« Devaquet si tu savais », 30 ans après, l’espace d’une génération !

Le mouvement contre la réforme Devaquet, c’était il y a 30 ans, l’espace d’une génération – même si pour les cohortes étudiantes le temps de la génération est plus court, le temps des études, C’est en tous cas plus que les 18 ans qui séparaient les jeunes mobilisés de la grève générale de mai et juin 1968. Retour sur l’évènement, et sur ses traces contemporaines.

« Devaquet si tu savais », c’est à la fois un slogan de manifestation (« …si tu savais ta réforme (bis) … où on s’la met… »), le titre d’un film tourné au cours et immédiatement à la suite du mouvement de 1986 – film qui sera à nouveau projeté le 1er décembre à Saint-Denis1, et l’intitulé d’une rencontre qui se veut intergénérationnelle le 3 décembre à la « Péniche du Crous2 ».

Le mouvement contre la réforme Devaquet3, c’était il y a 30 ans, l’espace de ce que les sociologues et démographes considèrent comme une génération – même si pour les cohortes étudiantes le temps de la génération est plus court, le temps des études, quelques années à peine. Trois décennies c’est en tous cas plus que les 18 ans qui séparaient ces jeunes mobilisés de la grève générale de mai et juin 1968. D’ailleurs beaucoup d’entre ces jeunes étaient des enfants de celles et ceux qui « avaient fait 68 ». Pourtant en 1986 – au départ – la grande masse se proclame « apolitique », désireuse de se distinguer de la génération précédente. Souvenons-nous des pancartes brandies alors : « 68 c’est vieux, 86 c’est mieux » ! Des observateurs furent étonnés de la transformation en « génération morale » de ce qu’ils avaient affublé quelques mois auparavant du qualificatif de « bof génération ». Comme souvent, la superficie des choses est trompeuse car si par une loi quasi-perpétuelle les « entrants » veulent se distinguer, faire mieux et prendre la place des « sortants » les continuités pèsent plus que les ruptures. Celles et ceux de 1986 ont aujourd’hui la cinquantaine, parfois bien avancée. Comment les voir, comment voient-elles et ils les jeunes d’aujourd’hui, quels héritages pour quels successeurs ?

Il est toujours surprenant de constater à quel point l’université et ses acteurs s’intéressent peu à leur propre histoire. En trente ans, pas de thèse soutenue4, quelques mémoires de maîtrise ou de master sur 1986, très peu de monographies locales, et ce toutes disciplines confondues : histoire, sociologie, sciences politiques, anthropologie, sciences de l’éducation, etc. Cela touche au-delà de la période, y compris sur 68 dans les universités, et si sur les étudiants avec le travail du Germe et de son réseau5 la situation a un tout petit peu évolué, pour les enseignants du supérieur nous ne sommes pas loin de l’inexistant. Pourtant des archives existent, les témoins sont souvent encore présents, c’est d’autant plus vrai pour le mouvement contre la réforme Devaquet, ce qui donne des possibilités de soulever beaucoup de questions, d’ouvrir des chantiers de recherche et réflexion, de récolter des témoignages, des archives, de consulter les fonds disponibles : documents écrits, audiovisuels6, d’utiliser les statistiques, de bâtir des prosopographies7 si l’on veut savoir qui étaient ces jeunes mobilisés et « que sont les étudiants de 1986 devenus ».

