La route est un ruban de lune

bullibashaUn parcours hors des sentiers battus « Pas l’Oakland de l’Amérique, mais l’Oakland de Nouvelle-Zélande » en guise de prologue. La liaison entre Bulibasha le grand-père patriarche maori et mormon et le Roi des Gitans.

Un regard affectueux, mais non sans critique, sur ce monde de tondeurs de moutons, sur ces « tribus »-familles maoris, sur la division « raciale » et les profondes inégalités de cette société nouvelle-zélandaise.

Un patriarche, une famille et de nombreux enfants, des relations de soumission, l’extension de la haine de deux hommes à la haine entre deux familles, une histoire d’amour et d’enlèvement, des sagas familiales…

La violence et pourtant la tendresse omniprésente, les règles de soumission et le respect de traditions (dans l’oubli de leur imposition par les colonisateurs et leurs missionnaires), le temps romanesque de l’éveil de soi et de la révolte de Simeon/Himiona…

« Le feu craqueta. La braise luisait. La lampe-tempête poussait son chuintement régulier. Des insectes nocturnes frappaient contre les vitres, comme s’ils demandaient à entrer »

Les courses de voiture, le travail de la tonte, la honte du crédit, les pratiques religieuses, les matchs de hockey, les chemins poussiéreux et les routes goudronnées, les codes de la pudeur, « Ce code était dicté par les principes mormons et n’avait rien à voir avec les pratiques culturelles maories », les films, la haine du savoir des un-e-s et l’aspiration à comprendre, les compétitions culturelles, le rugby, le murissement du fils puis du père, Grand-mère et ses abeilles, celui qui fait de l’ombre, les relations sœur-frère et Glory, les votes démocratiques comme bouleversement des relations intra-familiales…

Des personnages hors du commun, dont Donna Cindy et Chantelle ces autres femmes, la Grand-mère et son amour résistant…

Des moments bouleversants, la confession publique dénonçant la violence conjugale, les compétions sportives, le prix de la Toison d’or… et ce terrible dévoilement de la réalité des viols conjugaux.

Un immense roman tout en chaleur. Une saga familiale et les droits bafoués des individu-e-s et d’un peuple.

Du même auteur : La femme de PARIHAKA :

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/04/19/les-charbons-crepitaient-dans-le-feu-les-flammes-vacillantes-emettaient-une-lueur-tiede/

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Witi Ihimaera : Bulibasha

Roi des gitans

Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Mireille Vignol

Editions Au vent des iles, Tahiti 2009, 524 pages, 33 euros

Didier Epsztajn

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