés), et qui, à son retour au travail, a été muté à un poste plus pénible encore, avec des tâches et des cadences qu’il lui était impossible de tenir du fait des suites de son accident. La direction l’a finalement licencié pour faible performance afin d’empêcher son indemnisation pour accident du travail. Il a quand même fini par gagner le procès intenté contre le patron et par être indemnisé… mais cinq ans plus tard. Il s’agit donc d’une guerre d’usure. Il y a visiblement beaucoup d’accidents du travail dans cette usine, et la plupart des ouvrier-e-s qui sont blessé-e-s suite à un accident du travail sont poussé-e-s à la démission.

Des salaires de misère, des profits confortables

Le salaire avec ancienneté d’une ouvrière travaillant depuis de nombreuses années dans l’usine est à peine supérieur au salaire minimum en vigueur en Turquie (1050 lira, soit environ 350 euros). Avant la grève, les ouvrier-e-s étaient régulièrement forcé-e-s à faire des heures supplémentaires non payées et considérées comme « rattrapables » en jours de congé mais ensuite utilisées comme moyen de chantage par le patron : « Si tu fais ça, je vais effacer les heures que je te dois. » Des coupes régulières étaient faites dans les salaires, et des retenues sur salaire étaient faites même en cas d’absence justifiée. Par exemple pour un jour d’absence justifiée (maladies, décès de proches), deux à quatre jours de salaire étaient retirés. L’attribution des jours de congés se fait dans le cadre d’un fonctionnement paternaliste et du pouvoir discrétionnaire du patron puisque c’est lui qui décide du moment où les ouvrier-e-s prennent leurs congés annuels, et il n’hésite pas à les rappeler en plein congé pour travailler en les menaçant de licenciement en cas de refus.

Or, SeraPool n’est pas exactement une entreprise en crise de rentabilité. Selon le site internet de l’entreprise, l’entreprise exporterait ses produits dans 70 pays du monde ; près de 37 % de sa production est écoulée en Europe, 23 % dans les pays du Golfe, et 30 % en Asie centrale. Les produits de céramiques sont également exportés sous une autre marque, Serabella, présente notamment dans les salons en France (Lyon en 2014) et en Italie.

Le prix du m² de céramique est vendu à 1 000 lira, ce qui correspond à un mois de salaire, et une palette à un mois de salaire pour l’ensemble des ouvrier-e-s de l’usine. Les ouvrier-e-s estiment que des dizaines de palettes sortent de l’usine chaque jour, ce qui donne une idée de l’ampleur des bénéfices engrangés. Les ouvrier-e-s estiment à 10 millions d’euros les bénéfices engrangés par l’entreprise. Alors que les salaires n’ont pas été augmentés depuis plus de 5 ans.

Brimades, humiliations, arbitraire… et début de la grève

En plus des conditions de travail pénibles et des salaires de misère, les ouvrier-e-s sont victimes d’humiliations, de brimades et du paternalisme du patron. Lors de notre visite, les ouvrier-e-s nous racontent par exemple que pendant le mois du ramadan, la cantine de l’usine ne fabrique pas de repas. Par ailleurs, la porte est fermée à clé et les ouvrier-e-s n’ont pas le droit de s’arrêter pour manger. A cause de cela les ouvrier-e-s qui ne faisaient pas le jeûne étaient obligé-e-s de manger en cachette dans les toilettes des sandwichs qu’elles apportaient elles-mêmes. La direction avait aussi un petit rituel qui consistait à donner des baklavas à quelques ouvrier-e-s choisi-e-s pour leur « bonnes performances ». Ces baklavas étaient mis dans la cuisine et n’étaient accessibles qu’aux ouvrier-e-s ayant « gagné le droit d’en manger ». Mais non seulement les « heureux/ses élu-e-s » n’avaient droit qu’à deux pièces de ces fameux baklavas, mais en plus, selon la légende, ces baklavas étaient en fait périmés. Enfin, le patron n’avait de cesse de répéter aux ouvrier-e-s que les lois de l’usine sont au-dessus des lois du pays.

