La lettre des éditions iXe (avril 2016)

CES DEUX LIVRES DE MAI ont entre eux des affinités

jq1h_1recouvGuil_1Colette Guillaumin. Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature.

Format: 15,5 x 20 cm – 240 p. – ISBN 979-10-90062-31-3 – Prix: 18,00 € – En librairie le 3 mai

« Femme nous sommes, ce n’est pas un qualificatif parmi d’autres, c’est notre définition sociale. Folles qui croyons que ce n’est qu’un trait physique, une “différence” – et qu’à partir de ce “donné” de multiples possibilités nous seraient ouvertes. Or ce n’est pas un donné, c’est un fabriqué auquel on nous signifie sans cesse de nous tenir. Ce n’est pas le début d’un processus (un “départ”, comme nous le croyons), c’en est la fin, c’est une clôture.»

Rassemblant des essais et des articles écrits entre 1978 et 1993, ce livre précurseur analyse les rapports de domination en démontrant que leurs formes matérielles sont inextricablement liées à leurs formes idéelles – à la manière dont la pensée scientifique ou théorique, le « sens commun », l’idéologie les valident ou les justifient. Le servage, l’esclavage et ce que, la première, Colette Guillaumin a nommé sexage, reposent sur une appropriation rendue possible par l’établissement de catégories prétendument naturelles qui font des dominé·es « des choses dans la pensée elle-même ».

Note de lecture : tous-les-etres-humains-sont-naturels-mais-certains-sont-plus-naturels-que-les-autres/

*****

127994_couvSonia Maria Giacomini. Femmes et esclaves. L’expérience brésilienne, 1850-1888

Format: 14 x 18 cm – 160 p. – ISBN 979-10-90062-32-0 – Prix: 15,00 € – En librairie le 3 mai

Traduit du portugais (Brésil) par Clara Domingues. Préface, Arlette Gautier et Mariana Oliveira dos Santos

 

Le Brésil qui fut l’un des plus grands pays esclavagistes a aboli la traite négrière en 1850 et l’esclavage en 1888. Ces deux dates bornent la période étudiée par Sonia Maria Giacomini dans cet essai, l’un des rares à s’intéresser spécifiquement à la situation des femmes esclaves au Brésil. Il souligne les tensions inhérentes à leur condition de choses doublement appropriées: «Les femmes noires, écrit Sonia Giacomini dans une formule lapidaire, sont des “choses”, des “faitouts” plus encore que des bonnes à tout faire, des objets qui s’achètent et se vendent en raison de leur statut d’esclaves. Mais parce qu’elles sont femmes, en sus d’être esclaves elles sont aussi objets sexuels, nourrices, punching-balls de leurs chères maîtresses.»

Au-delà du tableau cruel que dégage l’examen minutieux de documents d’époque (textes et propositions de loi, petites annonces de vente ou de location d’esclaves), Femmes et esclaves est une contribution importante à l’histoire de l’esclavage brésilien. En inscrivant la dialectique du genre, de la race et de la classe dans l’histoire du Brésil, le livre met en lumière la contribution des femmes esclaves aux processus de résistance et de libération.

Introduction de Sonia Maria Giacomoni : introduction-de-sonia-maria-giacomini-a-son-ouvrage-femmes-et-esclaves-lexperience-bresilienne-1850-1888/

Note de lecture : parler-des-femmes-noires-sans-toutefois-pretendre-le-faire-en-leur-nom/

www.editions-ixe.fr

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