Programme Coalitio

À méditer : « Les riches diminuent, chaque jour, de quelque chose le salaire des pauvres, non seulement par des menées frauduleuses, mais encore en publiant des lois à cet effet. » (Thomas More, futur chancelier d’Angleterre, en 1516 dans son ouvrage l’Utopie). Il y a tout juste 500 ans.

(Centre Spatial Guyanais – Kourou – Guyane française, 15 Avril 2016)

Les moins jeunes d’entre vous, nous en faisons hélas partie, se souviennent encore du Programme Apollo, parti à la conquête de la Lune sous l’impulsion de la NASA, de 1961 à 1975, et de son couronnement par la mission Apollo 11 qui déposait sur le sol lunaire, le 21 Juillet 1969, le module LEM et les deux astronautes Neil Amstrong et Buzz Aldrin. Leur coéquipier Michael Collins restant en orbite pour les récupérer deux jours plus tard.« Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité », avait déclaré Neil Armstrong en posant le pied sur Sélene.

Chers amis, nous rentrons de Kourou en Guyane française. À quelques encablures de Panama City, où nos affaires nous appelaient récemment. C’est du Programme et de la Mission Coalitio dont nous vous parlerons aujourd’hui.

Kourou, 15 Avril 2016. Succès total ! Lancement réussi, non pas d’une fusée Ariane, chose maintenant tout à fait rodée et ne suscitant plus les commentaires émerveillés des médias, mais celui, inaugural de la fusée Macron.

Le tir de ce nouveau lanceur mis au point tout récemment par l’Agence financiaro-spatiale CAC 40, consacre l’échec et l’abandon du programme Hollandeo 2017, dont les observateurs les plus informés soulignaient depuis plusieurs mois le manque de fiabilité pour atteindre une orbite géostationnaire de 2° tour et surtout ce que les experts en balistique nomment la faible capacité d’emport, celle nécessaire aux futures missions du programme Coalitio : la construction de la grande station orbitale du même nom.

En raison de la taille de cette station orbitale géante, et de la date au Printemps 2017 pour son ultime achèvement, l’Agence CAC 40 était à la recherche depuis plusieurs mois d’un lanceur fiable et au rythme de tir suffisamment cadencé pour acheminer en orbite, pour leur assemblage, les différents modules de la future station Coalitio.

En s’arrachant ce matin du sol guyanais dans une trajectoire impeccable et sous les applaudissements de tous les personnels techniques de la salle de contrôle Gattaz 2, certains les larmes aux yeux, la fusée Macron vient de faire la preuve du grand savoir-faire de ses concepteurs et des équipes préposées à son tir. En ces temps que beaucoup s’acharnent à vouloir dire ceux d’un retour du religieux, permettez-nous, pour vous décrire cette magnifique envolée, d’utiliser le terme d’Assomption, celui de l’élévation miraculeuse de la Vierge et de sa montée au ciel.

Pour ce premier vol habité du programme Coalitio, la fusée Macron emporte à son troisième étage un équipage parfaitement rôdé pour la mission : atteindre dans les meilleures conditions électorales une orbite géostationnaire, puis, dans un second temps, assembler, au rythme des lancements successifs, la future station orbitale.

Vous devinez les extraordinaires exigences quant au recrutement et à l’entraînement des spationautes, ces héros des temps modernes : connaissances techniques, financières et politiques les plus avancées, forme physique et look impeccables, stabilité et ouverture psychologiques, toutes qualités qui désignaient immanquablement le jeune enseigne de vaisseau Emmanuel à la direction de cette première mission. À ces qualités, l’enseigne de vaisseau Emmanuel, bien qu’à peine trentenaire, en rajoutait d’autres, physiques et mentales, acquises lors d’un entraînement très particulier comportant de longs mois d’immersion prolongée en milieu bancaire et plusieurs stages éprouvants de survie en milieu hostile, nous voulons dire hors de Neuilly. Qualités requises également pour tous les membres de l’équipage : avoir appris à se connaître, à s’apprécier et à travailler ensemble pour atteindre efficacité maximale et cohabitation, le mot est-il le bon, harmonieuse dans l’espace.

Rien d’étonnant dans ces conditions à la désignation d’un vieux briscard, le colonel Jean-Loup Raffatien, et du commandant Patrick Vallsry, tous deux déjà fort expérimentés depuis plusieurs années en matière de vols habités de l’épargne populaire. Ce sont eux qui assisteront l’enseigne de vaisseau Emmanuel, certes moins gradé, mais détenteur dans l’équipage du record de durée en immersion bancaire. À l’identité de ces deux officiers, vous comprenez les raisons du choix du terme de Coalitio pour désigner la mission.

(Témoin des grandes qualités de notre jeune enseigne de vaisseau, ces quelques extraits de son Verbatim : « Il faut des jeunes Français qui aient envie d’être milliardaires » ; « Le statut des fonctionnaires n’est plus adéquat » ; « La gauche a cru que la France pourrait aller mieux en travaillant moins » ; « Le libéralisme est une valeur de gauche » ; « La vie d’un entrepreneur est beaucoup plus dure que celle d’un salarié ». Nous pensons vous en avoir suffisamment dit.)

 

Première mission en passe de réussite pour l’assemblage en orbite géostationnaire de la future station spatiale orbitale Coalitio. D’autres tirs vont suivre d’ici le printemps 2017, peut-être rendus difficiles par les turbulences de la météorologie électorale, mais nous sommes totalement confiants, probablement parfaitement réussis grâce à la grande expertise technique et aux qualités mentales de l’équipage.

L’assemblage des différents modules de la station, et c’est là que nous vérifions l’intérêt des fortes capacités d’emport de la fusée Macron, doit être achevé pour Mai 2017. C’est à cette date que l’état-major de CAC 40 compte, grâce à Coalitio, entamer le démontage et la destruction définitive de Cotisatio, l’antique station assemblée en 1945 par le CNR (Conseil National de la Résistance).

En quoi Cotisatio est-elle devenue aujourd’hui inadaptée ? Nous allons essayer de vous le l’expliquer rapidement. Son nom, Cotisatio, vous l’avez deviné, était dérivé d’un vieux terme provençal, cottization, aux très nombreux synonymes tels que écot, collaboration, coopération, participation… tous désignant l’effort commun consenti en vue d’une dépense commune. C’est tout naturellement que ce mot fut choisi en 1945 pour désigner la quote-part prélevée sur la richesse produite par le travail et destinée, véritable salaire différé et socialisé, à la couverture des besoins de tous lorsque le travail s’interrompt : dépenses de santé pour faire face à la maladie ; retraites et pensions par répartition lorsque le grand âge survient ; indemnités de chômage en cas de perte d’emploi.

La découverte ces 30 dernières années par les cercles pensants du CAC 40 que le travail, loin de produire la richesse, avait en réalité un coût, renchéri de plus par la Cotisation, renvoyait brutalement Cotisatio à ce qu’elle avait d’archaïque et d’insupportable.

Les remarquables efforts du programme Hollandeo, aujourd’hui mis au rebut, pour entamer le démontage de la station Cotisatio, ont ouvert la voie au programme Coalitio. « Il faut finir le job » , aurait dit Emmanuel.

Vous comprendrez tous notre fierté devant ce lancement impeccablement réussi et les espoirs que nous plaçons maintenant dans la virtuosité de son jeune chef d’équipage.

Jean Casanova

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