La fin de l’Empire Solféringien

(Département d’Histoire – Université de Cergy-Pontoise 33, boulevard du Port – Val-d’Oise — 24 Janvier 2017)

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Nous sommes aujourd’hui au Département d’Histoire de l’Université de Cergy-Pontoise, où nous assistons au passionnant colloque consacré à La Fin des Empires Chrétiens du Haut Moyen Âge.

Nous tenons à vous relater la teneur de la conférence phare de ce colloque, celle tenue par le Pr Kenneth J. Leary, spécialiste d’histoire médiévale européenne à l’Université du Wisconsin. Intitulée La Fin de l’Empire Solféringien, oui, l’Empire Solféringien, elle a attiré un très large public.

Dans un parallèle saisissant dont vous lui connaissez bien maintenant le secret, le Pr Leary a débuté son exposé par un audacieux parallèle avec l’histoire de la fin de l’Empire carolingien, celui de Charlemagne et de ses fils, histoire qui fait toujours partie, du moins nous l’espérons, de vos souvenirs et de votre bagage d’enfant sage et d’écolier studieux.

Nous vous en rappelons tout de même les lignes principales.

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Carolus Magnus ou Charlemagne Empereur

Il y avait tout d’abord l’insécurité des dernières décennies de l’Empire confronté à ses frontières aux incessantes expéditions et razzias des Vikings, des Hongrois et des Sarrasins.

Ce n’était pourtant pas là l’essentiel. En premier lieu, et beaucoup plus grave, était la taraudante question de la Succession. La succession au trône de Charlemagne.

Celle-ci avait été assurée, en 814, par son dernier fils survivant, Louis Ier le Pieux, qu’il avait associé au trône les dernières années de son vivant, le frère aîné Dominic ayant été chassé du palais en raison de ses mœurs de débauché. Louis Ier le Pieux, soucieux de l’avenir et de cette toujours brûlante question de la succession, pensait l’avoir réglée par la proclamation de l’Ordinatio Imperii.

L’Ordinatio Imperii – en français, l’Ordonnance de l’Empire – était un capitulaire édicté en 817 par l’Empereur Louis Ier le Pieux afin de régler la succession au trône de l’empire carolingien. Il instaurait que désormais, contrairement à l’ancienne coutume germanique voulant que l’empire, à la mort de l’empereur, soit divisé entre tous ses fils légitimes, il instaurait que désormais le titre impérial était indivisible et qu’un seul fils, désigné par son père de son vivant, accéderait à ce titre. Les autres frères recueillant royaumes ou principautés, mais sous l’autorité de l’empereur.

Les rivalités entre frères, déjà du vivant de Louis le Pieux, ne tardèrent pas à ruiner le fragile équilibre. La révolte des trois aînés contre leur père en 833, qu’ils soupçonnaient de vouloir favoriser leur plus jeune frère Macronix, né d’un second mariage, entraîna la guerre. Le différend fut jugé les armes à la main et, le père vaincu, pourtant encore empereur, fut jugé et déposé par un tribunal ecclésiastique qui lui reprochait d’avoir manqué à sa mission royale. Bien que maintenu au trône jusqu’à sa mort, par un nouveau jugement de l’Église, Louis le Pieux, affaibli, n’était plus que l’ombre de lui-même.

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La fin de son règne et sa mort en 840 furent le point de départ d’un processus de délitement irréversible de l’Empire, aussi rapide qu’inéluctable. Les rivalités et les impitoyables guerres intestines entre les trois frères, Lothaire, Charles le Chauve et Louis le Germanique, trouvèrent enfin un terme au traité de Verdun en 843. Mais l’Empire était démembré en Francie Occidentale, Moyenne et Orientale. Il ne renaîtrait jamais.

L’Empire Carolingien avait sombré.

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Attention, nous dit le Pr Leary, reprenant son souffle pour entrer dans le vif de son sujet, La Fin de l’Empire Solféringien, le parallèle d’avec la fin de l’Empire Carolingien mérite quelques restrictions.

