Argent content

(QG de campagne d’Emmanuel – Tour Montparnasse – 33, avenue du Maine – Paris 15° — 17 Janvier 2017)

unknown

L’Ange Gabriel annonça à Joseph, en lui parlant de Marie, son épouse : « Ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus ».

L’évangéliste Matthieu, commentant cette même annonce de Gabriel à Joseph y rajouta : « Tout cela arriva afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait dit. Voici que la Vierge concevra le fils auquel ses parents donneront le nom d’Emmanuel ».

Jésus et Emmanuel seraient-il les mêmes ? Il le semble bien. Car c’est Emmanuel qui fut choisi aujourd’hui pour accomplir pleinement le dessein de Dieu. Nous vous laisserons deviner de quel Dieu il s’agit.

Emmanuel vient de l’ancien prénom hébreu Immanouel, composé de imeanou et El, signifiant littéralement avecnous et Dieu. Et c’est par ce nom, « Dieu est avec nous », que le prophète Isaïe, 7 siècles avant J.-C., désigna le Messie. On honore ainsi Emmanuel le 25 Décembre, jour de la naissance du Christ. Il est notre nouveau Messie.

Que nous dit la prénoménologie, la prétendue science des prénoms, au sujet d’Emmanuel ? Elle nous dit qu’Emmanuel n’aime pas les sentiers battus. La découverte, la conquête de l’inconnu sont ses passions. Il sait ce qu’il veut. Il le montre, même si cela doit déplaire. Emmanuel n’aime pas la monotonie et lui plaisent entre toutes, les activités où sa joie de communiquer pourra s’exprimer. Il en est ainsi de la banque, de la publicité, du marketing. Emmanuel est aventureux et doué d’un esprit vif. Réfléchi, il sait enrichir son savoir par la lecture. Il est philosophe à ses heures. Actif, généreux et déterminé, il n’hésite pas à prendre parti et à défendre les causes humanitaires. C’est un humaniste doté d’un sens profond de la justice. Le don de soi est dans sa personnalité. Il est altruiste spontanément.

Vous comprendrez mieux pourquoi ce fut lui qui fut choisi lorsqu’il fallut se mettre en marche pour construire le Nouveau Monde.

Car l’Ancien, fissuré de toutes parts, était en train de s’effondrer. Le peuple ne voulait plus croire aux vertus de l’Alternance Unique, celle qui nous donnait tantôt, c’était en général tous les cinq ans, un pasteur de Droite pour un libéralisme de Gauche, puis un berger de Gauche pour un socialisme de Droite. Et sans l’alternance unique, comment allait pouvoir tourner le monde ?

Ce système rejeté, il était temps si l’on voulait encore prolonger de quelques décennies la survie de la domination, celle de la banque et de la finance, domination qui risquait de prendre eau de toute part, quel que soit le timonier à la barre, il était temps d’une configuration nouvelle.

« Tout changer, pour que rien ne change ! » C’est ce qu’aurait dit Tancrède à son oncle, le Prince Salina (Le Guépard – Giuseppe Tomasi di Lampedusa), pour lui indiquer que la conservation de leurs privilèges allait passer par un obligé changement de régime.

images-2

Oui, il fallait une configuration nouvelle pour succéder à celle de l’Alternance Unique. Lui succéder sans remettre en cause ce qui la fondait.

L’Alternance Unique avait pourtant bien des avantages. Pour chacune de ses deux grandes chapelles, elle assurait l’accès à intervalles réguliers, à l’une, puis à l’autre, aux places, aux postes, aux mandats, aux prébendes, quelquefois même aux sinécures, toujours aux honneurs et à ce qui les accompagne. C’est d’ailleurs en cela que l’on avait toujours considéré les honneurs comme précieux.

Mais aujourd’hui, l’Alternance Unique était fatiguée et discréditée. Le temps était venu d’un grand compromis entre ses deux alternatives, la chapelle Solférino et l’église Vaugirard. Grande coalition à l’allemande ? Mais nous sommes en France. Union sacrée ? Mais pour l’union sacrée, il faut la guerre ; et pour la guerre, il faut un ennemi à l’extérieur. On ne l’avait pas encore trouvé, bien que l’on y travaillait depuis longtemps.

Ce grand compromis, le construire serait la mission de l’UbiquismeEmmanuel se mit alors en marche pour le prêcher et le répandre dans l’âme des hommes et des femmes.

(L’Ubiquisme serait la nouvelle religion. Son nom était tiré du vieux mot français ubiquité, désignant la faculté d’être présent en tous lieux à la fois, par exemple à Droite et simultanément à Gauche.)

images-3

Délaissant la banque où il avait grandi, elle continuait à le suivre secrètement, Emmanuel, le nouveau prédicateur, sillonnait le pays à pied, je suis en marche disait-il, entouré de disciples et de prosélytes. Il accomplissait des miracles et on les énumérait avec émerveillement tous les soirs dans les étranges lucarnes. Miracle de la multiplication des pains et des autobus à 1 euro. Miracle, dans les cantines scolaires, du Vin changé en Eau. Sur son chemin, un Insoumis dépenaillé, homme à cette époque jugé comme esprit démoniaque et impur, l’aurait apostrophé : « Que veux-tu de nous, Emmanuel de Rothschild ? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es : un banquier ! » Emmanuel le regarda et lui dit : « Tais-toi ! Esprit impur, sors de cet homme ». Le miracle s’accomplit. L’homme perdit ses haillons et devint milliardaire.

Venu rendre visite dans les corons du Nord, Emmanuel y apporta le réconfort. « Je ne vous laisserai pas, créatures du Seigneur, dans la honte du tabac et de l’alcool. Vous travaillerez aussi le Dimanche. Ce sera le jour du Saigneur ».

Aux sourds et aux aveugles, Emmanuel promit que d’ici 2022, ils retrouveraient l’ouïe et la vue ; l’ouïe pour les sourds et la vue pour les aveugles, et non l’inverse, ce facile et cruel tour de bonneteau, ceci par le remboursement des prothèses auditives et des lunettes. Il n’oubliait pas bien sûr les édentés auxquels il parla de dents artificielles.

L’Ubiquisme, véritable tache d’huile, se propageait de Droite et de Gauche. Les conversions affluaient. La Madone Ségolène y encourageait, bientôt suivie par de nombreux prébendiers solfériniens qui avaient compris que c’est sur Emmanuel que bientôt pleuvraient l’or et l’argent. Quelques capucins de l’abbaye de Fillonie se posaient déjà la question. Ils furent traités de renégats. Oui, il fallait changer de religion. On attendait encore la conversion de Sainte Christiane de Taubira, Sainte-Christiane que tentait de convaincre Saint-Bernard, son ancien coparoissien, aujourd’hui tapi Rue des Saints-Pères.

Il commençait à se murmurer que même Batavadon, l’ancien roi solféringien, pourrait lui aussi, nouvel oint du Seigneur, rejoindre l’Ubiquisme.

Une grande foi et un grand espoir montaient dans le pays. L’argent était content.

images

Jean Casanova

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s