Capitalisme, objectification et romantisation de la « St-Valentin »

Nous parlons sans cesse de profiter des jours de fête sans donner, sans céder à la consommation de masse qui nous est imposée par la grande entreprise et la publicité des mass médias. À Noël, nous insistons que c’est le temps passé avec notre famille et nos ami.e.s qui compte vraiment. Ici, à Montréal, nous avons même détourné l’Halloween pour réclamer la fin des politiques d’austérité. Et au-delà de cette consommation propre aux Fêtes, des universités comme McGill ont tendance à être des foyers d’examen critique du capitalisme en général. Certaines ont même commencé à évaluer la faisabilité de systèmes et de modèles économiques alternatifs. Il s’agit d’une tendance encourageante pour ceux qui cherchent à construire un monde plus humain, mutuellement bénéfique et plus durable.

Les attitudes envers la St-Valentin semblent aller dans le même sens. Par exemple, bien des couples semblent heureux d’en finir avec les bouquets dispendieux et les chocolats traditionnels. Par contre, beaucoup de ces mêmes personnes qui, autrement, rejettent le consumérisme sont complices d’une pratique capitaliste utilisée pour transformer cette fête en occasion de réaliser des bénéfices, au détriment des femmes.

Les festivités de la St-Valentin révèlent en effet le recours persistant à l’objectification sexuelle pour « relooker » et commercialiser cette fête. McGill ne fait pas exception à la règle. Au moment où j’écris ces lignes, son Association des étudiant.e.s diplômé.e.s (PGSS) annonce son « Drag and Burlesque Show » annuel, décrit comme « super fabuleux et super sexy ». Cet événement réservé aux plus de 18 ans a été annoncé sur la liste de diffusion de la PGSS, sur sa page Facebook, ainsi que sur son site web, avec une illustration représentant ce qui semblent être des femmes aux postures suggestives. Il est devenu clair pour moi que ce spectacle serait tout sauf un hommage au genre de burlesque parodique créé à l’époque victorienne. L’Association des étudiants de l’Université McGill (AEUM) a d’ailleurs organisé des événements semblables par le passé, y compris des cours de burlesque et de striptease.

Ces pratiques renforcent une gamme de stéréotypes sexuels, mais demeurent populaires et rentables aujourd’hui. Notre incapacité à les contester témoigne-t-elle d’un rejet semblable du capitalisme à l’occasion de la St-Valentin? Surtout, je me demande ce que dit à propos de notre société le fait que la St-Valentin est réduite à l’objectification et la marchandisation de personnes – qui se trouvent être en majorité des femmes. Ces pratiques sont-elles tout ce que le corps étudiant peut offrir comme expressions d’amour et de romantisme?

L’objectification n’est pas le romantisme

Je réfléchis à ces questions en tant qu’étudiante de troisième cycle inscrite à l’université McGill, relativement enthousiaste à l’idée de célébrer l’amour, et peut-être même l’excitation d’une nouvelle liaison romantique. Après quelques années passées à distance du milieu universitaire comme activiste politique pour un centre féministe d’urgence en soutien aux victimes de viol, ainsi qu’avec un groupe de femmes asiatiques en quête d’égalité, j’ai pu constater, en première ligne de mon centre anti-viol, la triste et scandaleuse réalité de la violence faite aux femmes. Ce qui est également devenu clair pour moi est la façon dont la réduction des femmes à l’état d’objets dans les médias et la culture populaire rend les femmes vulnérables à cette violence et prépare les hommes à l’exercer.

