Entre préjugés, routines professionnelles et choix idéologiques, le racisme médiatique…

342_______mag19_une453px_156 Le dossier « Racisme médiatique » interroge non seulement « les contenus médiatiques », mais aussi « les pratiques journalistiques », « le poids des routines professionnelles », les conséquences de « la composition sociologique des rédactions ».

Je souligne que cette démarche me semble valide pour l’analyse des traitements des situations et des actions de l’ensemble des groupes sociaux dominés.

Spécialistes de l’outrance, banalisation et légitimation des propos racistes, traitement essentialisé des populations nommées étrangères ou « descendante » d’étranger-e, focalisation sur un islam fantasmé et réduction des musulman-e-s (ou considéré-e-s comme tel-le-s) à la seule religion, « neutralisation » de nos sociétés (par ailleurs lissées des luttes et des contradictions) établies comme base de comparaison…

« Combattre le(s) racisme(s) médiatique(s) implique donc non seulement de dénoncer les propos racistes et l’absence de réaction de certains journalistes, ainsi que l’omniprésence médiatique de certains éditorialistes et chroniqueurs dont les opinions racistes ne sont plus à démontrer, mais aussi de s’intéresser aux pratiques journalistiques elles-mêmes, à la sociologie des rédactions et aux contraintes qui pèsent sur l’information et ceux qui la produisent »

Un riche dossier sur les pratiques et procédés journalistiques, les préjugés, les compositions des rédactions, le refus de la parole démocratique…

J’ai notamment apprécié les analyses des lectures de deux films, « Bandes de filles » et « Les héritiers », la critique de l’érotisation des jeunes filles, de la diabolisation d’élèves, de la « hiérarchie culturelle »… « Autant de procédés semblant exprimer l’idéologie des journalistes qui, sciemment ou non, déforment la fiction pour que leur représentations puissent s’y nicher, être légitimées ou renforcées par ce qu’on l’on identifie comme un « témoignage » inspiré d’une histoire vraie ».

En complément possible, le récent livre de Shlomo Sand : La fin de l’intellectuel français ?. De Zola à Houellebecq, il-ne-faut-pas-laisser-les-intellectuels-jouer-avec-les-allumettes/

Dans cette livraison, je souligne aussi :

L’article d’Henri Maler revenant sur l’histoire d’Acrimed, sa critique de celles et ceux qui ne sont pas prêt-e-s « à transgresser les limites de la bienséance académique, à se coltiner les tâches sans gloire de la construction d’une association, à renoncer à des positions individuelles ou individualistes qui, aussi contestataires soient-elles, ne sont souvent que des postures », le travail d’observation et de critique (radicale mais pas doctrinaire, intransigeante mais pas sectaire, indépendante mais pas apolitique)…

« Informer, c’est choisir : encore faudrait-il que ces choix ne soient pas arbitraires et mutilés ».

L’auteur parle, entre autres, des formes d’appropriation, des déterminations sociales des journalistes, des normes idéalisées ou du mythe d’indépendance, de dissimilation de parti-pris, de convergence de différences pour « bâtir un front commun », de politique…

« la question des médias est un enjeu démocratique et politique étroitement mêlé à des enjeux économiques, sociaux et politiques »

J’ai été particulièrement intéressé par la note sur le livre de Jean-Yves Mollier sur l’édition française.

Sommaire :

Acrimed a 20 ans !

Loi Bloche : renoncements et bricolages

Argentine : les grandes manoeuvres de Macri

Lire : Une autre histoire de l’édition française de Jean-Yves Mollier

RACISME MÉDIATIQUE

  • Introduction

  • Racisme dans les rédactions : Parole à trois concernés

  • Quand LCI reçoit Marwan Muhamad (CCIF) : interview ou interrogatoire ?

  • Aux USA déjà, à l’aube de l’an 2000…

  • Vous avez dit « médias communautaires » ?

  • Critique culturelle ou choc de civilisation ?

Une nouvelle fois, l’œil et l’oreille de la critique sur des médias dominants. Nécessaire.

Médiacritique(s) N°19 avril-juin 2016

Le magazine trimestriel de l’association Acrimed

40 pages, 4 euros

Didier Epsztajn

Publicités

Une réponse à “Entre préjugés, routines professionnelles et choix idéologiques, le racisme médiatique…

  1. A reblogué ceci sur Le blog d'un libre penseur révolutionnaireet a ajouté:
    L’article d’Henri Maler revenant sur l’histoire d’Acrimed, sa critique de celles et ceux qui ne sont pas prêt-e-s « à transgresser les limites de la bienséance académique, à se coltiner les tâches sans gloire de la construction d’une association, à renoncer à des positions individuelles ou individualistes qui, aussi contestataires soient-elles, ne sont souvent que des postures », le travail d’observation et de critique (radicale mais pas doctrinaire, intransigeante mais pas sectaire, indépendante mais pas apolitique)…

    « Informer, c’est choisir : encore faudrait-il que ces choix ne soient pas arbitraires et mutilés ».

    L’auteur parle, entre autres, des formes d’appropriation, des déterminations sociales des journalistes, des normes idéalisées ou du mythe d’indépendance, de dissimilation de parti-pris, de convergence de différences pour « bâtir un front commun », de politique…

    « la question des médias est un enjeu démocratique et politique étroitement mêlé à des enjeux économiques, sociaux et politiques »

    J’ai été particulièrement intéressé par la note sur le livre de Jean-Yves Mollier sur l’édition française.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s