Retour sur l’évènement

Je retrouve des notes que j’avais prises en 1987 pour préparer un rapport, voici ce que j’avais écrit à la première ligne : « contexte, droite au pouvoir, attentats, climat sécuritaire, racisme, chômage ». En effet, en mars 1986 la droite reprend la majorité à l’Assemblée nationale, la première cohabitation s’ouvre entre le président élu en 1981, François Mitterrand, et le Premier ministre Jacques Chirac comme chef d’un gouvernement RPR/UDF (« gaullistes » et « centristes ») parmi lesquels Charles Pasqua à l’Intérieur, qui prépare un nouveau Code de la nationalité, René Monory à l’Education – qui voudrait réformer le baccalauréat, avec un secrétaire d’Etat aux universités, Alain Devaquet, tandis qu’Yves Durand, un membre de l’UNI, devenait conseiller recherche et université à Matignon8. La droite la plus ultra entend prendre sa revanche sur la « Loi Savary » de 19849 régissant l’enseignement supérieur. Jacques Chirac donne la ligne dans son discours de politique générale : « le principe d’autonomie doit être définitivement concrétisé tant à l’entrée – au moment de la sélection des étudiants – qu’à la sortie – au moment de la délivrance des diplômes. […] elle passe par une abrogation rapide de la loi sur l’enseignement supérieur de 1984 »10. Le GERUF11 entend battre le fer tant qu’il est chaud et accélérer le processus. Il fait déposer par ses parlementaires une proposition de loi promouvant l’autonomie des universités, et donc la fin des diplômes nationaux, des droits d’inscription variables, et la sélection. Quelques protestations syndicales d’usage manifestant les « inquiétudes », quelques (fortes) assemblées et manifestations dans quelques villes mais la fin mai la situation est redevenue « normale ». Le ministre Devaquet a entendu reprendre la main et dépose le 11 juillet un projet de loi qui conserve la philosophie globale de la proposition du GERUF tout en arrondissant des angles. Le calendrier parlementaire prévu est bref : au Sénat puis à l’Assemblée, en octobre cela doit être bouclé. En réalité, l’examen se fera un peu plus tard, au Sénat fin octobre, à l’Assemblée fin novembre. La France n’est pas la seule, puisque dans plusieurs pays développés le même type de réformes est en cours, sinon déjà en application récente – ils se heurteront à de fortes mobilisations également comme en Espagne, Italie, Grande Bretagne, Canada…

En à peine plus de trois semaines – du 17 novembre au 8 décembre 1986 – une marée étudiante rejointe par une déferlante lycéenne mettent dans la rue (chiffres officiels) 2 400 000 manifestants à l’occasion de plus de 1500 défilés et obtiennent le retrait du projet Devaquet. Cette victoire est noircie par la mort du jeune Malik Oussékine et des centaines de blessés victimes des violences policières, résultats d’une stratégie gouvernementale de la tension.

De « l’apolitisme » à « Chirac en s’en souviendra en 1988 »

Paradoxe, ce mouvement qui se proclame de prime abord « apolitique » entretient avec la « politique » un rapport ambivalent. Il y a en réalité attachement à une indépendance vis-à-vis de partis ou de syndicats, ces derniers sont perçus à la fois comme utiles mais on s’en tient (et les tient) à distance. La politique, au sens de citoyenneté, de vie dans la cité, elle n’est pas rejetée en son principe (que le mouvement va appliquer à sa façon) mais dans sa pratique « politicienne » telle qu’elle apparaît au plus grand nombre. Le Monde du 6 mars 1986 rapporte : « Les étudiants s’intéressent de nouveau à la politique et ils sont revenus à la gauche. Telles sont les indications majeures de ce sondage, qui marquent certainement une évolution rapide et brutale du milieu universitaire. 58 % des étudiants déclarent être « très  » ou « assez » intéressés par la politique – ce qui est nettement supérieur à la moyenne nationale : un sondage réalisé par la SOFRES, en novembre dernier, donnait 41 % pour l’ensemble de la population française ». Alors qu’en décembre 1985 51% des étudiants déclaraient s’apprêter à voter pour l’opposition de droite12 trois mois plus tard on assiste à un brusque retour à gauche13 : 50 % pour l’ensemble de la gauche, la droite (y compris les 2% FN) en vient à 26 %, les écologistes à 7%, le reste ne se situant pas. Une constante est confirmée par l’enquête : « une solide méfiance à l’égard des partis et des élections. 72 % d’entre eux ont une image négative des partis politiques – les étudiants de gauche étant encore plus sévères que ceux de droite ». D’ailleurs, les effectifs militants sont faibles. Les militants actifs ne dépassent guère un millier à la rentrée pour 1 230 000 étudiants (dont 900 000 dans les universités) là où ils se comptaient par milliers lors de la précédente grève générale de 1976 pour un nombre d’étudiants inférieur : 860 000 (dont 750 000 dans les universités)14. Difficile « d’encadrer » une telle masse ! Pourtant les militants sont considérés comme utiles, expérimentés, et on leur accorde une confiance relative pour peu qu’ils respectent les décisions et les cadres collectifs. C’est le travail militant « classique » mené depuis des mois : textes et brochures, réunions d’information, tracts, prises de parole dans les amphis et salles de TD et TP, discussions et controverses sur les tactiques, qui a porté ses fruits. Et si la « politisation » s’accélère après les 4 et 5 décembre menant en dix jours des jeunes scandant « CRS avec nous » (manifestations du 27 novembre) à une dénonciation de la répression policière et à la promesse « Chirac on s’en souviendra en 1988 » (année des élections présidentielles), c’est bien sûr que la confrontation à l’appareil d’Etat transforme les consciences, mais aussi que dans ces semaines passées en AG, commissions, discussions informelles, le jour, le soir, la nuit quand il y a occupations, les idées sont brassées, les opinions librement confrontées. La grève est bien un moment de nouvelles sociabilités comme de socialisation politique.