Pour toutes ces raisons, les ouvrier-e-s de SeraPool se mettent en lutte au début du mois de juin 2015 et décident de se syndiquer. Avant de se syndiquer les ouvrier-e-s avaient tenté plusieurs fois d’exprimer leurs revendications mais les contestataires étaient systématiquement licencié-e-s et il n’y avait pas de soutien de la part des autres ouvrier-e-s. Les ouvrier-e-s avaient aussi tenté plusieurs fois de porter collectivement leurs revendications au patron par le biais d’une campagne de pétition organisée sur le lieu de travail. Ainsi un comité de 15 ouvrier-e-s avait récolté des signatures, des revendications, mais la direction a toujours refusé de les recevoir. Un jour, quelques ouvrier-e-s s’invitent dans le bureau de la direction pour soumettre leurs revendications, mais le patron les chasse et les insulte sans les écouter. Suite à cette mise ne demeure, les ouvrier-e-s de SeraPool décident alors de se syndiquer. Après en avoir discuté collectivement, ils font appel au syndicat Cam Keramik-Is, relié à DISK. Le patron, apprenant que les ouvrier-e-s sont en train de se syndiquer, menace une des ouvrier-e-s qu’il considère comme une « meneuse » d’enlever son enfant en bas âge (« Tu pourrais ne pas le revoir un jour à la sortie de l’école »). Puis il la licencie. Cette fois-ci, tou-te-s les ouvrier-e-s décident d’être solidaires de leur camarade et de toute autre personne qui pourrait être licenciée pour fait de syndicalisation.

Un jour que les ouvrier-e-s sont réunies entre elles entre deux roulements pour discuter, le patron, qui a appris qu’elles s’étaient syndiquées, débarque et essaie de les diviser. Il leur demande : « Qui est syndiquée ? Que celles qui sont syndiquées se mettent d’un côté et les autres, de l’autre. » Mais la tentative de division échoue : toutes, y compris celles et ceux qui n’étaient pas encore syndiqué-e-s à ce moment-là, se mettent du côté des syndiqué-e-s. Le patron demande alors à voir le ou la représentant-e. Une femme s’avance alors qu’elle n’avait pas été encore désignée comme déléguée et dit « C’est moi. » Le patron lui répond : « Ce que vous faites est très dangereux, c’est illégal. » Ce à quoi l’ouvrière rétorque : «Je ne vois pas en quoi exercer un droit reconnu par la Constitution de ce pays, le droit de se syndiquer, est illégal. Nous ne faisons qu’utiliser notre droit de nous syndiquer. »

D’après le récit des ouvrier-e-s, à ce moment-là, le patron voit rouge et devient fou : il fait arrêter la chaîne de production, les machines, renvoie tou-te-s les ouvrier-e-s chez eux/elles, leur annonce leur licenciement et s’en va. Le lock-out durera 4 jours, suite à quoi la production reprendra avec des effectifs réduits. 114 ouvrier-e-s sont licencié-e-s sans indemnités.

Suite au lock-out, les ouvrier-e-s entrent en résistance pour leur réintégration, l’amélioration des conditions de travail et des salaires. Cela prend d’abord la forme d’une tente-piquet de grève dans la cour de l’usine, où les ouvrier-e-s se réunissent pour que leur lutte reste visible. Le patron a refusé de reconnaître le syndicat et de négocier, essayant de faire jouer la division en acceptant tantôt de ne négocier qu’avec les ouvrier-e-s mais sans le syndicat et tantôt avec le syndicat mais sans les délégué-e-s des ouvrier-e-s de l’usine. Dans les deux cas, le syndicat et les ouvrier-e-s ont refusé. En parallèle, le patron intente un procès contre 8 ouvrier-e-s (qu’il considère comme les « meneuses et meneurs ») pour « grève illégale, arrêt de travail illégal et préjudices à l’entreprise ».

