Derrière chaque masque on en trouve un autre


4675658Entretiens autour du cinéma, « 
le cinéma consiste à aller vers la réalité et être surpris par elle », des masques, « d’un coté la révélation de l’histoire du soldat par sa propre voix et de l’autre la dissimulation de son visage », des artifices, de la fiction, « tous les films sont des fictions », de l’histoire et de la propriété, « j’ironise sur la prétention à jouir de l’histoire comme d’une propriété privée ou nationale », la prétention confiscatoire de certain-e-s Juifs/Juives à « affirmer qu’il y a une propriété nationale sur le génocide »…

Le cinéaste insiste, entre autres, sur l’aberration du concept de « démocratie juive », son refus de servir pendant la guerre du Liban, le sionisme comme « idéologie raciste », la « pathologie du système policier et judiciaire de l’Etat d’Israël », l’égalité des êtres humains, le régime d’apartheid et de check points, la nationalité juive et non israélienne, l’absence de mariage civil... La démocratie ne peut être effective pour une seule partie de la population, tout le monde doit avoir les mêmes droits…

Film, violence, les conditions de tournage et de montage, les regards, la manière de « combler le vide sans pour autant épuiser le mystère concernant le personnage », la vérité comme construction et invention, « ces histoires et ces souvenirs ne sont que des portes »…

J’ai particulièrement apprécié le chapitre « Apartheid Road », la route 433, l’histoire des populations, la domination juive découlant « du principe d’un Etat juif », les discriminations et les déportations, les colonies, « Je ne me rends dans les territoires occupés qu’à condition d’être invité par des Palestiniens et dans un contexte politique clairement hostile à l’occupation », la circulation des marchandises « sans qu’aucun routier n’ait à traverser la frontière », la distribution d’eau, le campus de l’université juive dans Jérusalem-Est, le mythe de Massada, les filmages et les écarts…

Conversations sur le cinéma. Le cinéma et la réalité imaginaire. Le cinéma aussi comme combat.

Le titre de cette note est emprunté à l’introduction d’Eugénio Renzi.

Avi Mograbi : Mon occupation préférée

Entretiens avec Eugénio Renzi

Les Prairies Ordinaires, Paris 2015, 172 pages, 16 euros

Didier Epsztajn

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