À ce stade, vous vous demandez peut-être ce qu’est l’objectification et si elle est réellement dommageable. Comme son nom l’indique, on parle ici de la réduction de personnes autonomes, agissant dans leur propre intérêt, au statut d’objets sur lesquels d’autres agissent. Simone de Beauvoir a été la première à mettre des mots sur la dynamique d’objectification survenant entre les hommes et les femmes, dans son œuvre pionnière, Le Deuxième Sexe. Laura Mulvey a amplifié cette thèse dans son essai « Visual Pleasure and Narrative Cinema ». Elle y a créé l’expression « the male gaze » (le regard masculin) pour décrire la façon dont le cinéma a défini la satisfaction d’un point de vue masculin, en utilisant les femmes et leur corps comme des objets servant essentiellement au plaisir de spectateurs masculins. Cette dynamique pourrait sembler inoffensive et bénigne dans un monde où le sexisme n’existerait pas. Mais il existe. C’est ce que démontre le fait que ce sont généralement des femmes et non des hommes que l’on réduit à ce statut d’objet. Stripteaseuses, danseuses au poteau, candidates aux concours de beauté – toutes très majoritairement des femmes.

L’objectification crée et renforce différentes hiérarchies entre les personnes – c’est-à-dire les hommes et les femmes – qui sont encore exacerbées par les facteurs de race et de classe. Elle influe également sur nos rapports interpersonnels, sur la façon dont nous nous traitons. Les féministes s’inquiètent de l’objectification sexuelle, parce que les femmes sont réduites à des objets sexuels et des parties de leur corps. En d’autres termes, nous sommes déshumanisées, transformées en êtres inférieurs dépourvus de motivations, de désirs et de besoins autonomes. L’écrivaine féministe Andrea Dworkin appelle cette déshumanisation le « préjudice de l’objectification ».

L’objectification et le « romantisme » aux yeux des capitalistes

Bien que les hommes sont le groupe qui bénéficie le plus de cette réduction des femmes à l’état d’objets, il existe une autre catégorie sociale qui raffole de ce regard masculin. Il se trouve que l’objectification sexuelle sert parfaitement l’intérêt des capitalistes. En un sens, « le sexe est vendeur » : l’objectification fait vendre des films, des vidéoclips, des vêtements mode, et même de la nourriture pour chat, croyez-le ou non. L’objectification sexualisée est un procédé habile : elle est devenue tellement ancrée dans notre société et notre culture qu’elle a pratiquement cessé d’être problématique à nos yeux. Ses préjudices sociaux sont rendus invisibles. De plus, nous voyons rarement promus ou représentés le romantisme et l’amour serein que nous voulons réellement et que nous pouvons éprouver au quotidien. Pourquoi? Parce que ce genre d’images n’est pas aussi rentable.

Voici où les choses deviennent vraiment sombres. Nous en sommes au point où les grandes entreprises capitalistes comme l’industrie du sexe ont investi dans cette transformation des femmes en marchandises pour le bénéfice et le plaisir des hommes. Des entités et des individus opportunistes n’ont pas hésité à étendre leur notion de « produit » aux êtres humains. La mise en marché des femmes s’est avérée très lucrative, et la règle du profit prime tout dans une société capitaliste. Donc, tant que nous, en tant que société, décidons qu’il est acceptable de se servir de femmes comme marchandise, cette expansion va se poursuivre.

Des pratiques telles que la danse-poteau, le burlesque et le striptease sont toutes basées sur une industrie axée sur l’objectification du corps des femmes. Même si d’aucuns prétendent que ces pratiques sont personnellement autonomisantes et libératrices, on ne peut nier leur généalogie commune avec l’industrie de la prostitution, et leur dépendance continue à faire de la performeuse un simple objet de consommation visuelle.

Femmes universitaires et objectification

Si vous demeurez sceptique quant aux liens entre l’objectification, le capitalisme et les torts faits aux femmes, songez à la façon dont les hommes nous traitent actuellement. Des conditions d’inégalité s’étendent même aux personnes dont les circonstances sont les plus privilégiées et progressistes. Les femmes universitaires ne sont pas moins soumises à l’objectification et à la marchandisation sexualisée que préconise l’industrie du sexe, et dans une certaine mesure, que perpétue le corps étudiant. L’année dernière, on a appris que des étudiants masculins en médecine dentaire de l’Université Dalhousie avaient créé un groupe Facebook où ils échangeaient des messages discutant du viol et de l’agression sexuelle de leurs camarades étudiantes.

