Comment « faire » de l’Histoire ?

9782707175854Michèle Riot-Sarcey s’est lancée dans une vaste entreprise. Redonner vie à des concepts oubliés, la fraternité, la liberté via une méthode historique qui vient de Walter Benjamin pour redonner vie aux « vaincus », aux oubliés. La fabrique de l’Histoire offre un récit « en continu », sans ruptures. Surtout sans révolution. 1789 marque l’entrée dans un nouvel ordre du monde. Comme 1848, une révolution à l’échelle de l’Europe, parties prenantes du processus de libération d’émancipation.

« Le procès de la liberté » se veut « une histoire souterraine du 19e siècle en France », une histoire forcément tourmentée dont le « héros est l’ouvrier », pour citer Benjamin et qui n’est pas déterminée. Les vainqueurs, la bourgeoisie, ne sont pas les seuls à avoir construit l’environnement économique, social, politique. Les masses en mouvement ont fortement contribué à cet édifice. Elles ont empêché le capitalisme de suivre sa pente en la descendant. Le passé est trop souvent décomposé et recomposé pour les besoins idéologiques du présent, pour donner un sens à cette histoire « pleine de bruits et de fureurs » menée par un imbécile.

Le champ des possibles est très étendu. La liberté est grande. C’est la grande leçon de ce livre.

Michèle Riot-Sarcey : Le procès de la liberté, une histoire souterraine du 19e siècle en France, La Découverte. Paris, 2016, 355 p.

Nicolas Béniès

Pour rappel une autre note de lecture : linsurrection-ouvre-le-devenir-social-vers-un-possible-inimaginable-jusqualors/

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Une réponse à “Comment « faire » de l’Histoire ?

  1. La fraternité est un mot qui exclue toutes les femmes. La citoyenneté française a été conçu en excluant toute femme de la citoyenneté, du droit de vote… On a besoin d’une histoire de la SOLIDARITE et certainement pas de la fraternité qui est un concept sexiste et aussi raciste car les esclaves noirs déportés d’Afrique et les peuples racisés et colonisés en étaient exclus (et le sont toujours d’une certaine façon). Au chiottes la fraternité, ce mot est à chier, ce qu’il nous faut c’est de la solidarité.

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