On ne peut persister à dire « Mais »

9782264025302-fr-300Un ouvrage sous forme de pamphlet et de fiction sur la place des auteures, des femmes écrivaines dans la littérature occidentale. Un livre publié en 1929 et issu de conférences dans deux collèges de l’université de Cambridge réservés aux femmes.

Un texte encore d’une puissante actualité. Ecriture et ironie. Les moyens et les lieux de l’autonomie.

Quelques arrêts pour une relecture trop longtemps différée et une invitation à (re)venir sur cette chambre à soi toujours pas acquise…

Des écrivaines, le travail des femmes, « Elever des murs nus sur de la terre nue étaient le maximum qu’elles pussent faire », la prospérité d’un sexe et l’insécurité de l’autre, « rouler en boule la vieille peau ratatinée de cette journée »…

Une feuille de papier blanc : LES FEMMES ET LE ROMAN …

Des hommes « que rien ne semble qualifier en apparence pour parler des femmes, sinon qu’ils n’en sont pas » et des femmes qui n’écrivent pas de livres sur les hommes. Des « études » et des opinions variées des hommes et des questions qui gardent, pour certaines, une actualité visible.

Des recherches, des pensées, des méditations et la colère, « Je n’avais fait qu’une seule découverte en cette matinée, celle de la colère ». Des femmes comme miroir « magique » des hommes, réfléchissant « une image de l’homme deux fois plus grande que nature » et une réplique « Si une femme, en effet, se met à dire la vérité, la forme dans le miroir se rétrécit, son aptitude à la vie s’en trouve diminuée »…

Fiction et imagination, Shakespeare et sa sœur, les réalités des femmes perdues ou invisibilisées dans les faits… Où sont les femmes, où sont les femmes peintres, les femmes compositrices ?.

« L’histoire de l’opposition des hommes à l’émancipation des femmes est plus interessante peut-être que l’histoire de cette émancipation »

Rebecca West, Jane Austen lady Winchelsea, les sœurs Brontë, George Eliot, Marie Carmichaël, etc., l’écriture comme rage, le roman comme colère, « Elle se souvint d’avoir été privée de son propre droit à l’expérience ». et Sapho, lady Murasaki…

Les chose importantes (le football) et les choses futiles (l’achat de vêtements), les différences de valeur soulignées avec ironie, « la camelote des vieilles entrave de classe ».

Certes mais, oui mais… : On ne peut persister à dire « Mais ». 

Et retour plein d’espérance sur la sœur de Shakespeare et les conditions de son existence.

« il est indispensable qu’une femme femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction ». Une chambre dont la porte est pourvue d’une serrure.

Virginia Woolf : Une chambre à soi

Traduit de l’anglais par Clara Malraux

Réédition 10/18, 172 pages

Didier Epsztajn

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