Un hommage de Jo Di Bona aux victimes du 13 novembre 2015, rue Alibert, Paris Xème, décembre 2015

Le 13 novembre 2015, des rafales de kalachnikov, tuent 14 personnes qui buvaient un pot à la terrasse du Petit Cambodge. Les exécutions de cette nuit du 13 novembre ont frappé les Français de stupeur. Quelques street artists ont réagi avec leurs armes : des bombes (aérosols), du papier et une immense tristesse.

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Près du Petit Cambodge, rue Alibert, les artistes avec leurs sensibilités et leurs styles si différents, dès le mois de décembre, ont voulu, pour certains, laisser des messages de paix et d’amour (jamais de haine de l’autre) et pour Jo Di Bona, réaffirmer des valeurs. Celles qui fondent notre société et notre République.

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Dans la presse locale, avant de réaliser sa fresque, Jo Di Bona, avait expliqué son projet : « J’avais déjà réalisé une fresque en hommage à Cabu. Cette fois, je vais utiliser les mots de la devise républicaine – liberté, égalité, fraternité – et la Liberté de Delacroix. Ce sera forcément plus sobre que mes fresques habituelles. »

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Jo Di Bona disposait d’une surface de mur (3 m de haut et 6 de large) relativement importante. Le fond de la fresque est constitué des trois couleurs du drapeau national. Les bandes sont de largeurs inégales : celle du milieu (le blanc) a été privilégiée. Sur le fond se détache quelques éléments du très célèbre tableau d’Eugène Delacroix, « La Liberté guidant le peuple ». Peint en 1830, ce tableau est devenu une allégorie de notre République. Ont été « mis en avant » trois personnages symboliques : la Liberté (sous les traits d’une Marianne brandissant le drapeau national et franchissant une barricade, invitant du regard le peuple de Paris à la suivre, un bourgeois en haut de forme, chemise et cravate, un Gavroche armé d’un pistolet, la tête couverte d’un béret, le regard décidé, bravant la mitraille). La scène est imprimée en noir, alternant des noirs profonds (le bonnet phrygien de la Liberté, le béret du Gavroche etc.) et des stries qui semblent concentriques. Le point de fuite de ces stries et des bandes de papiers de couleurs déchirés, convergent vers le centre de la fresque. En fait, les couleurs bleu, blanc, rouge sont plutôt des harmonies dont les dominantes sont les trois couleurs de notre drapeau. Il n’y a pas, par exemple, un bleu mais plusieurs bleus, allant du clair au plus foncé. A ces bleus s’ajoutent des violets. Cela est vrai également pour la bande du rouge. La bande blanche centrale, contre toute attente, n’est pas d’un blanc immaculé mais jaune, bleu, rose et …blanc. Toutes les couleurs ont été « adoucies » pour mettre en relief la scène qui sert de référence culturelle à l’œuvre. L’ensemble est d’une grande sobriété, contrairement à la production ordinaire de cet artiste.

D’aucuns trouveront cette œuvre « patriotique », voire nationaliste. En effet, la Liberté de Delacroix sur fond bleu-blanc-rouge est un symbole identitaire puissant dans notre imaginaire. D’autres penseront que revendiquer la liberté, l’égalité et la fraternité après un massacre est un acte fort de notre commune adhésion aux valeurs de tolérance et au refus de l’amalgame.

Richard Tassart

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