L’organisation du mouvement : une réinvention permanente

Comme toute grève d’étudiants ou lycéens depuis les années 68, celle de 86 est « active », avec assemblées générales, commissions, actions diverses et variées vers l’extérieur, les autres établissements ou la population. La manifestation est utilisée avec l’effet de masse accentué : là où l’on comptait les participants en 1973 ou 1976 par dizaines de milliers, on change d’échelle dans les années 1980, des centaines de milliers. L’existence de moyens de transports rapides (TGV) facilite le recours à des manifestations nationales. Les jeunes qui font 1986 ont déjà pratiqué la rue avec les marches pour l’égalité des droits (1983 et 1984), les rassemblements de SOS racisme, les manifestations pour « l’école libre », la défense de NRJ comme radio libre, etc. Manifester apparaît comme un droit naturel, ce qui rend d’autant plus stupéfiant aux yeux de ces jeunes les exactions policières.

La coordination elle-même n’est pas une nouveauté : depuis les mobilisations des années 1970 le processus demeure reproduit : les AG élisent des délégations, 5 délégués élus et révocables par université forment coordination nationale qui se dote de structures, bureaux de coordination. Mais alors que dans ces années 1970 la légitimité des coordinations était mise en cause, voire contestée parfois par des syndicats étudiants, en 1986 la force du mouvement généralisé est telle qu’aucune force politique, syndicale, aucune composante ne peut agir – du moins ouvertement – en dehors. Si des contacts informels existent entre certains et les pouvoirs publics, ils ne peuvent être qu’officieux la coordination ayant « condamné toute faculté ou association qui rencontrerait le gouvernement en dehors du mouvement »15 en même temps qu’elle mettait en place un bureau et une délégation chargée de représenter ledit mouvement sur un mandat impératif et « autolimité »16 ; le retrait pur et simple du projet. Comme préalable à toutes discussions ultérieures sur des propositions discutées dans la coordination et les commissions de réflexion.

Le répertoire d’action s’adapte au contexte. Ainsi le rapport avec la presse est bien différent de celui de 1968 : les étudiants se montrent, tiennent compte de l’impact médiatique. 68 avait les radios périphériques, 86 a le minitel (mis à disposition par Libération), les journalistes sont souvent des anciens de 6817. Et avec la privatisation annoncée ceux de TF1 notamment s’en donnent « à cœur joie » et jouent un rôle par exemple dans la dénonciation des provocations policières (« l’homme à l’écharpe jaune »). Un journaliste sera poursuivi devant les tribunaux par le ministre de l’Intérieur. La multiplication des filières « Info com’ » permet à leurs étudiants d’animer les « commissions media » certains journalistes y font leurs premières armes.

