Femmes solidaires des réfugiées

Edito : Notre impérieux besoin de justice

ax 187 couvLa justice nous est aussi vitale que l’oxygène que nous respirons. Dans un territoire injuste, nous suffoquons, nous nous étiolons, nous nous asphyxions. Nous nous protégeons comme nous le pouvons, avec des masques, avec des cataplasmes, mais les sparadraps sèchent et se décollent, poussiéreux, aspirés avec nous par l’absence de matière, le vide d’air.

Dans le monde que nous voulons créer ensemble, florissant, nutritif, goûteux, où nous comptons bien gonfler nos poumons sans craindre l’étouffement, utiliser notre cage thoracique à sa pleine capacité, bref, être enfin libres, les ressources sont équitablement distribuées ; les différentes composantes de la société sont représentées politiquement de manière égale ; toutes et tous sont enfin reconnus, dans le langage et dans le symbolique. Cette complexité de la notion de justice, mise en avant par les travaux de la philosophe féministe Nancy Fraser, nous donne matière à penser alors que s’annonce le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, et qu’en cette fin d’hiver, nous réclamons justice pour les femmes de tous les continents.

De fait, la Justice, celle qui prend une majuscule – nous avons d’ailleurs hésité à la remettre à sa place, cette lettre un peu écrasante, mais nous avons opté pour la clarté –, l’institution qui s’occupe non pas de l’aspect moral mais de l’expression juridique de la justice, n’est pas toujours juste. C’est l’objet de la rubrique bimestrielle que nous inaugurons ce mois-ci, Femmes face à la Justice. Nous voulons éclairer les rouages de l’appareil judiciaire – parfois impressionnant – avec nos lectrices : nombreuses sont celles qui y ont déjà été confrontées, et rarement avec bonheur. Nous désirons dénoncer les situations d’injustice, les obstacles et les incohérences. Nous mettrons aussi en avant des initiatives inspirantes, et n’hésiterons pas à interpeller les acteurs du monde judiciaire… Vous proposer ces pages, ces témoignages et ces échanges, c’est notre façon à nous de vous souhaiter un beau mois de mars, rebelle, nourricier, justicier.

Sabine Panet

Dossier : Les Maximiliennes

« Quai de Willebroek, à Bruxelles, dans une petite pièce du « Hall Maximilien » accueillant la Plateforme citoyenne de soutiens aux réfugiés, des femmes entre elles peuvent se reposer, boire une tasse de thé, dialoguer. Les bénévoles des « Maximiliennes » ont créé ce lieu parce qu’elles sont conscientes des violences spécifiques que les femmes connaissent avant et pendant leur exil ». Un quart des réfugie-e-s arrivant en Belgique sont des réfugiées. La structure non-mixte créée par la Plateforme citoyenne de soutiens aux réfugiés est « indispensable en ces temps où la prise de conscience des violences subies par les femmes réfugiées émerge enfin ». Un endroit pour des femmes.

Selma Benkhelifa souligne « L’urgence d’une politique d’accueil sensible au genre », l’oubli dans la notion de « pays sûr » du non respect des droits fondamentaux des femmes, les violences et les violences spécifiques, la nécessité d’avoir des interlocutrices femmes (avocates, soignantes…), les difficultés dans les procédures de demande d’asile, « Du respect spécifique des femmes durant la procédure de demande d’asile à l’évolution des lieux d’accueil, du changement des textes à des parcours de migration sécurisés, il est grand temps que les situations des femmes soient enfin comprises, et que leurs droits soient respectés. »

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • La GPA en débat. Une fois de plus la très grande majorité des partis politiques ne prend pas en compte les arguments développés par le mouvement féministe, ici l’Université des femmes.

En complément possible :

Compte-rendu Assises pour l’abolition Universelle de la GPA, compte-rendu-assises-pour-labolition-universelle-de-la-gpa/

Pour une société émancipatrice : ni prostitution, ni gestation pour autrui (GPA), pour-une-societe-emancipatrice-ni-prostitution-ni-gestation-pour-autrui-gpa/

Tribune : GPA abolissons le trafic des mères !, tribune-gpa-abolissons-le-trafic-des-meres/

Pourquoi nous sommes contre la Gestation pour Autrui (GPA) ! (recours aux mères porteuses) – janvier 2013 : pourquoi-nous-sommes-contre-la-gestation-pour-autrui-gpa-recours-aux-meres-porteuses-2/

Pourquoi nous sommes contre la Gestation pour Autrui (GPA) ! (recours aux mères porteuses) – novembre 2011 : pourquoi-nous-sommes-contre-la-gestation-pour-autrui-gpa-recours-aux-meres-porteuses/

Kajsa Ekis Ekman : L’être et la marchandise. Prostitution, maternité de substitution et dissociation de soi : la-transgression-fetichiste-des-frontieres-se-differencie-de-la-dissolution-revolutionnaire-des-memes-frontieres/ et GPA ou l’ultime forme de dissociation marchande : gpa-ou-lultime-forme-de-dissociation-marchande/

  • En Palestine, des femmes dHhébron savourent leur indépendance économique. Magasin tenu par des femmes, objets traditionnels confectionnés par des artisanes, « Travailler hors du cercle familial n’est pas toujours considéré comme respectable pour les femmes d’Hébron et de ses alentours », des femmes et de leur autonomie.

  • Femmes face à la Justice. Une nouvelle rubrique, « Quels rapports entretenons-nous avec la Justice ? Dans sa nouvelle rubrique bimestrielle, axelle donne la parole aux femmes. Notre objectif : faire connaître cette institution – parfois impressionnante – à nos lectrices, dénoncer les situations choquantes, mettre en avant des initiatives inspirantes et interpeller les acteurs du monde judiciaire ». Jacqueline Sauvage, déposer plainte, écoute et non -écoute, procédures longues et complexes…

  • A Washington, un « spa » pour avorter sans tabou. Ouverture d’un centre d’avortement médicamenteux.

  • Quand les grand-mères gardent leurs petits enfants. Pourquoi les ainées devraient être obligées de pallier aux manques de services publics ?, la socialisation nécessaire des enfants « entre pairs », plaisir et obligation, réduction du temps de travail pour toutes et tous…

  • Le placenta, couteau suisse de la grossesse

  • et toujours de riches rubriques : informations internationales et culture.

Un journal de nos amies belges à faire connaître

axelle 187, mars 2016, http://www.axellemag.be/fr/

Didier Epsztajn

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