Le 30 juin 2015, alors que les ouvrier-e-s ont cessé la production et continuent leur résistance depuis 20 jours, le patron fait appel aux forces de l’ordre pour venir les menacer de les déloger par la force. Pour des ouvrier-e-s globalement nationalistes, conservatrices, chauvines et anti-kurdes, cette intervention de la police constitue un choc en même temps qu’une prise de conscience : cette police pour laquelle ils et elles ont tant de respect sert aussi à réprimer les ouvrier-e-s. Ils comprennent également les lois antiterroristes peuvent leur être appliquées à eux aussi, ouvrier-e-s en lutte. En effet, le patron et le préfet se sont appuyés sur une loi connexe à la loi antiterroriste qui contient une disposition donnant aux collectivités territoriales et locales le pouvoir d’envoyer les CRS sans décision de justice. Quand les ouvrier-e-s ont appris cela, leur réaction a été la perplexité : « Sommes-nous nous aussi des terroristes ? »

« On croirait qu’ils sont venus pour faire la guerre »

Les ouvrières, confrontées à la police pour la première fois de leur vie, essayent de comprendre cette attaque. Elles nous racontent avec émoi comment les CRS avec dans les mains leurs « énormes » armes les ont encerclées, les canons à eau (TOMA) qui ont roulés vers elles, et les policiers en civil qui leur ont crié dessus. « Je n’avais jamais vu autant de policiers de ma vie, se rappelle l’une des ouvrières. « Il y avait dix policiers pour un-e ouvrier-e. On aurait dit qu’ils étaient venus pour faire la guerre. Sommes-nous des ennemi-e-s ? Des voleuses, des personnes maléfiques ? Alors que ce sont eux qui nous volent nos droits ! Ils ne font que de parler de la loi, la loi, mais moi je ne connais pas de loi comme ça. Ce sont toujours ceux qui ont de l’argent qui ont raison ! »

Les femmes disent que cette attaque a été orchestrée pour leur faire peur, pour les décourager, et pour briser la lutte. Elles pensent que le patron a « acheté » la police. Mais bien loin de les décourager, cette charge de la police n’a fait que renforcer la détermination des ouvrier-e-s.

L’une d’elles, Zöhre Güngör, raconte en ces termes ce qu’elle a vécu : « Lorsque la police est arrivée, comme je suis asthmatique je suis allée me réfugier dans une voiture derrière l’usine. Mais ensuite j’ai vu qu’ils ne lançaient pas de gaz ni rien, et je suis ressortie. Mes collègues restaient en face de la police, en les voyant je me suis demandée si moi aussi je pourrais le faire ? Mais je n’ai pas pu rester bien sur…Le patron a dû penser « je vais leur faire peur, elles s’enfuiront ». Mais que s’est-il passé ? [Elle noue ses deux mains] Les nôtres se sont mises comme ça, en chaîne. Ils nous ont jetées de l’autre côté de la porte en fer, mais regardez, nous sommes encore là. On n’est pas du genre à partir et à abandonner nos droits. »

« Ils n’avaient pas tort ! »

L’attaque de la police a également fait évoluer les idées de certaines ouvrières. Şenay Çalkaya, qui travaille depuis 23 ans dans l’usine, explique ainsi : « Lorsque je les voyais à la télévision je me fâchais contre les gens qui se comportaient mal envers la police. Mais maintenant je vois qu’ils n’avaient pas tort. Que personne ne s’offense mais les policiers n’ont pas qu’à se vendre, ni se soumettre au patron ! ».