Les effets de 1986

Beaucoup de ceux qui ont commencé à s’engager cet automne-là ont continué dans les associations, syndicats, partis. Pour beaucoup d’autres déjà militants ce fut aussi un moment refondateur. Le slogan « Plus jamais ça », signifie autant plus jamais de violence ni d’assassinat18, comme la volonté de renouveler, de recomposer la vie politique. En vérité le résultat fut moins le renouvellement de la vie politique que le rajeunissement/rafraichissement des structures traditionnelles. Ce qui est certain, c’est que comme leurs prédécesseurs, de plus en plus salariés à la suite de leurs études, ces étudiants et lycéens ont renouvelé les répertoires d’action du mouvement social. Dès 1986 coordination cheminots, et en 1988/1989 coordinations infirmières, instituteurs… secteurs qualifiés et formés dans l’enseignement post-baccalauréat. On en retrouve encore aujourd’hui beaucoup dans les associations, le mouvement syndical. Quand au champ politico-syndical étudiant, 1986 n’en bouleverse pas la structuration, les Etats généraux de mars 198719 ne débouchent pas sur une « grande UNEF » s’appuyant sur les nouvelles couches engagées. 1986 confirme et accélère des processus en cours, l’UNEF ID consolide sa première place. Mais au sein de toutes les formations la préoccupation d’autres formes de militantisme, d’un rapport autre que la traditionnelle « délégation de pouvoir » se manifestent.

Si le mouvement étudiant n’a pas réussi à passer du refus d’un projet à la défense d’alternatives, ce fut un « mouvement autogestionnaire balbutiant », en tout état de cause, le mouvement Devaquet a eu un effet sur les politiques universitaires. C’est la dernière tentative de sélection à l’entrée en faculté, et le début d’une nouvelle vague de massification que le gouvernement de gauche après 198820 va cette fois-ci accompagner et encourager (Plan université 2000 notamment). Il y avait 863 000 étudiants dans le supérieur en 1976, 1 040 000 en 1981, 1 230 000 en 1986 soit à chaque fois 200 000 de plus tous les 5 ans. En 1991 on en comptera quasiment 500 000 de plus (1 700 000) et encore en 1996, 450 000 supplémentaires (2 150 000 étudiants)21. Qu’en trente ans par touches successives, sectorielles, « l’autonomie » ait gagné les esprits (à commencer par les présidents d’université) et les structures, que la valeur nationale des diplômes multipliés devienne un leurre, qu’une moitié des effectifs du supérieur soit dans les filières sélectives rappelle que rien n’est jamais acquis. Mais sans 1986, au cours de ces trente années, des millions de jeunes n’auraient pu faire des études supérieures, ni transformer avec leurs nouvelles qualifications et compétences le monde du travail.

Moments fondateurs et refondateurs.

Toutes les mobilisations étudiantes ne « restent pas » dans l’histoire au même titre. Les seules mobilisations étudiantes réduites à leur champ, ou à leur territoire sont en règle générale « oubliées ». 1968 demeure non parce que ce fût un mouvement étudiant en soi, mais par la crise sociale, politique, par la grève générale de millions de salariés dont les manifestations étudiantes furent non la cause mais le point de départ. Plus tard le CPE restera une référence avec une nouvelle victoire, étudiante et intersyndicale, sur le code du travail.

1986 demeure également une référence de par les millions d’étudiants et lycéens mobilisés au contact avec les personnels, les parents (eux-mêmes salariés pour la plupart, et ayant « fait » 68), et par la victoire obtenue avec le retrait du projet de lui, première fois depuis 68 que le mouvement étudiant obtenait un tel recul clair et net du pouvoir. La mort de Malik Oussékine reste dans les mémoires22. L’on parlera même du « syndrome » 1986 pour évoquer la peur qu’ont les gouvernements des mobilisations de jeunes.

