L’impossible d’aujourd’hui, c’est le possible de demain

mai_68« L’interprétation d’Henri Lefebvre nourrit les interrogations sur les possibles de l’histoire, d’un passé encore proche et d’un avenir à construire ».

René Mouriaux dans sa préface « Un marxiste dans le siècle », présent l’auteur son parcours et le texte republié.

« La richesse de la contribution lefebvrienne va de pair avec l’absence de plan rigoureux. Le philosophe procède par coups de sonde. Menée tambour battant, l’analyse ne s’attarde pas à la précision des faits. Il tient à poser des questions, à planter des repères, sans se soucier d’expliciter ses allusions, de conduire avec précision toutes les étapes de ses raisonnements. Dans la post-face de cette réédition la valeur et la portée du texte seront interrogées par Pierre Cours-Salies et dans une table ronde. Mais trêve de métalangage, dirait Henri Lefebvre, place maintenant à l’écrit lui-même, brûlot typiquement soixante-huitard dans son inspiration politique »

Je laisse de coté des appréciations divergentes, des manques ou des points contestables. Certains seront justement discutés dans une table ronde « Prolongements… » entre René Lourau, René Mouriaux et Pierre Cours-Salies. D’autres analyses seront reprises ou prolongées par Pierre Cours-Salies dans sa postface « L’avenir reste ouvert ».

Irruption, l’événement, « L’événement déjoue les prévisions ; dans la mesure où il est historique, il bouleverse les calculs », l’explosion et l’apparition de ce qui se dissimulait, le flots de contradictions, saisir l’événement, le bruit de la dépolitisation, l’historicité, la place des conflits, méthode dialectique et méthodologie formelle, les rapports sociaux et leur élasticité, la division technique et sociale du travail…

Le besoin théorique, la réfutation pratique, les « sujets » agissants, les contradictions anciennes et nouvelles, la problématique urbaine, la complexité de la société considérée comme un tout, la transformation des rapports sociaux, complexification et conflits…

L’Etat, les rapports entre l’Etat et la société, la rationalité limitée, la destruction des anciennes distinctions et l’introduction de nouvelles séparations, communauté politique et dissociation…

« Ces temps-ci, dans la rue, dans les amphis, dans les usines, les dichotomies disparaissaient entre l’activité et la passivité, entre la vie privée et la vie sociale, la quotidienneté et la vie politique, entre la fête et le travail et leurs lieux, entre la parole et l’écrit, entre l’action et la connaissance »

La chienlit, les barricades, les usines occupées, les possibles, l’impossibilité de tracer une limite entre le possible et l’impossible, la contestation, « elle a comblé les séparations habituelles, les « en tant que » », la spontanéité, la violence, le blocage de cette rationalité prématurément identifié au réel et au possible, « la rue devenant lieu politique, c’était l’indication du vide politique dans les lieux spécialisés », stratégie et débordements, « le pouvoir hors Pouvoir », l’autogestion, « la reconstruction de la société de bas en haut, démocratie constituante et instituante dans le mouvement, à partir d’un réseau d’organismes de base où seraient présents (et non seulement représentés) tous les intérêts, toutes les aspirations, toutes les libertés », ce que la pratique sociale peut accomplir…

Les activités spécialisées-réduites-réductrices, l’autonomie, les troubles de l’ordre, la transformation possible de la vie quotidienne, les phénomènes urbains, la culture et les savoirs, les catégories et les concepts, l’art mural, « le temps ravivé scintille », l’explosion de la parole…

Les rapports de production et de propriété, des thèses et des hypothèses, pratique et théorie, le « double statut » de la connaissance (social et théorique), la contestation et l’autogestion à la fois brèche et processus possible…

Des interrogations sur les possibles, sur les bifurcations, sur le proche et l’avenir à construire…

L’événement ne vient pas de nulle part…

« La certitude aboutit au dogmatisme ; elle tend vers l’absolu à partir du relatif et porte le partiel au total »

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Le titre de cette note est emprunté à Henri Lefebvre.

mai68-1decouv1968 – 1998 – 2008

(Voir Didier Epsztajn et Patrick Silberstein : Actualité des possibles, actualite-des-possibles/)

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Henri Lefebvre : L’irruption

Anthropos 1968, réédition Editions Syllepse

http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_76_iprod_46-mai-68-l-irruption-.html

Paris 1998, 210 pages, 15,21 euros

Didier Epsztajn

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