Çalkaya explique aussi qu’il y a deux ans elle était très en colère contre les événements de Gezi, et qu’elle avait interdit à son fils de parler avec ses amis qui avaient participé à Gezi. « C’est moi qui répondais au téléphone de mon enfant et je disais à ses amis  »Toi tu t’es mêlé des événements de Gezi, tu n’as pas le droit d’être ami avec mon fils » Combien de fois je me suis fâchée, j’ai crié, raconte-t-elle. Mais maintenant quand j’y repense, je me dis que j’étais stupide ».

Les ouvrier-e-s ont repoussé l’attaque des CRS et continuent leur lutte. Devant la porte extérieure de l’usine en tenant à tour de rôle des permanences au piquet de grève devant l’usine, et sur le front juridique, pour leur réintégration.

Il y a eu deux processus juridiques en cours, l’un intenté par le patron pour fait de grève illégale. Le premier, intenté par le patron pour fait de grève illégale, s’est conclu par un jugement rendu le 24 décembre 2015 en faveur des ouvrier-e-s : leur grève est reconnue comme légitime par les prud’hommes. La grève de fait est reconnue comme un droit des ouvrier-e-s. Cette décision est considérée comme une victoire pour toute la classe ouvrière dans le sens où elle reconnaît la légitimité du droit de faire grève même en dehors des cadres légaux prévus à cet effet. L’autre processus juridique en cours est le procès pour la réintégration et pour licenciement abusif pour fait de grève intenté par les ouvrier-e-s contre l’usine.

Le 13 janvier dernier devait avoir lieu l’audience du procès pour la réintégration des ouvrier-e-s licencié-e-s pour fait de grève. Mais l’audience a été reportée et le patron attend toujours la décision.

« On ne savait pas ce que c’était que faire grève »

Les ouvrier-e-s racontent qu’ils et elles ont beaucoup appris et beaucoup changé au cours de la lutte. Güngör raconte que son mari est retraité des télécoms et que lorsqu’il était salarié il avait fait grève une fois : « Il était membre du syndicat Haber-İş. Ils nous racontait la grève mais on ne comprenait pas de quoi il s’agissait, on se demandait à quoi ça ressemblait. On était ignorantes. Mais maintenant j’ai appris plein de choses. S’il y avait une grève quelque part j’irai avec plaisir pour la soutenir. »

Une ouvrière exprime le fait que c’est ici qu’elle a appris ce que c’était que d’être uni-e-s et de lutter ensemble pour leurs droits. D’après ce qu’elle raconte il y a parmi elles des ouvrier-e-s qui sont dans une situation très difficile. Mais personne ne s’en va, car partir signifierait trahir cette unité. C’est pour cela qu’elles sont très en colère contre les 20 ouvrier-e-s qui ne se sont pas joint-e-s à la lutte et qui continuent à travailler dans l’usine. Elles voudraient que ces ouvrier-e-s aussi se joignent à cette lutte pour leurs droits.

Outre la transformation, la conscientisation des ouvrier-e-s en lutte, les salariés encore en poste dans l’usine ou les nouveaux recrutés font savoir à leurs collègues en lutte que leur résistance a d’ores et déjà permis des améliorations dans les conditions de travail et des salaires. Par exemple, les nouveaux recrutés le sont à des salaires supérieurs à ceux d’avant ; de nouvelles portes ont été placés aux toilettes ; il y a désormais du papier toilette dans les WC ; alors qu’avant il n’y avait souvent pas d’eau pour se laver les mains, maintenant il y a de l’eau en permanence ; un dispositif de sécurité incendie a été installé, alors qu’avant la lutte il n’y en avait aucun. « S’il y avait eu un incendie nous serions toutes mortes carbonisées, nous dit Filiz, ouvrière en lutte et déléguée syndicale. Et enfin, lors du dernier ramadan, contrairement aux années précédentes, il y avait à manger à la cantine. »

Sarah Caunes

http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=5597

1 Contrairement aux hôpitaux privés, à l’entrée des hôpitaux publics des officiers de police judiciaire établissent un procès-verbal de constat.

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