Si le gouvernement a reculé, c’est que la crise étudiante était en train de devenir crise politique, avec danger de crise sociale. Crise politique car le gouvernement et la majorité commençaient à se déliter, chaque composante, chaque ministre jouant sa propre carte. Quant à la situation sociale, dans les entreprises, les salariés commençaient à regarder le mouvement étudiant avec plus que de la sympathie. Rappelons que Chirac (comme Balladur) étaient avec Pompidou à Grenelle en 68, et que la crainte de jonction étudiants/salariés demeure pour eux constante. Le retrait du projet Devaquet en 1986, puis le retrait du CIP23 en 1994 doivent quelque chose à cette expérience. Le développement du mouvement des cheminots dès le 18 décembre 1986 rendait a posteriori la crainte justifiée. 1968 n’était finalement pas si loin…

Robi Morder, 25 novembre 2016

Publié sur Médiapart

https://blogs.mediapart.fr/robi-morder/blog/241116/devaquet-si-tu-savais-30-ans-apres-lespace-dune-generation

*****

1er décembre, projection de Devaquet si tu savais

Avec l’association « Sciences-Pop » de Saint Denis, projection du film Devaquet si tu savais(1988) suivi d’un échange avec :

  • Francis Kandel, réalisateur avec Franck Schneider de Devaquet si tu savais.

  • Robi Morder  Président du Germe, Chargé d’enseignement en droit et sciences sociales à l’UVSQ

  • Karel Yon, Sciences-Pop Saint-Denis, Chargé de recherches CNRS en sociologie à Lille 2

  • Et Annouk Colombani, Solidaires étudiant – e – s de l’université Paris 8

(télécharger l’invitation, PDF)

30 ans de luttes contre la privatisation de l’Université Que nous apprend le mouvement étudiant contre le projet Devaquet ? (1986)

En 1986, le ministre Alain Devaquet présente un projet de réforme de l’université. Ses maîtres mots : sélection, hausse des droits d’inscription, autonomie. Déjà le vent libéral se levait. Mais en moins de quatre semaines, du 17 novembre au 10 décembre 1986, une puissante grève générale étudiante et lycéenne obligeait le gouvernement à retirer son projet et ceux qui allaient suivre, comme celle du Code de la nationalité. Il a fallu pour cela – malgré la répression qui fit des centaines de blessés et l’assassinat de l’étudiant Malik Oussékine – que le mouvement s’organise en Assemblées générales, élisant des délégués et des coordinations, forçant à l’unité toutes les organisations autour de ses revendications, s’adressant à la population toute entière, évite les pièges des provocations gouvernementales et de la division.

Dans d’autres pays d’Europe et d’Amérique, au même moment des réformes similaires ont suscité des mobilisations : Mexique, Espagne, Italie, Canada.

D’autres combats ont été menés depuis, avec des victoires contre le « SMIC jeunes » en 1994 ou le Contrat première embauche en 2006, mais aussi des échecs. Si la réforme Devaquet a été la dernière tentative de réforme sélective globale de l’université, en trente ans, par petites touches, morceau après morceau, insidieusement la logique libérale sape les bases du service public.

Revenir sur 1986 permet de penser la résistance sociale en 2016. Comment s’est véritablement constituée l’auto-organisation des étudiants ? Quelles revendications ont permis de gagner ? L’indépendance vis-à-vis des partis politiques ? La place des syndicats ? Comment le lien s’est-il fait avec le monde du travail ? Qu’est-ce qui a changé ces 30 dernières années ?

La Cité des mémoires étudiantes, le Groupe d’études et de recherches sur les mouvements étudiants (GERME) et Sciences POP vous invitent à en débattre à l’occasion de la projection du documentaire « Devaquet, si tu savais ».