Après ma période de travail en première ligne contre la violence sexiste, je me doutais que l’échec à contrer les spectacles de striptease et de burlesque organisés par les associations étudiantes ne devait être qu’une partie infime du problème. Pour mieux me renseigner sur les conditions vécues par les femmes universitaires au Québec, j’ai appelé une collègue de travail féministe anti-violence, Diane Matte, l’une des fondatrices de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). La CLES est une organisation féministe locale vouée à l’action politique contre l’industrie du sexe, et qui fournit aux femmes des services de conseil, d’éducation et de formation. Elles connaissent l’impact quotidien de l’objectification sur les femmes universitaires, puisque beaucoup des appels qu’elles reçoivent proviennent d’établissements d’enseignement postsecondaire partout à Montréal et au Québec, y compris de McGill.

Diane estime que la vulnérabilité à l’industrie du sexe est l’un des principaux effets de l’objectification sexuelle. « La plupart des femmes qui entrent dans l’industrie du sexe pour financer leurs études universitaires finissent par ne jamais terminer ces études, » me dit-elle. « Non seulement vous pouvez être trompée et amenée à en faire de plus en plus, mais vous finissez par faire beaucoup plus que ce que vous vouliez au départ. L’objectification affecte votre estime de soi, et votre capacité de vous voir en vos propres termes, de garder à l’esprit ce que vous vouliez accomplir. Elle trouble gravement le sentiment de votre propre valeur et de ce que vous espérez de la vie. »

Éliane Legault-Roy, qui travaille également à la CLES ainsi qu’à la Coalition nationale contre les publicités sexistes (CNCPS), ajoute que les étudiantes vivent aujourd’hui des pressions sociales et économiques accablantes. « Pour la plupart des femmes, ajoute-t-elle, l’objectification sexuelle est normalisée, en particulier avec les ‘initiations’ étudiantes organisées au début de chaque année. Quant aux femmes qui sont déjà dans l’industrie du sexe, leur situation est encore pire; elles n’ont aucun espace sécuritaire pour en parler, et c’est une expérience qui leur impose beaucoup d’isolement. »

Être aux études est déjà difficile, même sans être objectifiée. Nous sommes vulnérables parce que beaucoup d’entre nous sont jeunes, ambitieuses, et nous voulons étudier pour réaliser de plus grandes choses. L’université est non seulement un milieu très stressant, mais c’est également une entreprise coûteuse. Les hausses de frais de scolarité affectent de manière disproportionnée les femmes, compte tenu de leur statut social et leur insécurité économique. Et malgré le fait que les femmes représentent environ 60 pour cent des diplômés universitaires, on continue à nous payer en moyenne 30% de moins que les hommes à notre sortie de faculté. Cet écart salarial entre les sexes a connu très peu d’amélioration depuis un demi-siècle.

La culture du viol et l’agression sexuelle sur les campus sont bien documentées d’un bout à l’autre du pays. Nous avons besoin de comprendre quel rôle joue l’objectification pour nourrir cette culture et ces comportements.

Les hommes et les capitalistes savent que l’université coûte cher. Il y a des raisons pour lesquelles les clubs de striptease se vantent de créer des programmes où l’on demande aux femmes de se déshabiller, en échange du paiement de leurs frais de scolarité. Il y a des raisons pour lesquelles des hommes plus âgés, qualifiés de « sugar daddies », sollicitent et cherchent des étudiantes universitaires avec qui avoir des rapports sexuels en échange de ces frais de scolarité ou de biens matériels. Les étudiantes de McGill semblent être particulièrement ciblées par cette pratique : selon le site SeekingArrangement.com, qui oriente des « sugar daddies » vers des femmes plus jeunes qu’eux, qualifiées de « sugar babies », l’Université McGill se classe au deuxième rang des universités les plus propices à cette pratique.

