L’existence n’était qu’une lampe allumée quelque part au fond d’une case

lombreanimaleplat1-l-572124Un flot tumultueux de mots, des vagues denses de signification, un débordement, « je suis le rare cadavre ici qui n’ait pas été tué par un coup de magie… ». L’anonymat (l’absence de nom) pour deux femmes, la locutrice et  « Toi » la mère, en regard de « Orcel » le frère et de « Makenzy » le père.

Des mots comme des couleurs, des odeurs, des cris de douleur. Des phrases pour dire la violence sexuelle envers les femmes, l’ombre grise de la mort.

L’art d’être et de ne pas être soi-même, les scories, les suffocations…

Le père, les viols, « l’absence terrible d’enfance », l’enfermement à double tour dedans sa tête, la solitude, « il était seul contre sa mémoire, seul à escalader les falaises qui bordaient sa vie »…

Toi, la « condition de fille vendue par ses parents », le corps « ouvre les jambes et ferme ta gueule », les viols conjugaux, « Toi c’état normal d’être une machine à tout faire, parce que c’était une femme »…

Orcel, la mer et les silences…

L’Autre, le silence, « le silence, c’est la mort, si tu te tais, tu meurs et si tu parles tu meurs, alors dis et meurs » ; départ et Solitude ; le Maître d’école, ce monsieur, « je suis venu te dire adieux » ; l’Envoyé de Dieu, le hors de tout espace-temps, « ses penchants pour l’entrecuisse de jeunes paysannes assoiffées du pardon du ciel », les autres prêtres et les attouchements et viols ; les Belles du Seigneur…

Des rêves et de l’amitié, des rêves et des oiseaux, « la nuit ne nous appartient pas, ma fille », amoureuse…

L’Inconnue l’étrangère, les seins ; l’Inconnu le mystérieux, le liseur de destin, le Diable-en-personne, de la plage de Pointe à Port-Salut ; la nuit des loups, la musique des tambours, l’alcool ; le Gamin, se ranger du coté de la mort ; la fabrique de la mort, le Chef des loups…

En seconde partie le « là-bas », l’exil dans « la Famille Lointaine », Toi technicienne de surface, étrangère, « la ville est un autre monde » ; Orcel, se cacher, dormir, rêver, l’Inspecteur, des images, « une mère serpillière », « un père-connard », « une soeur-cadavre » ; le Ténébreux, le bar, l’alcool, « l’éternité c’est l’affaire de quelques secondes, ça ne dure jamais longtemps », l’ascenseur et la femme qui accouche, l’écrivain…

La nuit finale, fuite, le déchargement des armes sur lui « jusqu’aux dernières cartouches ».

La lumière, « à travers chaque grain de poussière », raconter quelque chose…

Haïti.

« S’il est permis à une disparue de regarder autrement le passé »

Makenzy Orcel : L’Ombre animale

Editions Zulma, Paris 2016, 338 pages, 20 euros

Didier Epsztajn

Une réponse à “L’existence n’était qu’une lampe allumée quelque part au fond d’une case

  1. il faut apprendre l’auto défense aux filles dès le plus jeune âge !

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