Cinéma l’Ecran 14 Passage de l’Aqueduc, 93200 Saint-Denis

Le film :

« Décembre 1986, un mouvement de grève d’étudiants et de lycéens, le plus important depuis Mai 1968, obtient le retrait du projet de la loi Devaquet sur l’enseignement. En trois semaines, des centaines de milliers de jeunes mobilisés autour d’une seule revendication, ont fait plier un gouvernement intransigeant et maladroit. Jour après jour, le film retrace le fil des événements de ces semaines de grève. Ce documentaire n’a pas la prétention de tout dire ni de tout expliquer, mais de rappeler ce que certains aimeraient oublier… »

A voir ou revoir, entre les 8èmes journées archives et mémoires étudiantes des 17-19 novembre et la rencontre du 3 décembre.

 

Il y a trente ans « Devaquet si tu savais », Rencontre coorganisée à l’initiative de l’AAUNEF, de la Cité des mémoires étudiantes et du Germe, évènement préparé par un comité d’organisation* avec les anciens acteurs du mouvement de 1986. Après l’accueil à 14 h par Céline Martinez (AAUNEF), Jean-Philippe Legois (Cité des mémoires étudiantes) et Robi Morder (Germe) qui introduira par une synthèse, s’ouvrira la table ronde avec cinq grands témoins, les porte-paroles et membres de la coordination nationale étudiante et les présidents des deux UNEF de l’époque: David Assouline, Philippe Darriulat, Patrice Leclerc, Isabelle Thomas, Sylvia Zappi, et la participation de la présidente de l’Unef. Les échanges se poursuivront ensuite après 17 h autour d’un pot convivial

Pour diffuser l’annonce, télécharger ici le PDF. et vous pouvez utiliser l’image jpeg pour vos sites, lettres et courriels.

ATTENTION : Pour des raisons d’organisation les inscriptions doivent être faites avant le 30 novembre. Lien d’inscription ici

Texte de présentation :

En automne 1986, contre le projet de réforme Devaquet, une grève générale et des manifestations ont rassemblé des centaines de milliers d’étudiants et de lycéens.  Initiée par les militants  de tous syndicats, organisé de manière démocratique en assemblées générales, coordinations, un mouvement étudiant  gagnait pour la première fois depuis 1968 sur son objectif : le retrait du projet de réforme.

1986 a marqué l’histoire universitaire comme l’histoire politique de la France.  Depuis plus aucun gouvernement n’a porté un projet global de sélection à l’entrée de l’université.

Ce mouvement a  marqué une génération : pour des dizaines de milliers de jeunes ce fut le moment d’un engagement durable, poursuivi dans leurs professions, les associations, syndicats, partis, sous des formes diverses mais toujours au nom des valeurs d’égalité, de liberté, de démocratie et d’émancipation.

Ce fut aussi un moment de fraternité, les liens noués dans les AG, les manifestations, dans les nuits d’occupation ont souvent généré des amitiés nouvelles et durables. La mémoire de Malik Oussékine, frappé à mort par les forces de répression le 6 décembre 1986 fait partie de ce ciment.

1986 demeure toujours une référence dans les mouvements étudiants. 30 ans après, réunis à l’initiative de l’AAUNEF, de la Cité des mémoires étudiantes et du GERME, nous aurons le plaisir de nous retrouver le 3 décembre 2016.  Nous entendons évoquer tant l’histoire de ce mouvement et ouvrir une discussion avec les générations d’aujourd’hui.

L’initiative est préparée par un Comité d’organisation comprenant les trois associations: AAUNEF, Cité des mémoires étudiantes et Germe avec des anciens de 1986, non-syndiqués ou de diverses sensibilités et courants de Paris et province : Philippe Berthelot, Philippe Campinchi, Amandine Escherich, Frédéric Genevée, David Huynh, Daniel Goldberg, Ioanna Kasapi. Jean-Philippe Legois, Didier Leschi, Malik Larabi, Céline Martinez, Robi Morder, Emmanuel Porte, David Rousset, Sylvie Scherer, Georges Terrier, Sylvia Zappi.

