Le langage de la prévention des violences sexuelles

logo-prevention-violencessexuellesPrévenir les violences sexuelles commises sur les enfants, c’est adopter un nouveau langage. 

D’abord, il s’agit de ne plus nier l’existence des violences sexuelles. Ensuite, il s’agit de se positionner du côté des victimes. Enfin, il s’agit de nommer les violences sexuelles. 

Ne plus nier l’existence des violences sexuelles. 

Il faut admettre que n’importe qui, à n’importe quel âge et à n’importe quel moment peut être victime de violences sexuelles. Ces violences peuvent être exercées par des hommes mais aussi des femmes, à tout âge et dans tous les milieux sociaux. L’ensemble des membres de notre population peut un jour subir des violences sexuelles. Plus de 80% des violences sexuelles sont commises au sein de la famille. Et, dans 90% des cas, la victime connaissait sont agresseurs. 

Ce qu’il faut retenir : 

– on peut tous être victime de violences sexuelles, à n’importe quel âge. 

– les violences sexuelles sont commises dans quasi tous les cas au sein de la famille. 

– les victimes connaissent dans quasi dans tous les cas l’agresseur. 

Se positionner toujours du côté des victimes. 

Adopter un tel positionnement, c’est reconnaître que certaines personnes ne font pas le bien et ne se comportent pas comme elles le devraient. Pourtant, rien ne justifie la violence. Rien ne justifie jamais les violences sexuelles. Une victime ne souhaite jamais subir des violences sexuelles. Prévenir les violences sexuelles, c’est ne plus jamais questionner la façon dont une victime de violences sexuelles s’est comportée. C’est constater la réalité des actes du point de vue de celui qui les commet. Pourquoi ? Car il en est le seul responsable. Un agresseur a agressé sexuellement tel enfant, telle personne. Un violeur a violé tel enfant, telle personne. 

On ne dit pas : « elle s’est faite violée » 

« Se faire » est un verbe pronominal. Il se conjugue avec un pronom réfléchi de la même personne que le sujet. Cela signifie en grammaire que le sujet de l’action « elle » aurait choisi de réaliser l’action « violer » dont elle est l’objet. Exemple : je choisis d’aller chez le coiffeur. Elle s’est faite couper les cheveux. Ou encore, je choisis d’acheter un bon de massage. Elle s’est faite masser. Donc, on ne se fait pas violer, car on ne choisit pas d’être violé mais on est violé. Elle ne s’est pas faite violée mais elle a été violée par un agresseur. 

On dit : Le violeur l’a violée. 

On ne dit pas : « l’enfant a été abusé » 

Le verbe « abuser » renvoie initialement à deux définitions. D’abord, cela signifie tromper quelqu’un. Ensuite, cela signifie faire un usage excessif de quelque chose. Aussi, lorsque l’on emploie l’expression « un enfant a été abusé » on minimise la réalité des faits. L’enfant n’a pas été trompé. De plus, il est incohérent et surtout déshumanisant que l’on puisse faire un « usage excessif » d’un enfant. Donc, cette expression est totalement mal appropriée et incorrecte. Un enfant n’a pas été abusé, il a subi des violences sexuelles. Il a été victime de violences sexuelles. 

On dit : l’enfant a subi des agressions sexuelles. L’enfant a été violé. 

De manière générale, pour prévenir les violences sexuelles, il ne faut plus adopter les mots qu’emploient les agresseurs. Car employer ces mots, c’est minimiser les actes commis. C’est ne pas rendre compte de qui est responsable des violences sexuelles. 

Exemples : 

Se réconcilier sur l’oreiller – non, c’est un viol conjugal. 

C’est un pédophile – non, c’est un violeur d’enfants ou encore un pédocriminel. 

La victime m’a avoué ou m’a confessé avoir été violée – non, la victime m’a confié, m’a dit, m’a expliqué, m’a raconté, m’a révélé avoir été violée. 

