En se servant des apparences… la vérité

product_9782070146338_195x320Souvenirs des hommes, souvenirs du petit-fils sur son grand-père et sa femme, « une extrême frivolité chez ces deux personnes éternellement vêtues de noir, de gris ou de bleu marine », souvenirs des récits de la première guerre mondiale…

Le grand père peintre-copiste, sa chambre à l’entresol qui lui servait d’atelier, le grand père et son père Franciscus.

« Pendant plus de trente ans, j’ai conservé sans les ouvrir les cahiers où soigneusement, de son écriture incomparable d’avant-guerre, il a consigné ses souvenirs ; il me les a donnés quelques mois avant sa mort en 1981. »

Une remontée dans le temps, les souvenirs, un journal pour dire entre autres « mon épouvante », des détails, l’histoire sur plusieurs générations, des réflexions sur la peinture, comme cette toile où « la peinture hurle un silence de glace »…

Franciscus, Céline, Gabrielle, les lieux, « Les lieux ne sont pas qu’un espace, ils sont aussi associés à une époque »…

Le « mystère » d’une fresque, transmission de mémoire. Avant.

La guerre 1914-1918, « Martien ! », des actes et des situations, coté belge, belge flamand méprisé, des actes et des médailles, le quotidien, des images sanglantes, les blessures et les soins en Grande-Bretagne, ceux qui sont morts « au champ d’honneur », la fuite des animaux à travers le fleuve, le gaz moutarde, l’écriture… « Le temps devient une durée monotone, la durée perd se direction, la direction fait place à l’immobilisme et à l’ennui, l’ennui rend indifférent et las, les jours filent à travers les doigts ».

La libération, les histoires, les cauchemars, « Nous nous taisons, luttons contre nos cauchemars, éclatons parfois en sanglots sentant l’odeur du linge fraîchement repassé ou d’une tasse de lait chaud »…

Une autre histoire, une autre amour, Maria Emelia, « j’ai compris qu’en réalité je comprenais très peu », une copie et la « clé de la vie affective secrète de mon grand-père »… La mémoire, la peinture, la création, l’écriture et cette guerre qui transforma le monde occidental (mais pas seulement) et les vies d’hommes et de femmes, ceux qui survécurent, celles et ceux qui survécurent à la grippe dite espagnole. Derrière le fracas de la guerre, l’odeur de térébenthine et une copie…

La tendresse et l’amour…

Stefan Hertmans : Guerre et Térébenthine

Traduit du néerlandais (Belgique) par Isabelle Rosselin

Editions Gallimard, Paris 2015, 404 pages, 25 euros

Didier Epsztajn

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