1 Au cinéma l’Ecran à Saint Denis, avec la Cité des mémoires étudiantes, le Germe et Sciences-pop Saint-Denis. http://www.germe-inform.fr/?ai1ec_event=devaquet-si-tu-savais-le-film-projection&instance_id=143

2 Rencontre à l’initiative des Anciens de l’UNEF, de la Cité des mémoires étudiantes et du Germe avec un comité d’organisation « d’anciens » de 1986. http://www.germe-inform.fr/?ai1ec_event=il-y-a-30-ans-devaquet-si-tu-savais&instance_id=140

3 Pour aller plus loin, sur le site du Germe un dossier avec des liens vers des articles, documents, chronologie, bibliographie… http://www.germe-inform.fr/?p=2614

4 Une thèse est en cours depuis 2014, menée par un retraité.

5 Groupe d’études et de recherches sur les mouvements étudiants, réseau pluridisciplinaire de chercheurs formé en 1995.

6 La Cité des mémoires étudiantes est l’unique structure spécialisée en la matière même si les fonds sont bien sûr dispersés et diversement localisés, ce qui justifie des partenariats. Elle vient de tenir ses 8emes « journées archives et mémoires étudiantes » consacrées principalement à 1986, les trente ans sont l’occasion de récolter archives, photos, films, témoignages. http://www.citedesmemoiresetudiantes.org/

7 Etudes en série de biographies d’individus et militants permettant de constituer des corpus et d’étudier les trajectoires collectives éventuelles.

8 L’UNI, Union nationale inter-universitaire, vise à rassembler étudiants et professeurs en tant que droite universitaire. Elle a été fondée en 1969.

9 Ministre de l’Education nationale dans le gouvernement Mitterrand-Mauroy, Alain Savary avait mené une réforme de l’enseignement supérieur et avait échoué dans sa réforme relative à l’enseignement privé.

10 Discours de politique général de Jacques Chirac à l’Assemblée nationale, 9 avril 1986.

11 (Groupe d’étude pour la rénovation de l’université) réunissant un certain nombre de parlementaires, professeurs, soutenu par l’UNI.

12 L’Etudiant, janvier 1986.

13 Le Monde 6 mars 1986

14 Antoine Prost et Jean-Richard  Cyterman, « Une histoire en chiffres de l’enseignement supérieur en France », Le Mouvement social, 2010/4.

15 Coordination du 2 décembre 1986.

16 Michel Dobry, entretien, « La fragilité d’un mouvement autolimité », Politix n° 1, 1988.

17 Marc Coutty, ancien des JCR et du CAL Turgot, est alors journaliste au Matin de Paris, Gérard Courtois du Monde est un ancien rédacteur d’un journal local du 14ème arrondissement.

18 Les deux voltigeurs directement impliqués dans la mort de Malik Oussékine ont été jugés pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et condamnés le 27 janvier 1990 à deux et cinq ans de prison avec sursis. Les pelotons voltigeurs motocyclistes (PVM) sont dissous de fait. Sur les autres victimes la Ligue des droits de l’Homme a constitué une commission d’enquête qui a publié ses conclusions en 1988. Le Sénat et l’Assemblée nationale ont respectivement formé une commission d’enquête dont les rapports ont été publiés.

19 Décidés par la dernière coordination nationale des 11/12 décembre 1986, ils se tiendront à Saint Denis en mars 1987, avec des délégations représentant 15 000 étudiants ayant participé aux assemblées locales. En sortiront des 17 commissions une série d’analyses et de propositions.

20 Les élections présidentielles et législatives ramènent la gauche au pouvoir.

21 Il faut bien sûr sortir des grandes masses et aller dans le détail, selon les filières, hors de l’Université, car il y a massification et diversification, ainsi que féminisation. Voir Antoine Prost, Jean-Richard Cytermann, « Une histoire en chiffres de l’enseignement supérieur en France », Le Mouvement Social 2010/4 (n° 233).

22 Une commémoration est prévue le 6 décembre devant la plaque apposée en 2006 rue Monsieur le Prince.

23 Contrat d’insertion professionnelle, réduisant garanties et rémunérations des diplômés du supérieur dans la « Loi quinquennale » pour l’emploi du gouvernement Balladur de la deuxième cohabitation.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s