Kashink et les Kashinkids, « Rosa Parks fait le mur », Paris, décembre 2015

Kashink est une artiste de street art atypique. Particulière en effet parce que dans le petit monde du street art, c’est une des rares femmes ayant une production aussi importante, aussi bien dans la rue qu’en galerie. Originale, parce qu’elle se dessine sur le visage une moustache. Par ailleurs, Kashink revendique une peinture engagée voire militante : elle aborde des sujets encore tabous comme l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, l’homosexualité, la religion.

Dans le cadre de la manifestation « Rosa Parks fait le mur », Kashink, invitée, nous a proposé trois grandes fresques qui illustrent son talent. Elles seront le thème de trois posts, constituant, une introduction à son travail.

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Kashink a peint sur les murs de nombreuses villes. Des villes américaines, canadiennes, européennes. A Londres, Vienne, Ibiza, Bristol, Madrid et Paris où elle vit, les portraits colorés des personnages qu’elle a créés sont reconnus. Dans une série de portraits, sur le pont Riquet, elle nous les présente. En fait, les portraits se limitent à des visages de forme oblongue. Ils se présentent soit de face, soit de ¾. Seuls éléments récurrents, la bouche, les oreilles, le nez et quatre yeux. Les oreilles sont parfois parées de boucles d’oreille ; la surface du visage est décorée de motifs simples (des points, des croix etc.) qui ne sont pas symétriques par rapport à l’axe vertical du visage, les contours sont cernés par des traits forts et souvent de motifs décoratifs.

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Au bas de la première fresque (de gauche à droite), elle note « Kashink et les Kashinkids ». Les visages sont tous différents (forme générale, décoration, palette de couleurs…) et des noms les identifient (Moussa, Allan, Rania, Lounès…). Mon hypothèse est que ces noms ne sont pas les noms des Kashinkids mais des élèves des écoles élémentaires partenaires de la manifestation qui ont proposés à l’artiste des « avant-projets ».

Les visages de Kashink sont devenus les « avatars » de l’artiste. Ils se substituent d’une certaine manière à son « blaze ». Ils ne sont pas sans évoquer les têtes de mort peintes traditionnellement par les Mexicains. Ce rapprochement est éclairant : « l’appareil décoratif » des têtes de mort a été transféré sur des visages de personnages, Kashink continuant à peindre également des têtes de mort à la manière des Mexicains.

Richard Tassart

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