En outre, le viol et l’agression sexuelle nourrissent et se nourrissent de cette culture de l’objectification sexuelle. Ces comportements sont loin d’avoir été éradiqués, surtout dans les campus universitaires. L’automne dernier, on a appris que l’Université de la Colombie-Britannique avait attendu plus d’un an et demi avant de prendre des mesures contre un étudiant diplômé qui avait été accusé d’agression sexuelle ou de harcèlement par au moins six femmes. En 2014, des accusations d’agression sexuelle avec arme ont été abandonnées contre trois anciens joueurs de l’équipe de football de McGill. Ces cas démontrent le peu d’empressement des administrations universitaires à réagir aux signalements d’agression sexuelle déposés par des femmes.

La culture du viol et l’agression sexuelle sur les campus sont des phénomènes bien documentés d’un bout à l’autre du pays. Nous avons besoin de comprendre quel rôle joue l’objectification dans la consolidation de cette culture et ces comportements.

L’objectification, omniprésente sur les campus du pays, envahit même les contenus dont les universités font la promotion. Éliane m’a signalé les publicités de chirurgie esthétique diffusées par l’Université de Sherbrooke dans ses agendas étudiants, un phénomène documenté par la CNCPS. Les universités et les organisations qui s’y trouvent semblent faire bien peu pour contrer ou stopper l’objectification des étudiantes. Et pour rendre cet environnement hostile encore plus insupportable, voilà que des organisations étudiantes comme la PGSS tentent de normaliser le burlesque et le striptease, au lieu de dénoncer les industries d’exploitation d’où proviennent ces pratiques, qui continuent à y être connectées .

Diane rappelle un incident qui illustre les effets de l’objectification des femmes à l’université:

« Le recrutement [pour l’industrie du sexe] est de plus en plus intense. Une jeune femme a contacté la CLES après avoir vu des affiches dans un appartement de sa résidence universitaire pour filles : il s’agissait clairement de recruter des femmes pour le Grand Prix automobile, » dit-elle. On sait depuis un certain temps que les événements sportifs comme le Grand Prix attirent du tourisme dans les villes qui l’accueillent, y compris du tourisme sexuel lié à la traite et la prostitution. « On présente [aux femmes] l’idée qu’elles vont faire beaucoup d’argent, et beaucoup plus rapidement que ce que peuvent leur rapporter leurs études. On leur dit que l’industrie [représente] l’autonomisation et leur donnera le statut qu’elles recherchent […] et [elles intériorisent] le message général que la valeur d’une femme dépend de son accessibilité et de son apparence. »

À quoi ressemblerait une version révolutionnaire de l’amour?

Je reviens donc à ma question initiale: qu’est-ce que peuvent bien avoir de romantique l’objectification sexuelle et les activités capitalistes qui misent sur elle? Au cœur de la question, l’objectification sexuelle est le traitement des femmes comme des objets sexuels sous-humains, une condition préalable à notre traitement comme produits de consommation. Cela n’est ni du romantisme, ni de l’amour. La déshumanisation des femmes et leur insécurité économique contredisent tout caractère « consensuel » à cette dynamique.

Suite à une plainte que j’ai émise il y a plus de trois semaines, en exprimant mes critiques sur l’événement annoncé, la PGSS m’a répondu par courriel, le jour même de l’événement, en m’informant que le spectacle aurait quand même lieu.

Je sais que certaines personnes trouvent le burlesque et le striptease amusants et libérateurs au niveau personnel à l’égard des images et stéréotypes négatifs sur le corps. Je ne peux vous dire le nombre de mes amies qui ont cédé à la mode de la danse-poteau, et qui insistent pour dire que c’est leur choix de le faire. Des proches m’ont traitée avec véhémence de «  prude » et de « coincée » en me harcelant parfois à propos de mon manque d’enthousiasme devant ce « plaisir inoffensif ». Pour ma part, je ne vais pas porter de jugement sur les femmes qui suivent la mode de la danse-poteau ou du striptease. Aucune d’entre nous n’est à l’abri des influences de son milieu.