Tout d’abord concernant le terme d’Empire. L’Empire Carolingien, le plus vaste empire du Moyen Âge, couvrait territorialement toute l’Europe occidentale. Composé de dizaines de millions de sujets, toujours en guerre à ses marches et à ses confins, il était administré par les missi-dominici, les envoyés directs de l’Empereur.

L’Empire Solféringien, lui, n’était pas territorial. C’était un empire sur les âmes et les consciences, empire selon lequel durant les quelques 45 années de son existence, de 1971 à 2017, il avait incarné, par sa seule évocation, la figure mythique de la Gauche.

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Alors qu’en l’an 800, Charlemagne couronné avait choisi pour orner son blason la figure de l’Aigle, symbole jusqu’alors de l’Empire Romain, en 1971, François Ier, il était le premier solféringien, avait choisi la Rose sans épines dans un poing serré en déclarant : « Dans le poing une rose ; le poing pour le combat, la rose pour le bonheur. »

Formule enchanteresse, elle avait bien résisté jusqu’à ce que la rose se mue en chardon épineux après l’apogée de sa floraison au Bourget en 2012.

Contraint à l’abdication, au triste soir du 1er Décembre 2016, par ses fils rivaux entre eux, François II était accablé. Le monarque était cul par dessus tête, nous disent les chroniqueurs, et l’ambiance crépusculaire.

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Primariae Presidentiallae, avatar moderne de l’Ordinatio Imperii

L’Ordinatio Imperii chargé de régler sa succession, avait dégénéré en Primariae Presidentiallae, formule juridique concoctée sournoisement par l’Évêque Jean Christophe, soucieux de la perpétuation de Solféringia, la planète-mère de la Gauche, celle autour de laquelle tournaient depuis des années divers satellites nommés Verts et PCF.

Il allait se vérifier une fois de plus ce que nous enseignait, il y a plus de trois siècles, Isaac Newton dans sa loi de la gravitation universelle.

Le spectaculaire rétrécissement de la masse électorale de Solféringia avait tragiquement diminué sa capacité d’attraction satellitaire. Le grand désalignement des planètes à Gauche, en dehors de la considérable propulsion de la planète Marinia, constituait de fait le véritable bilan de l’imperium de l’infortuné François II.

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Son fils préféré, le valeureux Vallsion, lucide l’avait affirmé : « Solféringia pourrait s’éteindre ! »

La tentative désespérée que constituaient les Primairiae Presidentiallae, cet avatar de l’Ordinatio Imperii bricolé à la hâte par l’Évêque Jean-Christophe, il en avait mal calculé à l’avance le nombre de participants, et de fait le soupçon grandissait, au lieu de déboucher sur l’accord à désigner le plus valeureux d’entre les trois frères, Vallsion, Monteburgix et Hamoneric, ne fit qu’attiser la haine fratricide. Chacun d’entre eux prétendaient détenir, lui, le morceau de la vraie Croix.

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Tout ceci pendant que le cadet Macronix, né du mariage de François avec la princesse Rothschilda, menait sa propre aventure. En Marche, puissamment secouru par l’assourdissante cacophonie médiatique, il tentait de récupérer à son profit les marches occidentales de l’Empire.

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Au même moment, sur les marches orientales, une Insoumission se développait, menée par un lointain cousin irascible, surnommé Mélencholeric. Et elle aussi, gagnait chaque jour du terrain.

Le Traité de Solférino en 2017, tentative, à l’instar de celui de Verdun de 843, de partager l’Empire entre les trois frères Vallsion, Monteburgix et Hamoneric, pour le soustraire aux prétentions inquiétantes des révoltes des marches, ce traité tournait à la confusion et ne débouchait que sur une fragmentation de l’Empire Solféringien en « deux gauches irréconciliables ».

C’était la fin de l’Empire Solféringien et de son hégémonie sur les âmes de la Gauche.

De grandes recompositions s’annonçaient, conclut le Pr Leary. L’extinction de Solféringia allait permettre l’apparition d’autres planètes au firmament de la Gauche.

Sous les applaudissements, le Pr Leary terminait, citant le sage Platon : « Tout État qui parle son propre langage vis-à-vis des Dieux et des Hommes et agit conformément à ce langage, prospère toujours et se conserve. Fait-il le contraire, il en périt. »

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Jean Casanova

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