Perspectives économiques pour 2016

L’incertitude est le facteur clé d’un monde qui ne sait plus où il va. Trois économistes du FMI critiquent le néolibéralisme pour sauver le libéralisme, une sorte de critique du programme de la droite en France qui ne sait que surenchérir sur la politique libérale du gouvernement issu de la gauche dans un contexte où les institutions internationales prévoit un ralentissement prononcé de la croissance mondiale.

La Banque mondiale vient d’ajouter sa note au concert des institutions internationales qui toutes prévoient une croissance mondiale en baisse. D’après elle, la croissance mondiale ne serait que de 2,4% soit 0,5% de moins que son estimation précédente. Elle enregistre ainsi la récession en Russie, -1,2%, au Brésil, -4%, le retour de la crise de l’endettement en Argentine, le fort ralentissement de la croissance en Chine, +6,7%, qui s’ajoute à celui des Etats-Unis, +1,9% au lieu des 2,4% en 2015 et de la faible reprise en zone euro de 1,6%. L’économie française, avec son 1,5% prévu par l’INSEE se retrouve dans la moyenne des pays de la zone. Une reprise limitée due au rattrapage de la consommation des ménages par rapport aux attentats de novembre, soit 1% d’augmentation et à la faible progression des investissements. Les créations d’emplois se font principalement dans le secteur des services alors que les destructions se poursuivent dans l’industrie démontrant la poursuite du processus de désindustrialisation. Dans le même temps la déflation ne faiblit pas malgré toutes les politiques monétaires expansive dans tous les pays capitalistes développés cependant que les pays émergents connaissent une forme d’hyper inflation.

Des réponses grosses de nouvelles incertitudes

Les réponses des banques centrales sont les seules à faire preuve d’un peu d’imagination. La FED, la banque de réserve fédérale américaine, hésite à continuer dans la hausse de ses taux d’intérêt en fonction du ralentissement de la croissance américaine. Cette prudence est saluée par les marchés financiers. Le changement de sa politique monétaire aurait des effets désastreux sur toute la dette privée des pays émergents libellée, le plus souvent, en dollars. La BCE, quant à elle, accélère sa création monétaire. Le 8 juin, elle a étendu ses rachats d’actifs à la dette des grandes entreprises de la zone euro sous forme d’achats d’obligations sur le marché secondaire. Les taux d’intérêt risquent de baisser fortement sur le marché obligataire ouvrant la porte à un endettement croissant des entreprises pour… spéculer à leur tour sur les marchés financiers faute d’incitations à investir. Le marché final reste trop faible et les capacités de production inoccupées trop élevées pour favoriser l’investissement productif. La déstabilisation du marché obligataire pourrait provoquer la faillite des banques d’investissement faute de bénéfices suffisants…

La création monétaire énorme mise en place par toutes les banques centrales du monde entier et les taux d’intérêt négatifs provoquent une hausse inédite de l’endettement privé source d’inquiétude. En cas de chute des marchés financiers, de faillite bancaire la contagion de la crise sera rapide et les instruments de lutte manqueront à l’appel. La crise financière et économique sera plus profonde.

La démagogie à l’œuvre.

Cet environnement, mélange de menaces récessionistes prononcées en particulier l’énorme crise de surproduction latente en Chine, et d’ouverture des vannes du crédit qui inonde les opérateurs financiers de liquidités se traduisent par un « bunny market » comme disent les opérateurs financiers. D’habitude le marché est soit baissier, « bear », soit haussier, « bull », avec une tendance décelable. Lorsqu’il fait le « lapin » c’est qu’il ne sait plus quoi faire. Il se contente de regarder à gauche et à droite sans bouger. 

Les tendances centrifuges à l’œuvre dans l’Union Européenne accentuent l’incertitude comme la progression de l’extrême droite dans tous les pays de cette Union à laquelle s’ajoute Trump aux Etats-Unis qui montrent la débauche d’une démagogie orientant la politique vers la barbarie et la répression. Face aux politiques d’austérité qui approfondissent toutes les crises, il est temps de promouvoir à la fois la démocratie et des politique économiques qui répondent aux causes des crises…

Nicolas Béniès

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