Le temps des Lilas

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Cette tribune de lancement du collectif est parue le 8 juillet 2016 sur le site de Libération. Néanmoins, en raison de nouvelles restrictions sur leur site, certaines personnes n’ont pu en prendre connaissance. Vous retrouverez donc ce texte ci-dessous :

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Que vienne le temps des lilas…

Le 7 mai 2017 à 20h, un visage s’affichera sur les écrans, puis rien ne changera… alors qu’il faudrait tout changer. Pendant ce temps-là, les profits explosent, les inégalités se creusent – comme les découverts en fin de mois et les puits de pétrole. Un autre monde n’est plus seulement possible, il est devenu vital. Pourtant le libéralisme a conquis un à un les esprits, le repli identitaire et les folies sécuritaires gagnent chaque jour du terrain. Inlassablement, on nous répète qu’« il n’y a pas d’alternative ». La scène politique semble n’offrir aucune perspective : l’adhésion des gouvernements PS au libéralisme est totale, la droite se radicalise et le Front national semble inexorablement progresser. Quant à l’autre gauche, elle reste cantonnée à des candidatures de témoignage. Il est temps d’inventer d’autres solutions pour que l’après 2017 ne ressemble pas à aujourd’hui.

Les partis de la gauche radicale auraient dû constituer une réponse. Mais notre gauche n’est pas debout, elle est à côté. Elle reste prise malgré elle dans le « There Is No Alternative (“TINA”) ». Elle ne semble surtout plus capable d’incarner un projet qui change vraiment la vie, un véritable « rêve générale ». Au-delà de quelques mesures d’urgence et de belles déclarations de principe, on peine à savoir comment, concrètement, elle nous débarrassera de ce système économique absurde. Le TINA borne tellement l’horizon que tout ce qu’elle ose proposer, enfermée dans une posture défensive, c’est un salaire minimum un peu moins indécent dans un cadre un peu moins précaire, un temps de travail un peu réduit dans des conditions un peu moins mauvaises et quelques mesures symboliques contre les discriminations ou le changement climatique… Ce n’est pas un pansement pour enrayer l’austérité ou la crise écologique qu’il nous faut, c’est le système entier qu’il faut changer. Mettons-nous enfin au travail pour proposer vraiment autre chose !

A Madrid, Tunis, New York ou Istanbul, partout depuis 10 ans des printemps écrivent l’aspiration à une autre société. En France, la belle mobilisation contre la Loi Travail « et son monde », ses grèves, sa force et sa longévité, l’enthousiasme de Nuit Debout, la multiplication des expérimentations locales et alternatives concrètes révèlent une détermination à ne plus se satisfaire de rustines. Pour que ces mouvements ne soient pas une éruption sans lendemain, les partis politiques existants ne suffisent plus, ni même les occupations de place, aussi bouillonnantes soient-elles. Il faut construire et proposer autre chose. Si nous sommes convaincus qu’il faut changer le système à la racine, nous savons aussi que passé le temps de la mobilisation et des AG permanentes, passée aussi la course folle des présidentielles, nous aurons besoin de nous retrouver dans une organisation politique. Une organisation qui soit un instrument démocratique et efficace. Une organisation qui renouvelle les manières de débattre et de décider, qui permette au plus grand nombre de s’informer, d’agir, de décider, de désigner mais aussi de contrôler leurs représentants. Mais chaque chose en son temps.

Pour l’heure, nous proposons de réfléchir loin de cet électoralo-centrisme qui fige le paysage et de la frénésie des campagnes électorales. Si les élections de 2017 permettront de populariser des critiques du système, n’y perdons pas pour autant le besoin de réfléchir, de débattre et d’inventer. La précipitation conduit à répéter toujours les mêmes facilités, les mêmes erreurs. Les programmes à gauche ont en effet toujours le même écueil : ne jamais prendre le temps de préparer les moyens réalistes de leur application. L’expérience grecque et la défection de Syriza nous ont appris qu’il fallait être prêts à affronter chaque obstacle qui se présenterait face à nous pour maintenir l’ordre établi. Car une fois le pouvoir conquis, le plus dur reste à faire : la lutte des classes continue. De la fuite des capitaux à l’hostilité des grands médias ou l’isolement international, nous devons anticiper. Comment assurer réellement que ceux qui travaillent aient pleinement le pouvoir dans leurs entreprises ? Comment accueillir dans de bonnes conditions les migrants qui fuient les guerres, les dérèglements climatiques et la misère ? Comment relocaliser la production et changer de modèle agricole ? Comment s’émanciper des industries extractives ? Nous proposons de mobiliser les énergies pour rassembler et creuser le bien commun de la gauche, pour inventer aussi de nouvelles solutions.

Nous avons un monde à construire. Parce que nous valons mieux que celui-là. Parce que nous pouvons surtout beaucoup mieux que celui qu’on nous impose. Pour apporter notre pierre à l’édifice, pour commencer à nous organiser et mener cette réflexion, nous lançons aujourd’hui notre collectif “Le temps des Lilas”. Pour faire éclore les idées, penser le printemps et l’été. Parce que nous sommes Libres d’Inventer Les Autres Solutions.

Face au TINA découvrez « Le temps des Lilas » : retrouvez-nous dès maintenant sur www.lilas.org

#TeamLilas

Sylvie Aebischer, Alberto Amo, Alexis Cukier, Guillaume Floris, Mathilde Larrère, Frédéric Lemaire, Fabien Marcot, Quitterie Tabard, Cécile Tavan, Flavia Verri, Alexis Vilanova, Alice Vintenon.

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