Colonie

(Siège des Nations Unies – New York 10017 – État de New York – Etats-Unis – 27 Décembre 2016)

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On peut entendre par colonie un ensemble de personnes issues d’une même région, d’une même province, et tissant entre elles des liens d’amitié lorsqu’elles ont émigré vers la capitale. On parle ainsi d’une colonie bretonne ou auvergnate à Paris, d’une colonie corse à Marseille à Nice.

Le mot peut encore désigner le regroupement de nombreux animaux de la même espèce vivant côte à côte de façon permanente sur un territoire fixe, par exemple les manchots de l’Antarctique ou les fous du Cap de-Sizun, dans le Finistère. Voire l’ensemble des abeilles habitant une ruche ; elles y ont leur reine et leurs ouvrières, et à la saison chaude, leurs mâles et faux bourdons.

Beaucoup plus désagréable, un groupe de microbes, une colonie bactérienne que les microbiologistes savent identifier par leur aspect et leur réaction face aux différentes colorations de laboratoire, comme celle de Gram.

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Il existe aussi des colonies de vacances, celles que chantait Pierre Perret.

Et, moins recommandées, des colonies pénitentiaires, tels que les bagnes ou les établissements destinés à la réhabilitation de la jeunesse délinquante.

Vous le constatez, le terme recouvre beaucoup de choses. Mais toutes celles-ci n’ont rien à voir avec le colonialisme, cette lèpre que l’on pensait disparue au tournant des années 60 du XXe siècle avec la fin des empires coloniaux.

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Le colonialisme est une idéologie qui justifie pour un État l’extension de sa souveraineté sur des territoires situés en dehors de ses frontières, qu’ils se les soient annexés par la guerre ou tout autre moyen. Les historiens l’indiquent volontiers, le colonialisme et le racisme se nourrissent mutuellement, pour ne pas dire que l’un ne va pas sans l’autre.

La question ressurgit aujourd’hui dans l’actualité, bien que déjà très ancienne puisque dans moins de six mois, elle aura maintenant 50 ans. Date de naissance : le lendemain de la Guerre des Six-Jours. La guerre avait duré six jours, mais la colonisation, cette autre forme de guerre, dure elle depuis près de 50 ans.

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Le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté le 24 Décembre, par 14 voix pour et une abstention, une résolution réclamant de l’État d’Israël la fin de la colonisation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie, baptisés depuis 1967 « territoires occupés » par les traités internationaux et les différentes résolutions de l’ONU.

En quoi consiste cette colonisation ? Les colonies sont des établissements, des villages, construits par les différents gouvernements israéliens et peuplés de citoyens israéliens sur les territoires conquis par la guerre de 1967. Ces territoires ne font pas partie des frontières internationalement reconnues, celles de la création de l’État d’Israël en 1948.

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La communauté internationale dans son entier, mis à part tous les gouvernements israéliens successifs depuis 50 ans, considère qu’elles sont un obstacle majeur à la paix, pour ne pas dire l’obstacle, le seul.

Combien de colons peuplent ces implantations illégales au regard de la loi internationale ? Près de 400 000 en Cisjordanie. Plus de 200 000 à Jérusalem-Est. Les colonies implantées dans la bande de Gaza ont été évacuées en 2005, avec la probable arrière-pensée du Premier Ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon, d’y laisser s’y installer un Hamasland, variété de bantoustan, véritable abcès de fixation propre à toutes les provocations, à l’affrontement et au refus de deux états.

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Les colons sont la plupart du temps des nationalistes religieux, revendiquant de vivre dans les « terres bibliques » de Judée et Samarie, dénomination illégale en droit international donnée par Israël aux territoires occupés de Cisjordanie.

Que dit la loi internationale à cet égard ? Les Nations Unies considèrent ces colonies de peuplements comme illégales. Elles l’ont affirmé à plusieurs reprises, notamment par la résolution 446 du Conseil de Sécurité, en 1979. Une nouvelle résolution, la 465, en 1980, réaffirmait à nouveau qu’elle « déplorait vivement qu’Israël persiste et s’obstine dans une politique qui fait obstacle à l’instauration d’une paix d’ensemble juste et durable au Moyen-Orient ». C’est pratiquement mot pour mot ce que l’on retrouve dans la nouvelle résolution, la 2334 adoptée le 24 Décembre.

La Convention de Genève interdit formellement à toute « puissance occupante de déporter ou transférer une partie de sa population civile dans les territoires qu’elle occupe ». C’est ce qu’ont pratiqué depuis 50 ans tous les gouvernements israéliens successifs.

Vous allez nous dire, tout ceci fait beaucoup de violation de la légalité internationale. En d’autres temps, à d’autres endroits, en Afrique du Sud, au Koweït en 1990, au Kosovo en 1999, des formes équivalentes de colonisation avaient été également interdites et la chose n’avait pas traîné. Sanctions commerciales, gel des avoirs à l’étranger des dirigeants incriminés, jusqu’au dernier recours, la force militaire.

La question est aujourd’hui posée de celle de deux poids et deux mesures. Comment un État, dirigée par des gouvernements qui violent la légalité internationale, peut-il échapper aux sanctions, sans aller jusqu’à des formulations militaires, au moins diplomatiques, culturelles et économiques ?

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Visage fermé et regard des mauvais jours, Benjamin Netanyahu, le Premier Ministre israélien, a attendu la fin du shabbat pour répondre.

Texte « biaisé », « insignifiant », « absurde », plus encore « honteux » et pire « anti israélien ». « L’ONU condamne la seule démocratie du Proche-Orient ! »

Convocation des ambassadeurs en Israël des différents pays ayant voté la résolution, gel des cotisations à 5 institutions de l’ONU. Voici les premières réponses.

« Nous ignorerons cette résolution ». « Elle n’entamera pas la nôtre. Nous poursuivrons nos implantations ». « C’est là le chant du cygne du vieux monde hostile à Israël. Donald Trump inversera tout cela ».

Méfiance envers un président presque noir, dont il est dit, de plus, qu’il aurait des ascendants musulmans. C’est bien compréhensible !

« C’est une version moderne du procès du capitaine Dreyfus » a rajouté Avigdor Lieberman.

Avigdor Lieberman est le bras droit et le Ministre de la Défense de Benjamin Nétanyahou. Il a déshonoré la mémoire du Capitaine. À ce probable illettré, il serait bon d’indiquer que si Émile Zola vivait aujourd’hui, son « J’accuse » serait pour dénoncer la politique du gouvernement israélien vis-à-vis du peuple palestinien.

Ce que ne peuvent pas voir ou ne veulent pas voir ces deux fanatiques extrémistes, c’est que la colonisation est l’obstacle à la solution à 2 États et qu’elle signifie donc la guerre toujours recommencée, car un Peuple, palestinien comme tous les autres, ne peut se résoudre à rester sans État.

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La conclusion la plus évidente est que pour que surgisse en Israël un Frédérik de Klerk celui qui, en Afrique du Sud, en 1991, avait entamé les réformes qui mirent fin à l’apartheid et libéré Nelson Mandela du bagne de Robben Island, pour que surgisse ce type de dirigeant, il faut impérativement décréter des sanctions économiques. Le boycott en serait une variante.

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Jean Casanova

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