Rattrapage 2016 (suite) sur quelques cd de Jazz

Faites du bruit, mais en rythme.

17-folmer-nicolas_horny-tonk-extperience_w-97c1aNicolas Folmer, trompettiste et compositeur a constitué « The Horny Tonky Expérience », les excités du bastringue pour une traduction approximative, pour une sorte de retour aux sources de sa proche jeunesse, le jazz-rock, celui de Miles Davis souvent et un peu « Weather Report », une musique qui sait ce que tapage organisé veut dire. Une musique de la danse – il faut remarquer que ce retour vers le corps est une constante chez les compositeurs d’aujourd’hui, un bonne chose – avec ce qu’il faut de two beat et de balancement joyeux.

Dans le même temps, le retour aux choses simples, à la terre, au vent, au safari pacifique, à Pangea – Le titre d’un album de Miles Davis, le nom d’un continent -, au vent, au soleil et au reste.

Avec ce groupe, Laurent Coulondre aux claviers, Damien Schmitt à la batterie, Julien Herné à la basse, Olivier Louvel à la guitare, mandoline et Antoine Favennec aux saxophones, Nicolas Folmer a beaucoup tourné, l’album venant clôturer le répertoire. Un album réussi même si l’esthétique un peu répétitive pourrait lasser. Intelligemment, il a limité à 7 le nombre de thèmes. En fait, deux albums se succèdent. Le premier propose les versions longues, le second les versions revues et corrigées pour la radio. Je ne sais si le procédé marchera, si les programmateurs de radio auront la bonne idée de jeter une oreille sur cette musique – ils devraient, elle a tout pour être populaire, une musique moderne de guinguette – mais je souhaite qu’elle connaisse le succès.

« Nicolas Folmer & The Horny Tonky Experience », Cristal Records distribué par Harmonia Mundi.

Voyages sans visa.

22-grimmonprez-thomas_trio_kaleidoscope_w-7ba2dThomas Grimmonprez est batteur d’abord et longtemps il l’est resté. Depuis quelques temps, il s’est fait compositeur vagabond traversant les genres, les mesures, les cadences pour, sans doute, se trouver ou retrouver des sensations, des plaisirs, des douleurs qui l’ont transformé.

« Kaléidoscope » porte bien son titre, les climats changent d’une composition à l’autre. A l’auditeur de reconstruire le puzzle pour trouver une trajectoire qui sera différente de l’une à l’autre. Chacun-e apportant sa propre expérience, ses propres sensations et émotions à celles qui sont ici proposées.

Le trio fonctionne malgré l’utilisation d’un instrument souvent trop bavard, le fender rhodes. Il faut reconnaître à Jérémie Ternoy une volonté de le dompter pour lui faire dire ce qu’il faut et pas plus dans l’optique des rythmes impulsés par le batteur. J’avoue que je le préfère au piano où sa sobriété parlante, élégante qui dit son amour de cet instrument – et un peu de Keith Jarrett mais pas trop – au service des ambiances successives, voyages vers des contrées étranges. Christophe Hache, à la contrebasse, arrime les deux autres, une nécessité pour permettre les envolées vers la terre.

Les titres indiquent eux aussi des étapes comme ce « Rain Dance », référence à la fois aux nations amérindiennes – les « natives lands » pour parler comme aux Etats-Unis – et au film « Rain Man ». Là c’est peut-être moi qui extrapole… Pour dire qu’un album qui commence par « Morning Running » et se termine par « Unspoken » laisse de la place à notre imagination tout en interrogeant notre monde étrange victime de la maladie d’Alzheimer. Thomas Grimmonprez essaie de ne rien oublier, sa batterie l’aide pour construire des environnements propices aux itinéraires téméraires.

« Kaléidoscope », Simon Grimmonprez, Circum Disc.

Chansons réelles ?

olivier-hutman-meets-alice-ricciardi-633Lorsqu’un pianiste compositeur rencontre une chanteuse, italienne de surcroît, de formation classique et de jazz – plus tard comme il se doit – sur des paroles de la compagne du pianiste ça donne un album au titre étrange sans doute pour interpeller un monde plus étrange encore « Is It Real », est-ce réel ? Une interrogation de chaque instant devant les bouleversements dont nous sommes souvent les spectateurs.

Les textes s’appuient sur des musiques qui se veulent simples – quelque fois un peu trop sans aspérités et sans souffle – pour permettre les improvisations des participants, de ceux qui racontent des histoires courtes et là quelques réussites émergent donnant à la chanteuse la possibilité de se mettre en valeur. Il arrive que, à force de vouloir coller trop de musiques diverses, l’auditeur perde le fil qu’Ariane ne leur tend plus.

Le pianiste/compositeur, Olivier Hutman, la chanteuse Alice Ricciardi, le saxophoniste Olivier Témine, le guitariste Gilad Hekselman, le bassiste Darryl Hall et le batteur Gregory Hutcherson forment cette entité pour donner vie à ces chansons trop réelles pour être vraies.

« Is It Real ? », Olivier Hutman meets Alice Ricciardi, Cristal Records, distribué par Harmonia Mundi.

Nicolas Béniès.

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