Tournante – non, c’est un viol en réunion 

Dès lors que le langage du violeur reste employé, non seulement les violences sexuelles commises par l’agresseur sont minimisées mais en plus dans l’inconscient collectif, on renvoie implicitement toujours au fait que peut-être la victime aurait du… que peut-être la victime souhaitait… mais en aucun cas au fait que c’est le violeur qui a choisi de la violer, que c’est le violeur qui l’a agressée sexuellement, que le violeur a manipulé la victime, que le violeur est le seul responsable de toutes les souffrances de la victime, que c’est à cause du violeur que désormais la victime n’a plus le même comportement qu’avant, que c’est le violeur qui a agressé. 

Ce qu’il faut retenir : 

– je ne questionne jamais la façon dont la victime s’est comportée.

– on dit : « e violeur l’a violée ». 

– on dit : « l’enfant a été violé ou a été agressé sexuellement ». 

Nommer les violences sexuelles. 

Lorsque l’on veut prévenir ses enfants ou toute personne que l’on peut être victime de violences sexuelles. Il faut nommer ce que sont les violences sexuelles et par qui elles peuvent être commises.  

Il faut dire que personne n’a le droit d’exercer sur toi des violences sexuelles. Personne n’a le droit d’introduire son pénis dans ton anus ou dans ton vagin ; que personne n’a le droit d’introduire quoique ce soit dans ton anus ou dans ton vagin ; que personne n’a le droit d’introduire son pénis dans ta bouche. Personne n’a le droit de mettre ton pénis dans sa bouche. Personne n’a le droit de te toucher tes fesses, ton anus, ton pénis, ton vagin, tes seins. Personne n’a le droit de t’obliger à toucher ou à regarder des fesses, un anus, un pénis, un vagin ou des seins de qui que ce soit. Ton corps t’appartient. Il est à toi. Le corps des autres leur appartient. Il est à eux. 

Personne n’a le droit de faire tout cela sur ton corps, ni papa, ni maman, ni ton frère, ni ta soeur, ni ton cousin, ni ta cousine, ni ton tonton, ni ta tata, ni ton papy, ni ta mamie. Aucun des membres de notre famille, ni les autres personnes que tu connais et les inconnus n’ont le droit de toucher ton corps et tes parties intimes. Ton corps t’appartient. 

Ce qu’il faut retenir : 

– nommer clairement les parties du corps concernées par les violences sexuelles : pénis, vagin, anus, fesses, seins et les verbes toucher, introduire, regarder 

– nommer clairement les personnes de la famille pour expliquer que même ces personnes là n’ont pas le droit d’exercer des violences sexuelles. Et, ajouter que les autres personnes que l’enfant connait (les nommer) et les inconnus n’ont pas le droit non plus. 

– ton corps t’appartient.

http://prevention-violencessexuelles.blogspot.fr/p/le-langage-de-la-prevention-des.html

Une réponse à “Le langage de la prévention des violences sexuelles

  1. Excellent article. Juste une remarque à propos de :

    « On ne dit pas : « elle s’est faite violée » « Se faire » est un verbe pronominal. Il se conjugue avec un pronom réfléchi de la même personne que le sujet. Cela signifie en grammaire que le sujet de l’action « elle » aurait choisi de réaliser l’action « violer » dont elle est l’objet. Exemple : je choisis d’aller chez le coiffeur. Elle s’est faite couper les cheveux. Ou encore, je choisis d’acheter un bon de massage. Elle s’est faite masser. Donc, on ne se fait pas violer, car on ne choisit pas d’être violé mais on est violé. Elle ne s’est pas faite violée mais elle a été violée par un agresseur.  »

    ​On ne dit pas « elle s’est faite couper les cheveux » non plus, c’est pas français ! ​On n’accorde pas quand il y a un infinitif après le verbe conjugué… http://la-conjugaison.nouvelobs.com/regles/orthographe/l-accord-du-participe-passe-fait-devant-un-infinitif-181.php Donc grosse erreur de conjugaison, devenue hélas assez courante.

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