Plutôt que dépendre de l’idée que se fait quelqu’un d’autre sur ce que la St-Valentin devrait représenter pour nous […] peut-être devrions-nous reconsidérer ce à quoi ressemblerait une fête où seraient célébrés les vrais rapports humains et la réciprocité.

Nous avons tous et toutes grandi dans une société qui ne cesse de nous dire que toutes ces choses sont très sexy, attirantes et désirables à faire – bien qu’encore surtout pour le plaisir des spectateurs masculins. D’une manière ou d’une autre, nous avons tous et toutes été conditionnées par la publicité, la culture populaire, les mass médias et la pornographie. À mes yeux, tout cela se réduit aux vieilles représentations barbantes sur la façon dont les hommes veulent que les femmes agissent et les servent, eux.

Par contre, il y a aussi beaucoup plus de femmes qui, pour des raisons économiques accentuées par leur sexe, leur origine raciale et leur classe sociale, ne peuvent pas éviter l’industrie du sexe et ses préjudices. Beaucoup d’autres y ont été forcées et piégées et conservent très peu de choix quant à y participer ou non. Nous, les femmes universitaires, devrions nous montrer solidaires de ces femmes. Pour ces raisons, nous devons affronter la manière dont le corps des femmes et certaines de ses parties servent à promouvoir une fête qui est censée célébrer l’amour et le romantisme. Ça ne m’intéresse pas de réformer des pratiques d’objectification qui ont tout à voir avec le plaisir masculin et les profits capitalistes, et très peu à voir avec notre propre plaisir, l’amour ou le romantisme. Ça ne m’intéresse pas non plus de réformer un secteur préjudiciable pour en faire simplement quelque chose d’un peu moins nocif.

Ce qui m’intéresse, par contre, c’est une révolution : une refonte totale de la façon dont les hommes voient et traitent les femmes.

Donc, plutôt que de dépendre de l’idée que se fait quelqu’un d’autre sur ce que la St-Valentin devrait représenter pour nous (sans parler de combien d’argent cette personne veut gagner à nos dépens), peut-être devrions-nous reconsidérer ce à quoi ressemblerait une fête où seraient célébrés les vrais rapports humains et la réciprocité. C’est une tâche ardue, mais je veux que vous tentiez d’imaginer l’amour et le romantisme en dehors des cases du sexisme, du racisme et du capitalisme. Pourrions-nous exprimer de la bonté, de la générosité et de l’intimité simplement parce que c’est ce que nous voulons ? Un amour qui est tendre, cultivé avec soin et libéré des attentes, de la coercition ou de l’argent? Je pense que nous le pourrions, si c’est ce à quoi nous travaillions. Je suis à peu près certaine qu’une telle révolution signifierait l’élimination de l’objectification massive des femmes et de leur apparence. Je suis également certaine que nous rejetterions la commercialisation par l’industrie du sexe de thèmes liés aux normes de (non)-intimité, ainsi que l’utilisation des femmes comme objets de consommation.

En tant qu’’étudiantes de McGill, je veux nous voir affronter notre pratique et notre promotion de l’objectification sexuelle, à l’occasion de la St-Valentin et tous les jours de l’année, pour y substituer une fête qui célèbre un amour et un romantisme ancrés dans l’égalité, la réciprocité et la liberté.

©Sarah Meghan Mah

(Texte d’abord publié en anglais dans le McGill Daily, le 15 février 2016)

Original : http://www.mcgilldaily.com/
CapitalismObjectification
AndTheRomanceOfValentinesDay/

Traduction TRADFEM

https://ressourcesprostitution.wordpress.com/2016/03/23/capitalisme-objectification-et-romantisation-de-la-st-valentin/

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