Les oligarques font leur shopping

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Deux extraits de la préface : Dans les prisons invisibles de l’argent

  • « Dans ce rapport Les oligarques font leur shopping, Reporters sans frontières (RSF) dévoile un phénomène mondial, l’accaparement de groupes de médias d’information entiers, quand ce n’est pas de paysages médiatiques tout court, par des personnalités dont l’intérêt pour le journalisme est secondaire par rapport à la défense de leurs propres intérêts, ceux que l’on appelle les « oligarques ». Ils achètent non pas pour élargir le pluralisme mais pour étendre le champ de leur influence ou celle de leurs amis. »

  • « Dénouer les entrelacs de prises de participations, mettre au jour les accointances familiales ou politiques, révéler les inflexions subites de lignes éditoriales, démontrer les usages déloyaux de la puissance médiatique, c’est le travail qu’a entrepris RSF à propos des propriétaires richissimes, qui ont un talent consommé pour défendre leurs avantages personnels et ceux de leurs amis. Défendre l’exercice du journalisme face à toutes les menaces, y compris celles de l’argent, c’est la raison d’être de notre organisation. »

Sommaire

Dans les prisons invisibles de l’argent

Puissances masquées au service des pouvoirs

En Turquie, en Chine, en Russie, en Inde, de nouveaux empires médiatiques voient le jour, souvent avec la bénédiction des pouvoirs politiques. Leurs propriétaires exercent un contrôle strict sur l’information, qu’ils mettent au service des pouvoirs politiques.

Ces oligarques dévoués au Kremlin

Les années folles du capitalisme russe ont généré cette poignée d’élus qui a bénéficié des privatisations, y compris dans le secteur des médias. Depuis l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine, ces empires ne peuvent survivre qu’à une condition : une fidélité absolue au Kremlin.

Un homme politique peut-il être un patron de presse comme les autres ? Comment peut-on être à la fois acteur et observateur prétendant à l’objectivité de la vie publique ? Le conflit d’intérêts entre activité politique et propriété d’un média devrait relever de l’évidence. Pourtant ces cumulards existent aussi dans les grandes démocraties occidentales et leur particularité est d’assumer. Exemples en Europe, au Canada et au Brésil.

Le fait du prince

Dans le monde arabe ou en Inde, des dynasties princières ou industrielles ont acquis ou créé de toutes pièces des empires médiatiques, au seul service de leur gloire et prestige. Un mélange des genres dont la première victime est souvent l’indépendance des journalistes, au profit d’une autocensure institutionnalisée.

Que cherchent les nouveaux empereurs de l’info ? Ils sont financiers, magnats des télécoms, grands industriels ou « enfants du Net » qui ont fait fortune dans les nouvelles technologies. Les nouveaux oligarques ont pour point commun d’être suffisamment riches pour se payer les fleurons de la presse internationale. Mais dans quel but ? Pour gagner encore plus d’argent, disent les uns. Pour les sauver de la faillite, disent d’autres. Mais peut-on leur faire confiance ? Exemples en France et aux États-Unis.

Euronews : le sauveur venu du Caire

En juillet 2015, le multimilliardaire égyptien Naguib Sawiris a racheté la chaîne de télévision Euronews, la « voix de l’Europe ». Troisième fortune de son pays, à la tête d’Orascom, le principal opérateur téléphonique égyptien, mais aussi présent dans les mines d’or, l’hôtellerie et les BTP, Sawiris ne cache pas sa proximité avec le régime du maréchal Al-Sissi, avec qui il partage l’objectif d’en finir avec les Frères musulmans. « Nous voulons être entendus et conseiller le régime », explique-t-il.

Ces multinationales qui contrôlent la presse

La tendance mondiale est à la concentration des entreprises médias. Aux États-Unis, six groupes seulement contrôlent 90 % des médias. L’Europe prend cette voie et vit un grand mercato médiatique : des opérateurs nationaux qui changent de mains, des fleurons des médias rachetés pour une bouchée de pain, des groupes qui fusionnent… Fil rouge de ces grandes manœuvres : une course effrénée au contrôle du processus de production et de la diffusion des médias de demain.

Les Grecs défient le diploki

Ils sont industriels, grands armateurs, propriétaires fonciers, banquiers… En Grèce, une poignée de « grandes familles » règne depuis des décennies sur l’économie et la politique du pays. Leurs rejetons sont aussi bien trop souvent les principaux actionnaires des médias privés du pays. Un système incestueux que les Grecs appellent le « diploki » (imbrication), et à qui le Premier ministre Alexis Tsipras a déclaré la « guerre ».

Tabac, médias, mafia

En Bulgarie, l’oligarque Delian Peevski, leader dans la production de cigarettes, a créé un empire médiatique de l’ombre afin de mieux intimider ses détracteurs. Malgré les accusations de corruption et de conflits d’intérêts, les Peevski sont des faiseurs de rois à Sofia.

Les nouveaux défis de l’indépendance

La campagne RSF en images

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Reporters sans frontières : Médias, les oligarques font leur shopping

Télécharger le document : oligarques_medias_rsf

2016, 60 pages

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En complément possible :

Henri Maler : Le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences, le-droit-a-linformation-ses-conditions-et-ses-consequences/

La revue Médiacritique(s), : revue/mediacritiques/

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