Décès de Charlie Najman

13699960_10153913906259773_8801843543351089391_n

Je viens d’apprendre le décès de Charles (Charlie comme nous l’appelions alors) Najman le 18 juillet et c’est une grande partie de mon adolescence qui part avec lui. Il avait un an de moins que moi.

Nous nous sommes connus dans les combats lycéens des années 1971-1973 avec d’autres amis ou « ennemis » politiques. Nous avions adhéré à la même organisation politique – l’Alliance marxiste révolutionnaire, AMR. Il était le frère de Maurice, je suis le frère de Patrick. Nous n’étions qu’une poignée de lycéens dans cette organisation (peut-être nous deux, au début de 1972, quelques autres que nous fîmes adhérer arrivèrent ensuite).

Nous avions milité ensemble dans l’Affaire Guiot, en 1971 : une coordination lycéenne s’était tenue dans mon lycée, Turgot, et délégué de ce lycée, je devais prendre la parole au lycée Buffon pour appeler à une manifestation ; la coordination lycéenne reprend la proposition de Charlie, d’un sit-in au Quartier latin au moment où Gilles Guiot passe devant la cour d’appel. Charlie était un orateur convainquant qui soulevait l’enthousiasme.

A l’été 1972, il se joignit au groupe que je formais avec deux copains, après notre participation à un stage de l’AMR à Gourgas, en partance pour la Scandinavie via Avignon. Il lui fallu très vite acheter une « carte inter-rail » pour pouvoir voyager. Nous étions donc quatre dans une petite tente canadienne déjà prévue pour deux… Belles vacances, en attente de nouveaux combats.

En 1973, c’est la longue grève contre la loi Debré et nous courons les réunions et les manifs. A la fin de cette année, je suis exclu de Turgot et comme je suis dans ma seizième année, je suis orienté vers la « voie active ». Fini le lycée, au boulot. En 1974, je réussirai mon bac B en candidat libre tout en continuant à militer, mais loin des lycées et de leurs camarades.

Bien sûr, je connaissais sa mère à l’époque qu’il rendit célèbre dans son film La mémoire est-elle soluble dans l’eau ?, mais c’est surtout sa grand-mère qui me revient en mémoire maintenant, car, régulièrement, lorsque je téléphonais à Charlie chez lui, souvent c’est elle qui répondait et disait quand je demandais à parler à Charlie : « Er iz geshtarbn, Charlie » (Il est mort Charlie ») et elle raccrochait. Il fallait rappeler en espérant tomber sur quelqu’un d’autre.

Ce n’est plus la peine de rappeler.

Sylvain Silberstein

20 juillet 2016

.

En complément possible sur le blog de Robi Morder :

https://blogs.mediapart.fr/robi-morder/blog/230716/charlie-najman-annees-68-70-du-sthetel-linternationale-un-cosmopolite

https://blogs.mediapart.fr/robi-morder/blog/230716/charlie-najman-1972-1973

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s