Nouveautés Jazz (décembre 2016)

Un grand pianiste

imageFred Hersch. Le nom devrait suffire pour dire le contenu. Un pianiste contemporain qui sait tout du jazz. Monk, Bud Powell, Bill Evans bien sur se donnent rendez-vous. Au-delà de toutes ces influences, perceptibles dés le premier thème dans cet album, « The Fred Hersch trio, Sunday night at the Vanguard », tout l’art du trio est magnifié. Il a choisi un batteur né dans le jazz et qui a grandi avec son père, saxophoniste alto, Éric McPherson pour alimenter sa propre création. John Hébert, contrebassiste, joue aussi sa partie pour construire un son d’ensemble. Le trio fonctionne. Et pour cause, ils tournent depuis 7 ans

Au Vanguard, petit club mythique de New York, les musiciens se sentent à leur aise face à un public averti qui répond à chaque sollicitation, à chaque citation. L’air qu’on respire est un air de jazz. Fred Hersch comme ses compagnons y est sensible. Ce lieu oblige les musiciens à se dépasser.

Cet album en fait la démonstration une nouvelle fois. Le trio ne se refuse aucun entrée, free jazz, musique contemporaine le tout construit pour servir le talent du pianiste qu’il faut suivre dans « Serpentine ». Le batteur peut tout faire, c’est une garantie.

Des compositions de Monk à celles de Hersch lui-même en passant par les standards comme celui qui ouvre l’album : « A cockeyed optimist », une composition de Rodgers and Hart pas très connue ou « The Peacocks » de Jimmy Rowles enregistrée par Stan Getz.

Un album à ne pas rater. Fred Hersch fait preuve d’une maturité joyeuse en s’ouvrant à tous les styles qui cohabitent curieusement dans les jazz d’aujourd’hui.

« Fred Hersch trio, Sunday night at the Vanguard », Palmetto distribué par Berthus.

Quand un pianiste rencontre un guitariste…

quintindujarin_ivanpaduart_catharsis_albumIls se racontent des histoires diverses permettant de se libérer de leurs traumatismes ou de se purifier comme le public assistant à leur concert ou à cet auditeur inconnu qui essaie de se délivrer du monde par le biais de retrouvailles – pour reprendre les titres des deux premiers thèmes composés respectivement par le pianiste, Ivan Paduart et le guitariste, Quentin Dujardin. « Catharsis » nous proposent-ils. Titre de cet album pour attirer notre attention soit sur Aristote qui parlait d’un « effet de purification » ou sur Freud pour indiquer une décharge émotionnelle libératrice, soit dans les deux cas quelque chose qui s’apparente à la relation entre les auditeurs et les musiciens. L’effet produit est de l’ordre de la communion.

Les musiques convoquées partent de tous les sens et sont ordonnées pour créer un espace spécifique de rencontres. Il faut dire que les talents réunis de Bert Joris à la trompette, de Olivier Ker Ourio à l’harmonica n’y sont pas pour rien. Richard Bona ajoute un grain de sel inutile à « Catharsis » justement et Manu Katché est un grand batteur mais de rock, un batteur de jazz aurait été préférable pour donner de l’élasticité à ces musiques.

Ces réserves mises à part, cette rencontre entre le pianiste et le guitariste – que plus de 10 ans séparent – prend une forme de réussite. Le charme opère. Ivan Paduart montre ce qu’il doit à Bill Evans via Fred Hersch – auteur des notes de pochette – tandis que le guitariste ouvre le jeu par des références multiples qui sortent du cadre strict du jazz encore que Pat Metheny ou John McLaughlin ne sont pas loin.

N’hésitez pas. Entrer dans cette catharsis nécessaire face à l’angoisse d’un monde qui n’a plus vraiment de repères.

« Catharsis », Ivan Paduart et Quentin Dujardin, Mons Records.

Nicolas Béniès

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s